Bonjour tout le monde !
Je suis vraiment heureuse de tous vos retours et vos fav, follows. Je me répète je sais, et je me répéterais chaque semaine parce que ça me fait toujours plaisir de voir ça !
Par contre, toutes mes excuses si je réponds à vos reviews un peu tard… J'y répondrais toujours avant le prochain chapitre, pour que vous puissiez avoir votre preview, mais j'ai trouvé un travail pour l'été et je suis épuisée. Mais promis, je répondrais toujours !
Merci à Pauu_Aya et Mélody pour avoir corrigé ce chapitre.
/!\ Pour le bien de cette histoire, Teddy Tonks est né le 23 Décembre 1997 /!\
NdA : La publication se fera à raison de une fois par semaine, tous les dimanches. De plus, nous souhaitons vous préciser que pour chaque review laissée, nous enverrons en MP (vous devez donc avoir un compte fanfiction) une préview du prochain chapitre à l'aimable personne :)
Bêta : Merci à Pauu et Mélo pour leur aide et leur correction !
Le p'tit mot d'Epsi : Hello ! Je n'ai pas grand chose à dire pour ce nouveau chapitre ! Si ce n'est merci à vous, merci à Aude Snape, merci à nos bêtas ! ;)
RAR anonyme :
amlou : Salut, je te remercie de nous laisser une review à chaque fois alors que tu es sur ton téléphone, je sais que parfois c'est compliqué. Je suis contente que l'histoire continue de te plaire et en effet, leur relation va changer et tu vas découvrir quelques petites choses sur tes interrogations ! Merci encore !
Chapitre 4 : Le procès et ses conséquences
Lucius était dans son fauteuil en train de regarder l'âtre de la cheminée éteinte. La journée avait été longue et il ne rêvait que de s'allonger dans son lit, mais avant cela, il attendait que Severus et Drago redescendent pour savoir comment son nouveau mari allait.
Les invités avaient été surpris de voir Harry partir aussi tôt. Lucius avait dû trouver une excuse très rapidement et avait annoncé à tout le monde que le jeune homme était malade depuis quelques jours et qu'il était plus prudent pour lui de se reposer. Il avait maintenant peur que cela ne s'ébruite et que la presse n'en entende parler. Il ne manquerait plus que le monde sorcier pense que le Sauveur était en cloque... De plus, comme les sorciers savaient que Severus Snape, le grand potionniste, était un proche de la famille, ils pourraient penser qu'il les avait fournis en potion de fécondité.
Lucius n'avait plus qu'à espérer que les invités ne soient pas du genre bavard et tout se passerait bien. Même si d'un côté, il se disait que ça pourrait jouer dans la balance auprès du Magenmagot si les sorciers pensaient que leur Sauveur était enceint de lui.
Lucius secoua la tête pour sortir cette idée de sa tête. Non, il ne fallait pas que ça arrive. Harry était fragile et Lord Malefoy refusait qu'on s'attaque à son mari dans les journaux. Désormais, il devrait le protéger, de lui aussi s'il le fallait.
« Surtout de moi » , pensa l'homme en soupirant.
- Les invités sont partis ? demanda Severus en entrant, Drago à sa suite.
Ce dernier avait la mine défaite, les yeux rougis, les épaules basses.
- Tous, répondit Lucius. Le dernier est parti il y a dix minutes à peine… Comment va Harry ?
Severus s'installa dans l'autre fauteuil tandis que Drago se mettait devant la cheminée les yeux légèrement dans le vague.
- Il s'est endormi il y a quelques minutes.
- Mais ça fait plus d'une heure que vous êtes en haut, que s'est-il passé ?
Drago, qui était resté silencieux jusque-là, prit la parole d'une voix monotone :
- Severus lui a parlé…
La bouche de Lucius s'ouvrit en un "O" parfait avant de regarder son ami pour savoir.
- Et comment cela s'est-il passé ?
Severus secoua la tête. Mal, très mal. Voilà comment cela s'était passé.
Harry avait hurlé quand son ancien professeur lui avait dit qu'il était dans un état lamentable. Il avait l'habitude de l'entendre de la bouche de son ami mais à aucun moment, il ne s'était attendu à ce que quelqu'un d'autre le lui dise. Comme si, dans son esprit, rien n'était vrai et que si une autre personne lui en parlait, cela rendrait les choses plus réelles. Et ça, le Gryffondor était trop têtu pour l'accepter.
- Il a hurlé… au moins, il a encore de la force pour ça.
- Raconte-moi, mon ami.
Alors Severus commença à lui raconter, et parfois, Drago ajoutait des détails, tout en évitant de regarder qui que ce soit.
-Flash back-
- Potter ! Mais dans quel état êtes-vous ?! demanda Severus, un peu plus pâle encore que d'habitude.
- Je vais bien, grogna le brun en posant l'oreiller sur sa tête.
- Depuis quand n'avez-vous pas mangé ?
- Si vous ne l'aviez pas remarqué, j'ai mangé aujourd'hui.
- Et si vous ne l'aviez pas remarqué, vous venez de rejeter le peu que vous aviez ingéré. Dans quel état déplorable vous êtes ?! Ah il est beau le Sauveur du monde sorcier !
Harry se redressa en balançant l'oreiller sur Snape qui se tenait au pied du lit. Il voulait juste qu'on lui foute la paix quelques instants, quelques heures, quelques jours. C'était trop demander ?
- Le Sauveur du monde sorcier, il vous emmerde ! C'est mes problèmes, et puis de toute façon, je vais très bien !
- Bien ? Vous. Allez. Bien ? C'est une blague ? Tout ce que je vois devant moi, c'est un jeune homme alcoolique, dépressif et totalement anorexique, qui n'a pas eu une nuit tranquille depuis des semaines, et avec des cernes tellement immenses qu'elles recouvrent la moitié de son visage. Vous croyez aller bien Potter ? Mais vous êtes pathétique ! Reprenez-vous par Merlin !
Harry était énervé au plus haut point. Il serrait ses poings tellement fort et retenait tellement sa rage qu'il reprenait des couleurs.
Drago lui avait souvent dit qu'il était dans un état pitoyable mais il n'avait jamais pris ça au sérieux. C'était Drago, son ami qui le lui disait. Alors voir son ancien professeur lui faire des reproches lui donnait envie de le frapper.
- Je vais très bien ! Drago le sait.
Mais Drago était sur le côté et ne bougeait pas. Il s'était immobilisé en entendant Severus sortir tout ce qu'il savait déjà. La confirmation de l'état de son ami et savoir qu'il n'était pas le seul à le penser, l'avait juste… pétrifié.
- Putain mais tu pourrais dire quelque chose Drago !
Celui-ci ne dit rien et regarda son ami se lever du lit, avec crainte et incompréhension.
- Mais merde, j'ai fait tout ça pour vous aider ton père et toi. Je viens de me marier. ME MARIER DRAY ! Je ne pourrai jamais me marier par amour. Et tout ça pour quoi ? Pour sauver ta famille. Encore une fois ! Alors prends ma défense aussi.
Severus, en voyant la colère de Harry se diriger vers son filleul, se mit devant ce dernier pour faire barrage.
- Si vous voulez vous en prendre à quelqu'un ici, prenez-vous en à vous ! C'est vous qui avez proposé cette idée de mariage à Lucius, alors ne mettez pas tout sur le dos de Drago. Assumez un peu vos actes !
Si Harry était en colère juste avant, il était maintenant au bord des larmes.
- Je devais les aider… C'est mon rôle d'aider… Je vais bien et j'assume tout.
Severus tiqua mais continua ; il lui en reparlerait plus tard.
- Vous n'arrivez même pas à assumer votre état…
Drago sortit de sa pétrification, lorsqu'il vit couler les larmes de son ami. Ce dernier était épuisé et n'avait pas envie de se battre et surtout pas envie qu'on lui jette à la figure ce genre de choses. Alors que le blond allait s'avancer vers lui, pour le prendre dans ses bras et le consoler, comme un peu avant, quand Severus l'arrêta de son bras.
- Potter… je ne vous dis pas ça pour être le méchant de l'histoire.
- Alors ne dites rien ! hurla Harry.
- Potter, comprenez-moi, je ne veux pas vous voir mourir, je veux juste vous aider. Je vous ai longtemps mal jugé, je dois l'avouer, mais je ne veux pas vous perdre.
La réaction générale fut d'ouvrir les yeux en grand.
Drago regardait son parrain, ahuri, et même Severus semblait surpris par ce qu'il venait de dire. Apparemment, c'était sorti tout seul. Harry aussi regardait son professeur, ne comprenant pas ces mots simples qu'il n'aurait jamais cru entendre de la bouche de cet homme.
Severus devait se l'avouer. C'était vrai… Et depuis longtemps.
Ce jeune homme était devenu quelqu'un d'autre à ses yeux depuis que Severus s'était rendu compte que Harry n'était pas le Gryffondor imbu de sa personne qu'il avait cru. Quand il avait appris à voir qui il était vraiment : ni Lily, ni James. Mais il venait tout juste de prendre conscience qu'en effet, il s'était attaché à Harry Potter.
Les pleurs du brun, qui s'étaient stoppés sous la surprise, reprirent avec plus de force. Peut-être était-ce le fait que Severus lui ait dit qu'il tenait à lui qui le troublait. Mais il n'arrivait pas à calmer ses pleurs.
Drago passa alors à côté de son parrain, qui était encore figé par ses propres paroles, et alla jusqu'à son ami, le prit par les épaules et l'emmena jusqu'au lit.
Tous deux s'allongèrent et Drago, un peu maladroitement, commença à bercer son ami. Cela dura plusieurs minutes avant que Severus ne sorte de sa torpeur et s'assoit sur le lit. Il était gêné par ce qu'il venait de dire mais essaya de faire comme si de rien n'était.
- Monsieur Potter… Harry… s'il vous plaît, laissez-moi vous aider.
Le brun prit de longues minutes avant de se décider à hocher la tête.
- Je ne comprends pas pourquoi j'ai besoin d'aide… ni même comment vous allez me l'offrir, mais pour vous, j'accepte.
Il n'y avait pas eu d'acceptation sur son état mais c'était déjà un petit pas. Severus allait maintenant pouvoir l'avoir à l'oeil.
Ils ne s'étaient rien dit d'autre. Drago avait juste bercé son ami le temps qu'il se calme et qu'il s'endorme.
-Fin de Flash back-
Lucius avait gardé le silence pendant tout le récit. Son mari allait mal. Très mal. Mais il était soulagé que Severus s'occupe de lui. Pendant ces prochains jours, il allait le laisser faire ce qu'il voulait et ne pas être sur le dos de Harry. Ce dernier allait déjà avoir son ancien professeur, pas besoin qu'il l'ait aussi.
Le blond, voulant dédramatiser la situation, s'éclaircit la gorge et taquina son ami :
- Alors comme ça… tu tiens à mon mari ?
Severus grogna et se leva rapidement avant de sortir de la pièce. C'était Drago qui avait apporté ce détail car le professeur n'avait pas voulu l'avouer une nouvelle fois.
Lorsqu'ils furent seuls dans le petit salon, Lucius lorgna son fils qui évitait son regard.
- Tu n'arrives pas à gérer cette situation pas vrai ? dit-il d'une voix presque trop douce pour la froideur légendaire des Malefoy.
- C'est mon premier ami. Enfin… Mon premier vrai ami. Et je ne sais pas ce qu'on fait avec un ami, c'est l'une des choses que tu ne m'as pas enseignée.
- C'est vrai… Parce que personne ne me l'a enseigné à moi non plus… souffla Lucius. Tu te souviens de ton grand-père Abraxas n'est-ce pas ?
- Oui un peu… Il était déjà très vieux lorsque j'étais petit, il était malade et ne sortait pas de chez lui.
- Et bien cet homme bossu et fragile que tu as connu n'a rien à voir avec celui qui m'a élevé. Il était un homme froid et violent. Il nous battait ma mère et moi, dans la discrétion du manoir. Les règles des Malefoy, celles que je t'ai apprises par la suite, m'y étaient enseignées à coup de doloris. Evidemment, se faire des amis ne faisait pas partie des règles. Enfin si… "Un Malefoy n'a pas d'ami, ni d'amour, il n'a que la puissance et le savoir," cita Lucius.
Drago fronça les sourcils.
- Je ne me souviens pas de cette règle…
-C'est parce que je ne te l'ai pas apprise, répondit son père d'une voix neutre. Lorsque j'ai rencontré Severus, il était plus jeune que moi, mais nous nous sommes tout de suite entendus. Nous aimions les potions, la magie noire, le médicomagie et bien d'autres choses. Bien sûr, je restais froid et distant, mais au fond de moi, je savais qu'il était quelqu'un de proche, plus proche que mes camarades de classe. J'ai découvert ensuite, qu'il était battu par son moldu de père, de façon beaucoup plus violente et vicieuse que moi, sans aucune autre raison que l'ivresse.
Lucius était plongé dans de vieux souvenirs, son regard quelque peu hanté reflétait la difficulté qu'il avait affrontée durant la dure période de l'adolescence.
-C'est à ce moment-là que nous sommes vraiment devenus amis. Nous avons eu des problèmes, nous nous sommes disputés, j'ai dû lutter contre les règles des Malefoy, et ça a été compliqué. Je ne t'ai pas appris à avoir des amis, parce que je ne sais tout simplement pas comment on fait. En revanche, je t'ai évité la règle la plus stupide des Malefoy, car un ami est un lien précieux et je voulais que tu connaisses cela.
Drago regardait son père et buvait ses paroles avec avidité. Jamais son père ne lui avait parlé de son passé. Et encore moins de ses peurs ou de ses échecs. Son père était habituellement froid et secret mais il semblait que cet état de fait n'était pas au rendez vous ce soir. Apparemment, la douleur d'Harry avait secoué tout le monde.
-De tous les amis que j'aurais pu me faire, il aura fallu que je tombe sur Harry Potter et tous ses problèmes mentaux pour apprendre d'une relation amicale, ricana Drago pour détendre l'atmosphère.
Lucius fit un sourire narquois et se releva élégamment.
-Je pense qu'il est temps pour nous de prendre un peu de repos.
-Je suis bien d'accord, je ne pensais pas que cette journée serait aussi fatigante.
Ils montèrent ensemble les marches du grand escalier, sans un mot. Au premier étage, ils suivirent les couloirs pour arriver à leurs chambres respectives qui étaient assez proches l'une de l'autre et près de celle d'Harry. Chacun une main sur la poignée, Drago interpella Lucius :
-Père ?
-Oui fils ?
-Félicitations pour cette union, lui dit Drago avant d'entrer dans sa chambre et de refermer la porte.
Lucius resta immobile un instant.
Par Salazar… Il était marié… De nouveau...
Il savait qu'il allait y avoir un mariage, il savait qu'il allait tout faire pour s'éviter la prison, qu'il allait prendre soin du meilleur ami de son fils, mais il n'avait pas réalisé que ce mariage l'unissait à quelqu'un.
C'était si stupide...
Il essaya de ne pas penser au fait, qu'encore une fois, il s'était marié par devoir et non par amour. Il essaya de ne pas penser à la catastrophe qu'avait été son mariage avec Narcissa. Il essaya de ne pas penser à la petite pointe d'espoir qu'il avait toujours au fond de son coeur. Cet espoir d'avoir enfin quelqu'un à aimer, dans son coeur, entre ses draps...
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Le lendemain matin, tout le monde était d'humeur plutôt maussade, devant un petit déjeuner qui ne fut que très peu entamé. Les trois Serpentards regardaient régulièrement le siège vide au bout de la table. Ils étaient tous inquiets mais personne ne le disait à haute voix.
Lucius évitait de montrer son angoisse pour la journée à venir, il préférait se concentrer sur la gazette pour lire l'article qui parlait de lui et de son désormais mari. Cela lui permettait au moins de changer ses idées. De plus, il fut content de ne voir aucune diffamation ou modification de ce qui avait été dit lors de leur échange avec les journaliste.
-Un programme aujourd'hui ? demanda Drago en essayant de se changer l'esprit.
-Je dois aller au ministère pour mon audience aujourd'hui, je vais sûrement y rester toute la journée…
-Et moi je vais descendre le Gryffondor qui est dans sa chambre pour qu'il suive son mari… J'espère qu'il acceptera car son absence pourrait être mal vue.
-J'aurais aimé aussi qu'il vienne, juste pour faire une apparition.
Lucius faisait comme si cela n'était pas si important mais au fond de lui, il aurait aimé qu'il vienne, juste pour le soutenir. Pour avoir des têtes qu'il connaissait auprès de lui, des proches...
-Il viendra, même si je dois le trainer de force, dit Severus.
Drago allait pour rétorquer quand son père le prit de vitesse :
-Non. S'il ne veut pas, ne le force pas.
Severus acquiesça et se leva pour aller voir Harry. Il espérait vraiment qu'il allait accepter de venir. Avec l'interview qui sortait le jour même, il était important qu'il soit là. Pour montrer à tout le monde qu'il venait soutenir son mari.
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Ils étaient sur le point de franchir la porte du manoir pour se rendre à l'audience, quand des bruits de pas résonnèrent dans le couloir. Ils se tournèrent d'un bloc pour voir Harry Potter se diriger vers eux. Il avait remis son glamour, ses robes étaient bien propres et repassées, sûrement grâce à l'intervention d'un elfe, cela dit, ses yeux étaient vides. Lorsqu'il passa à côté de Severus sans lui lancer un regard, celui-ci sentit une légère odeur de whisky, cachée par une eau de cologne hors de prix.
Il secoua la tête. Le visage du Survivant était bien là mais dans le fond… Il n'y avait plus personne.
Lucius était ravi que son époux ait fait l'effort de venir, et même de se souvenir de ce moment important, bien qu'il se doutait malgré tout que Severus avait dû le lui rappeler. Il ne voulait juste pas s'arrêter sur des détails pour le moment, tout ce qu'il retenait c'est qu'ils étaient tous là. Si le Magenmagot ne l'avait pas vu venir, il se serait posé des questions.
Ils allèrent tous jusqu'au point de transplanage et Severus attrapa l'épaule de Drago pour le faire transplaner. Lucius devait apparaître avec son mari alors, ils devaient transplaner ensemble. Sauf qu'il ne savait pas si Harry était dans un bon état pour utiliser ce moyen de transport.
-Tu sembles… ailleurs. Tu vas bien Harry ? demanda Lucius en espérant que le brun allait se reprendre.
Le jeune homme avait le regard vide, il regardait Lucius sans le voir. Son état était inquiétant, le blond le savait mais il n'avait pas le temps de s'occuper de lui. On l'attendait pour son audience et ne voulait pas être en retard. Un Malefoy n'est jamais en retard. Un Malefoy sait se faire attendre mais seulement lorsque c'est lui qui reçoit, pas lorsqu'il est reçu.
-Harry, tu dois te remettre les idées en place ! Tu es mon mari et nous sommes attendus au ministère.
Il ne répondait toujours pas. Lucius commençait clairement à être énervé de la situation.
-Harry Potter Malefoy ! Tu es mon mari et tu te dois de te tenir convenablement.
Lucius aurait dû réfléchir, il le savait, mais la baffe qu'il donna à Harry, avait au moins eu le mérite de le réveiller. Il avait besoin que son mari ait les idées nettes avant qu'ils arrivent là-bas.
Le jeune homme fixa tout à coup, réellement, le blond devant lui. C'était comme s'il découvrait qu'il l'avait devant lui depuis plusieurs minutes. Il ne pleura pas mais posa juste sa main sur sa joue, un peu chaude.
-Tu te reprends ! Tout de suite, ordonna Lucius.
Puis ce dernier attrapa le bras de son mari et transplana.
Ils réapparurent dans la salle spéciale de transplanage au Ministère, où ils étaient attendus par des Aurors qui les encadrèrent pour se rendre à la salle d'audience. Les journalistes étaient bloqués par un sort pour ne pas les approcher, mais ça ne les empêchait pas de piétiner au plus près pour leur poser des questions et les prendre en photos. Les époux Malefoy avançaient têtes hautes sans un regard pour personne.
Lucius portait son habituel masque de froideur et Harry, comme il en avait l'habitude, était dans la peau de Survivant. Cela dit, ses yeux étaient vides de toute vie. Dans son esprit, il s'était réfugié dans un recoin et pleurait à chaudes larmes. C'était un concept assez étrange. Il avait l'impression que lui, Harry, était enfermé dans une boîte qui se mouvait au grès de ses envies. Il ne contrôlait rien, mais faisait ce qui était bien, ce dont les autres avaient envie, et surtout besoin, afin de les aider et de jouer son rôle de sauveur. Alors, il marchait dans les couloirs pour défendre son époux et gagner ce procès, par le simple fait de sa présence.
Les journalistes les virent entrer dans la salle de jugement, en n'ayant eu aucune parole mais par contre une photo du couple. Celle de Lucius, posant sa main dans le bas du dos de son mari pour l'inviter à entrer dans la pièce avant lui.
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-Lord Malefoy est dorénavant innocenté de toutes accusations.
Sur la chaise, trônant au milieu de la salle Lucius se détendit considérablement. Enfin, toutes ces accusations grotesques étaient levées. Il regarda son fils dans le public qui, pour une fois, laissa clairement voir son soulagement en soufflant longuement et en se prenant le visage dans les mains. Severus avait l'air satisfait pour quiconque savait lire un peu en lui. Entre eux, Harry avait toujours le même regard vide mais fit tout de même un petit signe de tête pour remercier les membres du Magenmagot. La plupart lui répondirent avec un sourire qui leur fut rendu, sans que personne ne s'aperçoive qu'il était tout à fait faux.
La salle se vida et les Malefoy, accompagnés de Severus, durent attendre que les Aurors les escortent de nouveau jusqu'à l'air de transplanage. Ils furent de nouveau abordés par les journalistes mais Lucius ne leur accorda pas un regard. Il avait pensé faire une déclaration, mais l'état d'Harry étant trop préoccupant, il préférait rentrer.
Arrivé à la porte d'entrée du manoir, Harry lâcha prestement le bras de son époux et, sans un regard, ni une parole, se rendit à ses appartements. Une fois que la porte fut fermée à clé et bardée de sorts très peu puissants à cause de sa faiblesse physique, il s'effondra à même le sol. Son corps, son esprit, son coeur, tout lâchait. Enfin.
Lucius n'avait rien dit en voyant le jeune homme partir. Il se doutait que c'était son envie dès lors qu'il avait mis le pied en dehors de la maison. Mais le blond ne savait pas comment réagir. Il craignait le pire pour son état et craignait que quelqu'un le remarque et lui mette la faute sur le dos. Il n'eut pas à se poser plus de questions lorsque Severus passa à côté de lui pour monter rapidement tout en grognant contre les "Gryffondors, imbéciles et fatiguants".
L'ancien professeur fonça vers la chambre du brun. Il n'aimait pas le voir ainsi et, il ne pouvait rien y faire, ça l'énervait prodigieusement. Il n'y avait qu'Harry Potter pour le mettre dans un tel état…
Arrivé devant la chambre, il remarqua tout de suite les sorts posés sur la porte. En un coup de baguette, il pouvait les faire tomber, et c'est ce qu'il allait faire lorsqu'il stoppa son geste et laissa retomber son bras le long de son corps.
De l'autre côté de la porte, s'élevaient des sanglots déchirants.
Severus serra les poings et baissa la tête. Il était si impuissant face à cette détresse. Que pouvait-il faire ? Il n'allait pas foncer dans cette chambre pour le réconforter. Il ne savait pas faire ça. Il pourrait soigner son corps cassé, mais pas son coeur blessé.
Alors, Severus fit apparaître une chaise contre le mur, s'assit et attendit. Laissant ces lourds sanglots résonner dans le couloir. Il fut rejoint plus tard par Drago, qui fit la même chose que lui.
Ils n'échangèrent pas un mot, ils ne faisaient qu'écouter la souffrance de ce jeune homme, brisé. Des pleurs qui durèrent longtemps, mais qui avaient besoin d'être sortis. Comme seuls auditeurs, deux Serpentards qui avaient mal de l'entendre.
Quand le calme reprit ses droits, Severus se leva et enleva les sorts sur la porte. Il avait donné assez de temps à Harry pour exprimer sa peine. Lorsqu'il essaya d'ouvrir la porte, celle-ci buta contre quelque chose. Il passa sa tête dans le maigre espace et vit le corps d'Harry par terre, inerte. Il sortit sa baguette rapidement et passa sa main dans l'entrebâillement pour déplacer Harry avant d'entrer précipitamment pour voir ce qui se passait.
Après de rapides examens, Severus sut enfin. Harry allait bien. Il était épuisé, faible, malade, mais n'était pas en danger. L'ancien professeur le fit léviter jusqu'à son lit et rabatit les couvertures sur son corps frèle. Il fit venir des potions depuis son laboratoire et les envoya directement dans l'estomac du jeune homme -sort qu'il avait appris grâce à madame Pomfresh. Il y en avait pour lui donner des apports qu'il n'avait plus depuis longtemps, d'autres étaient pour son corps, pour qu'il tienne le choc -surtout son coeur- et d'autres encore pour qu'il dorme profondément et sans cauchemars.
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Severus finit son examen. Tout allait bien. Depuis une semaine maintenant il faisait des check-up tous les matins, pendant le sommeil du Survivant qui, depuis l'audience, ne faisait presque que dormir. Severus se donnait du mal pour essayer de l'aider et il ne comprenait pas en quoi évoluaient ses sentiments mais c'était le foutoir dans sa tête. Les seules personnes pour qui il s'était inquiété jusqu'à présent étaient Lucius et Drago. Alors il ne comprenait pas. Comment, ce Gryffondor de malheur, avait-il réussi à se faire une place dans sa vie ?
Avec beaucoup de douceur, une douceur qui n'était pas habituelle chez lui, il s'assit au bord du lit, tout près du corps maigre étendu, l'observa et l'examina en passant une main tendre sur son visage. Celui-ci était presque aussi blanc que les draps sur lesquels il était allongé. Ses pommettes étaient saillantes dû à ses joues anormalement creuses. Il savait comment était ce visage lorsqu'il était heureux, pas malade... Il savait comment il était lorsqu'il ne montrait que courage et détermination. Et malgré lui, ce visage lui manquait. Il voulait retrouver Harry, il était là, quelque part au fond de ce corps et il allait le ramener à la surface.
Il passa la pulpe de ses doigts sur les paupières closes, cachant les yeux qu'il savait magnifiques. Il les passa ensuite sur ses lèvres purpurines, légèrement gercées avant de remonter vivement pour aller fourrager ses cheveux de façon presque brutale, presque dépendante. Ses cheveux qu'il avait tant détesté, pour être l'exacte copie de ceux de James Potter. Il le touchait comme s'il pensait ne plus jamais pouvoir le refaire. Il approcha lentement son visage, ne contrôlant plus rien de ses mouvements.
-Parrain ?
La voix ensommeillée de Drago l'avait interrogé depuis le couloir.
Severus se reprit aussitôt en entendant la voix de son filleul. Quelques secondes plus tard et, il n'avait aucun doute là-dessus, ses lèvres auraient été sur celles du jeune homme. Non… il ne savait pas en quoi évoluaient ses sentiments pour Harry, mais ils n'avaient certainement pas la même teneur que ceux pour Lucius et Drago. Tout allait vite, bien trop vite...
L'homme se redressa alors en appelant le blond qui était toujours dans le couloir. Ce dernier entra et vit son ami, allongé, immobile.
-Il… il va bien ? demanda-t-il d'une voix inquiète.
-Il dort.
Severus regarda Harry, qui était profondément endormi. Son regard dévia quelques secondes sur ces lèvres qui l'avaient tenté et qui, malgré lui, le tentaient encore. Alors pour éviter de repenser à ce moment, et aussi par honte, il quitta la chambre, sans un mot pour son filleul.
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Quatre jours. Depuis une semaine et quatre jours Harry Potter était "enfermé" dans sa chambre. Severus et Drago allaient le voir régulièrement et à chaque fois, ils enlevaient les faibles protections que le Survivant remettait lorsqu'il avait un moment de lucidité.
Et c'était de plus en plus rare, car depuis quatre jours, il n'avait rien mangé, mais il avait beaucoup bu. Il se faisait apporter des bouteilles par Kreattur qui ne pouvait qu'obéir en regardant avec tristesse ce Maître, qu'il commençait à apprécier, se détruire à petit feu.
Harry ne leur avait pas adressé un mot depuis qu'ils étaient revenus du Ministère. Il était enfermé dans son monde, ne parlait pas, ne regardait personne dans les yeux. Il ne se levait que pour vider sa vessie et encore… Severus ne savait pas comment mais ce stupide Gryffondor avait appris un sort de médicomagie pour la vider sans bouger de son lit. Le problème, c'était que l'utiliser à répétition abimait les organes internes et pouvait faire beaucoup de dégâts… Surtout dans son état lamentable...
Le potionniste devait trouver une solution, et vite. Alors, ce jour là, pendant le repas, un midi, il parla avec Lucius, de l'état général de son mari et déclara qu'il fallait l'aider rapidement. Le blond se renseignait régulièrement auprès de son ami ou de son fils, sur l'état de Harry. Il n'avait pas trouvé une minute à lui pour aller le voir, ou en tous cas, c'était l'excuse qu'il donnait.
Lucius avait déjà donné des gifles à son fils, s'il faisait une bêtise, mais depuis le jour de l'audience, il culpabilisait d'en avoir donné une à son mari.
Les trois hommes parlaient de Harry tout en mangeant, quand un elfe arriva.
-Maître Malefoy avait demandé à Yuni de lui dire si Maître Potter Malefoy demandait quelque chose.
-Et bien ? Parle, qu'a-t-il demandé ?
-Un morceau de pain et de l'eau.
L'elfe était appeuré et ne savait pas s'il avait bien fait de donner à son maître ce qu'il lui avait demandé. Mais il était fait pour obéir…
Drago secoua la tête et expliqua à son père :
-Il fonctionnait comme ça au Square Grimmaurd, lorsqu'il se sent faible, il mange, il boit jusqu'à ce que la faiblesse passe.
Lucius serra la mâchoire. Il était en colère, contre son idiot de mari. Il balança sa serviette sur la table et se leva en faisant grincer sa chaise bruyamment. Il était hors de question que cette situation perdure.
-Père ?
-Lucius ?
Severus et Drago étaient surpris de la réaction de l'homme mais ils n'eurent pas le temps de demander des explications que Lucius était déjà parti.
Il monta rapidement les marches pour arriver jusqu'à la porte close. Il entra sans même frapper et s'approcha du lit.
-Maintenant que tu es mon mari, je veux que les choses soient claires. Les repas sont à heures fixes et il est interdit de les manquer. Ta présence est donc obligatoire. Je ne te demanderais pas autres choses, sinon d'éviter de vider toutes les bouteilles d'alcools de cette maison. Cela étant, j'aimerais aussi passer du temps avec toi. Pour apprendre à te connaître. Alors tu vas désormais sortir d'ici tous les matins et n'y revenir que le soir ! Tu trouveras bien quelque chose pour t'occuper mais il est hors de question que tu restes là à végéter !
Harry tombait des nues. Il n'avait pas vu le coup venir. Lucius lui imposait des choses comme s'il lui appartenait.
Alors comme il avait eu l'habitude chez les Dursley, Harry baissa la tête et acquiesça :
-Bien Lucius...
Même s'il aurait voulu hurler, crier sa rage. Il avait déjà créé son propre stock de bouteilles. Kreattur devait le fournir le plus possible. Et il allait devoir supporter les odeurs de nourriture. Lucius n'avait pas imposé qu'il mange, c'était déjà ça.
On espère que ce chapitre vous aura plu et comme d'habitude, n'hésitez pas à donner votre avis !
A dimanche
Aude & Epsi Snape
