Bonjour à tous !
Je poste aujourd'hui un nouveau chapitre qui j'espère vous plaira. A part remercier les personnes qui me laissent de gentilles reviews, je n'ai rien à vous dire si ce n'est Bonne lecture !!!
Disc: Naruto ne m'appartient pas.
_ Je suis rentrée !
A peine venait-elle de franchir le seuil de la porte que Hinata aperçut le gros paquet qui trônait au milieu de son salon. Elle chercha un moment sa sœur du regard avant de s'emparer du dit paquet et de monter quatre à quatre les marches de l'escalier qui la conduisait à l'étage. Comme elle l'avait pensé, elle trouva sa jumelle dans sa chambre occupée à sécher ses longs cheveux noirs. Apercevant à travers le miroir le reflet de sa sœur dans son dos, Hanabi sursauta :
_ Hinata tu m'as fait une de ces peurs, ronchonna-t-elle en éteignant le sèche-cheveux. Je ne t'ai pas entendu.
_ Je sais puisque tu ne m'as répondu quand je suis arrivée. D'ailleurs je t'avais téléphoné un peu plus tôt dans la soirée mais là encore tu n'as pas répondu.
Hinata avait croisé sur sa poitrine ses longs bras et son visage affichait cette expression que Hanabi détestait tant : celle de l'aînée qui allait lui passer un savon. Elle se décida donc à prendre les devants :
_ Je vois que tu as trouvé mon cadeau, déclara-t-elle en désignant du menton le sac aux couleurs vives que tenait sa sœur entre ses mains.
_ Oui je l'ai vu en entrant, lui répondit cette dernière après y avoir jeté par réflexe un rapide coup d'œil. Tu es allée faire des courses ? Seule ?
_ Oh je ne dirais pas ça comme ça !
_ Et tu le dirais comment alors ?
Hanabi haussa les épaules et se dirigea calmement vers son grand lit défait. Elle s'y laissa tomber paresseusement sur le dos s'obligeant par là même à ne pas regarder sa jumelle.
_ Une amie à moi est venue me voir aujourd'hui et elle m'a proposé de l'accompagner au centre commercial. Elle avait quelques babioles à acheter. Je ne pouvais tout de même pas refuser; j'étais seule, elle aussi et je m'ennuyais à mourir ici. Tu sais bien que le mercredi c'est notre jour d'ordinaire, finit-elle pitoyablement en faisant une moue exagérément boudeuse.
_ Hanabi, commença par soupirer Hinata en se laissant tomber à ses côtés, je sais que pour toi c'est… une situation encore… étrange mais il ne faut pas perdre de vue nos priorités. Ceci –elle lui montra le sac- n'en fait pas partie. Si j'ai un nouveau boulot qui paye mieux, ce n'est pas pour gaspiller à vau l'eau ce que je gagne en plus.
_ Je sais, bougonna sa sœur.
_ Je suis consciente que tu le sais et c'est ce qui me surprend le plus.
_ Ben je m'étais dit que tu devrais renouveler ta garde robe puisque maintenant tu travailles dans un bureau. Et puis ce n'est pas la fin du monde ; toutes nos factures de ce mois-ci sont réglées et il nous reste encore un peu d'argent en banque.
_ Je te remercie de te soucier de moi. Cela partait d'une bonne intention certes, malheureusement cet argent est là pour couvrir les imprévus petite sœur, pas pour nous faire plaisir.
_ Dans ce cas, je l'ai bien utilisé. On ne peut pas dire que ta promotion ait été planifiée, se moqua-t-elle face au regard lourd de reproches d'Hinata. Elle fait donc bien partie des imprévus.
_ Soit, je te l'accorde mais nous ne sommes pas encore tirer d'affaire et je veux que tu gardes à l'esprit que nous ne pouvons nous permettre certaines fantaisies. Et cela vaudra encore plus lorsque tu auras quitté ton travail.
Hanabi se raidit instantanément. Son cœur manqua un battement en entendant la question de sa sœur :
_ Alors que t'as dit ton patron lorsque tu lui as appris la nouvelle ?
_ A vrai dire… euh… en fait il… n'était pas… Il n'était pas là !
_ Hein ! Je croyais que tu devais lui parler hier soir ?!
_ Moi aussi mais il a eu un empêchement de dernière minute et il n'a pas pointé le bout de son nez au club.
_ Ah ! Dans ce cas, vous en discuterez la prochaine fois, décréta-t-elle en se levant. Bon, il est tard et je n'ai pas encore pris ma douche. Je meurs de fatigue….
_ Tu ne me racontes pas ta journée ? Tu pourrais au moins me dire où tu as mangé ?
_ Oh non ! Je n'ai vraiment pas le temps. Il faut que je sois à l'heure demain et tu me connais si je n'ai pas ma dose de sommeil, je ne suis bonne à rien, plaisanta Hinata en se dirigeant vers sa propre chambre.
_ Hinata ! Ce n'est pas sympa ; je me suis fait un sang d'encre pour toi et tu ne veux même pas m'en parler.
L'aînée des Hyuuga se retourna en souriant :
_ Bon mais je te la fais en version courte : tout s'est bien passé, Shizune –celle que je vais remplacer- me semble quelqu'un de bien et mon patron n'est finalement pas si monstrueux que je le pensais. Le travail en lui-même me paraît abordable. Tout se passera bien, je pense. En ce qui concerne ma soirée, je l'ai passée avec des amis. Nous avons mangé au restaurant. Voilà c'est tout pour aujourd'hui. Maintenant, bonne nuit et à demain.
Hanabi vit très clairement une ombre voiler les yeux blancs de sa sœur avant qu'elle ne parte en courant presque. Elle aurait voulu en discuter afin de l'aider mais paradoxalement elle comprenait mieux que quiconque son besoin de solitude. Elle la connaissait suffisamment pour savoir que sa sœur viendrait d'elle-même la voir lorsqu'elle en ressentirait le besoin. Il valait mieux attendre que tout se tasse un peu.
En quittant son client ce soir-là, Temari gardait un goût amer dans la bouche. Une amertume si profonde que même le sexe avec le dernier fils de la famille Rock n'avait pu lui enlever. D'ailleurs ne venait-elle pas de prouver à tous qu'il y avait quelque chose d'anormal aujourd'hui ? Ceux qui la connaissaient réellement savaient qu'elle n'abandonnerait jamais les bras d'un de ses chouchous avant d'avoir connu plus d'une fois les joies de la luxure. Des quatre, elle était celle qui mettait le plus le cœur –mais surtout le corps- à l'ouvrage. En effet elle faisait partie des têtes d'affiche de ce club ; certes, elle n'était pas aussi expérimentée que Shadow, moins extravertie que cet insouciant artiste blond et elle ne charmait pas ses clients avec des faux-airs mystérieux comme le faisait Lady mais son côté passionnel était son charme et il était évident qu'elle attirait bien plus de clients que les autre réunis. La preuve, elle ne cessait de refuser des demandes ingrates. Alors pourquoi ne s'intéressait-Il plus qu'à elle ? Ils avaient passés de bons moments ensemble et Il ne lui avait jamais fait le moindre reproche sur ses aptitudes professionnelles. Que pouvait-elle donc avoir de plus pour L'obnubiler tant ? Temari la détestait de plus en plus ; elle Le tenait en son pouvoir alors qu'elle ne Le méritait pas. Ignorant les ivrognes qui tentaient de l'arrêter en se traînant à ses pieds, elle fila droit en direction du bureau de son boss. Elle allait une nouvelle fois se plaindre mais il fallait que ça sorte ; il ne pouvait lui causer cet affront plus longtemps. Certes, au début cette petite vengeance l'amusait ; ils s'étaient connus très jeunes et leur relation les avait amenés à un lien particulier où se mêlaient jeu, sexe et domination. C'est pourquoi elle avait trouvé normal qu'il décide de la punir de l'avoir laissé tomber. Mais elle avait beau lui expliquer ses motivations, il ne voulait rien entendre. Il le lui avait dit : « Je ne t'attendrais pas ! »
C'est ainsi qu'en revenant au début de l'année, elle ne fut pas surprise de le voir enguirlandé avec une autre. Néanmoins elle restait persuadée qu'il lui reviendrait rapidement. Force lui était de constater qu'elle se trompait. Cette petite garce lui plaisait vraiment et elle ne pouvait supporter plus longtemps de passer en second plan. Elle ne prit pas la peine de frapper à la porte et entra en trombe dans le petit bureau sombre.
_ Eh bien, on dirait que tu n'y connais rien en savoir vivre toi, ironisa une voix tranchante. On frappe avant d'entrer.
Peu habituée à l'obscurité de la pièce, elle plissa des yeux afin de voir où se trouvait son interlocuteur. Elle le reconnut bientôt affalé dans le large canapé de velours vert entrain de la reluquer sans vergogne, ses longs cheveux blonds cachant à moitié son visage de jeune premier.
_ Que fais-tu ici, lui demanda-t-elle.
_ Je pourrais te poser la même question. Qu'est ce que tu viens faire dans le bureau du Maître quand il n'est pas là ?
_ Tiens ! Je ne savais pas qu'il était sorti, dit-elle en éludant délibérément sa question. Tu sais où il est ?
_ Je ne crois pas que ce sont tes affaires, lui rétorqua-t-il sèchement en se levant. D'ailleurs tu ne devrais pas t'intéresser autant à lui.
_ Et pourquoi donc Deidara ?
Un silence pesant s'installa dans la pièce. Ils se jaugèrent d'un regard dur et fier dans lequel se reflétait tout le mépris qu'ils ressentaient l'un envers l'autre. Temari s'avança au centre de la pièce tandis qu'il l'imitait. Seuls quelques pas les séparaient lorsqu'ils s'immobilisèrent. Malgré ses hauts talons, Temari nota qu'il la dépassait d'une bonne tête mais elle ne se laissa pas démonter.
_ Tu penses que tu m'impressionnes ? Tu as tort.
_ Mon but n'est pas de t'impressionner au contraire, lui dit-il calmement. J'ai l'étrange sensation que tu cherches à te rapprocher de Lui. Je te préviens : je ne te laisserai pas faire.
_ Mais c'est que j'aurais presque peur, se moqua la blonde. Tu me fais rire ! Sache que j'ai croisé dans ma vie des personnes bien plus redoutables que toi et je suis là pour t'en parler. Méfie-toi de moi petit imbécile au lieu de te donner un genre qui ne te va pas.
Elle fit mine de partir quand, vif comme l'éclair, il la retint par le bras. Sourcils froncés, ses yeux clairs rencontrèrent un regard d'acier.
_ Recommandation pour recommandation : ne me sous-estimes pas toi non plus. Un accident est si vite arrivé, finit-il sournoisement en la relâchant brusquement.
_ Une menace ?
_ Un conseil.
Il prit la direction de la porte et l'effleurant au passage, il lui murmura :
_ J'ai attendu trop longtemps d'être à ses côtés pour que tu viennes me le voler maintenant.
Elle se ressaisit aussitôt et lui rétorqua :
_ Pour te le voler, il faudrait qu'il t'appartienne.
_ J'y travaille. J'y travaille, murmura-t-il en sortant, un sourire énigmatique aux lèvres qui fit frissonner Temari.
Le fils aîné de la famille Uchiwa était affalé sur l'épaisse moquette ivoire de la chambre de son frère où trônait livres, vêtements, sacs ainsi que des restes de nourriture. Il avait allumé la télévision mais le film qui s'y déroulait ne l'intéressait pas vraiment. Il s'en fichait bien de savoir si cet acteur brun était l'Elu ou pas après tout. Par contre, il ne cessait de se demander si une certaine personne de sa connaissance apprécierait à leur juste valeur ses derniers achats. Il sourit tendrement en se remémorant sa journée avec la jeune Hanabi. Malgré un petit côté sauvage qu'elle ne gérait pas encore, il la trouvait adorable. Elle lui rappelait son petit Sasuke ; le visage pâle, les cheveux noirs aux légers reflets bleutés, le fort caractère…. Vraiment, lui qui pensait qu'il allait s'ennuyer seul sans son Sasuke chéri, il avait été ravi de trouver la compagnie d'Hanabi. Il dût tout de même s'avouer que l'accueil auquel il avait eu droit l'avait quelque peu refroidi. Bien sûr au club elle entretenait au plus haut point le mystère qui l'entourait –rien de plus normal puisque c'était son empreinte- mais il aurait pensé que ce n'était qu'un rôle qu'elle jouait afin d'attirer les clients. Pourtant, à en croire la lueur de panique qui avait traversé les yeux blancs de la jeune femme, elle ne semblait pas particulièrement heureuse de le voir débarquer à l'improviste chez elle. C'est alors qu'elle lui avait proposé une sortie et au final, ils avaient passé un agréable moment. Il comprit rapidement qu'elle n'avait pas pour habitude de faire du shopping mais il la mit très vite dans le bain. Détendue et souriante, elle s'était révélée être encore plus sympathique qu'il ne le pensait. Malgré une entente réciproque qu'ils alimentaient régulièrement pendant leurs rencontres au club, Itachi était persuadé qu'ils venaient de franchir une étape dans l'amitié aujourd'hui. Il ne restait plus qu'à lui prouver qu'elle pouvait lui faire confiance. Il tendit la main derrière son dos et s'emparant d'un pot de glace à la pistache à moitié fondue, il en avala une cuillère. Il réfléchissait toujours à Hanabi. Cette fille provoquait en lui un vif intérêt. Depuis le jour de leur première rencontre, elle lui avait rappelé un petit oiseau à peine tombé du nid et qui s'était brisé l'aile en tentant de voler. Aujourd'hui encore quand il l'avait sentie se renfermer sur elle-même pendant le trajet du retour, il avait compris qu'il ne fallait pas plus insister. C'est donc un large sourire aux lèvres qu'il l'avait déposé devant sa maison et était reparti tranquillement après l'avoir salué. Une nouvelle bouchée accompagna une interrogation : elle devait cacher quelque chose mais quoi ?
_ Putain Itachi tu fais chier, ronchonna une voix rauque dans son dos.
Il s'allongea sur la moquette et découvrit son frère debout sur le seuil de la porte et qui balayait la pièce des yeux l'air peu amène. Il lui offrit en contrepartie son plus beau sourire :
_ Sasuke chéri tu es enfin de retour. Viens par ici que je te montre ce que j'ai acheté, continua-t-il en tapotant d'une main le tapis près de lui.
_ Tu te fous de moi, se plaignit son cadet, il est plus de vingt-deux heures, tu as foutu un vrai bordel dans MA chambre et tu veux que je perdes mon temps à admirer tes achats !?!
_ Ne sois pas si méchant. Viens par là !
_ Non, je préfère aller prendre une douche avant de me coucher. J'ai une rude journée demain.
_ Bon alors je t'attends ici, proposa Itachi l'air joyeux.
_ Profites-en pour me ranger tout ce foutoir, ordonna Sasuke en désignant les objets sur le sol.
_ Puisque tu insistes.
_ J'insiste en effet, trancha le plus jeune en refermant la porte.
Sasuke se dirigea vers la salle de bain attenante à la chambre et ne perdit pas un seul instant ; il ouvrit le robinet d'eau froide et s'installa sous le jet puissant. Il avait besoin de cela pour calmer à la fois la tension qui l'habitait à cause de ce cher Itachi mais aussi parce que ses pensées le ramenaient sans cesse vers Hinata. Il devait bien admettre que maintenant qu'il ne se voilait plus la face à propos de ses sentiments envers elle, certains signes évocateurs lui paraissaient plus clairement à présent. L'eau froide qui s'écoulait le long de son corps l'apaisait réellement. Il avait la sensation qu'elle emportait avec elle bon nombre de ses problèmes. Au final, ce n'était pas une mauvaise chose que d'écouter son cœur. Le plus difficile restait à mettre en pratique ce qu'il ressentait car tant qu'il s'agissait de sexe sans attaches, il n'y avait aucun problème mais en ce qui concernait l'amour c'était une autre paire de manche. Il sortit de la douche, s'essuya le corps et enfila le bas de son pyjama. Il ne perdit pas de temps à essorer ses cheveux se contentant de secouer la tête pour y enlever un minimum d'eau. Il alla ensuite vers la chambre vide de son frère et prit place dans son lit. Le connaissant, Itachi devait déjà dormir et n'avait même pas pris le temps de ranger. Comme d'habitude, il était resté éveillé dans le seul but d'attendre son retour et ne pas avoir à être une nouvelle fois tiré du sommeil par une sonnerie stridente. Un coup de téléphone en pleine nuit ne présage jamais rien de bon, ils le savaient tous deux parfaitement. Enfin bref, il ronflait sûrement déjà à présent. Dans sa chambre à lui naturellement. Il soupira en croisant ses bras sous sa tête : parfois Itachi lui faisait peur. Quelle drôle d'idée de vouloir dormir dans le même lit à leurs âges ? Ils n'étaient plus des enfants et devaient dons se conduire en homme. Et les hommes ne dormaient pas ensemble sauf si… Un nouveau soupir ; c'était son putain de boulot qui lui donnait ce genre d'idées stupides. Sasuke en était certain. Il se força à réguler sa respiration et de lui donner un rythme plus lent. Il devrait se reposer. La journée de demain annonçait déjà son lot de contrariétés.
De son côté, Sakura posait sur sa table de chevet une tasse désormais vide. Elle s'était préparé un verre de lait chaud afin de lutter contre l'insomnie qui ne l'épargnait pas. Elle éteignit sa lampe et se cala confortablement dans ce lit, si grand pour elle seule. Rêveusement elle laissa courir sa main sur le côté désert de tout corps où se reflétait la lumière blanche de la lune. En fermant ses paupières, elle crut brièvement distinguer un visage souriant encadré de cheveux blonds en bataille. Elle lui sourit également mais il disparut aussitôt. Il ne lui en fallut pas plus pour que ses pensées ne se tournent vers Naruto. Ils avaient passé une excellente soirée et elle se dit que le fait qu'il l'ait raccompagnée à la fin de la soirée contribuait largement à sa bonne humeur. Ses sentiments envers lui devenaient de plus en plus problématiques ; il lui était à présent presque impossible de se passer de lui ne serait-ce que pour une journée ! Il fallait bien avouer que c'était alors qu'il était en voyage en Europe qu'elle s'était rendue compte à quel point il lui manquait. En y réfléchissant, c'était bien la première fois qu'ils se quittaient aussi longtemps. Heureusement qu'Ino était là pour lui remonter le moral. Elle se souvint s'être coupée du monde quelques jours, ne répondant à aucun coup de fil, n'ouvrant la porte à personne. Finalement, après avoir forcé la porte de son appartement, Ino l'avait retrouvée un matin devant un litre de glace vanille/fraise à s'abrutir de films à l'eau de rose où tout le monde, même le personnage le plus improbable, trouvait chaussure à son pied. Elle vivait dans un champ de bataille, n'avait pas mis le nez dehors depuis plusieurs jours et ne ressemblait à rien. Face aux remontrances de la blonde, Sakura avait compris qu'elle avait touché le fond. Décidée à reprendre le contrôle de sa vie, elle fit des efforts pour ne plus penser à lui mais il était trop tard puisqu'elle en était convaincue désormais. Elle était bel et bien amoureuse de son meilleur ami ; celui avec lequel elle avait grandi et dont elle partageait tous les secrets. Cet ami qui s'appelait Naruto. Pourtant, elle ne pouvait se résoudre à le lui déclarer. Elle risquait de le perdre ; elle le connaissait trop, il était du genre à se débarrasser de ce qui le gênait avec une facilité déconcertante. Qu'aurait-il donc fait s'il ne ressentait pas ces mêmes sentiments forts envers elle ? Il l'aurait gentiment demandé de le laisser et elle ne pourrait se résoudre à essuyer un refus. Elle se tortilla dans son lit pour évacuer tout le stress que lui procurait ses traîtresses pensées mais ne parvint pas à s'empêcher de continuer. Elle était convaincue qu'il l'aimait d'une amitié sincère mais y avait-il quelque chose d'autre derrière sa désarmante gentillesse et ses sourires tendres. Devait-elle lire autre chose que de la camaraderie dans ses accolades habituelles ou se faisait-elle des illusions ? Bien sûr il restait un homme et entretenait parfois des liaisons avec des femmes plus belles les unes que les autres mais elles ne duraient jamais bien longtemps. Egoïstement, elle se réjouissait toujours discrètement en apprenant la fin d'une ses aventures, cela lui redonnait une lueur d'espoir qui disparaissait bien vite face aux incertitudes de l'avenir. Il pourrait trouver une nouvelle femme ! Quelqu'un dont-il serait véritablement amoureux cette fois ! Et elle, que deviendrait-elle alors ? La bonne amie toujours là pour aider. Cette gentille fille qu'on préfère avoir sous la main au cas où…
Elle s'assit soudainement en criant :
_ Ça suffit, j'en ai assez ! Sakura ressaisis-toi voyons, tu parles de Naruto. Tu le connais assez maintenant pour savoir qu'il n'est pas comme ça. Et de toute façon ce n'est pas le moment de penser à toutes ces bêtises, bougonna-t-elle en jetant un coup d'œil à son horloge qui annonçait vingt deux heures quarante et un. Dors ma fille. Tu en as bien besoin.
Elle se rallongea en vitesse et rabattit ses couvertures jusqu'à son menton. Elle allait dormir de gré ou de force.
La sonnerie de son portable tira Hanabi d'un sommeil sans rêves. Marmonnant des injures colorés envers celui qui l'importunait à cette heure tardive, elle plissa des yeux pour se rendre compte du nom qui s'affichait sur son téléphone. Elle grogna en le voyant et décrocha aussitôt :
_ Qu'est ce que tu veux ?
_ Je t'attends devant le club. Tu dois être là dans une demie heure.
Elle ne parvint pas à répondre. Orochimaru lui avait déjà demander de satisfaire bon nombre de ses caprices mais là il se fichait d'elle.
_ Tu perds du temps ma chérie, reprit-il face à son silence.
_ Tu plaisantes là, s'insurgea-t-elle révoltée par son sans gêne.
_ Tu connais déjà la réponse. Trente minutes, pas une de plus.
_ Attends dis-moi au moins pourquoi…
Trop tard. Il avait déjà raccroché. Elle jura entre ses dents et fut tentée de balancer ce maudit portable contre le mur mais s'y retint : il n'y était pour rien et elle en aurait encore besoin. Elle se leva donc passablement énervée et fourragea quelques affaires dans son sac. Il ne lui avait pas laissé suffisamment de temps pour se préparer ; elle le ferait donc là-bas. Elle griffonna un mot d'explication pour Hinata en toute hâte et se dirigea vers la chambre de sa sœur sur la pointe des pieds. Elle perçut le souffle régulier de sa jumelle qui lui confirma qu'elle dormait paisiblement. En se rapprochant du lit totalement baigné par la lumière de la lune, Hanabi sourit en apercevant un mince filet de bave qui s'écoulait entre ses lèvres. Hinata devait être épuisée pour dormir si profondément. Elle posa silencieusement le morceau de papier près de la montre en argent de sa sœur avant de lui souffler un baiser invisible. Elle ressortit aussi prudemment qu'elle était entrée et descendit les marches de l'escalier dans une semi clarté. S'emparant des clés de la voiture, elle se mit au volant et démarra. Elle attendit un moment pour vérifier que sa jumelle dormait toujours et partit soulagée de ne pas l'avoir réveillée. En empruntant les rues quasiment désertes qui la menaient vers son lieu de travail, elle ne cessait de maudire Orochimaru. Il allait l'entendre, ça c'était certain. Non seulement elle ne travaillait pas le mercredi mais en plus le lui imposer de cette manière au beau milieu de la nuit, elle n'en revenait pas. Sa colère n'était toujours pas retombée quand elle se gara moins de vingt minutes plus tard près de l'entrée. Elle sortit de son véhicule tout en inspectant les alentours. En le trouvant nonchalamment adossé au mur du bâtiment, elle se dirigea vers lui comme une furie.
_ Non mais t'es gonflé de me faire un coup pareil…
Elle ne put continuer puisqu'il l'avait réduite au silence par un baiser. Elle tenta de le repousser mais il était bien plus fort qu'elle et parvint avec une facilité déconcertante à la plaquer contre le mur. Ses mains rocailleuses soulevèrent son haut et caressèrent avidement son ventre plat avant de remonter vers sa poitrine ferme. Impuissante, elle se laissa faire mais ne put prendre part à son plaisir évident. Lorsqu'il la laissa enfin, elle était à bout de souffle. Il sourit face à son air buté et lui dit :
_ Tu as fait si vite que j'ai cru que c'était ce que tu voulais.
_ Eh bien, il faut croire que tu t'es trompé ! Alors pourquoi est-ce que tu m'as demandé de venir ?
_ C'est à cause d'Itachi, l'informa Orochimaru en posant avec autorité sa main dans son dos pour la conduire vers l'intérieur.
Ils se frayèrent non sans mal un chemin au milieu de la foule. A cette heure-ci, le club était plein à craquer ! Toutes sortes de personnes étaient là ; il y avait bien sûr les clients mais aussi des filles qui tentaient leur chance pour décrocher un job. On pouvait voir également des petites canailles sans envergure qui se donnaient l'air de gros durs en distribuant le maigre revenu qu'ils avaient volé au cours de la journée. Ceux-là se faisaient le plus remarquer avec leurs cris à tout-va et leurs dépenses spectaculaires. Autour d'eux, on ne comptait plus le nombre de filles dénudées pour les charmer. En général, les bons pères de famille –qui constituaient une bonne partie de la clientèle- se contentaient de les regarder faire la fête caché au fond de la salle en compagnie d'une ou deux hôtesses. Leur but étant surtout d'évacuer le stress accumulé au boulot, à la maison ou en famille, ils n'avaient pas besoin d'attirer l'attention. Mais les plus pathétiques à voir pour Hanabi restaient les habitués. C'étaient les personnes qui ne pensaient qu'à revenir une fois parti ; pour la plupart d'entre eux, ils étaient alcooliques, drogués ou sans domicile fixe et le club n'était pour eux qu'un moyen de se procurer ce dont ils avaient besoin. En effet, Orochimaru avait commencé à diversifier ses services et proposait désormais une panoplie de vices en tout genres : sexe, drogue et alcool ! Hanabi les regardait avec pitié mais ne parvenait pas à les plaindre. Ne le méritaient-ils pas ?
La voix rauque d'une fille sur la scène attira son attention et elle remarqua qu'ils prenaient la direction du quartier V.I.P. Elle se renseigna auprès de son patron :
_ Tu vas directement en chambre. Il t'attends depuis longtemps déjà.
_ Mais de qui tu parles ?
_ C'est le client d'Itachi, indiqua-t-il avec humeur. Il s'est pointé sans prévenir et j'ai dû improviser.
_ Enfin, je ne peux pas m'occuper de lui, lui rétorqua-t-elle en s'arrêtant soudainement.
_ Que veux-tu dire, demanda Orochimaru avec un calme qu'il était loin de ressentir.
_ Tu es mieux placé que moi pour savoir qu'on n'interfère pas dans les relations établies. Si ce type est sur la liste d'Itachi, je ne peux pas répondre à ses attentes. Tu n'as qu'à appeler Itachi !
_ Ecoute moi attentivement Hanabi car je ne le répéterais pas : tu vas aller le voir et lui faire oublier l'absence de ce maudit Uchiwa car je ne veux pas le voir quitter ce club avant demain matin, déclara-t-il en insistant sur chacune de ses paroles. J'espère que tu as compris ?
_ Oui, répondit la jeune fille en déglutinant.
Ils reprirent donc leur route. Orochimaru, la tirant plus qu'il ne l'accompagnait, se cogna contre une jeune femme aux cheveux bruns et aux lèvres rouges.
_ C'est ici, dit-il à Hanabi en lui désignant une porte à sa gauche. Je vous prie de m'excuser Mademoiselle mais je ne vous avais pas vu, continua-t-il à l'attention de celle qu'il avait bousculé. Permettez-moi de vous raccompagner pour me faire pardonner.
Un large sourire aux lèvres, il lui tendit galamment la main quand une voix qu'il ne connaissait que trop bien se fit entendre :
_ Pas la peine de vous donner tant de mal mais Mademoiselle Anko est déjà avec moi, n'est ce pas ?
Ignorant la conversation qui se tenait près d'elle, Anko suivait d'un regard mauvais Hanabi alors que celle-ci s'éloignait en courant vers la porte que son employeur lui avait indiqué. Ce n'est que lorsqu'elle disparut derrière la porte que Anko reprit pied dans la réalité : Orochimaru et Deidara la fixaient bizarrement.
_ Je suis désolée mais j'étais perdue dans mes pensées, se justifia-t-elle en souriant nerveusement.
_ Ce n'est rien, concéda Orochimaru. Bien je vois que vous êtes entre de bonnes mains, je vous souhaite donc une excellente soirée.
Il accompagna sa phrase d'un baisemain pour la jeune femme et les salua en souriant. Deidara soupira d'admiration mal contenue pour lui avant de conduire Anko à sa chambre. A peine entré que sa compagne s'emporta :
_ Tu l'as vu cette garce ! Elle est passée près de moi et ne m'a pas accordé un seul regard ! Je la hais, je la hais !
_ Anko calme-toi. Pas la peine de crier ; je sais exactement ce que tu ressens. Elle m'horripile aussi au plus haut point cette fille. Il l'a conduite lui-même comme si elle avait besoin d'escorte. Pff ! Tu parles d'une Lady !
_ Lady, quel pseudo à la con, renchérit Anko. Surtout quand on sait qu'elle se fait appeler Hanabi ici. Elle a tellement peur de se faire prendre qu'elle a tout fait pour qu'on ne la reconnaisse pas. Dommage pour toi Hinata mais Anko est passée par là.
Elle éclata d'un rire mauvais avant de se jeter sur le lit près du corps étendu de Deidara. Ce dernier entreprit alors de la dévêtir pendant qu'ils continuaient à parler :
_ Répète-moi une nouvelle fois pourquoi je ne peux pas aller voir mon boss pour lui dire que cette trainée travaille ici le soir ?
_ Tout simplement parce que j'ai encore besoin de temps pour arriver à mes fins, soupira le blond en se débarrassant du pantalon moulant en cuir de son amante. Tu veux lui faire du mal et moi aussi mais je veux également que le Maître m'appartienne et pour cela, il me reste encore quelques petites choses à mettre en place. Tu pourras attendre d'ici là ?
_ Bon je veux bien faire un effort… mais seulement parce que c'est toi, lui concéda-t-elle après réflexion.
Puis comme pour sceller leur accord, ils unirent leur lèvres dans un fougueux baiser annonciateur d'une nuit sans sommeil.
Shikamaru Nara était connu de tous pour son flegme et ce matin-là, il n'était pas prêt à faillir à sa réputation. Son réveil venait de sonner pour la dixième fois et il s'apprêtait à l'éteindre à nouveau quand la tornade blonde qui lui servait de petite amie se rua dans la chambre en sous-vêtements. Ses longs cheveux laissés libres s'écoulaient le long de son corps pareil à une chute d'eau et Shikamaru aurait vraiment eu envie d'y laisser courir ses mains si Ino ne le regardait pas avec des envies de meurtre. Depuis qu'ils avaient emménagés ensemble l'année dernière, la jeune femme ne cessait de se battre contre lui pour qu'il soit plus ponctuel. Son combat restait vain mais elle ne perdait pas espoir.
_ Sérieux Shika, tu te fous de moi c'est ça ?! Tu devrais déjà être debout depuis trois quart d'heure !
Un grognement plaintif lui répondit de sous les couvertures.
_ J'ai préparé le petit-déjeuner et j'ai eu le temps de prendre une douche alors que toi tu traînes encore au lit. C'est pas normal tu ne crois pas ?!
_ Ben rejoins-moi si tu veux, proposa-t-il en s'accoudant sur le lit afin de mieux la regarder.
_ Non alors ça il n'en est pas question ; tu m'as déjà fait le coup et tu sais bien comment ça va se terminer si je viens avec toi.
Le son de sa voix s'affaiblissait pendant qu'elle se remémorait elle-même ce qui se produisait lorsqu'elle lui cédait. L'ayant lui aussi remarqué, il la détailla avec insistance des pieds à la tête en s'attardant ostensiblement sur ses hanches et sa poitrine ce qui provoqua chez Ino une vive rougeur incontrôlée. Elle fit mine de s'enfuir mais contre toute attente, il fut plus vif qu'elle et l'enlaça avant même qu'elle n'atteigne la porte. Il l'embrassa tendrement au creux de son cou avant de lui murmurer à l'oreille :
_ Sois réaliste ma puce. Il est déjà huit heures moins le quart…
_ Raison de plus pour se dépêcher, le coupa-t-elle.
_ On sera en retard quoiqu'il arrive ; autant que ce soit pour de bonnes raisons, non ?
_ Non, je ne veux pas. Il faut que je sois forte pour nous deux, assurait Ino d'un ton qui contredisait ce qu'elle affirmait.
_ Allez viens et tu ne le regretteras pas, continuait Shikamaru tentateur.
Il l'embrassa près de l'oreille, sur la joue puis sur le nez et quand il posa ses lèvres sur la bouche offerte d'Ino, elle s'étendait déjà avec lui sur le lit.
Dans un des bureaux de la société de Naruto :
_ Non Hinata je crois vraiment que tu te trompes, s'écria Shizune en se levant une pile de dossiers dans les mains.
Elle se dirigea vers le bureau encore vide de son patron continuant de parler :
_ Si tu te laisses faire depuis le début, il te mangera toute crue notre Sasuke, crois-moi. Après tout, c'est un homme de pouvoir, rigola-t-elle.
_ Tu dois avoir raison, lui concéda Hinata installée derrière son bureau, mais il reste le patron. Je ne peux tout de même pas faire preuve d'irrespect…
_ Bien sûr que non ! Du moins pas maintenant. Au fond Sasuke n'est pas un mauvais bougre mais il ne sait pas le montrer je pense.
Un moment de silence s'installa. Surprise par sa réaction, Hinata se leva pour venir aux nouvelles. A peine avait-elle fait deux pas que son amie ressortit rapidement de la pièce et se planta devant elle :
_ Quoiqu'il en soit ne te laisse jamais décourager par son air buté ; comme tous les dirigeants il est parfois lassé de son travail alors ne sois pas défaitiste et fais-toi confiance. Si tu penses que tu dois le faire, alors ne t'arrêtes pas tant que n'es pas au bout. Et je ne te parle pas que du boulot car c'est aussi valable dans la vie.
_ J'ai cru comprendre, plaisanta la Hyuuga.
_ Au fait, j'adore ton ensemble ! Où l'as-tu acheté ?
_ On me l'a offert, lui répondit-elle un instant désarçonnée par le brusque revirement de conversation.
_ Tu en as de la chance, l'envia Shizune en se laissant choir sur son siège qui tourna sous son poids. Personne ne me fait de cadeaux à moi ! Pas même mon Jules, finit-elle avant de laisser son rire envahir le bureau.
Shizune avait le don de la mettre à l'aise et Hinata se sentait vraiment bien en sa compagnie. De ce fait, elle avait relégué au second plan ce qui l'avait causé du souci dans le train bondé du matin. En effet l'absence de sa sœur à son réveil l'avait étonnée -Hanabi n'était pas du genre à la laisser seule sans prévenir- puis en découvrant son petit mot en se préparant pour cette nouvelle journée, elle se sentit quand même un peu plus rassurée : sa jumelle lui expliquait que le club était débordé et qu'ils avaient besoin de tout le personnel ce soir-là et que les employés auraient même droit à une prime exceptionnelle pour le déplacement. Hinata avait souri de la motivation de sa sœur mais presque immédiatement un doute avait germé dans son esprit. Et si sa sœur avait finalement pris plaisir à travailler dans un tel endroit ? A bien y réfléchir cela faisait déjà longtemps que Hanabi y passait la majeure partie de ses nuits. Avait-elle fini par apprécier cet endroit ?
Hinata secoua la tête pour se débarrasser de ces idées saugrenues ; non, sa sœur n'aurait jamais été capable de s'habituer à de telles pratiques. Et quand bien même, elle le lui en aurait parlé puisqu'elle n'avait aucun secret l'une pour l'autre. Pourtant… Il se pourrait que ce soit possible.
C'est dans cet état d'esprit qu'elle avait retrouvée une Shizune totalement détendue et heureuse de vivre et qui la revigora par sa bonne humeur. Sa nouvelle journée démarrait donc sur les chapeaux de roues puisqu'à elles deux, elles avaient déjà déblayés une bonne tonne de boulot. Et au vu de son énergie débordante, Shizune n'allait pas s'arrêter en si bon chemin ! D'autant plus que Sasuke ne serait pas là avant cet après-midi –il était en réunion avec Naruto et cela pouvait durer des heures…- donc aucun risque d'être dérangées à tout bout de champ.
_ Tu m'écoutes ?
_ Pardon, sursauta Hinata toute honteuse de se faire prendre par manque d'inattention.
_ Eh ben alors tu ne m'écoutais pas !
_ Excuses-moi je réfléchissais à autre chose.
_ Ce n'est rien, lui assura tous sourires la brune. Je ne t'en veux absolument pas. Je disais donc : que dirais-tu de nous faire livrer notre déjeuner ? Sasuke et moi on a nos habitudes dans un bon petit resto et le livreur est sympa. Je sais qu'il est encore un peu tôt mais c'est assez loin et il faut toujours s'y prendre en avance si on veut manger à l'heure. Qu'en dis-tu ?
_ Pour tout te dire j'avais déjà prévu de manger avec Ino et Sakura à la pause déjeuner, commença-t-elle gênée de devoir refuser, mais…
_ Très bien alors je mangerais seule aujourd'hui mais demain tu mangeras avec moi. OK ??
Une fois de plus la bonne humeur de Shizune semblait être à toute épreuve. Après le lui avoir promis, Hinata se rendit aux bureaux de la comptabilité afin de leur transmettre quelques documents. Leurs quartiers se trouvaient à une dizaine d'étages au dessous de ceux des services juridiques et la jeune fille eut le temps de se perdre à nouveau dans ses pensées. Refusant malgré tout de s'inquiéter davantage du sort de sa jumelle, elle se rappela avec tristesse sa découverte de la veille. Fort heureusement elle n'avait pas tiré de plans sur la comète mais elle devait bien admettre que de savoir que Naruto, son Naruto était amoureux de sa meilleure amie ne l'enchantait guère. Pourtant son bon cœur lui répétait sans cesse de se montrer moins égoïste et de les soutenir dans leur quête de bonheur mais au fond d'elle, Hinata était en colère. En colère contre Naruto, contre Sakura mais surtout contre elle-même et le profond dégoût qu'elle s'inspirait. La sonnerie du signal d'ouverture des portes de l'ascenseur l'arrachèrent de ses pensées. Devant elle, un grand couloir dans les tons vert apparut. Quelques personnes s'affairaient ici et là mais elle les ignora se pressant d'en terminer avec cette corvée. Arrivée près de la réception, elle lui indiqua la raison de sa venue et pendant que la jeune fille rousse au visage parsemé de jolies tâches de rousseur se renseignait sur la disponibilité de son interlocuteur, Hinata remarqua deux silhouettes qui venaient dans l'immeuble. Se rapprochant de la grande baie vitrée, elle vit qu'il s'agissait d'Ino et de Shikamaru qui arrivaient. Aux grands gestes de la main qu'elle faisait, Hinata comprit sans mal que son amie blonde devait être folle de rage et en jetant un coup d'œil sur sa montre, la Hyuuga se dit que la flemmardise de son petit ami en était la cause.
Quand même, Shikamaru abuse vraiment, se dit-elle en souriant, il presque onze heures et ils n'arrivent que maintenant. Quand je pense qu'on a failli me virer parce que j'avais cinq minutes de retard !
Elle souriait encore quand la réceptionniste l'informa qu'elle pouvait entrer.
Attablé dans un coin isolé d'un restaurant renommé, Neji fixa son assiette de pâtes qu'il avait à peine touché ; elles ne valaient pas celle de Florence. Il la repoussa discrètement et reporta son attention sur son invitée. Elle finissait d'avaler sa dernière bouchée de saumon et entreprit de s'essuyer la commissure de ses lèvres pleines. Il se dit alors qu'elles paraissaient plus charnues qu'à leur dernière entrevue. Relevant les yeux de son plat, celle-ci surprit son regard interrogateur et répondit d'un air las tout en roulant les yeux :
_ Je me suis offerte une petite opération aux lèvres, en ajoutant de ses mains des guillemets au mot « petite », ce n'est pas un mal que je sache. D'ailleurs Gaï trouve que ça me va plutôt bien, non ?
La timide question qu'elle lui posait le fit rire. Neji posa doucement sa main sur celle qu'elle avait laissé sur la table et répondit sincèrement :
_ Il a raison : tu es magnifique Tenten.
_ Merci. Je dois t'avouer que j'attendais ton avis avec beaucoup d'impatience, lui dit-elle visiblement soulagée par cette confirmation. Je n'ai pas encore l'habitude et pour tout te dire je me fais des frayeurs quand je vois mon reflet dans le miroir.
Ils se sourirent en silence et profitèrent de l'instant présent. Ils n'avaient pas besoin de mots pour discuter –ils avaient traversé tant d'épreuves et se connaissaient mutuellement mieux que quiconque.
_ Tu m'as tant manqué Neji.
Le sourire qui accompagnait cet aveu ne fit qu'en accentuer sa véracité et Neji en fut profondément touché ; il pourrait toujours compter sur Tenten. Il lui répondit d'un chaste baiser sur ses longs doigts fins avant de dire :
_ Merci. Alors si nous parlions un peu de ce qui m'a amené ici, proposa-t-il après un court silence.
_ Oui, se reprit sa compagne. D'ailleurs si tu savais à quel point elle est excitée à l'idée de te revoir. Tu lui as beaucoup manqué à elle aussi. Elle n'a de cesse de courir dans toute la maison pour demander à tous les employés s'ils savaient que son papa Neji allait venir. Il faut la voir tant c'est drôle ! Depuis que tu as décidé de venir, j'ai la désagréable impression que Gaï et moi n'existons plus. Sincèrement je crois que ta venue est le plus beau cadeau que tu puisses lui faire. Crois-moi elle va s'en souvenir toute sa vie de ses six ans.
Le jeune homme sourit à l'évocation de sa fille. Elle était la personne qui comptait le plus à ses yeux et son cœur se gonfla de fierté en apprenant qu'il en allait de même pour elle. Ils ne s'étaient pas vus depuis que Tenten et lui avaient divorcé ; sa fille n'avait alors pas encore trois ans !
_ Je suis soulagé de l'apprendre. Je m'étais persuadé qu'elle m'aurait oublié depuis tout ce temps.
_ Comment veux-tu que cela arrive ? Nous lui parlons de toi quotidiennement, tu l'appelles régulièrement et Gaï veille bien à ne pas s'interposer entre vous. Il sait ce que cela veut dire d'être privé de son père.
_ C'est un type bien. Tu as l'air heureuse, notre fille également et je suis certain qu'il est fou de toi. Tu as eu pas mal de flair sur ce coup-là, plaisanta Neji.
_ Oui, je n'ai pas à me plaindre, répondit Tenten l'air songeur. Malheureusement, je ne suis pas certaine de l'aimer comme je t'aime et il le sait.
_ Tenten.
_ Quoi « Tenten » ? C'est la vérité. Je ne veux pas le faire souffrir mais c'est un fait établi. Je fais des efforts pour l'aimer davantage mais c'est justement là le problème ; l'amour ne doit pas être le fruit d'efforts constants. Il est là ou pas mais on ne le fait pas apparaître comme par magie.
_ On en a déjà parlé pourtant, lui rappela Neji en se pinçant l'arrête du nez.
_ Je sais, je sais. Par contre, je suis ravie de t'annoncer que Shishi l'adore vraiment. Il faut l'entendre parler de son papa Gaï ; c'est adorable, finit-elle en ponctuant sa phrase d'un formidable sourire –sûrement emprunté à son mari, pensa son interlocuteur.
Neji ne releva pas se contentant de hocher la tête de gauche à droite face à cette fuite évidente de la part de Tenten qui utilisait Nadeshiko comme diversion. Elle était rusée et Neji préféra jouer le jeu :
_ Bon il est temps de rentrer, décréta-t-il en regardant sa montre, je ne veux pas arriver en retard le jour de mes retrouvailles avec elle. On a juste le temps de faire quelques courses avant d'aller la chercher à son école.
_ D'accord allons-y, accepta une Tenten réjouie de s'en tirer à si bon compte.
Hanabi déposa tout le barda que constituait son sac, ses clés, le courrier du jour et ses chaussures en plein milieu du salon avant de littéralement s'effondrer dans son fidèle canapé. Dire qu'elle était épuisée était un euphémisme. Elle jeta un coup d'œil sur l'horloge du salon : quinze heures cinquante six. Elle rêvait de dormir. Rien qu'un petit instant, juste pour oublier la nuit qu'elle avait loupé et celle qui s'annonçait déjà. Car cet imbécile d'Orochimaru n'avait rien voulu savoir : elle prendrait son service habituel dès vingt deux heures ce soir. Son téléphone vibra soudain dans son sac. Partagée entre le désir de ne pas répondre et la curiosité de savoir qui l'appelait, elle ne décrocha pas de suite. Finalement au bout de quatre vibrations, le portable cessa de faire parler de lui. Elle s'en empara néanmoins quand elle s'aperçut qu'il y avait un message. Elle comprit bientôt qu'il y avait eu plusieurs appels. Il s'agissait de sa chère Hinata qui lui disait à neuf heures douze ce matin qu'elle n'aurait pas dû partir comme ça sans la prévenir. A onze heures quarante-cinq elle avait appelé une nouvelle fois pour lui dire de ne pas oublier d'aller voir leur père aujourd'hui. Hanabi jura et sans vraiment savoir comment, trouva la force de se relever pour se rendre au chevet de son père. Le message suivant qu'elle écouta en refermant la porte de leur maison lui apprit que c'était toujours Hinata qui lui demandait de ne pas oublier Hiashi et que les visites se terminaient à seize heures aujourd'hui. Hanabi crut exploser de rage en entendant les cloches de l'église sonner le carillon de seize heures. Il restait un autre message de sa sœur qui disait qu'elle s'inquiétait de ne pas avoir de nouvelles d'elle et qu'elle espérait vraiment que sa jumelle ait pu rendre visite à leur père car elles avaient prévu un rendez-vous avec le médecin du centre de soins en ce qui concernait l'état de santé du patriarche Hyuuga. Hinata terminait en lui demandant de la rappeler dès que possible. Hanabi rentra une nouvelle fois chez elle, encore plus déprimée qu'auparavant en se disant qu'elle avait vraiment besoin de sommeil.
La suite pour bientôt. En attendant, donnez-moi votre avis. Merci d'avance....
