Attache moi à toi

Chapitre 4 :

(Edward)

Comment as-t-il pu survivre à çà ? Comment vais-je pouvoir survivre à çà ? Je dois survivre à çà ! Voilà les pensées qui tournaient en rond dans sa tête depuis le départ du colonel.

Avant de partir, celui-ci s'était penché vers le jeune homme et avait essuyé une de ses larmes avec un doigt. Edward n'avait pas réagit. Il l'avait laissé faire trop bouleversé par l'histoire du colonel pour le rejeter.

-Essaye de voir tes sentiments au delà du filtres de tes émotions et de la morale. C'est un conseil qui m'a bien servi. Définis tes actes ensuite.

Il l'avait regardé quitter sa chambre, puis avait reporté son attention sur le jardin. La journée était belle. Beaucoup de patients étaient dehors à prendre l'air.

Jinna était venue et ils s'étaient promenés dans le parc. Ils avaient trouvés un banc dans un coin un peu isolé du reste et s'étaient bécotés un petit moment. Puis, rouges, ils étaient retournés dans sa chambre où ils avaient retrouvés Winry à son atelier et Al à la regarder travailler. Le reste de l'après midi, ils l'avaient passés tout les trois dans la bonne humeur.

La nuit avait été agitée. Rêves et cauchemars. Réveils en sursaut. Des flashs de son emprisonnement. De ses trois semaines. Des moments difficiles, quand le brun voulait jouer. Des moments extatiques, quand il voulait s'assouvir. Des moments tendres.

En y repensant, l'homonculus ne l'avait pas vraiment … non la plus part du temps, il l'avait laissé seul. Deux ou trois fois, il l'avait vraiment torturé. La plus part du temps, il l'avait baisé. Pas toujours brutal mais pas vraiment tendre. Quelques fois, le brun s'était empalé sur lui et là le blond avait aimé à un point.

Il y avait eu les douches, les attaches, les coups, les repas, les nuits à deux ou seul, les discussions enfin surtout ses monologues.

Mais dans l'ensemble, le blond …

Il ne savait plus quoi penser.

Il avait aimer certains moments passé avec le brun. Il avait aimé certains gestes de celui-ci.

Il avait détesté la violence du brun, quand celui-ci passait ses nerfs sur lui. Il avait détesté être attaché. Il avait détesté être pris sans son consentement. Il avait détesté certains gestes, certains actes, certaines paroles, certains sourires, certains regards, … Oui, il avait détesté et il allait lui faire payé. Mais d'abord, il devait surmonter certaines choses, certains blocages.

Avec Jinna, il avançait bien. Il aimait flirter avec la jolie infirmière.

Avec Winry aussi. La blonde le soutenait et il pouvait lire dans son regard tout l'amour qu'elle lui portait, que son frère lui portait mais que son regard métallique ne rendait pas.


(Envy)

Je me réveille. Il est là dans mes bras, il dort encore. Cette première fois à été très satisfaisante et encourageante. Je ne vais peut être pas le tuer tout de suite. Ni même trop l'abîmer.

Je me lève et le rattache comme je peux sans le réveiller. Il faut que je trouve autre chose sinon ça sera jamais comme je veux.

Je sors de la pièce et ferme derrière moi. Même s'il lui manque un bras, une jambe et des vêtements, je ne veux pas prendre le risque qu'il s'enfuit.

Je sors faire un tour. Mais avant je change de forme.

Je rentre. J'ai trouvé ce que je voulait. Je souris déjà à la confrontation future. Oui. Il ne va pas aimer mais moi si. J'en trépigne. J'entends du bruit venant de la chambre. Et des cris. J'ouvre la porte et le regarde. Cheveux défaits. Respiration haletante. Il tire sur ses liens pour qu'ils cèdent. Nu, les muscles bandés par l'effort, il est …

Je m'appuie dans l'encadrement de la porte.

-Alors? Besoin d'aide?

Il se retourne et me jette un regard noir.

-Espèce de …

Il ne fini pas sa phrase. La colère dans son regard commence à m'exciter autant que la vue de son corps.

-Je vais te tuer ! ! ! hurle-t-il

Et il recommence à tirer sur ses liens pour me sauter dessus. Mais c'est moi qui vais lui sauter dessus s'il continue de bouger comme ça. Un lueur lubrique passe dans mon regard et il doit l'avoir vu car il arrête et regarde autour de lui. Il doit se rendre compte de la situation. Il rougit violemment. Il me donne « envie ». Cette « envie ». Celle que lui seul peut assouvir.

Je me rapproche et laisse tomber à coté du lit les paquets que je tiens. Je m'assis sur le lit à coté de lui. Il est tendu. Je le sais. Je le sens. Mais il ne bouge plus. Je sors un premier paquet d'un sac et l'ouvre. Il ne voit pas ce que c'est. Il s'agit de colliers de chiens en cuir noir avec des petits pics dessus et une attache en métal. Je lui attache le premier à la cheville, le deuxième au poignet et le troisième au cou. Il me regarde incrédule. Il ouvre la bouche et la referme. Il a du mal à comprendre ce que cela implique.

-Mais qu'est ce que tu fais, bordel ?

Il recommence à se débattre. Il n'arrivera à rien comme ça. Juste à s'entailler un peu plus avec la corde.

-Je vais te donner un peu plus de liberté.

Il me regarde avec étonnement.

Je me lève et commence à déballer l'autre paquet du premier sac. J'en sors plusieurs chaînes en métal et laisses en cuir noir que j'accroche un peu partout dans la chambre.

J'en fixe une à la tête de lit, puis j'y accroche son collier. Je ne peux me retenir plus longtemps. Je l'embrasse et le plaque sur le lit.

Pendant que ma langue fouille sa bouche, j'enlève la corde qui retient son poignet. Je me détache de lui et enlève celle qui est fixée à sa cheville.

-Ça sera plus simple comme ça.

Il rougit devant le sous entendu. Il rapproche sa main du collier et y découvre un cadenas. Je n'ai pas envie qu'il se détache tout seul.

Je reviens vers sa bouche en parsemant de baisers son corps. Mes mains commencent à le caresser. Il essaye de me repousser mais cela ne fait qu'attiser mon désir de façon encore plus violente.

Maintenant qu'il est libre de ses mouvements, ça va être encore mieux. Je souris et me délecte déjà de se qui va se passer et …

Je croise son regard. Un défi dans les yeux.

-Si tu n'est pas sage, ça va mal se passer pour toi.

-Parce que tu crois peux être qu'un viol ça se passe bien ? me crache-t-il à la figure.

-Alléluia ! Tu as retrouvé l'usage de ta langue. Tu avais l'air d'apprécier, la dernière fois, à la fin.

Il rougit et ne répond rien. Je continue. Je prends ça comme un consentement.

Je descend ma main plus bas et commence doucement à le préparer. J'ai pas envie de faire durer. Je veux juste le prendre maintenant. Et c'est ce que je fais. Il cri de douleur sous mon intrusion et essaye de me faire partir. Mais il n'y arrive pas. Je suis plus fort que lui et j'ai tout mes membres, moi.

Mes coups se font plus rapides. Je ne pense qu'à mon plaisir que j'atteins. Je me retire alors. Je ne sais pas s'il a pris son pied où pas, mais moi oui.

Je sors de la pièce sans un regard en arrière et ferme la porte.

Tout m'est revenu d'un coup. Je le hais de me faire revivre ça.

Pourquoi as-t-il gardé ce collier ?

Pourquoi les as-t-il ressortit ?

Je le regarde par la fenêtre.

Toutes les nuits depuis que je l'ai retrouvé.

Je me cache dans un arbre et j'ai une vue imprenable sur sa chambre.

Il a encore fait un cauchemar.

Pourquoi as-t-il sorti ce collier du tiroir de sa table de chevet ?

Pourquoi le regarde-t-il comme ça ?

Pourquoi pleure-t-il ?

Pourquoi je pleure ?


(Roy)

Feu. Flamme. Cris. Pleurs. Douleurs. Explosions. Tout autour de lui n'est que ça. Il ne sait plus où il est. Il ne sait plus ce qu'il fait, ce qu'il a fait, ce qu'il doit faire. Il regarde autour de lui sans rien voir des bâtiments détruits et en flamme, des corps mutilés et carbonisés. Une main se pose sur son épaule. Il ne réagit pas. On l'oblige à se relever. Il ne s'était pas rendu compte qu'il était à genoux. Deux bras le guide contre un torse et l'y appuie. Une main caresse ses cheveux tandis que l'autre fait de même pour son dos. Il n'entend pas ce qu'on lui dit mais le ton est rassurant.

Il se retrouve dans une tente. Il fait nuit. Il ne sait pas comment il est arrivé là. On l'a lavé, on lui a mis des vêtements propres et des pansements sur ses blessures. Il regarde autour de lui. Ce n'est pas sa tente. Il dort avec 14 autres types normalement. Il n'y a que deux lits ici. Il s'assoit et son regard fait le tour de la tente. Personne. Il se recouche et se rendort.

Une main fraîche sur son front le sort de son sommeil. Il se relève en sursaut en cherchant de l'air. Une autre main se pose sur son épaule. Il sort d'un cauchemar. La voix rassurante est encore là. Le torse aussi. Il se retrouve à pleurer contre lui. Il finit par se rendormir.

Il sent des mains qui parcourent son corps, qui lui enlèvent ses vêtements, qui caressent sa peau. Ses mains le sortent totalement de son sommeil. Il essaye de les repousser mais il n'y arrive pas. Il n'est pas assez fort. Il sent une bouche sur la sienne. Une langue contre la sienne. Un corps contre le sien. Il sent un courant d'air sur sa peau. Il n'a plus aucun vêtement. Le corps contre le sien non plus.

Encore ce cauchemar ! ! Mais quand cela va-t-il cesser ?

Il regarda son réveil : 4h du matin. Il passa une main dans ses cheveux noirs. Il est tant que je les fasse couper. Il se leva et se dirigea dans la salle de bains. Une douche pour effacer les derniers vestiges… Il rencontra son visage dans le miroir. Il avait des cernes sous les yeux, le teint un peu plus pâle. C'est vrai qu'il avait du mal à dormir depuis deux semaines. Depuis qu'on l'a retrouvé… Depuis que les cauchemars sont revenus… Il se déshabilla et entra dans la douche. L'eau chaude coulant sur sa peau lui fit du bien. Il appréciait toujours autant ça.

Des images lui revinrent par flashs. Pas celles de son cauchemar. Celles du petit blond. Petit Blond ! Ce n'est plus un enfant depuis longtemps. Pas après ce qu'il vient de vivre !

Malgré lui, son corps commença à réagir. Ce corps d'adolescent. Fin et musclé. Ses cheveux dorés et défaits. Sa peau si … Il ne pouvait savoir si elle était douce car il ne l'avait pas touchée mais il pensait qu'elle l'était. C'est pas vrai… Il frappa du poing le carrelage blanc de la douche. Il se trouvait avec une érection. Il ne comprenait plus les réactions de son corps dernièrement, ni même ses réactions tout court.

Ce n'était pas son genre. Fantasmer sur un adolescent. Qui plus est sur le Full métal Alchimiste.

Ce n'est pas la première fois, lui susurra sa conscience.

C'est vrai, se dit-il.

Il était toujours perdu dans ses réflexions quand sa virilité se rappela à lui. Deux options se présentaient à lui : douche froide ou douche « soulageante ». Il choisit la deuxième. Cela faisait un moment qu'il n'avait eu personne dans son lit, malgré ce qu'en disent les bruits de couloirs. Et puis ça permettrait de faire retomber un peu de la tension accumulée ses derniers jours.

Il fit descendre une de ses mains vers son membre tendu tandis que l'autre caressait son torse. Il commença par le caresser doucement avant de le prendre un main et de commencer un mouvement de va-et-vient. Lentement puis de plus en plus vite. L'écoulement de l'eau chaude sur sa peau, ses caresses, ses images du blond, tout cela le conduisit immanquablement vers la jouissance. Il dut se retenir au parois de la douche tellement la puissance de son orgasme l'avait submergée. Il dut attendre que les battements de son cœur reprennent un rythme normal avant de pouvoir se doucher normalement.

Il revint dans sa chambre s'habiller. 5h du matin. Bon il n'allait pas tarder à avoir un coup de fil pour dire qu'un quinzième cadavre avait été retrouvé. Au moins il serait près ce matin.

Il se décida à aller voir les frères Elric dans la journée pour voir si tout se passait bien. S'il allait mieux. Savoir combien de temps avant de l'avoir de nouveau disponible.

-Alors, alors. On va mieux aujourd'hui ? dit-il un sourire tout miel sur le visage.

-Colonel. Sortez d'ici ! ! La voix était sans appel. Le colonel Roy Mustang sortit de la chambre sous le regard courroucé du lieutenant Hawkeye.

-On frappe avant d'entrer, lui rappela-t-elle.

-Bien si vous y tenez, fit-il en haussant les épaules.

Il frappa à la porte et entendit un « entrez » qu'il reconnut venir du plus jeune des frères Elric : Alphonse.

La conversation se déroula comme toujours. Edward et Roy s'insultant plus ou moins. Riza et Al essayant de modérer leurs ardeurs. Et Winry continuant à travailler sur le futur bras du blond.

Au moment de partir, le blond l'interpella.

-Colonel. Si vous pouvez dire à Roy de passer me voir, ça serait bien.

Le brun ne dit rien mais fit un signe de la main avant de sortir et de fermer la porte.

Il revint dans la soirée. Habillé en civil. Il ne savait pas pourquoi le jeune homme voulait lui parler. En fait si, il s'en doutait mais ne préférait avancer aucune hypothèse.

Il se retrouva assis à coté du lit du blond. Celui-ci était assis dans son lit. Il regardait par la fenêtre la nuit tombée sur le parc de l'hôpital. Ce fut le blond qui entama la conversation. Il lui raconta ce qui s'était passé. Pas tout, mais certains passages avec assez de détails pour comprendre tout le reste.

Les larmes noyaient ses yeux mais ne coulaient pas. Alors il fit quelque chose qu'il ne pensait pas faire. Il se leva de sa chaise et attrapa dans ses bras le blond. Il le serra contre sa poitrine en lui murmurant des paroles rassurantes, d'une voix basse et apaisante. Il sentit alors les larmes, qui étaient prisonnières, dévaler les joues du jeune homme. Il sentit Edward se détendre dans ses bras, agripper son dos à deux mains et pleurer toutes les larmes de son corps, toutes celles qu'il avait retenu.

Quand il fut calmé, Roy relâcha son étreinte et un « merci » à peine murmuré parvint à ses oreilles. Il redressa le menton du jeune homme pour croiser son regard, et là, il fit une deuxième chose qu'il ne pensait pas faire. Il posa ses lèvres sur celles d'Edward.

Le contact fut léger. Mais doux et rassurant. Quand il s'écarta du blond, il n'osa le regarder en face.

-Tu devrais dormir maintenant.

Roy allongea Edward dans son lit, remonta les couvertures sur le jeune homme et se leva. Une main agrippa son poignet et il se retourna pour croiser deux yeux dorés et lumineux.