! Joyeuses Fêtes !

Voici un petit chapitre un peu en avance que ce qui était prévu, qui fera un peu figure de cadeau de noël, que j'ai rédigé alors qu'on m'avait traîné à un conférence ou je croupissais d'ennuis...en tout cas j'ai rentabiliser ce temps dans un certain angle ! ;) en plus normalement, ça devait former deux chapitres mais j'ai tout fusionner je pensais que ça serait moins frustrant. Enfin, vous comprendrez ! n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez !

Comme d'habitude, merci pour les reviews de DidiineOokami, missdeathparis (Le nom Voile Actée n'est une faute de frappe, je voulais simplement que le titre soit un peu plus original que la simple ''Voie Lactée'' puisque cette histoire-ci change un peu...:p), gococobo (ton enthousiasme me fait chaud au cœur, si je sors un roman yaoi un jour, je te le dirais !) et de Nyxiera. J'espère que vous aurez de beaux cadeaux à noël !

Bonne Lecture !

Voile Actée chap 04


Hyoga respira exclusivement par la bouche lorsqu'il ouvrit la lettre de son arkidian.

Et même en procédant ainsi, il eut du mal à se tenir. C'était presque comme si cette odeur avait un goût, une texture. Cela lui mettait réellement l'eau à la bouche.

Il ravala son besoin hurlant de clamer son oméga et déplia avec des doigts légèrement tremblants la lettre qui était d'une superbe blancheur.

- Tu vas me rendre fou, mon mignon, murmura-t-il entre ses dents. Je ne pourrais pas toujours me comporter en prince sociable et parfait en ta présence. Surtout si tu te refuses plus longtemps à moi.

La lettre n'était pas bien épaisse au niveau du texte. Par rapport à ce que Hyoga avait écrit s'en était presque insultant. Mais le cœur y était. Chaque mot griffonné avait un poids conséquent. Son arkidian ne devait pas avoir l'habitude d'écrire, parce ce que c'était penché et peu soigné. Mais le tout avait un certain charme.

Hyoga lu, et fut heureux de voir que Shun, c'était son nom, lui faisait un peu confiance et qu'il avait accepté de lui révéler quelques choses sur lui. Il aimait "les dorayakis au miel, le printemps et limer ses dagues avec une pierre de...quoi ?!

C'était bien la première fois qu'il entendait un oméga parler aussi facilement d'une arme. Non pas que cela le dégoutait, mais il ne s'y attendait simplement pas.

Shun était quelqu'un de poétique et de captivant, Hyoga compris vite qu'il faudrait plus qu'une lettre pour l'appréhender, vu ce qu'il racontait. Il semblait aussi létal que vif. Jamais il ne dit qu'il était un oméga, mais Hyoga le sut via son odeur. Ce n'était pas grave, l'important était de découvrir le reste le concernant.

"J'aime me battre, je suis un revendeur, je fais ça pour vivre mais jamais je ne tue ni ne vole. Sauf quand c'est mérité. J'aimerai bien un jour monter en haut des plus hauts massifs montagneux de la région, afin de voir ce à quoi ressemble le monde sous cet angle-là. Je ne t'en veux pas pour la lettre, mais ne demande plus à ton espion de la livrer, ça me met mal à l'aise. Tu es si riche que tu disposes de messagers personnels ? Quel est donc ton métier ? Le nom de ta famille ? Peu importe, je ne compte pas te donner le mien donc je ne vois pas pourquoi je demanderai ça. Je ne vois pas quoi te dire d'autres. Alors, je te laisse le soin d'ajouter de nouvelles questions ou de développer des prochains sujets.

Shun."

Il comptait donc bien continuer à le voir, ou au moins accepter de converser avec lui par écrit. C'était une bonne chose qu'il permette cela sans savoir qu'il était son arkidian, car d'après le grand frère de Hyoga, Hiromo, cela signifiait qu'ils étaient vraiment des gens destinés à bien aller ensemble.

Le bonheur se répandit comme une douce ondée dans les veines de Hyoga. Il tenta de garder la tête froide, même si c'était difficile vu que son sexe était dans l'instant plutôt bouillant. Et le plus compliqué restait à faire, il fallait persuader Shun que Hyoga était son arkidian et que surtout, il voulait vraiment de lui.

Après avoir écrit quelques lignes sur une nouvelle feuille de parchemin dans lesquelles il avait mis tout son cœur, le prince pensa rapidement à un moyen de faire comprendre au petit oméga qu'il était son seul et unique promis de façon efficace et rapide, ne laissant pas la place au doute.

Après avoir retourné le problème dans tous les sens possibles, l'alpha ne put aboutir qu'à une même conclusion.

Il se leva de son siège et baissa son haut de pantalon.

Pardonne-moi, mon Shun. Je te promets que c'est pour ton bien, et que tu auras ça dans la bouche très bientôt.

Penser à cela embrouilla à nouveau la tête et la queue de Shun alors qu'il sortait doucement cette dernière de son pantalon et qu'elle pulsait de joie de recevoir autant de phéromones et d'attention.

Hyoga prit délicatement le papier de la lettre et l'enroula autour de son sexe pourpre et demi dur. Il occasionna une friction importante sur toute sa longueur et grimaça quand les pliures sèches et craquantes de la lettre effritaient la peau tendre de son sexe qui ne la désirait pas moins que le cul de son petit oméga. Après près de trente secondes de frottements vifs, qui semblèrent une éternité pour Hyoga, l'alpha retira le papier et remballa son sexe sans une once de merci pour son membre lourd de désir. Il prit soin de replier correctement la lettre dans une nouvelle enveloppe neuve, puis posa le tout sur le bout de sa table et y laissa lourdement tomber sa tête, faisant tout résonner. Il resta quelques secondes immobiles, trop honteux pour oser bouger. Il soupira parce qu'il avait le rose aux joues, mais le pire était bien qu'il était relativement satisfait et fier d'avoir ainsi marqué cette lettre pour son oméga.

WwwwW

Shun fut étonné de recevoir une réponse aussi rapide. Il pensait que cela prendrait une petite semaine alors que cela ne faisait que deux jours à peine qu'il avait répondu ! Sa dague n'était toujours pas revenue de la lime alors qu'il l'avait déposée le même jour que sa réponse !

Cela lui semblait presque louche. L'espion ne s'était pas montré cette fois-ci, il avait déposé encore une fois une lettre sur le balcon mais n'était pas resté. Peut-être que c'était parce que Shun avait dit qu'il était mal à l'aise à ce propos.. Dans tous les cas, Shun se retrouva fortement curieux de savoir ce qu'on pouvait lui avoir répondu. Des insultes ? Des remarques sarcastiques ? Des déclarations enflammées ? Il n'y avait qu'un seul moyen de le savoir.

Shun brisa le cachet de cire, écartela l'enveloppe de ses doigts et écarquilla les yeux lorsqu'une odeur s'échappa des entrailles de papier de la lettre avec la chaleur et la puissance d'une fumerolle de brasier.

- Qu'est-ce que...! hurla-t-il de surprise en se redressant violemment de sa chaise.

Celle-ci voleta en arrière en rebondissant bruyamment mais Shun ne l'entendit même pas tomber.

Il y avait une odeur qui le prenait à la gorge.

Cela ne l'étouffait pas, mais l'enivrait d'une façon inimitable.

Et inoubliable.

Même en reculant, elle continuait de l'entourer comme un voile, une seconde peau. Parfaite, chaude, puissante, terriblement séduisante.

Putain, c'était l'odeur de son arkidian.

C'était l'odeur de Hyoga. Enfouie dans la lettre.

Se couvrant le nez et la bouche de ses deux mains, Shun se cala contre le mur le plus proche respirant à grandes saccades. Il fallait qu'il remette son esprit en place.

Cet homme avec qui il avait parlé était donc son promis ?! Mais ne l'avait-il pas ignoré lors de leur première rencontre au palais ? Pourquoi revenait-il ? Était-il intéressé parce qu'il avait remarqué quelle était l'ascendance familiale de Shun ? c'était la plupart du temps ce qui intéressait les autres.

Tout se brouillait, c'était si compliqué ! Les arkidians n'étaient-ils pas censés s'aimer sans détours alors que Hyoga l'avait rejeté ?

Prenant finalement une grande respiration en plissant les yeux, Shun retira les mains de son visage et s'en servit afin de se caler plus confortablement contre le mur du salon. Ses jambes étaient cotonneuses.

L'oméga remarqua alors que la lettre, qui était ouverte en grand sur la table à un mètre de lui, ne portait pas uniquement l'odeur de Hyoga, mais aussi quelques mots.

S'avançant d'un pas lourd et hésitant, Shun reprit la lettre légèrement chiffonné et lu les quelques lignes vives qui y étaient inscrites.

"Tu es mon arkidian. Le seul. Toi seul peut m'apporter ce qui me manque. Je suis tellement désolé de t'avoir ignoré la première fois que l'on s'est vus, sur le moment s'est passé si vite pour que je n'ai pu réaliser ton importance, mais mon n'instinct ne m'a pas trompé car il m'a incité partir à ta recherche tant ton souvenir m'intriguais. Je ne voulais pas te blesser, jamais je ne le pourrais, et sache que je suis prêt à me rattraper. Je peux tout t'offrir, je ne te veux aucun mal. Je veux te connaître davantage, Shun. S'il te plaît, rencontrons-nous. Simplement pour parler et se voir, tu pourras partir à tout instant. "

Il y avait ensuite une adresse, dans un lieu entre Tokugawa et Sercy, un terrain neutre et secret, et une heure.

C'était difficile de se concentrer. Il sentait que son corps répondait déjà à l'odeur de Hyoga, le voulait tout entier, son cœur aussi vu la lourdeur de ses battements. Cependant, seul son esprit renâclait. Rien n'était sûr que ce ne soit pas un piégé ou un mensonge, rien n'était sûr que Hyoga souhaitait réellement se repentir de son attitude odieuse dans la cour du palais.

En même temps Shun avait pris un suppresseur d'odeur lors de cette rencontre. Il avait aussi le visage dissimulé autant que ses superbes cheveux verts sous une épaisse écharpe. Leur contact visuel avait été court mais intense, mais il était vrai que les alphas étaient moins sensibles au visuel qu'à l'odeur. D'ailleurs ce devait avoir été cette dernière que Shun avait dû involontairement déposé en écrivant sa lettre et qui avait tant passionné Hyoga pour lui répondre de cette manière si...odorante. Bon sang, mais comment avait-il fait pour rendre sa lettre aussi puante de son musc ?!

Une dernière chose gênait Shun alors qu'il relisait pour la dixième fois le contenu de la lettre. Hyoga était parti à sa recherche sans même connaître son nom et son statut, il avait voulu à ce moment simplement en savoir plus sur Shun parce qu'il avait attiré son intérêt malgré son manque d'odeur et de présence dans la foule...cela prouvait au moins combien le prince -par les dieux c'est vrai que c'était un prince !- semblait tenir à lui.

Shun sentit ses yeux s'épaissir de larmes et il ne savait pas s'il devait sourire ou s'énerver. Toute cette histoire était si nouvelle pour Shun qu'il ne savait pas quoi faire.

Le rendez-vous était ce soir.

WwwwW

Plus d'une fois, Shun fut sur la verge de retourner sur ses pas et d'oublier cette idée. Mais à chaque fois son corps n'écoutait pas et ses pieds ne se détournait pas ni ne faisaient mine de freiner la cadence. L'odeur de Hyoga l'hypnotisait et le confortait à l'idée que la rencontre était une bonne idée même s'il en frémissait d'appréhension.

Il quitta Sercy alors que le crépuscule naissant peignait des couleurs flamboyantes tirant facilement sur le mauve dans le ciel, et qui s'étendaient sur les toits et les nuages avec une ampleur dantesque. On aurait dit la toile de fonds d'un tableau. C'était une belle façon d'aller à la rencontre de son destin.

Shun longea la route de gravier rouges qui sortait de Sercy pour mener à Tokugawa et à quelques autres grandes villes. A cette heure il n'y avait plus grand monde sur les talus à part des retardataires fatigués. Shun les dépassa tous sans leur accorder un regard. Blotti à nouveau sous son épaisse capuche, il marchait d'un pas leste et observait les bords de route de friches et de paille déserts d'un œil acéré. Il allait bientôt arriver au point de rendez-vous, et pile à l'heure. Hyoga avait dit à la nuit tombante.

L'obscurité était encore fine mais sa froideur déjà bien installée, par pur réflexe Shun serra contre dans sa main la dague attachée à sa jambe. Il n'avait pas pu se convaincre de la quitter, même pour rencontrer son arkidian. Sans elle il se sentait nu. Il préférait se tondre la tête que la quitter, elle représentait ses crocs face à n'importe quel ennemi.

Le lieu de rencontre était un puit de pierres argentées abandonné, situé à quelques centaines de mètres de la route, calé entre quelques broussailles et arbres filandreux. Le lieu était évité parce que prétendument maudit ou quelque chose du genre.

Lorsque Shun arriva en vue de la clairière, il discerna bien vite une silhouette assise sur le bord du puits, la tête basse et couverte sous une longue cape. Hyoga était après tout un prince, c'était logique qu'il se dissimule pour des sorties secrètes. En l'entendant arriver l'alpha se leva d'un bond sec mais ne s'approcha, ce fut à Shun d'avancer encore.

Bien vite le vent apporta à l'oméga l'odeur inimitable de Hyoga, son musc viril et poivré qui rendait si facilement Shun fébrile. D'un pas un peu chancelant, Shun avança en abaissant sa capuche, libérant sa chevelure émeraude à sa suite à la manière d'un traîne fluide et chatoyante. Il souriait timidement sans s'en être aperçu.

Plus il s'approchait de son arkidian, qui semblait partager son excitation vu son odeur, plus son cœur manquait d'éclater de bonheur et d'apaisement.

Arrivé face à lui, Shun remarqua que Hyoga faisait au moins une tête de plus que lui et respirait fortement.

- Montre-moi ton visage, murmura doucement l'oméga avec un sourire tendre.

Il n'avait pas à avoir honte de ses joues rouges, et Shun savait déjà quelle était l'apparence de son arkidian, il était beau et parfait. Il voulait le retrouver maintenant.

Hyoga finit par se plier à la demande de l'oméga et retira complètement son capuchon, révélant son visage, ses épaules ainsi que le reste de son corps. Shun eu un bref sursaut parce qu'en rejetant cette cape imprégnée de la puissante odeur de Hyoga, cela chassa totalement le parfum de son arkidian sur le corps de celui qui le portait jusqu'alors. C'était surprenant, comme si l'alpha devant lui venait de muer en un autre corps, pourtant le fonds était simple ; ce n'était pas Hyoga sous cette cape. Ce n'avait pas été lui au moindre instant.

Shun se projeta vivement en arrière aussitôt qu'il réalisa le subterfuge, mais l'alpha lui avait déjà attrapé le bras afin de l'attirer vers lui.

- Doucement, mon beau, annonça-t-il en souriant de toutes ses dents. Tout doux.

- Lâchez-moi ! hurla Shun au bord de l'hystérie.

L'alpha avait les cheveux coupés très courts, un visage commun si ce n'était ses étranges petits yeux gris étincelants, et il disposait d'une carrure solide, tout à fait enviable. Il enserra le corps de Shun tout contre lui, il puait l'excitation et le vice.

Shun continua de se débattre comme une furie, cependant l'effet de surprise avait eu raison d'une bonne part de son agilité et il était maintenant aux prises avec un ennemi bien plus puissant que lui et qui avait clairement l'avantage. L'oméga se tortillait pour tenter d'attraper sa dague mais ne parvint pas à la saisir avant qu'une main ne lui chope le poignet.

- Il est armé, il faut faire attention, dit un nouvel arrivant qui avait les mêmes physique et atours que le premier.

Ce dernier souleva Shun du sol en le tenant par la taille, laissant serpenter ses gros doigts sur le fessier de l'oméga qui feulait de rage.

- Pourquoi vous faites ça ?! invectiva-t-il d'une voix étranglée d'émotion. C'est Hyoga qui vous l'a demandé ?

Son porteur perdit son sourire et le dévisagea avec surprise.

- Ce foutu prince n'a rien à voir avec nous ! avança-t-il en secouant vivement la tête, moqueur. Nous, nous n'avons fait que profiter de l'opportunité.

Il gloussa de plaisir et vint mordre dans le cou de Shun qui continuait de se tordre de colère.

- AAAaah ! Lâche-moi pauvre malade ! hurla Shun en sentant ses yeux se border de larmes.

Si ça continuait, cet excité allait le faire saigner. Shun paniquait de plus en plus et se sentait réellement perdre pied.

- Tu sens si bon, souffla l'alpha en se frottant contre lui. On pourra dire ce qu'on veut, n'importe qui sera prêt à tuer pour ça, l'odeur des omégas.

Cela ne rassura pas Shun.

- Qu'est-ce que tu me veux ! conspua Shun en essayant de se reculer.

- Te voler, grogna l'inconnu d'une voix lourde.

L'instant suivant un choc foudroyant sur la nuque de Shun lui coupa le souffle ainsi que la pensée. Il sursauta une dernière fois de douleur avant de se voir sombrer dans un abîme sec et douloureux. Le plomb salé de sa vie venait de violemment lui revenir dans les dents.

WwwwW

Hyoga contenait avec peine son excitation ainsi que son impatience. Il allait enfin rencontrer son précieux arkidian et souhaitait sévèrement que le temps à cheval s'accélère afin qu'il n'arrive pas trop tard à leur lieu de rendez-vous.

Il avait été retardé parce que pour sortir sans se faire remarquer du palais il avait fallu qu'il ruse et patiente un bon moment pour utiliser la bonne faille dans les tours de garde.

Il avait posté son bras droit, Géo, un peu plus haut sur le chemin afin de sauvegarder ses arrières, avant de descendre vers le puits abandonné en poussant son cheval au petit galop. Il ne pouvait s'empêcher de sourire avec béatitude, imaginant ce qu'ils se passeraient lorsqu'ils se rencontreraient...s'embrasseraient-ils ? Hyoga ne résisterait jamais à l'envie de le peloter un peu. Juste un peu, pour calmer sa possessivité hurlante.

Il passa une dernière lisière s'arbre rendu filandreux et sombres par la nuit d'un bleu profond, puis respira un grand coup en arrivant enfin là où son destin l'attendait. L'air froid lui cinglait les joues et les yeux. Pourtant il vu distinctement la petite masse d'hommes qui était réunie au cœur de la clairière, qui était cerclée autour d'une silhouette plus épaisse et grande qu'aucune autre, et qui portait dans ses épais coudes un corps aussi fin qu'inerte. Aussitôt l'échine de Hyoga se glaça et il ne fit que talonner encore plus vigoureusement les flancs de son cheval qui transpirait déjà beaucoup.

- Hé, on a de la visite ! fusa alors une voix noyée dans la masse obscure de la clairière.

- Alors c'est qu'il est temps de partir, répondit une autre voix, retentissante et lourde comme une cascade, qui perçait de la silhouette la plus cossue de tout le groupe d'intrus.

La lumière de la lune jeune éclaira d'un reflet d'argent le visage carré de l'homme ainsi que le manque total de douceur dans son regard. C'était un inconnu total pour Hyoga mais il put reconnaître au moins l'odeur que portait celui qui était niché dans ses bras avec la rigidité d'un cadavre.

- Noon ! s'entendit dire Hyoga.

Même sa voix semblait désespérée. Hyoga sortit l'épée qui était sanglée à sa selle et la fit fendre le vent en la faisant tournoyer à son côté. Cela eut un effet improbablement efficace, parce que les quelques gens présents proches du puits se dispersent violemment en courant comme des lapins apeurés, sans un bruit, en le voyant manier son arme autant de dextérité et de force. L'alpha stoppa violemment son cheval entre eux, le plus près possible du plus grand, et il siffla avec force. C'était son appel de renfort pour Géo qui parvenait toujours à l'étendre de son ouïe aussi fine que sa lame.

En attendant il s'en occuperait seul. Et il était bien assez motivé pour réussir. Il était prêt à tout accomplir dans l'instants.

Cependant il ne vit pas venir la flèche. Elle éclata dans sur son épaule avec la fureur et la puissance d'un éclair, cela fit tomber Hyoga de selle, le choc le faisant voir double. Son sang bouillonnant de rage coula abondamment tout autour de la pointe de fer, tandis que le monde se révulsait autour de lui. Les intrus détalaient en se balançant des phrases qui avaient qui avaient les tons des insultes. Hyoga se sentait en partie paralysé par ce qui avait été enduit sur le bout de la flèche. Il avait terriblement mal mais continuait de se traîner au sol dans une vaine tentative de rattraper l'homme qui emportait son arkidian au loin, et qui ne semblait pas être aussi pressé et apeuré que ses comparses puant la peur. Il devait probablement savoir que sitôt qu'il aurait passé la lisière des arbres, il serait englouti en totalité par les ténèbres des arbres et serait définitivement hors d'atteinte.

Le berceau de noirceur et de branchage l'enveloppa avec une efficacité effroyable alors que Hyoga ratissait à terre en se traînant sur ses jambes empoisonnées par autant la flèche que l'effroi.

- Arrête-toi ! hurla Hyoga au paysage déjà désert.

- Ils sont partis, Hyoga. Dit subitement une voix au-dessus du prince. Comment va ton épaule ?

Hyoga contempla une longue seconde le visage rond et finement barbu de Géo, qui disposait d'une corolle de rides sous les yeux assez impressionnante, avant de finalement le reconnaître pour de bon.

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? coassa Hyoga. Tu as une mine bien affreuse.

Par les dieux, même froncer des sourcils l'épuisait. Hyoga remarqua alors que la lumière du jour l'aveuglait comme une flamme et qu'il était à présent couché sur le dos.

- Que…attends, tu es arrivé si vite ! bégaya-t-il en se redressant par saccades.

Géo eut une mine défaite.

- Encore heureux. Sinon je ne sais pas ce qu'il serait advenu de toi. Tu étais étalé au sol au milieu de la clairière du puits abandonné. Tu…tu bavais. La flèche t'avait bien amochée, mais au moins j'ai réussi à nettoyer la plaie et à enlever la plus grande partie du poison. Mais le muscle de ton épaule est encore fragile, je conseille de retourner au palais pour que tu te fasses recoudre correctement. Moi j'ai fait un travail de boucher et j'ai dû attendre l'aube avant de pouvoir bien voir ce que je faisais, je crains l'infection...

- Attends. Attends. On reprend du début, râla Hyoga de sa voix fêlée d'un ancien sommeil. Où on est ?

Géo regarda autour de lui, et incita ainsi silencieusement à Hyoga de faire le même.

Ils étaient encore dans la clairière du puits. L'aube était fraîche et encore grisée de nuit. Un vent frais balayait doucement les ajoncs et les petites fleurs qui y avaient trouvé le courage d'y pousser.

- Je ne comprends pas, murmura Hyoga en massant son crâne perclu de résidus douleurs infâmes. Je l'ai vu emporter Shun alors qu'il faisait nuit, c'était il y a un instant. Combien de temps est-il passé… ?!

- Lorsque je suis arrivé ici, tu étais seul. Et inconscient. Le poison a dû te faire délirer et oublier. Cela m'a pris plusieurs heures pour m'occuper de ta blessure, comme je l'ai dit, pendant tout ce temps tu as été dans les vapes. Mais en attendant, j'ai envoyé un éclaireur tenter de retrouver la trace des ravisseurs.

- Tu sais qui ils étaient ? dit Hyoga en massant son épaule enveloppée d'un bandage de fortune, mêlé de fragments de chemises et de tapis de selle.

- Non, leur odeur ne me disait rien. L'éclaireur ne devrait pas tarder. Je vais te ramener au palais et ensuite je viendrais percevoir son rapport.

- Quoi ? Non ! il est hors de question que je quitte cet endroit sans Shun !

- Dois-je te rappeler que tu es parti sans alerter personne sauf moi, et que de nombreuses responsabilités ont besoin de toi, prince ? asséna alors Géo en insistant sèchement sur le titre.

- La gouvernance impériale peut très bien se débrouiller sans moi, grogna Hyoga en secouant doucement la tête. Pour le moment c'est mon arkidian qui a le plus besoin de moi. Aide-moi à me lever.

Géo savait qu'il n'avait pas le choix, la détermination de Hyoga avait la spécificité d'être de fer. Il lui prit le coude et le tira à sa hauteur.

- D'accord, mais on se dépêche. Et je ne veux pas entendre la moindre plainte !

WwwwW

Shun se réveilla d'un sursaut électrisé. Il avait l'impression d'avoir été congelé. Son corps tout entier était lourd et son esprit avait du mal à se concentrer. Il était étendu sur un lit de paille, une paillasse étroite, faites de bois fichu contre un mur froid, strié de mousse.

L'inconscience n'avait rien fait oublier à Shun, la rage d'avant tout cela était toujours là, indemne, cristallisée dans ses veines, puissante.

Il se leva d'un bond, voulu courir, mais fut stoppé après seulement un mètre parcouru hors de son lit par quelque chose le tenant aux jambes. Des anneaux de fer aussi froids que des poignes de cadavres lui enserraient les chevilles. Des chaînes épaisses au tons de moisissure y étaient fixées, et cliquetaient lourdement sur le parquet comme les corps viscéraux de vipère de neige.

- C'est quoi ça encore…, s'inquiéta Shun en levant une jambe avec peine, le poids de la chaîne la rendant assez difficile à manœuvrer.

En la secouant trop il se déséquilibra et manqua de tomber. Cette situation commençait à passablement l'agacer, sans compter qu'il avait encore dans le nez des voluptes de l'odeur de son cher arkidian. Celui-là même qu'il ne pouvait plus dès à présent plus voir. Ce sentiment d'impuissance était pire que toute blessure.

Il y eu un crissement semblable à un rien, et Shun se détourna des liens de ses chevilles pour regarder les alentours sombres de la pièce caverneuse. Ses yeux tombèrent ainsi sur la figure de cet homme qu'il pensait tirer d'un cauchemar mais qui provenait en fait tout simplement de son souvenir de la veille.

- Toi ! siffla-t-il entre ses dents. C'est toi qui portait l'odeur de Hyoga ! sale imposteur, je vais te… !

- Je ne comprends pas comment tu peux être aussi énergétique alors que cela ne fait que quelques instants que tu es éveillé, répondit promptement l'alpha d'un air à la fois amusé et fasciné.

Il était encore plus impressionnant à voir à la lumière du jour qui glissait timidement entre les petites fenêtres qui étaient creusaient dans les murs. Il avait la figure d'un alpha-type, une mâchoire carrée, des cheveux en brosse ainsi qu'une carrure musclée qui menaçait constamment de faire craquer les vêtements qu'il portait. Il était assis sur un tabouret qui semblait à sa taille. Ses petits yeux d'un parfait bleu clair étaient luisants comme des chandelles. Il émanait de sa figure une confiance froide qui mettait mal à l'aise Shun.

- Qui es-tu au juste ? s'énerva le jeune oméga. Je ne te connais même pas.

- Moi non plus. Mais il est à présent temps de faire connaissance, sourit le colosse en se levant d'un bond sec.

Shun se recula mais il buta vite contre le rebord de son lit et ses chaînes se tendirent. Ce gars était encore plus impressionnant de face. Etrangement, il n'alla que s'assoir sur la paillasse et ne tenta rien d'autre.

- Figure-toi que tu ne faisais pas vraiment partie du plan, à la base. En fait, je voulais seulement m'occuper de mon affaire avec la famille impériale mais dès que je t'ai senti, j'ai vraiment eu un déclic. Je n'ai pas croisé beaucoup d'autres omégas dans ma vie, mais toi…toi, tu es vraiment hors norme. Cela valait la peine que je prenne le soin de venir te chercher.

Il se pencha vers Shun en eut un sourire de crocodile.

- Quel était ce plan ? demanda doucement Shun.

- Ça t'intéresse ? ce n'est pas comme si tu pouvais changer grand-chose en le sachant ou non... (il se pencha encore davantage et souffla d'un air de confidence) Je fais partie d'une meute qui veut renverser la Couronne.

- Un coup d'Etat ?

De tous les royaumes, celui-ci était réputé pour être une terre douce et libre, où l'économie fleurissait autant que les paysages les plus oniriques jamais rêvés par les poètes.

Ceux qui refusaient malgré tout la présence d'un gouvernement au-dessus de leur tête formaient souvent ce que l'on appelait ''meute'' parce que c'étaient des marginaux avec un certain sens de l'honneur, de l'ordre et de la sociabilité malgré tout.

- Mais pourquoi ? pourquoi faire ça…

- Ma meute leur en veut pour certains…antécédents. Que ce soit des batailles perdues, des vols ou bien des manifestations de leur part de nature à contre-produire la moindre de nos entreprises…nous sommes tous des victimes du palais. Pour quelques divergences d'opinions, des condamnations injustes, aussi. En fait, cette meute s'est formée en partie grâce à la Couronne, parce que nous sommes liés par notre mépris à son égard. Beaucoup d'entre nous souhaite sa chute et se venger de la famille impériale.

- Vous êtes des rancuniers, en gros. Dit Shun d'un ton lent.

- On dit qu'ils font les meilleures matières à combattants. Et amants.

Shun ne sut sur le moment pas s'il devait préciser à cet homme sa relation avec Hyoga. Pour tout dire il ne voyait pas encore clairement où cette conversation les mènerait.

- Cela fait longtemps que ma meute travaille sur ce projet de coup d'état total, reprit vivement l'alpha, nous avons des taupes et des armes, tout ce qu'il faut pour que la recette marche. Même s'il est difficile de s'y tenir à la longue avec le pouvoir imprévisible des hommes…Dans tous les cas nous étions sur une bonne pente. Et c'est là que je t'ai remarqué.

Face à la mine perplexe de Shun, l'alpha eut besoin de préciser.

- On m'a rapporté ton existence par ce que cela serait possiblement intéressant afin de faire pression sur la Couronne. Les prises d'otage, c'est ça qui convainc le mieux ! C'est un des meilleurs carburants de ce monde…Mais alors, tandis que j'avais décidé de te prendre en filature afin d'en apprendre plus sur toi l'autre jour, dans les rues de Sercy, j'ai pu entrapercevoir ta beauté et ton odeur, et bon dieu, j'ai eu du mal à y croire. Je veux dire…ton cul m'appelait explicitement !

Shun le foudroya du regard et tenta d'encore se reculer du lit, mais son interlocuteur ne semblait pas lui prêter attention, il était plongé dans ses pensées vicieuses.

Soudainement la rage explosa dans l'esprit de Shun, propulsée par le poids insupportable des chaînes accrochés à ses jambes. Il se tint droit et fier, les poings serrés comme des nœuds de corde, sur le point de mordre ou d'insulter cet alpha.

- Comment as-tu eu son odeur, siffla-t-il lourdement, comment as-tu su où notre rendez-vous était prévu…qu'as-tu fait de lui ?!

Shun se jeta alors sur l'alpha parce qu'il venait de réaliser que son cher Hyoga avait possiblement subit un sort pire que le sien. Son attaque fut heureusement efficace parce qu'il était doué dans ce domaine, et il parvint à arracher un cri et quelques gouttes de sang à cet alpha répugnant. L'homme se servit aussitôt de sa force massive pour stopper le petit attaquant. Il lui attrapa les poignets et le plaqua sur le lit, lui faisant même oublier de respirer par la contre-attaque violente.

- Petite furie, ria doucement l'alpha en promenant l'une de ses paumes sèche sur la poitrine de Shun.

- Si tu l'as touché, je te tuerais de mes mains, l'injuria l'oméga en serrant les mâchoires. Comment…qui t'as aidé à nous trouver ?

Subitement, la lumière se fit, autant dans l'esprit que Shun que dans la pièce, qui se révéla moins sale et délabré qu'elle ne le laissait paraître dans la pénombre. Tandis que le jeune oméga devinait enfin qui était derrière ces informations, c'était plutôt évident en fait, cette même personne entra dans la chambre d'un pas léger qui lui était propre, en amenant une torche allumée.

Il avait l'air toujours aussi vieux, sec et nerveux. Portant les mêmes habits que la seule fois où ils s'étaient croisés avec Shun, cet homme arborait cependant sur le visage quelque chose de différent un grand sourire de victoire.

- Toi ! se stupéfia Shun.

C'était incroyable et évident à la fin, mais tout aussi douloureux. L'espion messager était la taupe. Alors qu'il semblait bien trop vieux pour être méchant ou traître.

- Je n'arrive pas à croire que tu trahisses la famille impériale ! tu n'es qu'une râclure !

- Tu l'as énervé, alors que je venais de parvenir à l'apaiser, se plaignit l'alpha au-dessus de Shun avec une mine de gamin.

- Toi, je t'emmerde, et toi le traître, je viens te casser la gueule ! hurla Shun en s'arquant furieusement sous la poigne de l'alpha comme s'il était une vipère dans la main d'un chasseur.

- Héhé, tu as raison, il est fascinant pour un oméga, commenta l'espion en croisant les bras devant lui.

- Arrête de le regarder ainsi, rétorqua aussitôt l'alpha en grondant, il est à moi.

- De merde que je suis à toi. Je n'appartiens qu'à Hyoga !

Avouer cela à voix haute fut aussi libérateur que douloureux pour Shun. Qu'est-ce qu'il avait envie que cela se réalise. Mais il devait se retenir de pleurer pour le moment.

La prise sur Shun se raffermit aussi violemment que si la main de l'alpha venait de sécher.

- Je t'interdis de prononcer ce nom. Bientôt, il fera partie du passé, et tout le monde l'aura oublié.

Une lueur nouvelle brillait dans ses petits yeux ronds. Pleine de mauvaiseté et de tension. Cet alpha semblait diaboliquement intelligent malgré sa figure de colosse simplet, il devait sûrement être un des chefs de cette meute.

- Je fais partie de la meute d'Abalt, Shun. Annonça lugubrement le vieil espion sans bouger de là où il se tenait dans l'embrasure de la porte, la torche toujours en main. J'en ai fait partie dès que ce fichu gouvernement à condamner mon fils à des travaux forcés qui l'ont amené à attraper la fièvre rouille et à mourir dans d'horribles souffrances. Je veux leur faire subir la même peine qu'ils m'ont infligés, et pour cela, je suis prêt à y mettre les moyens et la finesse.

- Il a infiltré le gouvernement il y a trois ans de cela, précisa l'alpha en regardant son comparse sans pour autant relâcher sa prise sur Shun. Il a du talent pour se faire croire. Et est vite devenu chef des services secrets du palais, un noyau d'informations pour notre groupe. Il a su aisément profiter de cet avantage pour recueillir les informations les plus succulentes du palais…et regarde, tu es là aujourd'hui.

Il glissa un doigt le long de la gorge de cygne de Shun qui respirait avec agitation. Cet homme aurait pu le broyer s'il l'avait voulu, et l'oméga n'aurait jamais pu en faire autant.

- C'est gentil de votre part, chef. Mais je n'ai fait que mon travail, ronronna l'espion. Il ne m'a fallu planter que quelques informations erronées concernant notre jeune ami ici présent, des spécificités physiques dégradées, fausses par exemple, afin de leur faire perdre son sillon et rendre plus ardue la tâche de le retrouver, vu que personne ne l'avait encore bien vu au palais. J'ai aussi recueillis des échos sur ses mouvements et refuges, et le tour était joué. Ainsi, nous avons une bonne longueur d'avance sur eux tous. Je n'avais seulement pas prévu que l'on prenne aussi vite possession de lui, mais j'ai vite su qu'il faudrait agir avec efficacité en voyant l'habitude plus qu'enthousiaste de mon chef à son égard, c'est pourquoi je me réjouis d'avoir lu par avance leurs échanges avec le Troisième Prince, cela a faciliter grandement les choses.

- Quoi ?! s'écria Shun en se tordant de nouveau avec fureur, pauvre merde ! je vais te…

- C'était pour ton bien, dit le chef en lui caressant une joue dans un mouvement d'apaisement.

- Je n'en ai retiré aucun plaisir, sembla vouloir préciser l'autre vieux con toujours perché sur son piédestal.

- C'est comme ça que vous avez su pour notre rendez-vous ! cria Shun malgré l'étouffement dû à la poigne de l'alpha sur sa poitrine et sa gorge.

Cet espion devait savoir dissimuler ses traces et son odeur, ainsi il avait pu savoir ce qu'il voulait, et même récupérer un manteau appartenant à Hyoga afin de leurrer Shun jusqu'au bout. Il était un homme ayant tous les pouvoirs, toutes les opportunités, un traître au cœur d tout, un loup dans une bergerie.

Les deux hommes se reculèrent brutalement, c'était peut-être parce que Shun menaçait de basculer de nouveau dans l'inconscience du fait de la poigne de l'alpha ou parce qu'ils n'avaient plus rien à dire, dans tous les cas ils laissèrent enfin le jeune oméga tranquille. Ce dernier aussitôt roula sur l'autre flanc afin de ne leur montrer que son dos, pas sa peine ni son angoisse d'être en ce lieu maudit.

- Laissons-le se reposer, souffla doucement l'espion.

- Tu as raison, dit l'alpha en caressant doucement la nuque de Shun.

Le poids de sa main disparut alors tandis que Shun sentait sa gorge se serrer d'émotion, toujours roulé en boule sur un coin de sa paillasse. Il avait envie de crier et de se battre, mais l'alpha était trop fort par rapport à lui, en combat régulier Shun n'avait aucune chance. Il était épuisé. Sa respiration était compressée par la rage et la peine, il ne savait pas si les prochaines choses qui en sortirait seraient des cris ou des larmes. Peut-être les deux.

Bientôt la lumière s'éteignit de nouveau et la pénombre sèche se répandit de nouveau dans la chambre carrelée qui ne possédait qu'une fenêtre, menant vers un carré de lumière pâle et terne.

A suivre...