Bonjour à toutes, je suis de retour avec le chapitre 4. J'ai pris grand plaisir à l'écrire, comme les précédents. Comme vous le remarquez sans doute, j'ai un peu plus de facilité avec les paragraphes plus longs. Ce sera mon premier " courrier des lecteurs " sur ce chapitre. Je vous remercie toutes pour les reviews, ça fait vraiment plaisir de savoir que l'on est lu.
Lili, Parijan, Marianne, Need-A-Hug.h ( j'adore ton pseudo XD )... Merci pour vos hypothèses. Vous verrez ce que j'ai choisi et la façon dont j'ai décidée d'écrire la suite. Quant à une chambre vouée au culte de House... c'est déjà assez énorme de l'imaginer, alors de le rendre réel... :D !
Need-A-Hug.h : La relation que j'essaie de construire entre Stacy et Lisa ne sera rien de plus qu'une belle amitié. J'aime beaucoup ces deux personnages, et une relation différente ne m'a jamais traversé l'esprit. Je suis une romantique -mais chut c'est un secret !- et le Huddy restera toujours le Huddy.
Anna : Merci pour ta review, j'espère que tu continueras de me suivre. Bonne lecture à toi !
Marianne : J'ai pas le droit d'écrire " See ya" ? Pourquoi ? Quand on le son, l'image, la vidéo et l'irrésistible visage de House qui le murmure, c'est pas une assez bonne raison pour l'écrire ? * part en courant cacher ses larmes". Je le dirai plus * mets sa main sur le cœur *... c'est ça ouais 8-)
Je vous souhaite une bonne lecture et vous dit à bientôt.
Chapitre 4
Stacy fit quelques pas hésitants dans la pièce, n'osant allumer la lumière ni toucher quoi que ce soit. Un sentiment étrange lui brûla les entrailles, elle ne comprenait pas ce qui avait bien pu se passer exactement dans cette pièce. Les hypothèses qui se bousculaient dans son esprit n'étaient pas des meilleures et tout la poussait à imaginer le pire. Son regard balaya la chambre du regard, essayant d'emmagasiner tous les détails. Des détails infimes, nombreux mais aussi si absents. La lumière du couloir illuminait tout le pan de mur opposé d'où se détachait ce qui avait immédiatement attiré le regard de Stacy en entrant. D'un blanc pur et d'une conception simple mais élégante, un lit d'enfant rempli à ras bord de choses en tout genre constituait le seul meuble de la chambre. Stacy s'approcha doucement du lit, passa sa main sur le bord, caressant les peluches, son esprit travaillant à plein régime.
- Bon sang, Lisa, souffla t-elle avec un sourire triste.
La pièce renfermait un trop plein de tristesse, un secret enfoui profondément, des regrets et des remords. Mais qu'est ce que House avait à faire avec cette histoire ? Et pourquoi diable Stacy pensait-elle que House avait un lien quelconque avec tout ça ?
Stacy ne sut pas exactement combien de temps elle resta ainsi, debout, son regard perdu entre les peluches et le linge, réfléchissant, analysant du mieux qu'elle pouvait ce qu'elle venait de découvrir. Et surtout comment elle pourrait essayer d'en parler avec Lisa. Mais quand ? Et comment ? Il était clair que cet épisode avait été une épreuve pour la Doyenne et qu'elle n'avait pas choisi de lui en parler. Stacy était une amie, une vieille connaissance, une ancienne collègue, mais qu'était-elle pour juger Lisa Cuddy sur cela ? Stacy referma la porte derrière elle, l'esprit à vif. La journée commençait d'une bien étrange manière. Comment allait-elle réussir à affronter le regard de Cuddy sans trahir sa découverte ?
11H36.
Plusieurs dossiers réclamaient encore son attention et Cuddy savait que la petite pause qu'elle s'octroyait chaque jour pour déjeuner devrait attendre encore un peu. Elle se reconcentra un maximum, voulant boucler le plus vite possible cette montagne de papiers administratifs posée à côté d'elle et qui semblait la narguer avec plaisir. La Doyenne avait pris un peu de retard depuis deux jours, la venue de Stacy avait quelque peu chamboulé ses habitudes. Mais elle était intérieurement contente de pouvoir passer ses soirées à discuter de tout et de rien avec l'avocate, loin de ses occupations - et préoccupations- ordinaires.
Elle rédigeait une lettre lorsqu'un son bien distinct la tira de son travail. Elle l'entendait toujours arriver de loin, c'était à la fois agréable, rassurant et énervant. Cuddy aurait reconnu ce son entre milles. Relevant la tête, elle vit House passer dans le hall de l'hôpital en compagnie de Wilson, direction la cafétéria. Sa démarche plus appuyée et le son plus dur que produisait sa canne sur le carrelage de l'hôpital lui arracha une grimace.
C'était comme ça qu'il arrivait les matins, une douleur lancinante mais bien présente dans la cuisse après le trajet en moto depuis chez lui. Mais pas à 11h30. Pas à cette heure là de la journée. Cuddy ne voyait qu'une explication logique à sa démarche aujourd'hui. Il n'était tout simplement pas rentré chez lui. La Doyenne fronça les sourcils. Elle savait House et son équipe impliqués dans un cas difficile, le Diagnosticien avait du passer – à nouveau- la nuit dans son bureau. Cuddy ferma les yeux quelques instants, chassant de son esprit les images d'un House allongé dans son fauteuil, endormi ou le regard rivé sur son tableau blanc, jouant avec un affreux tube orangé. En tant que Doyenne de l'hôpital, Cuddy se devait de rentabiliser ce service des Diagnostiques qui, malgré ses excellents retours, coûtait une fortune à l'hôpital. Mais en tant que femme et – elle l'espérait après tout- "amie" de House, elle s'en voulait toujours de lui infliger de longues nuits à l'hôpital, ne pouvant s'empêcher de penser à cette blessure à la cuisse droite. Cette blessure que cette cane ne pouvait jamais lui faire oublier.
En quittant le PPTH vers 19h30, Cuddy envoya un simple message à Stacy pour la prévenir de son arrivée. Elle sourit au fait qu'elle informait une tierce personne qu'elle était sur le point de rentrer dans sa propre maison. Alors qu'elle enfilait son manteau et sortait de son bureau, elle croisa House dans le hall qui signait la fiche des sorties.
- Où en est votre cas ?, demanda la Doyenne en s'approchant de lui.
- Empoisonnement au cadmium, lâcha House en s'apprêtant à partir.
- House ! Attendez... c'est tout ?
Le Diagnosticien ne répondit rien, se contentant de se diriger à grandes enjambées vers la sortie. Cuddy signa rapidement le registre et s'empressa de le suivre. C'était elle ou il avait un comportement bizarre ?
- Vous allez me suivre jusqu'à chez moi comme ça ?, ironisa House en entendant les talons de sa patronne claquer derrière lui.
- Vous ne devriez pas rentrer en moto, dit Cuddy en le voyant se diriger vers l'engin garé un peu plus loin.
- Et vous allez m'en empêcher en me fusillant du regard et en prenant votre air de Doyenne a qui on ne peut rien refuser ?, répliqua House en s'emportant légèrement.
Il était clairement de mauvaise humeur. Il était sur ce cas depuis trois jours, n'avait presque pas dormi et n'avait qu'une seule envie : rentrer chez lui, s'étaler de tout son long sur son canapé et dormir. Dormir, c'était ce dont il avait le plus besoin. Cuddy le regarda enfiler son casque en se mordillant la lèvre inférieure. Elle voyait qu'il avait mal, qu'il souffrait plus que d'ordinaire et s'en voulait de le voir partir en moto. Oh et puis après tout, il n'avait qu'à faire ce qu'il voulait ! Elle n'était pas censée s'inquiéter pour cela. Non ?
- Dépêchez-vous de rentrer. Je suis sûre que vous avez des tas de choses à raconter à votre nouvelle meilleure amie !, lâcha House en démarrant son engin.
Cuddy nota le ton sarcastique que l'homme avait utilisé pour qualifier Stacy et voulut répliquer quelque chose à son tour. Le vrombissement assourdissant de sa moto la coupa dans son élan et elle regarda House quitter le parking avec un soupir. Cuddy se dépêcha de rejoindre sa propre voiture et de rentrer chez elle. Ils ne s'étaient pas vus de la journée, venaient de se parler à peine... cinq minutes et ils avaient déjà trouvé le moyen de se disputer. Quoi de nouveau après tout ?
Elle avait conduit mécaniquement, tournant aux carrefours indiqués, suivant le même chemin depuis des années. Il avait trouvé le bon diagnostic, sauvé un patient. Et cette petite lueur de suffisance, d'auto-satisfaction bien qu'éphémère, qui brillait dans son regard à chaque fois qu'il lui annonçait qu'il avait trouvé la solution ? Pourquoi ne l'avait-elle pas vue ce soir ? La seule chose qu'elle y avait lue, c'était une souffrance dissimulée, un désir évident de rentrer chez lui et surtout qu'elle le laisse tranquille. La présence de Stacy et le court échange qu'il avait eu avec elle lui revinrent en mémoire quand elle gara sa voiture devant chez elle. Elle aperçut de la lumière dans son salon et la silhouette de l'avocate qui se détachait. Cuddy n'avait jamais exactement su ce qu'avait été la relation entre House et Stacy, elle n'en connaissait que quelques détails, elle avait été spectatrice de leur rupture. Cuddy avait vu un House se débattre contre une douleur qui marquerait le restant de ces jours. Elle avait tout fait. Tout essayé. Chercher des centaines de solutions. Imaginer toutes les hypothèses. Puis, elle avait fait un choix. Convaincu Stacy. Mais qu'était devenu le House qu'elle avait connu à la fac depuis ? Cuddy ferma les yeux, toujours assise dans sa voiture. Une angoisse sourde lui barrait la gorge. Pourquoi maintenant ? Pourquoi repenser à tout cela maintenant ?. L'arrivée de Stacy n'aurait du être qu'un moment de détente passager dans la vie de la Doyenne, un moment de répit, une occasion de passer un peu de temps avec une amie. Et pourtant, ce n'était que remise en question et nouvelles interrogations.
21H46
- Quelque chose ne va pas ?
Cuddy finit par le demander. Elle était arrivée environ deux heures plus tôt et avait trouvé Stacy dans son salon, comme l'avait laissé supposer la lumière qui filtrait derrière les rideaux. Contrairement à ce que Lisa avait imaginé, cette soirée n'avait pas été des plus agréables pour elle. Stacy lui avait paru un peu distante, plus réservée. Lisa se demandait ce qui avait pu la mettre dans un état pareil et avait finit par poser cette question. Assise dans son fauteuil, les jambes repliées sous elle, Stacy se mordit la lèvre inférieure, ne sachant pas très bien quoi répondre. Elle aurait pu mentir, mais elle n'avait jamais été très douée dans ce domaine là ... du moins en dehors du travail.
- Je suis désolée, finit par répondre Stacy, décidant de jouer franc jeu.
- Je ... je ne suis pas sûre de comprendre. Pourquoi devrais-tu t'excuser ?, demanda Lisa en fronçant légèrement les sourcils.
Et maintenant ? Désolée pour le bébé ? Désolée d'être entrer sans ta permission ?. Se levant du fauteuil, Stacy s'approcha de la cheminée, fixant les bûches qui se consumaient en émettant de légers craquements.
- Stacy, explique toi. Si tu ne me dis rien, je ne peux pas t'aider, dit doucement la Doyenne en la regardant.
- Je suis entrée dans la chambre.
Elle l'avait dit. Dit. Elle n'avait qu'à attendre la réponse de Cuddy qui ne devait pas tarder. N'est ce pas ? Au lieu de cela, un silence lui fit écho. Un silence gênant et gêné. Stacy se tourna vers Lisa, cherchant à capter le regard de son amie. Son cœur se serra lorsqu'elle découvrit le visage de la Doyenne, assise en tailleur sur son canapé, un plaid sur les épaules. Lisa ne la regardait pas, elle ne semblait rien voir. Rien entendre. Stacy s'approcha doucement d'elle, s'asseyant auprès de son amie.
- Je sais que je n'aurais pas du, je te demande pa...
- Ce n'est rien. C'est du passé, dit Lisa en se levant d'un coup sec.
- Lisa... attends...
Ses doigts se refermèrent sur le plaid, laissant la jeune femme s'échapper dans le couloir. Ce n'est rien. C'est du passé. Une voix cassée, une femme qui cherche à garder le contrôle d'émotions qui sont sur le point de la submerger. Stacy aurait voulu se gifler, crier, n'importe quoi mais faire quelque chose. La réaction de Lisa était bien plus douloureuse pour elle que ce qu'elle avait pu imaginer. Son visage s'était fermé, des larmes avaient perlé au coin de ses yeux, tout de suite refoulées avec rage.
Je suis entrée dans la chambre.
Une simple affirmation avait ravivé une douleur qu'elle avait cherchée à enfermer en elle le plus profondément possible. Quatre mois. Quatre mois qu'elle voyait cette porte fermée, se refusant à l'ouvrir, à la vider, à simplement imaginer ce qu'elle aurait pu être si ses rêves s'étaient réalisés. Quatre mois qu'elle refusait d'avancer. Refuser de vider cette chambre, c'était refuser de tourner la page. Cuddy le savait, elle aurait du se séparer de ces affaires qui – elle en était presque persuadées- ne lui servirait jamais. Elles étaient synonymes d'échecs, de sentiments inavoués, de colère et d'une immense déception. Ce n'était même plus de la tristesse, c'était une humiliation.
Adossé à son lit, assise sur le sol et les muscles qui commençaient déjà à s'engourdir, Cuddy fixait le mur en face d'elle d'un regard vide de tout expression. Elle n'avait même pas envie de pleurer, elle avait déjà assez pleurer. Elle ne voulait plus pleurer, pas pour ça. La perte de Joy était une étape, une épreuve de plus qu'elle avait du surmonter seule. Lisa Cuddy était une femme forte, une directrice attentionnée, travailleuse et dévouée à la cause de son hôpital. Il y avait toujours eu deux Lisa Cuddy et peu de personnes connaissaient la deuxième, celle qu'elle était quand elle était seule, quand elle savait que personne ne pouvait voir toutes ses barrières tomber. Peu de personne l'avait vue ainsi. Et il n'en n'était qu'une qui savait parfaitement quelle femme Lisa Cuddy était.
- Je peux entrer ?, demanda Stacy en entrebâillant la porte sans faire de bruit.
Lisa acquiesça avec un faible sourire, l'invitant à prendre place à côté d'elle. Les deux femmes gardèrent le silence un moment, ni l'une ni l'autre ne savait vraiment quoi dire.
- Je ne t'en veux pas, tu sais. Ce n'est pas ta faute, dit finalement Lisa d'une voix cassée.
Cette simple phrase rassura quelque peu Stacy. Lorsqu'elle avait vu Lisa disparaître dans sa chambre, elle n'avait pas tout de suite cherché à la rejoindre, sachant qu'il lui fallait du temps. Stacy n'était pas particulièrement fière de ce qu'elle avait fait, mais ne voulait pas gâcher la belle amitié qui la liait à la Doyenne. Stacy avait attendu plusieurs minutes, cherchant, ressassant dans son esprit les mots justes.
- Je ne suis pas entrée dans cette chambre depuis quatre mois, dit doucement Lisa en entrelaçant ses doigts.
Stacy ne répondit rien, ne voulant pas briser cet instant. Elle ne savait pas si Lisa voulait tout raconter, s'expliquer, en discuter. L'avocate étendit ses jambes devant elle, laissant à son amie tout le temps qu'il lui faudrait. Cuddy lui en fut intérieurement reconnaissante. Elle avait plus ou moins réussi à faire abstraction de Joy et ce n'était pas facile de s'ouvrir à quelqu'un. Même sa famille, sa mère ou sa sœur ne l'avaient jamais su. Il n'y avait que Wilson, maintenant Stacy... et puis House. House évidemment.
- Je n'en ai jamais parlé ... à personne, commença Lisa en serrant les lèvres. Tout était prévu, tout devait... c'était une petite fille, je devais l'adopter à sa naissance...
- Que s'est-il passé ?, demanda tout de même Stacy malgré elle.
Il m'a embrassée était la première chose à laquelle pensa Cuddy en entendant sa question. Mais qu'avait-elle besoin de penser à lui maintenant ?!
- La mère a gardé l'enfant, répondit simplement Lisa.
C'était un constat froid, une réponse brève mais qui en disait long. Stacy remarqua la simple larme qui dévalait la joue de son amie, y laissant une traînée salée.
- Je suis désolée Lisa.
Cuddy ferma les yeux, laissant finalement les larmes refoulées depuis si longtemps faire leur chemin sur son visage, s'échouer dans son cou et la brûler. Brûler et frisonner en même temps. Elle ramena ses genoux contre elle, s'autorisant, pour la première fois depuis longtemps, à se laisser aller. Elle sentit Stacy passer un bras autour de ses épaules et l'attirer contre elle.
TBC ...
Je suis une maniaque des fautes en tout genre. Malgré les relectures, il se peut que certaines fautes ou coquilles soient encore dissimulées sous ces gros pavés. Je m'en excuse d'avance. On se retrouve bientôt pour la suite !
Juliette. Promis j'écrirai pas ce que je meurs d'envie de dire Marianne :D
