Disclaimer ! On a juste inventé le prénom de Lorcan pour Aphrodite, le reste est à Kurumada.
Rating : +18 ans (scènes de viol)
Résumé : Fic alternative, Un jugement, une prison, un dragon qui fait la loi… Et si tout n'était pas aussi simple ? (comme d'habitude, toujours aussi nulle dans les résumés donc lisez et vous verrez bien) Idée tirée du manga UGH.
oOo
Camus était sur le point d'exploser. Lorcan ne l'avait pas lâcher de la journée depuis qu'il l'avait embrassé le matin au réfectoire, saisissant le moindre prétexte pour le toucher un peu trop explicitement, le tenir dans ses bras, le couvrir de baisers…
C'était plus que le Français ne pouvait en supporter. Il avait cru avoir la paix en faisant croire qu'il était en main mais n'avait pas calculer avec les élans amoureux de son co-détenu, il était à deux doigts de demander à changer de cellule mais se retenait, ne sachant pas vers qui il pourrait bien se tourner. Il aurait bien voulu se retrouver avec son petit frère mais ne doutait pas que Masque ne lui cèderait pas sa place. Il était donc en train de bouillir intérieurement, affichant un masque glacial digne des plus grands sommets terrestres mais insuffisant pour refouler les ardeurs du Suédois qui en profitait sans remords.
La voix dans le haut parleur annonçant la fermeture des portes lui vrilla les oreilles, il avait un mal de crâne pas possible et s'affala sur son lit, pensant enfin avoir la paix à l'abris des regards dans leur cellule. La comédie était terminée… pour l'instant.
La douche avait été digne d'un film d'angoisse tortueux pour lui. Lorcan n'avait pas hésité à se coller intimement à lui, le faisant rougir involontairement, passant ses mains sur son corps, prenant plaisir à le savonner jusque dans les endroits les plus intimes mais, curieusement, sans chercher à en abuser. Gabriel était resté figé, tentant désespérément de contenir son envie de meurtre à l'égard du Suédois, se maudissant intérieurement des frissons qu'il ne pouvait réprimer et de la teinte écrevisse que prenait de plus en plus ses joues sous les assauts érotiques d'Aphrodite.
Quand le savon était tombé, il s'était penché instinctivement pour le ramasser et avait poussé un cri en sentant soudainement le désir de Lorcan se coller contre ses fesses, le faisant se relever d'un bond trop brusque et envoyer un coup de tête malencontreux au Suédois qui, surpris, s'était retrouvé à terre, légèrement sonné.
Tous les regards présents s'étaient alors tournés vers eux, accentuant encore son malaise et il s'était forcé à tendre la main à Lorcan pour l'aider à se relever, se retrouvant avec un Suédois accroché telle une sangsue à son cou, lui couvrant le visage de petits baisers mouillés.
Gabriel était à présent allongé sur son lit et tentait de calmer sa migraine en se massant les tempes, les yeux clos. Il perçut un mouvement près de lui et ne réagit pas suffisamment vite pour empêcher le Suédois de plaquer ses lèvres aux siennes, envahissant sa bouche de sa langue avec une douceur qui le surprit malgré tout. Epuisé, il se laissa faire, répondant petit à petit au baiser langoureux, appréciant, malgré lui, le contact, se détendant doucement sous la caresse buccale.
Lorsque Lorcan se sépara de lui, il entrouvrit les yeux pour se plonger dans deux lacs purs d'un bleu cristallin qui lui coupèrent le souffle. Le Suédois semblait lui aussi dérouté par ses émotions, mais il se reprit rapidement et s'allongea aux côtés du Français sans le quitter du regard. Sa main effleura sa joue avant de descendre lentement le long de son cou pour finir par se perdre dans la masse soyeuse de ses longs cheveux bleus tandis qu'il se penchait à nouveau pour reprendre ses lèvres dont il ne semblait pas se lasser.
Gabriel se laissait aller à cette douce torpeur qui l'envahissait, il ne bougeait pas, profitant de la magie de l'instant, oubliant pour un temps où il se trouvait et pourquoi. Lorcan semblait avoir vaincu ses défenses en un temps record. Pourtant, quand il sentit une main se glisser sous son t-shirt, parcourir délicatement sa peau, il revint brusquement à la réalité et se dégagea un peu trop brutalement de l'étreinte du Suédois, l'envoyant à terre pour la seconde fois en deux jours.
Lorcan resta assis sur le sol et leva un regard d'incompréhension sincère vers Camus qui le fixait d'un air désolé et furieux à la fois.
« Gabriel ? »
Il ne comprenait pas. Il lui avait pourtant semblé que le Français savourait lui aussi le baiser qu'ils avaient échangé. Il ne l'avait pas repoussé et même y avait répondu, à la grande surprise du Suédois. Qu'avait-il donc fait pour provoquer la colère de son compagnon de cellule ?
« Ne me touches plus jamais ! » lui cria Gabriel avant de détourner le regard et de cacher son visage dans l'oreiller en tentant d'étouffer les sanglots nerveux qui menaçaient de le secouer.
Soudain, il réalisa et, se reprenant rapidement, il se constitua un masque glacial et insensible avant de se redresser et de se tourner vers le Suédois.
« Comment m'as-tu appelé ? »
Lorcan se mordit la lèvre, il venait de faire une bourde et impossible de réparer.
« Gabriel. » redit-il.
Le Français sauta souplement hors du lit et avança dangereusement vers le Suédois qui reculait tant qu'il pouvait dans l'espace restreint de la cellule. Il se trouva bientôt dos au mur et le Français plaça chacune de ses mains de part et d'autre du visage d'Aphrodite. Il s'approcha de son oreille et lui susurra.
« Tu peux répéter ? »
« Gabriel. » murmura cette fois-ci Lorcan qui se maudissait plus que jamais de sa bêtise.
« C'est toi qui est chargé de ma protection ? » le questionna Camus toujours aussi bas.
« Non, je suis là pour celle de ton frère. »
Lorcan n'avait pas le choix, il était obligé de lui dire la vérité.
« Tu sais qui est là pour moi ? »
« Non »
C'était vrai, il n'en avait pas la moindre idée dans la mesure où Gabriel n'était même pas sensé être là. Il ne savait pas qui ils avaient pu envoyer, si tant est qu'ils aient envoyé quelqu'un. En tout cas, il ne le connaissait pas sinon il l'aurait déjà repéré. Lui était plutôt d'avis qu'ils n'avaient envoyé personne pour protéger Camus, comptant uniquement sur lui et sa capacité d'adaptation dans l'action.
Gabriel posa son front sur l'épaule de Lorcan, épuisé nerveusement. Celui-ci referma ses bras autour du Français qu'il sentit frissonner contre lui. Il le força à faire marche arrière en direction du lit du Suédois et, le faisant s'allonger, il vint se coller contre lui.
« Dors mon ange, on reparlera de tout ça demain. » lui murmura t-il dans l'oreille avant de lui déposer un baiser sur le front.
« Lorcan, je te désire, mais tant que… pas maintenant…pas ici… je ne peux pas. » avoua Gabriel d'une voix douloureuse.
Lorcan l'embrassa furtivement et le laissa s'endormir, le Suédois restant perplexe sur la dernière phrase de Gabriel. Pourquoi lui faire un tel aveu maintenant ? Il resserra son étreinte autour du Français et finit par s'endormir à son tour.
oOo
Hyoga reprit sa place sur la couchette du dessus, il regardait le plafond, revoyant les yeux de Kanon, repensant à ses bras qui l'avait tenu la nuit dernière. Il poussa un soupir à fendre l'âme, le Dragon avait prit une place plus importante qu'il ne l'aurait cru dans sa vie, il s'en rendait compte mais ne savait comment interpréter les sentiments qui l'assaillaient lorsqu'il pensait à lui.
Masque, allongé sur la couchette du dessous, eut malgré lui un petit sourire. Mais que ce Dragon ne s'avise pas à faire du mal à son petit frère d'adoption !
« Angelo ? »
« Oui ? »
« Tu as pu voir Saga ? »
« Oui, ils m'ont laissé aller le voir. »
« Comment va-t-il ? »
« Ses constantes ont remonté quand j'étais près de lui, on aurait dit qu'il sentait ma présence. J'espère qu'il va continuer à se battre. »
« J'en suis sûr ! »
Petit silence. Masque grimpa sur le lit de Hyoga.
« Hyoga, j'ai appris quelque chose là haut. » fit-il tout bas.
« Quoi ? » chuchota le Russe tout aussi bas.
« D'après leurs sources, ILS auraient réussi à s'acheter les services de détenus pour vous faire la peau, ici. »
Hyoga commença à trembler convulsivement et Angelo se glissa à ses côtés pour le prendre dans ses bras, lui caressant doucement le dos.
« T'en fais pas, je te protègerai. » tenta de le rassurer l'Italien.
Hyoga ne dormit pas cette nuit là, évitant de remuer pour ne pas réveiller Angelo. Dès que les barrières s'ouvrirent, il se rua vers la cellule de son frère, éjecta Lorcan de son lit qui tomba sur les fesses et se lova dans les bras de son aîné.
Le Suédois se massa son fessier douloureux en se relevant. Il n'y avait aucun doute, ces deux là étaient bien frères. Masque, qui arrivait derrière, arborait un sourire mais une lueur d'inquiétude dansait dans ses yeux.
« Hyoga pourquoi tu trembles comme ça ? » demanda son frère inquiet.
Kanon qui arrivait à son tour dans la cellule, fronçait les sourcils. Il avait vu Hyoga passer en courant, livide, et la phrase qu'il venait d'entendre du Français ne l'avait pas rassuré.
« Venez dans ma cellule ! » ordonna le Dragon à tout le monde, avec un regard appuyé en direction d'Aphrodite qui lui fit un imperceptible mouvement de tête.
Tous le suivirent sans un mot. Une fois dans la chambre du Grec, il prit d'autorité Hyoga dans ses bras, Camus le laissa faire à contre cœur mais fut bien vite rassuré quand il vit son frère se calmer sensiblement.
Pendant ce temps, Masque s'était rapproché de Lorcan.
« Aphrodite, il faut que je te parles. »
oOo
« Nom de Dieu, c'est toi ? » s'exclama Masque, après avoir forcé le Suédois à lui révéler les véritables raisons de sa présence dans la prison.
« Oui, c'est moi ! Je devais me rapprocher de Kanon dès mon arrivée pour obtenir son aide en cas de coups durs. » lui avoua Lorcan.
« Et bien tu peux compter avec moi à présent et nous ne serons pas assez de trois car nous ne savons pas combien de détenus ils ont réussis à convaincre de liquider les deux frères. » ajouta l'Italien tout en réfléchissant sur les éventuelles menaces.
« Et pour le camp adverse, t'as des infos ? »
« Malheureusement non, rien de plus que ce que je t'ai dit. Milo et Shura sont sur les deux affaires en même temps mais il leur faut du temps. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ils m'ont caché la véritable raison de ta présence ici. »
« Tout bêtement parce qu'ils ne sont pas au courant, ils étaient chargés de la surveillance des deux frères à l'extérieur et ça a foiré. Le boss a donc décidé de ne mettre personne d'autre au courant. Mais ton beau-frère a tout de même été plus rapide que toi à la détente, il a tout deviné avec l'arrivée de Camus. » répondit Lorcan avec une pointe de sarcasme amical.
Ils retournèrent dans la cellule du dragon. Hyoga avait finalement cessé de trembler et se blottissait dans les bras de Kanon.
« On prend les même et on recommence, comme à Kyoto ? » demanda Kanon de but en blanc aux deux arrivants.
Camus et Hyoga les regardaient tour à tour sans comprendre.
Lorcan et Angelo leur firent un clin d'oeil avant de répondre avec un grand sourire.
« Ca va me rappeler le bon vieux temps. » s'exclama l'Italien avec entrain.
« Euh, c'est quoi se charabia ? » s'enquit Camus.
« Vous allez vite comprendre ! » continua Kanon.
Tandis que les deux frères ouvraient de grands yeux, Lorcan expliquait la véritable raison de sa présence en prison.
« Je ne suis pas un tueur à gage, je suis un tireur d'élite des forces spéciales. Lorsque tu as été victime du premier attentat contre toi Hyoga, j'étais chargé de te protéger à distance et de les abattre mais nous ne nous attendions pas à la violence de leur attaque. J'ai donc été transféré ici pour une protection rapprochée, je devais m'adjoindre l'aide de Kanon une fois sur place, mais ça ne s'est pas tout à fait passé comme je l'avais prévu. Kanon était devenu le Dragon et il ne laissait personne l'approcher, encore moins un ancien flic. C'est grâce à l'arrivée de ton frère qu'il a tout découvert et qu'il est venu de lui-même me proposer son aide. Nous avons donc décidé que Kanon protégerait Hyoga pendant que je me chargerai de Gabriel. »
Hyoga et Gabriel étaient abasourdis par ce qu'ils venaient d'entendre. Leurs regards allaient de l'un à l'autre de leurs protecteurs, tentant de réaliser que ces deux hommes étaient des flics, et chargés de leur sécurité.
« Mais, et Angelo ? Pourquoi ne pas l'avoir mis dans la confidence lui aussi ? » s'étonna le Russe.
« Je n'en ai pas eu besoin, il te protégeait déjà de lui-même. » répondit Lorcan avec un sourire d'excuse à l'Italien qui prit, à son tour la parole.
« Je ne t'ai pas dit toute la vérité Hyoga. Kanon, Saga et moi faisons partis des services secrets grecs travaillant sur le sol japonais. Notre mission était de démanteler une branche de la mafia japonaise qui volait des secrets industriels pour les revendre à d'autres pays qui n'en auraient pas forcément fait bon usage. Je travaillais sous couverture dans une grosse firme japonaise, dont je tairais le nom et ce qu'elle faisait pour raisons de sécurité et de confidentialité évidentes. J'avais repéré les personnes qui étaient en contact avec les Yakuzas et Saga était chargé d'infiltrer la branche mafieuse afin d'être au courant de leurs agissements à l'avance et de réunir suffisamment de preuves. Kanon était notre contact à l'extérieur. La suite tu la connais déjà. »
Angelo lança un regard douloureux au Grec dont le visage avait pâli en entendant le prénom de son jumeau, avant de continuer.
« Lorsque je suis remonté pour la révision de mon procès, j'ai rencontré Milo et Shura, les gars qui étaient chargés de votre protection à l'extérieur, et qui se trouvent être aussi nos collègues qui se battent pour nous disculper, Kanon et moi. Ils m'ont appris pour vous deux mais ne connaissaient pas l'identité de la personne chargée de vous protéger. En revanche, ils m'ont informé que les gens qui veulent votre tête ont réussi à acheter des détenus pour faire le sale boulot. En résumé, nous allons devoir être encore plus sur nos gardes. »
Hyoga se recroquevilla contre Kanon tandis que Gabriel réprimait un frisson d'angoisse, lançant un regard suppliant à Lorcan qui vint aussitôt le prendre dans ses bras.
« Vous pourriez avoir pitié de la pauvre chandelle ! » railla Angelo.
« Quel est votre plan ? » s'enquit le Français qui gardait néanmoins un self contrôle admirable.
Les trois flics se regardèrent d'un œil entendu avant de se pencher vers leurs protégés.
oOo
Rhadamanthe était vert de rage, ils étaient dans l'antre, aucun moyen d'entrer là-dedans, sauf pour ceux qui y étaient 'invités'. Il pesta, il fallait qu'il trouve un moyen, rapidement de préférence, pour tuer Archange, mais avant, il le ferait sien. Cependant, un problème de taille se dressait, les trois résidents les plus craints l'avait pris sous leurs ailes, bien qu'il se défendait très bien tout seul. Et qui était le nouveau ? Rien que de le regarder, ça lui donnait froid dans le dos.
« Arrêtes de tourner en rond, tu me donnes le tournis. » lui fit Minos calmement.
« Ouais, on trouvera bien un moyen, tu l'auras ta revanche. » renchérit Eaque.
« Il est hors de question qu'il m'échappe ! Il faut trouver un moyen d'éloigner les autres et d'isoler Archange et le glaçon ambulant ! Archange sera mien avant que je ne lui tranche la gorge, quant à l'autre, vous pourrez en faire ce que vous voulez, mais il devra mourir lui aussi ! »
L'Anglais avait le regard meurtrier, il se voyait déjà enfoncer sa lame dans la chair tendre du cou du jeune Russe, plonger ses mains dans le sang qui en coulerait à flots et le regarder se vider d'un regard victorieux.
« Il nous faut plus de monde ! Voyez à qui on peut faire confiance et ramenez les moi. Je vais leur faire payer leurs affronts. Je vais les briser avant de les tuer. » termina t-il comme pour lui-même, le regard fou.
oOo
Avec l'aide de Masque, Kanon retira le lit sans faire de bruit. Il y avait des insignes bizarres sur le sol. Kanon tira une brique d'un mur, dévoilant une petite cavité secrète où étaient entassés quelques trucs.
Sous les yeux médusés de Hyoga et de Gabriel, il en sortit plusieurs armes de poings, dont deux poignards utilisés par les militaires, un poing us en laiton et deux couteaux automatiques, l'un à lame ciselé 23 cm , l'autre à lame de 33cm. Il distribua les deux couteaux à Lorcan et Gabriel, tandis qu'il donnait l'un des poignards à Angelo et l'autre à Hyoga.
« Et toi ? » s'inquiéta ce dernier.
« J'ai ce qu'il faut, ne t'inquiètes pas. » le rassura Kanon.
L'annonce de la fermeture prochaine des portes les obligea à se séparer et à retourner dans leurs cellules.
Tandis que Lorcan, Camus et Hyoga sortait de l'antre du Dragon, celui-ci retint Masque par le bras.
« Laisses moi Hyoga ce soir. » lui demanda t-il d'un ton implorant.
L'Italien hésita quelques secondes avant de lui répondre.
« Hyoga ne m'appartient pas, c'est à lui de décider. Mais je te préviens, il est plus fragile qu'il n'y parait et si tu lui fais du mal… » le menaça Masque.
« Pour qui me prends tu ? Je n'ai pas l'intention de lui faire du mal. Ne me suis-je pas engagé à les protéger lui et son frère ? » rétorqua Kanon que l'attitude méfiante de l'amant de son jumeau rendait agressif.
« Tu ne l'auras pas si facilement que tu le crois, il est hétéro ! » lâcha Masque avant de rejoindre Hyoga qui l'attendait un peu plus loin, l'air interrogateur.
« Que voulait-il ? » l'interrogea ce dernier.
« Toi ! » répondit simplement l'Italien.
Le Russe ne répondit pas. Certes, il se sentait en sécurité dans les bras du Grec mais ne se sentait pas prêt à approfondir leur relation, pas de cette façon là en tout cas. Il jeta un coup d'œil à Kanon qui le regardait avec colère et détourna la tête, masquant la tristesse qui l'étreignait soudain. Ce qui n'échappa pas à Angelo.
« Tu sais ce qu'il attend de toi. Te sens tu prêt à franchir le pas ? Avec lui, ça ne se limitera pas aux baisers et aux caresses que nous avons échangé, en es tu conscient ? »
Hyoga hocha la tête, incapable de parler. Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, une boule s'était formée au fond de sa gorge, menaçant de le faire fondre en sanglots. Il était conscient de ce qu'attendait Kanon, mais il ne pouvait toujours pas se résoudre à le lui donner, même s'il sentait qu'il éprouvait plus que de la reconnaissance et une profonde sympathie pour lui à présent.
Ils rentrèrent dans leur cellule et Hyoga vint se blottir contre Angelo, au plus grand étonnement de celui-ci qui comprit bien vite que son jeune protégé avait simplement besoin de réconfort. Il l'encercla dans ses bras puissants, l'embrassa affectueusement sur les lèvres et le cala au creux de son épaule, lui caressant les cheveux dans un geste apaisant. Le Russe ne tarda pas à plonger dans un sommeil profond, vaincu par les émotions de ces dernières 24 heures.
oOo
Dans leur cellule, Lorcan et Camus étaient assis sur le lit du Suédois. Le Français tenait l'arme que lui avait donné Kanon entre ses mains, perplexe.
« Tu sauras t'en servir en cas de nécessité ? » lui demanda Aphrodite tout bas.
« Je ne sais pas, je pense que oui. En fait, je n'ai jamais aimé les armes et pour me défendre, je préfère l'utilisation des arts martiaux que je maîtrise parfaitement, tout comme Hyoga. »
« C'est une bonne chose mais ici, ce ne sera peut-être pas suffisant… » murmura Lorcan comme pour lui-même, soucieux de sentir le danger se rapprocher.
Pourquoi ? Comment ? Il n'aurait su l'expliquer. Il avait toujours eu un 6e sens pour ça et c'était précisément le cas maintenant. Doucement, il retira le couteau des mains de Gabriel et alla le cacher avec le sien derrière une petite brique qu'il avait réussi à déloger du mur, avant de revenir s'asseoir près du Français. Tendrement, il le prit dans ses bras et lui remonta le menton pour l'embrasser affectueusement. Gabriel se laissa faire et répondit timidement au baiser, se laissant peu à peu envahir par les émotions qui remontaient en lui.
Lorcan rompit la douce caresse de ses lèvres pour plonger son regard azur dans celui, habituellement dur et froid du Français, qui reflétait à présent un trouble intense ainsi que de l'appréhension. Il frôla sa joue du bout des doigts avant de les laisser se perdre dans la longue chevelure qui cascadait jusqu'au reins du jeune homme. Il le voulait mais ne souhaitait pas le brusquer. Il voulait l'avoir totalement consentant et brûlant du même désir que le sien. Il ne voulait pas seulement son corps, il voulait qu'il lui appartiennent entièrement, son corps mais aussi son cœur… Son cœur ? Lorcan cessa de caresser les cheveux de Gabriel sous l'effet de la surprise. Pourquoi voudrait-il son cœur ? Il éprouvait un fort sentiment d'attirance pour lui, c'était certain mais de là à y mêler des sentiments et tout ce que cela impliquait... Et pourtant, il devait s'avouer que plus que tout le reste, c'était ce qu'il désirait par-dessus tout. Il l'aimait ! Cette révélation le figea, si bien qu'il ne se rendit pas compte que le Français s'était dégagé de son emprise.
Camus avait fermé les yeux sous l'effet de la caresse. Il était un peu perdu. Il reconnaissait que le Suédois ne le laissait pas indifférent, mais malgré tout il n'arrivait pas à se laisser aller totalement entre ses bras. Quelque chose le retenait sans qu'il puisse déterminer quoi. Pourtant, il appréciait ses baisers et ses attentions qui déclenchaient des vagues de désir dans son corps mais il ne pouvait se résoudre à franchir le pas et à approfondir leur relation. Il sortit de ses pensées en réalisant que la main dans ses cheveux avait arrêté sa douce caresse et il rouvrit les yeux pour s'apercevoir que Lorcan le fixait avec intensité. Gêné, il chercha à se dégager des bras du Suédois qui le laissa faire sans même tenter de le retenir, ce qui ne manqua pas de surprendre le Français, plutôt habitué au contraire de la part de son compagnon de cellule.
Lorcan réalisa alors que Camus le fixait avec incrédulité, s'interrogeant sans doute sur son comportement étrange. Il se reprit et lui sourit tendrement en l'allongeant sur le lit avant de se glisser à ses côtés. Le prenant doucement dans ses bras, pour ne pas l'effrayer, il le laissa caller sa tête dans le creux de son épaule avant de déposer un léger baiser sur ses cheveux.
« Bonne nuit Gabriel. »
Ce dernier resta silencieux. Qu'arrivait-il à son protecteur ? Etait-il au courant de quelque chose que lui ignorait ? Non ! Lorcan ne paraissait pas inquiet…plutôt surpris. Mais surpris par quoi ? Il décida de ne pas se poser plus de questions auxquelles, de toute façon, il n'avait pas les réponses et, enfouissant son visage dans le cou d'Aphrodite, il se laissa bercer par Morphée, épuisé.
Lorcan écouta sa respiration devenir régulière tandis qu'il sombrait dans le sommeil avant de, lui aussi, se laisser emporter par la fatigue.
oOo
Rhadamanthe était comme un lion en cage. Minos avait été changé de cellule, après qu'ils se soient un peu échauffés tous les deux et depuis, il se retrouvait seul dans cet espace confiné. Il attendait impatiemment que les portes des cellules s'ouvrent pour pouvoir retrouver ses compagnons au petit déjeuner et leur faire part du plan qu'il avait concocté pendant la nuit. Les deux glaçons n'allaient pas tarder à mériter leurs surnoms, comme deux cadavres qu'ils seraient bientôt.
Minos et Eaque ne tardèrent pas à rejoindre leur « chef » à table, traînant derrière eux plusieurs autres prisonniers.
« Salut Rhada ! On t'amène de nouvelles recrues. » lui signala Minos tout en pointant son doigt sur le groupe de 5 hommes qui patientait un peu en retrait.
L'Anglais les regarda attentivement puis, hocha la tête en guise d'assentiment avant de reporter son regard sur ses deux amis.
« Je sais comment mener à bien la mission qui nous a été confiée tout leur faisant payer leurs affronts. » lança t-il sans autre préambule, une lueur dangereuse dansant au fond de ses prunelles.
Eaque l'observa, intrigué, tandis que Minos haussait un sourcil interrogatif, impatient de connaître les détails du plan.
« Avant toute chose, je vous défend de vous approcher du Russe et du Français jusqu'à nouvelle ordre… et ça vaut pour tout le monde. Faites passer le mot ! » leur ordonna t-il sur un ton qui n'admettait pas de réplique.
Les deux autres ne masquèrent pas leur surprise mais se gardèrent bien de soumettre la moindre objection, attendant la suite des explications.
« Nous allons d'abord nous débarrasser des gêneurs et principalement du Dragon. Il a acquis trop de poids dans cette prison, craint de tous, respecté par la majorité des gardiens qui lui passent ses moindres désirs… C'est lui le plus dangereux ! Et pour ça, je sais comment faire… »
Minos et Eaque se rapprochèrent de Rhadamanthe tandis que celui-ci leur révélait ce qu'il avait mis au point pendant la nuit.
Non loin de là, Lorcan les observait avec attention. Il n'était pas inquiet mais l'attitude conspiratrice des trois hommes ne lui disait rien qui vaille. Que complotaient-ils ? Il jeta un coup d'œil à Kanon pour s'apercevoir que lui aussi les surveillait. Croisant leurs regards, les deux hommes se comprirent en silence et se firent un signe de tête avant de reporter leur attention sur leurs protégés respectifs.
Hyoga avait bien dormi, confortablement blotti dans les bras de l'Italien. Il ne ressentait pour lui qu'une profonde amitié et se trouvait en sécurité près de lui. Cependant, ses pensées se tournaient systématiquement vers le Grec. Lorsqu'il était en sa présence, son corps était parcouru de délicieux frissons et son cœur accélérait ses battements. Loin de disparaître avec le temps, ces symptômes s'intensifiaient au fur et à mesure qu'il fréquentait le Dragon, à tel point qu'il avait de plus en plus de mal à les maîtriser tandis qu'une tristesse sourde s'était installée au fond de lui sans qu'il ne puisse en déterminer la cause.
Il releva la tête de son bol, qu'il touillait machinalement, pour croiser le regard de l'homme qui envahissait ses pensées. Rougissant légèrement sans savoir pourquoi, il se détourna rapidement et se rapprocha un peu plus de son frère qui le regarda, surpris.
« Hyoga ? Tout va bien ? » s'enquit celui-ci, légèrement inquiet devant l'attitude visiblement mal à l'aise de son cadet.
« Oui, oui. » s'empressa de répondre le jeune Russe avant de se lever pour débarrasser son plateau.
« Je vais à la douche. » ajouta t-il à la cantonade, évitant soigneusement de croiser le regard de Kanon.
Ce dernier lança un regard interrogatif à Angelo qui lui signifia son ignorance en haussant les épaules. L'Italien savait parfaitement ce qu'il se passait dans la tête de son jeune co-détenu pour l'avoir vécu lui-même des années auparavant, mais il ne voulait pas s'en mêler. C'était à Hyoga de faire le point seul sur ses sentiments et de prendre sa décision. Il termina son bol de café et reporta son attention sur la conversation que tenaient Camus et Aphrodite.
« En cas d'affrontement au corps à corps le coup peut partir tout seul et blesser n'importe qui. Tandis qu'avec les arts martiaux, tu peux désarmer ton adversaire avant même que celui-ci ne puisse réagir et l'immobiliser sans pour autant le tuer. »
« Je le sais tout ça ! N'oublie pas que je suis moi aussi entraîné à toutes ces techniques de combat mais je serais tout de même plus rassuré si tu prenais l'habitude de ne plus te balader dans les couloirs de la prison sans ce que t'a donné Kanon. » répliquait Lorcan à Gabriel.
Ce dernier allait pour riposter une fois encore quand Angelo lui posa une main apaisante sur le bras.
« Nous ne doutons pas de tes capacités à te défendre Camus. C'est juste une précaution supplémentaire… au cas où… » lui expliqua t'il.
Le Français renonça à épiloguer et poussa un soupir résigné.
« Très bien, si cela peut vous rassurer. » finit-il par répondre.
A ce moment, Kanon se leva précipitamment de table en s'apercevant que Rhadamanthe et Eaque avaient disparu du réfectoire pendant qu'il prêtait attention aux propos de ses compagnons.
« Hyoga ! » souffla t-il avant de se ruer en direction des douches, suivi par Angelo, Gabriel et Lorcan.
Arrivé dans le couloir, il se heurta à Eaque qui se tenait devant l'entrée des douches, bloquant manifestement l'accès.
« Bouge de là ! » le menaça aussitôt le Grec en l'empoignant par le col pour le pousser.
« Eh là ! Tu pourrais demander plus gentiment ! » se révolta le Népalais, tout en esquissant un petit sourire cynique.
Kanon ne s'en préoccupa pas plus et entra dans la salle pour se figer immédiatement sous l'œil amusé, mais néanmoins ironique, de Rhadamanthe.
Ce dernier était tranquillement en train de se laver à quelques mètres de Hyoga qui terminait de se rincer sans se soucier de la présence de l'Anglais.
Finissant de se rincer, ce dernier se sécha tranquillement avant de nouer une serviette autour de sa taille et de s'approcher du Grec.
« Tu devrais profiter de ton titre de Seigneur… ça ne va pas durer… » lui murmura t-il, un sourire carnassier plaqué sur les lèvres, avant de sortir pour rejoindre Eaque qui l'attendait.
A suivre …
