CHAPITRE QUATRE : ARRIVÉE À POUDLARD

Une fois le train parti de la gare, les trois amis s'installèrent confortablement, ils avaient le wagon pour eux tout seuls ! Une heure plus tard, alors qu'ils s'apprêtaient à déjeuner, la porte du compartiment s'ouvrit laissant apparaître une jolie jeune fille d'à peu près leur âge. Elle avait une magnifique peau mate qui paraissait très douce, des cheveux frisés simplement retenues par un bandeau au niveau de son front et des yeux d'une étrange couleur ambrée. Elle portait déjà son uniforme pour Poudlard, elle avait visiblement hâte d'arriver à l'école.

-Bonjour. Désolée de vous déranger mais vous n'auriez pas vu un chat ? Un Maine Coon avec des yeux bleus?

-Non.

-Non désolé pas vu.

-Je m'inquiète beaucoup. J'ai fais tous les compartiments et je ne l'ai trouvé nulle part.

-T'inquiète pas il a pas dû aller bien loin, lança Sabius pour la rassurer.

-Est ce que tu es allée voir dans la cabine du machiniste ? Il s'est peut-être caché là-bas, ajouta Tidus.

-Je…je ne sais pas où s'est…

-Je peux t'accompagner si tu veux, et te montrer.

-Depuis quand il sait où se trouve le machiniste ? chuchota Asellus à Sabius pour que les deux autres ne l'entendent pas.

Le deuxième était amusé par la remarque de son ami. Mais il voyait bien ce qui arrivait à Tidus, il était complètement subjugué par cette fille.

-Daphnée je l'ai retrouvé !

C'était une fille qui venait de crier dans le couloir. Celle qui était entrée dans leur compartiment avait l'air soulagée et heureuse, Tidus, lui, était un peu triste.

-Et bien ce ne sera pas nécessaire. Mais merci pour la proposition.

Elle lui fit un grand sourire, que Tidus lui rendit plus faiblement.

-Au fait je m'appelle Daphnée. Daphnée McKenzie.

Les trois amis se regardèrent inquiets. Pourquoi donc leur avait-elle donnait son nom ? Ils n'avaient rien demandé et maintenant ils étaient obligés de faire la même chose.

-Tidus, lança celui-ci.

-Sabius, dit le second en toussant légèrement.

-Asellus, lança le dernier à peine en marmonnant.

La jeune fille ne ria pas comme ils s'y attendaient. Mais elle resta sur place, sans bouger.

-C'est…c'est une blague n'est ce pas ?

-On aimerait bien, lança Asellus.

-C'est la vérité vraie, ajouta Sabius.

-Ce sont nos parents qui avaient un sens de l'humour particulièrement développé en choisissant ces prénoms.

-Je…je voulais pas me moquer pardon. Vous avez des prénoms originaux, c'est sympa je trouve.

-Non ce n'est pas sympa ! s'exclama Asellus. Et nos parents n'avaient pas un sens de l'humour développé Tidus. Ils ont eu le cerveau grillé par la dernière guerre pour choisir des noms pareils.

-Wouah ! s'exclama Daphnée. Vos parents ont participé à la seconde guerre ? C'est quoi vos noms ?

-Black.

-Lupin.

-Rogue.

-Et ben dis donc ! Je ne savais pas qu'il y avait des célébrités dans le train ! Vous entrez en première année ?

Ils acquiescèrent tous les trois d'un hochement de tête.

-Moi aussi ! J'espère que je serai dans la maison d'au moins l'un d'entre vous. On se verra plus tard à la répartition. Salut !

Elle sortit du wagon en les laissant un peu bouche bée. C'est Tidus qui brisa finalement le silence qui s'était installé.

-Bon ben…elle avait l'air sympa.

Asellus et Sabius échangèrent un petit regard amusé très furtivement, que leur ami ne remarqua pas. Le reste du trajet se passa sans encombre, ils discutèrent et plaisantèrent comme ils avaient l'habitude de le faire. Quelques heures plus tard, alors que la nuit venait de tomber, les trois amis comme les autres enfants revêtirent leur robe de sorcier, et après cela, l'ambiance dans le wagon était devenue très lourde. Et ce n'était absolument pas lié à l'orage qui venait d'éclater et à l'averse qui s'abattait sur le train. Non. Cela faisait près d'une demi heure qu'aucun des trois n'avait prononcé un mot, l'angoisse avait atteint son paroxysme car ils allaient bientôt vivre le moment qu'ils redoutaient tous depuis le début de l'été. Car non, contrairement à ce qu'on pourrait penser, la source de leur angoisse n'était pas liée à leurs noms de famille célèbres. Ils n'angoissaient pas à l'idée de ne pas être à la hauteur de leurs parents, à l'idée de porter le poids de la mémoire des Maraudeurs qui était toujours connus dans le château, à l'idée d'affronter des regards inquiets d'enfants se demandant s'ils n'avaient vraiment rien à craindre d'eux. Non. L'angoisse de cette journée était liée à leur prénom, et à ce qu'ils appelaient désormais entre eux la Malédiction du Latin. Et le moment qu'ils redoutaient le plus était le moment où ces prénoms seraient révélés à tous les autres lors de la répartition.

Sabius, Tidus, et Asellus. Mais qu'est ce qui avait bien pu passer par la tête de leurs parents pour les affublés de prénoms pareils ? Ils n'avaient jamais compris et ne comprendraient certainement jamais. Alors oui, d'accord, le latin était une langue importante, toutes les formules magiques étaient en latin, les moldus eux même étudiaient cette langue alors qu'ils n'en avaient aucune utilité. Mais quand même…Leurs parents auraient pu faire mieux. Alors oui c'est vrai des Harry, des William, des Dean, des Ian, des Peter il y en avait des centaines (bon à la limite on comprend quand même que le dernier ils ne l'aient pas choisi), mais en attendant, c'est eux qui allaient vivre l'humiliation de leur vie. Et pas leurs parents. Quoi qu'il y en avait un qui prenait la situation avec un peu plus de philosophie que les deux autres.

-Allez les mecs ! s'exclama Tidus. Faites pas cette tête là, ça va bien se passer.

-Tu dis ça parce que de nous trois, c'est toi qui a le prénom le moins stupide ! lança Asellus.

-C'est juste que j'essaye de rester positif, comme toujours.

-Comment tu peux être positif, en sachant que tout le monde va se moquer de toi ?

-Il suffit de relativiser. Ca aurait pu être pire, mes parents auraient pu décider de m'appeler Romulus, ajouta Tidus en rigolant de sa propre plaisanterie.

Visiblement la réflexion ne parlait absolument pas à Asellus, qui ne voyait pas du tout ce qu'il voulait dire.

-Pourquoi est ce qu'on ne comprend jamais rien quand tu fais une blague? Pourquoi est ce qu'on ne comprend jamais rien quand il fait une blague? répéta-t-il à l'intention de Sabius.

Ce dernier soupira avant de répondre :

-C'est parce que c'est de la culture moldue. Tu as encore passé l'été chez ta grand-mère Howell n'est ce pas ? Celle qui est férue de mythologie romaine.

-Affirmatif ! lança Tidus avec un grand sourire dessiné sur les lèvres alors qu'il croquait dans une nouvelle tablette de chocolat.

-Comment ça se fait que tu saches ça Sabius ? Ah oui c'est vrai j'oubliais, tu sais déjà tout ! Monsieur le puits de science sans fin.

-Arrête ne m'appelles pas comme ça !

-Ca veut dire quoi ton prénom déjà ?

-C'est le latin pour sage, réfléchi, répondit Sabius fermement.

-Tout un programme que t'ont donné tes parents !

-En attendant moi je porte pas juste le nom d'une stupide étoile ! Tes parents n'ont pas été plus originaux que les miens !

-Répète ça pour voir ?! cria Asellus en se levant de sa banquette.

-Ca suffit ! Vous n'allez pas vous battre quand même ! Asseyez vous et calmez-vous un peu ! Il faut qu'on se serre les coudes si on veut survivre à l'épreuve de la répartition sans trop de dommages !

-T'as raison Tidus, lança finalement Sabius après avoir réfléchi à l'absurdité de la situation.

-Maintenant excusez-vous tous les deux, et faites la paix.

-Je suis désolé Asellus. Je n'aurais pas dû dire que ton nom était stupide. Le mien n'est pas mieux.

-Non c'est toi qui a raison. Au moins ton prénom signifie quelque chose.

Le conflit n'avait pas duré longtemps, comme toujours. Sabius et Asellus avaient tous les deux un caractère fort, parfois cela faisait des étincelles mais ils étaient quand même très bons amis et se réconciliaient toujours, souvent par intervention de Tidus. Des trois c'était lui le plus sage finalement.

-Regardez ! On voit le château maintenant ! s'exclama Tidus particulièrement enthousiaste.

-Et on peut savoir pourquoi tu es si content ? Il me semble que toi aussi tu redoutais la répartition il y a encore pas si longtemps.

-Et bien finalement, je me suis dit que ça ne servait à rien de se morfondre comme on l'a fait depuis le début de l'été. Une nouvelle aventure commence pour nous, il faut qu'on en profite à fond.

-Oui...Dis plutôt que c'est la petite brunette de tout à l'heure qui t'as fais changé d'avis, lança Sabius en rigolant.

-Tu l'as oublié bien vite ta petite Victoire dis donc ! ajouta Asellus en se moquant également de Tidus.

-Arrêtez ce n'est pas drôle ! Je ne suis pas amoureux de Victoire.

-Oui ! On a pu s'en rendre compte avec la façon dont tu as regardé Daphnée.

-J'espère pour toi qu'elle sera dans la même maison que nous. Ce sera plus simple pour lui faire parvenir des petits mots doux.

-Vous êtes vraiment insupportables quand vous vous y mettez tous les deux ! N'empêche, Daphnée ne s'est pas moquée de nos prénoms.

-Elle est juste l'exception qui confirme la règle !

-Tu vois vraiment le mal partout Asellus.

Un sifflement aigu retentit alors que la locomotive commençait à ralentir petit à petit. L'arrivée en gare ce ferait dans quelques secondes. Les trois amis récupérèrent les quelques affaires qu'ils avaient laissé trainé dans le wagon, Sabius attrapant en plus de cela la cage vide de Flamel, qu'il avait laissé sortir quelques heures auparavant pour qu'il se dégourdisse les ailes. Avec la tempête qui s'était levée et l'averse qui faisait rage, il espérait que le hibou ait pu arriver au château sans trop d'encombres.

Tous les élèves sortir du train, se protégeant tant bien que mal de la tempête, de la pluie et du vent fouettant leur visage. La majorité des élèves se précipitèrent en contrebas pour aller prendre les diligences, les premières années, eux, prirent un tout autre chemin, pour rejoindre Hagrid et le suivre jusqu'aux embarcations près du lac.

-J'arrive pas à le croire ! Ils vont vraiment nous faire prendre les barques avec ce temps ? On va être trempé.

-On est déjà trempé Asellus ! s'exclama Sabius.

-Je ne sens déjà plus mes orteils et mes mains. On n'a vraiment pas de chance pour notre première rentrée.

La traversée du lac fut un véritable calvaire pour tous les enfants. Hagrid lui, de part sa nature de Demi-géant, ne ressentait ni le froid ni l'humidité, mais il voyait bien qu'ils étaient tous frigorifiés et il était vraiment désolé pour eux. Une fois arrivés dans le Hall d'entrée, certains tentèrent de se rapprocher des quelques torches présentes mais il n'y avait rien à faire, ils n'arrivaient pas à se réchauffer.

-Restez regroupés ici les enfants ! lança Hagrid. Le Professeur McGonagall va bientôt venir vous chercher pour la répartition.

Aucun d'entre eux ne semblait apprécier la notion de « bientôt », se demandant quand la vieille femme allait daigner se présenter à eux. Ceux qui avaient des proches qui avaient été récemment élèves à Poudlard savaient qu'elle était assez stricte et froide, mais elle n'était pas cruelle. Elle allait quand même les sécher avant qu'ils n'entrent pour faire leur répartition non ? Ils n'en étaient pas si sûrs. Sabius, Asellus et Tidus paraissaient un peu plus enjoués face à la situation. Ils avaient froid eux aussi, mais au moins, trempés comme cela, ils allaient tous avoir la honte de leur vie devant les autres élèves qui étaient tranquillement au chaud dans la Grande Salle. Mais c'était sans compter sur la santé fragile de Tidus, qui commençait à tousser de façon inquiétante.

-Est ce que ça va Tidus ? demanda Sabius un peu inquiet en chuchotant.

-Oui ça va. Tu sais j'ai juste les bronches un peu fragiles, et j'attrape froid facilement.

-Mais enfin où est McGonagall !? s'insurgea Asellus.

Sabius regarda à gauche et à droite, aucun signe de la vieille femme ni d'aucun autre professeur d'ailleurs. Alors il décida de sortir sa baguette de sa poche, et la pointa vers Tidus.

-Mais…Qu'est ce que tu fais ?

-Fais moi confiance. Je suis sûr que ça va marcher !

-Mais…

-Fais moi confiance je te dis !

Tidus n'ajouta rien mais ferma néanmoins les yeux, comme si ça pouvait aider quant au résultat de ce que Sabius allait faire…

-Caldoventis !

Un souffle sembla s'échapper de la baguette de Sabius, alors que les cheveux, la peau et les vêtements de Tidus se séchèrent presque instantanément. Les pants de sa robe ne gouttaient plus, et visiblement, il n'avait plus froid nulle part.

-À ton tour Asellus !

Il fit exactement la même chose avec son autre ami, qui s'empressa de le remercier, totalement sec.

-T'imagine pas à quel point je suis content à cet instant précis que tu sois un puits de science sans fin.

-Excuse moi. Tu veux bien m'aider aussi s'il te plait ? demanda une petite fille avec des nattes qui avait l'air sur le point de se changer en statue de glace.

-Moi aussi s'il te plait ! lança une autre qui claquait des dents.

-Moi aussi !

-Hey moi aussi !

-Et moi ne m'oublis pas.

Ils avaient tous envie de recevoir son aide et il ne pouvait pas leur en vouloir, Sabius lui même commençait à avoir mal aux doigts à cause du froid. Au fur et à mesure des sortilèges lancés, il se rendit compte qu'ils duraient de plus en plus longtemps et qu'il pouvait sécher plusieurs personnes avec un seul sort. Il dû cependant s'y reprendre à une bonne demi douzaine de fois avant de réussir à sécher tout le monde et après ça il était totalement exténué, comme s'il était presque vidé de toute son énergie. Il devait être très pâle parce qu'il voyait bien dans le regard de Tidus et Asellus qu'ils étaient inquiets.

-Est ce que ça va Sabius ?

-Oui oui ça va. Ne vous inquiétez pas.

Une fois remercié par tous les enfants, il tendit sa baguette vers lui même pour enfin se sécher à son tour mais quelqu'un lui agrippa le bras violemment. En se retournant il vit un vieil homme aux regard froid, aux cheveux longs, gris et sales. Aucun doute possible, c'était le concierge de l'école.

-Ah…Mr. Rusard.

-Pris sur le fait petit vaurien !

-Non non ! Ce n'est pas ce que vous croyez. J'étais juste en train de…

-De lancer des sortilèges dans les couloirs alors que c'est formellement interdit et passible de renvoi de l'école. Vous n'aurez pas fait long feu entre ces murs. Je crois que vous avez battu le record.

-Lâchez-le il n'a rien fait de mal ! s'exclama Tidus.

-Il a raison ! Il était juste en train de nous aider ! ajouta la fille aux nattes qu'il avait aidé.

-CA SUFFIT ! TAISEZ-VOUS ! Je vais vous apprendre à respecter le règlement moi ! Vous allez filez droit à partir de maintenant c'est moi qui vous le dis.

-Mais enfin qu'est ce qui se passe ici !?

C'était le Professeur McGonagall qui venait d'apparaître dans le couloir près des portes encore closes de la Grande Salle. Elle avait toujours ses petites lunettes et ce regard sévère qui mettait particulièrement mal à l'aise. Mais ce n'est pas sa réaction à elle que Sabius redoutait le plus. C'était celle de l'homme juste derrière elle, celle de son père. Sabius savait très bien qu'il aimait tenir cette école convenablement, qu'il ne laissait passer aucun manquement au règlement et qu'il réprimander n'importe quel élève qui commençait à un instaurer un semblant de désordre dans les lieux. Est ce qu'il allait le punir ? Lui donner des heures de colle jusqu'à la fin de l'année ? Ou pire, le renvoyer comme l'avait dit Rusard ? Impossible !

-Mr. Rusard, veuillez lâchez mon fils je vous prie.

Il avait parlé d'une voix calme, posée, mais son regard lançait des éclairs, et pas dans la direction du concierge. Non, ils étaient bien destinés à Sabius. Tous les élèves sauf Tidus et Asellus se mirent à chuchoter entre eux, en apprenant que Sabius était le fils du directeur.

-Monsieur le Directeur, même si c'est votre fils, il n'a pas le droit à un traitement de faveur. L'usage des baguettes magiques est interdit dans les couloirs et…

-Je connais parfaitement le règlement de Poudlard merci beaucoup, ajouta Rogue en s'avançant d'une démarche assurée, faisant virevolter sa robe de sorcier noir sous ses pas. Vous en revanche, vous n'avez plus le droit, et ce depuis de nombreuses années, de punir les élèves par châtiment corporel. Ce qui inclut de les brutaliser en les agrippant violemment par le bras comme vous le faites actuellement.

Conscient que Rogue avait raison, il relâcha aussitôt Sabius qui se massa un peu le bras à l'endroit où Rusard l'avait agrippé.

-Allez donc voir si tout se passe bien dans la Grande Salle. Je pense que les autres élèves commencent à s'impatienter.

-Oui Monsieur le Directeur.

Le concierge s'éloigna, mais Sabius ne fit pas plus attention à lui que cela. Il commençait à se sentir faible, et tout ce qu'il pouvait entendre c'était le chuchotement de tous les élèves juste à côté de lui. Il n'était pas trop surpris, car il s'était attendu à ce genre de réaction de leur part une fois qu'ils apprendraient qu'il était le fils de Severus Rogue. Il se focalisa sur son père et vit que ce dernier soupirait l'air affligé et à ce moment là, Sabius se sentit terriblement honteux. Il ne regrettait pas ce qu'il avait fait, mais il s'en voulait de se faire déjà remarquer et de mettre son père dans l'embarras.

-Qu'est ce qui s'est passé Monsieur Rogue ? demanda McGonagall les lèvres pincées. Pourquoi avoir fait usage de votre baguette alors que vous êtes le mieux placé ici pour savoir que c'est interdit ?

-Je…je…

-C'est ma faute Professeur McGonagall !

-Monsieur Lupin ?

-Sabius voulait seulement m'aider. Je suis très fragile des bronches, et une fois que je tombe malade je dois être immobilisé plusieurs jours pour me remettre. Il voulait seulement m'aider.

-Il voulait tous nous aider ! ajouta Asellus.

Les autres élèves ne dirent rien, certainement beaucoup trop impressionnés par la présence du directeur et de la directrice adjointe. Mais de toute façon il n'y avait pas grand chose d'autre à rajouter. Rogue et McGonagall se tournèrent alors vers tous les élèves, constatant pour la première fois qu'ils étaient tous secs alors que l'orage faisait toujours rage dehors. Ils s'étaient tout de suite focalisés sur Sabius, et vu que ce dernier était encore trempé, ils ne s'étaient pas rendus compte que les autres ne l'étaient plus.

Rogue sortit sa baguette pour le sécher à son tour alors que McGonagall remettait ses lunettes sur son nez. Sabius apprécia la sensation de chaleur qui s'installa dans tout son corps, mais cette sensation agréable disparut aussi vite qu'elle était apparut. Il était toujours très mal à l'aise.

-Quel sort avez-vous utilisé Monsieur Rogue ?

-Le Caldoventis.

Il n'avait presque plus de force, ses jambes commençaient à flancher dangereusement.

-C'est…c'est du niveau d'un troisième année ! s'exclama McGonagall.

Rogue, lui, n'ajouta rien mais s'accroupit pour être à la hauteur de Sabius.

-Je suis désolé, lança ce dernier.

Son père lui sourit et passa sa main dans ses cheveux.

-Ne t'excuse jamais pour avoir aider quelqu'un Sabius. Même si tu as dû enfreindre des règles pour le faire.

-Non je…je ne suis pas désolé de les avoir aider. Je ne regrette pas de l'avoir fait.

-Alors pourquoi ?

-Parce que je ne suis pas aussi fort que tu le voudrais. J'ai lancé quelques sortilèges et je suis déjà à bout de force.

Incapable de tenir debout plus longtemps, ses jambes plièrent sous son poids mais son père l'attrapa juste avant qu'il ne tombe sur le sol. Il commença à chercher dans toutes ses poches d'une main, l'autre maintenait fermement son fils contre lui mais il ne semblait pas trouver ce qu'il voulait. Sabius voyait bien de l'inquiétude dans son regard. C'était déjà arrivé à quelques reprises quand son père l'avait cru en danger. Mais il pensait qu'ici, à Poudlard, il aurait refoulé toutes ses émotions pour ne pas se montrer vulnérable, surtout devant des élèves. Mais peut-être qu'il en était tout simplement incapable quand il s'agissait de la santé de son fils.

-Que cherchez vous Severus ?

-Je pensais qu'il me restait une potion fortifiante sur moi.

-Il est peut-être un peu jeune pour en prendre.

-Il en a besoin Minerva, il est à bout de force.

-Peut-être qu'on peut le laisser se reposer le temps que…

-Pas question qu'il loupe la répartition ! Il m'en voudra énormément ! Et sa mère aussi.

Sabius sourit à la remarque de son père. Il imaginait déjà sa mère lui faire une crise en apprenant ce qui était arrivé à son petit garçon adoré dès le jour de la rentrée. Il comprenait que son père ne veuille pas lui annoncer en plus qu'il était le seul dans l'histoire de l'école à ne pas avoir participé à la cérémonie de répartition.

-J'ai ça sinon si vous voulez !

C'était Tidus qui venait de parler, il venait de sortir une tablette de chocolat de sa poche.

-Ca fera parfaitement l'affaire Monsieur Lupin, dit McGonagall d'un air satisfait.

-Chocolat au lait et éclats de noisette. Je ne peux pas la prendre Tidus, c'est ton chocolat préféré. Et je sais que c'est ta dernière tablette.

-Vas y Sabius. Je te la donne.

-Tu es sûr ?

-Tu en as plus besoin que moi. Et puis je te dois bien ça.

Sabius lui sourit, et il commença à se sentir déjà beaucoup mieux à l'instant même où le premier carré de chocolat entra dans sa bouche. Il arrivait en tout cas à tenir de nouveau debout, c'était déjà ça.

-Est ce que ça va ? demanda son père toujours inquiet.

-Oui beaucoup mieux.

-Continue à manger ce chocolat. Ca te fera du bien !

Rogue ébouriffa ses cheveux affectueusement une dernière fois avant de se relever.

-Allez-y Severus. Je m'occupe d'eux maintenant.

Il acquiesça et sourit une dernière fois à Sabius, même si ce fut très furtif, avant de prendre l'un des couloirs adjacent à la Grande Salle. Il allait visiblement entrer par un autre chemin que par la double porte principale. Cette fois ils y étaient. La répartition allait commencer.