Hey, salut bande de trucs (?) !
Désolée, j'ai mis plus de temps que ce que je pensais pour la publier (une semaine quoi), mais pour ma défense ce chapître est vachement long, enfin, relativement long (j'en ai vu des bien pires en matière de longueur).
Merci à Diplou de suivre la fanfic' !
Bah voilà, c'est tout, bonne lecture !
Chapitre 4
Ennemi numéro un : la peur
Maître Panda était assis en tailleur sur son lit, le dos contre le mur, et réfléchissait. Il n'avait quasiment pas dormi de la nuit (enfin, il supposait que c'était la nuit, car il n'y avait rien qui pouvait lui donner d'informations sur l'heure, ni d'horloge ni de fenêtre), trop inquiet pour lui et ses compagnons.
Mathieu n'avait pas eu l'air dans son assiette, la veille... Il n'avait quasiment pas ouvert la bouche et était blanc comme un linge. Le Jeu, comme tout le monde ici, commençait déjà à le changer, physiquement comme mentalement.
Le Hippie non plus n'avait pas été au top de sa forme, mais l'homme au kigurumi n'en était pas particulièrement surpris. Un camé sans drogue, ce n'est pas étonnant qu'il soit dans un état pareil.
Il ne savait pas combien de temps le Jeu allait durer, mais au bout de quelques semaines l'homme au bob s'y ferait. Maître Panda s'inquiétait donc un peu moins pour lui que pour Mathieu, qui avait été particulièrement choqué par la première épreuve.
Le Patron, lui, était carrément parti se faire des alliés parmi leurs concurrents, les laissant seuls. A cette pensée, le panda serra les poings avec colère. Il savait que le criminel avait un instinct de survie très développé, mais au point de les lâcher tous les quatre!
Et puis il y avait le petit, aussi. Qui le protégerait, si leur créateur se laissait aller, si le Patron les abandonnait, si le hippie lui aussi lâchait prise? Le pauvre animal ne pourrait pas tous les protéger...
La télé s'alluma, le tirant brutalement de ses pensées, et il se tourna vers celle-ci, surpris. L'écran afficha alors le nom des cent candidats avec leur photo et leur numéro en dessous. Certaines photos étaient grisées, voulant sûrement dire que la personne en question était morte. En tout, Maître Panda compta vingt-deux personnes mortes.
Une voie retentit alors:
-Bonjour à tous, et bienvenue pour cette quatrième journée dans "Death of Game"! Les candidats dont le numéro est compris entre zéro et cinquante, veuillez entrer dans la salle avec la porte rouge située dans le couloir sur votre gauche! Ceux dont le numéro figure entre cinquante et un et cent, veuillez prendre la porte verte, dans le couloir de droite.
Le chanteur déguisé examina l'écran et se trouva, lui, Mathieu, le hippie, le geek et le Patron aux places respectives allant de trente à trente-cinq.
Quelques instants plus tard la télévision s'éteignit et un déclic retentit: la porte s'était ouverte. Maître Panda sortit en traînant des pieds dans le couloir et se retourna face aux chambres respectives pour retrouver celle de Mathieu. Il s'aperçut alors qu'au dessus de chaque entrée un numéro était inscrit: lui avait la chambre trente, comme à l'écran quelques instants plus tôt. Ça ne pouvait pas être une coïncidence...
Il allait taper à la porte trente et une quand près de lui, une autre porte s'ouvrit: la trente-cinq.
Celle du Patron.
Il fronça les sourcils et s'y dirigea d'un pas décidé. Ouvrant brusquement, il pénétra à l'intérieur et vit le Patron, assis sur son lit. Celui-ci se tourna vers l'intru mais se crispa en voyant son identité.
-J'ai pas l'temps, grommela-t-il en se levant pour sortir de la pièce.
Le Panda lui bloqua le passage et siffla:
-Tu vas l'prendre, le temps! Comment as-tu pu?!
-Écoute, boule de poils, ne...
-Tu nous abandonnes au moment où on a le plus besoin de toi! Sans toi, on est mort! Mathieu fait une dépression nerveuse, le camé est en manque, qui va les protéger, eux et le petit? Je suis même pas sûr d'être capable de me garder en vie, alors les trois autres...
-Désolé. Je peux rien faire pour toi. Moi aussi je dois survivre.
Maître Panda sortit de ses gonds:
-TU T'ENTENDS PARLER?! ESPÈCE D'ÉGOÏSTE! (Il inspira une grande goulée d'air pour se calmer, et reprit d'un ton posé, presque menaçant) En fait, avec ton costume et tes lunettes, tu fais le fier, mais tu as peur. Tu flippes, hein?
Ce fut le Patron qui s'énerva et qui le prit par les épaules pour le coller violemment contre le mur:
-Je n'ai pas peur, tu m'entends! C'est de la survie, c'est tout!
Le chanteur de SLG lui ricana au nez et approcha son visage à celui du criminel, le menton en avant, et détacha chaque mot:
-Tu. Es. Un. Lâche.
L'homme en noir eut un grognement de prédateur et envoya son poing de toute ses forces dans le nez du chanteur, qui s'écroula.
-JE NE SUIS PAS UN LÂCHE! Hurla le criminel en donnant un coup de pied dans le ventre de sa victime.
Celui-ci leva le visage, en nez en sang et eut un rire provocateur:
-Tu viens de le prouver, espèce de râclure!
Ladite râclure s'agenouilla et lui saisit le cou en redonnant un coup de poing dans la mâchoire, perdant totalement le contrôle:
-JE VAIS TE...
Le geek apparut alors à l'entrée:
-Patron? Qu'est-ce que... Oh mon dieu!
Il courut s'interposer entre les deux hommes et regarda le Patron d'un air implorant:
-Patron, s'il te plaît ne...
-Pousse toi! Grogna le psycopathe en le giflant lui aussi avec force.
L'adolescent vola et se retrouva par terre, à la fois choqué et terrifié, se tenant la joue d'une main, regardant, impuissant, le Patron frapper son protecteur encore et encore. Ce dernier ne se défendait plus.
Il accusait les coups, du sang coulant de sa bouche et de son nez, tâchant le col du kigurumi.
Le criminel était en train de le tuer. Le liquide écarlate avait giclé sur le mur autrefois immaculé, et une flaque commençait à se former sous le corps du panda.
Mathieu apparut soudain en plein milieu du drame et se figea devant l'immonde spectacle. L'homme en noir agenouillé, frappait Maitre Panda encore et encore et encore... Son visage était constellé d'éclaboussures rouges. Le Geek était recroquevillé dans un coin et le regardait avec espoir, attendant qu'il intervienne.
Mais le moment n'arrivait pas. Le présentateur de SLG semblait figé. Il s'écroula soudain, et, la tête dans ses jambes, se balança d'avant en arrière en gémissant la même phrase en boucle: "Non, ne les tuez pas, pas ma famille, non, s'il vous plaît...".
Heureusement, le Hippie déboula comme un diable dans la pièce, fonça sur le Patron, l'attrapa par le cou et, avec une force insoupçonnée, plaqua son ancien colocataire contre le mur. Il serra alors à deux mains le cou de celui-ci, qui se colorait peu à peu en rouge par manque d'air. Le camé avait les yeux rouges et le regard d'un fou. L'adolescent rampa alors jusqu'à lui et le tira par le pantalon et lui hurlant "Le tue pas, le tue pas!"
Au bout de quelques secondes, le drogué eut l'air de reprendre ses esprits et lâcha le cou du tueur et lui crachant à la face:
-Ne t'approche plus JAMAIS de nous!
Le Patron se releva lentement et sortit en boîtant de la pièce, l'air lui aussi de se réveiller d'un cauchemar. Près de la porte, adossé à un mur dans le couloir, le blond de seize ans qu'il avait rencontré la veille jouait avec deux couteaux qu'il faisait tourner entre ses doigts agiles.
-Je m'en occupe? Grinça-t-il en regardant l'homme en noir.
Celui-ci secoua la tête en se tenant le cou et murmura:
-Même pas la peine, le Jeu s'en chargera. On y va.
A l'intérieur de sa chambre, le gameur se précipita sur Maître Panda:
-Panda, panda! Réveille toi!
Le Hippie aussi s'approcha avec douceur de lui. L'homme au kigurumi ouvrit un oeil, l'autre étant trop gonflé pour bouger et esquissa un rictus:
-Toujours pas mort...
Le petit éclata en sanglots soulagés, tandis que le camé l'aida à se relever.
-Viens dans la douche, on va enlever tout ce sang. Toi, le geek, occupe toi de Mathieu s'il te plaît.
Le Hippie souleva doucement le chanteur, qui gémit mais marcha tout de même tout doucement en grognant à chaque pas vers la salle de bain, jusqu'à la douche. Il s'affala dans la petite baignoire et son ami drogué l'aida à enlever son kigurumi taché de sang, puis ouvrit le robinet. L'eau était glaciale, mais elle eut le mérite de le revigorer et d'enlever tout le sang collé à sa peau, montrant avec précision l'état des blessures. Pendant que le hippie entreprenait de laver le kigurumi, le Geek quant à lui essayait de sortir Mathieu de sa transe:
-Mathieu? Eh, Mathieu, ça va aller... C'est fini, d'accord? Euh... On va essayer de trouver un plan pour sortir d'ici avant les prochaines épreuves! On y est déjà arrivé, à l'asile, alors pourquoi pas ici? Mais il faut que tu te calmes, d'abord...
Son créateur arrêta peu à peu de trembler et finalement releva la tête, le visage dévasté. Il s'essuya le nez avec sa manche et balbutia:
-Tu...tu as raison. Il faut sortir de là. Tenir le temps de trouver un moyen de sortir de cet enfer.
Il se releva, soudain plus assuré, et fit un sourire timide au petit gameur, qui lui rendit son sourire avec soulagement. Ils se dirigèrent dans la petite salle de bain pour donner un coup de main à leurs deux compagnons. Le Panda était assis sur le rebors de la baignoire, uniquement vêtu d'un caleçon, et mettait des pansements trouvés dans la minuscule armoire à pharmacie, au dessus du lavabo, alors que le Hippie essorait son costume d'animal protégé. Le blessé s'examina dans le miroir: les dégâts étaient considérables, mais n'étaient relativement pas très graves. Son visage était parsemé de petites coupures, dûes au verre qui était tombé de la table, lorsque le Patron l'avait involontairement fait volé d'un coup de coude; sa lèvre inférieure était fendue, son oeil droit à demi fermé, dont le contour était bleu-violacé, et une coupure plutôt profonde lui barrait une joue de la tempe à la mâchoire. Un bleu apparaissait sur son autre joue, et il lui semblait qu'une de ses dents s'était faut la malle, d'où le sang qui s'écoulait dans sa bouche. Son nez lui faisait un mal de chien mais ne paraissait heureusement pas cassé, tandis qu'une de ses côtes faisait une bosse sous sa peau, signe qu'elle s'était brisée. A l'arrière de sa tête, il sentait une coupure superficielle mais qui l'élançait douloureusement.
Heureusement à part ça et une entaille dans le dos, il n'avait que des bleus partout sur le corps, ce qui le soulageait énormément.
Il était pas mort, putain!
Il se tourna vers ses compagnons, soudain grave et les pressa:
-Ça fait un moment qu'on est attendu à la porte rouge, on devrait se dépêcher.
Il enfila son kigurumi en grognant au frottement du tissu mouillé et froid contre sa peau contusionnée et ils partirent tous les quatre en direction de la face porte, allant relativement doucement, l'ursidé étant soutenu par le camé et Mathieu. Ils virent plusieurs hommes en bleu qui vérifiaient les chambres en quête d'éventuels fuyards et qui tiraient par la peau du cou ceux qui s'étaient cachés pour éviter la petite "réunion de famille".
Au milieu du couloir désert, Maître Panda aperçut, roulé en boule, un homme qui le regardait avec un sourire goguenard.
-Bin alors, mon gars, c'est comme ça que tu protèges tes copains? 'Suis pas sûr que ce soit le meilleur moyen, tu sais? De toute façon, personne ne gagne ici.
Les quatre camarades stoppèrent net et l'adolescent au t-shirt rouge demanda, craintif:
-Pourquoi vous dîtes ça, monsieur?
-Vous êtes aveugles à ce point? Ricana l'homme. Ce n'est pas un jeu! Vous croyez vraiment qu'il y a un gagnant? Nooon croyez moi, même le survivant ne sortira pas vivant d'ici. Après avoir vu mourir une centaine d'homme, de femmes et d'enfants, vous croyez qu'il va vivre comment, à nouveau plongé dans la réalité? C'est pas des épreuves, petit, c'est des mises à mort.
Mathieu fit signe aux autres de recommencer à marcher en direction du point de rendez-vous. L'homme affalé là ne semblait vraiment pas sain d'esprit, et ils avaient pris suffisament de retard comme ça...
-Vous pouvez toujours courir pour vos misérables vies, leur hurla l'homme, mais vous êtes condamnés! On est tous condamnés! Et même si vous survivez tous les quatre, qu'allez-vous faire une fois les uns contre les autres? Vous n'échapperez pas à votre destin! VOUS ÊTES DÉJÀ MORTS!
Ils s'éloignèrent le plus vite possible, frissonnants, ne voulant pas entendre les paroles trop vraies que le vieux leur jetait à la figure. Une dizaine de personnes vêtues de noires, tenant des seringues et des pistolets, les croisèrent dans le couloir, un peu plus loin.
-Il est là-bas! Vite, attrapez-le!
Les quatre Sommet entendirent les hurlements du vieillard qui essayait d'échapper à l'équipe de sécurité puis, brusquement, une détonnation retentit et un silence pesant s'abattit.
Enfin, ils arrivèrent jusqu'au lieu de réunion et poussèrent la porte, méfiants. Ils se retrouvèrent dans une espèce de grande salle d'attente avec un immense écran accroché à un mur affichant le même tableau de noms et de photos des candidats que celui qui avait été projeté dans leurs chambres respectives. Près de l'écran se trouvait une porte en fer, et une autre télévision avec le numéro six en rouge qui clignotait. Le chiffre sept apparu soudain à la place, et un petit homme se leva en grognant pour placer son poignet devant la serrure de la porte. Une lumière verte s'alluma et la porte s'ouvrit pour le laisser passer.
Quelques secondes plus tard, le voyant repassa au rouge.
Le geek s'avança timidement vers une vieille dame et lui demanda ce qu'il se passait une fois derrière la porte. Elle haussa les épaules, le visage fermé et grogna vaguement:
-P'rsonne sait.
L'adolescent à la casquette se retrancha vers ses amis qui s'étaient assis dans un coin de la pièce. Il suivit le regard de tueur de Maître Panda et vit le Patron qui discutait avec un jeune blond, de l'autre côté de la salle.
-Personne ne sait ce qu'il y a de l'autre côté. On doit attendre notre numéro, là-bas, et passer notre poignet devant le détecteur, je crois. On doit avoir une puce ou un truc comme ça...
Mathieu se figea:
-Une puce électronique? C'est pas bon pour mon plan d'évasion, ça...
Le geek s'assit à côté de l'ursidé et s'enferma, comme ses trois amis, dans le silence, ressassant encore et encore les paroles de l'homme du couloir, fixant l'écran qui égrenait peu à peu les numéros des joueurs, s'approchant doucement mais sûrement du sien.
Enfin, le nombre trente apparut en clignotant. Maître Panda se leva avec difficulté et s'approcha de la porte en fer. Sous les regards de ses compagnons, il passa son poignet devant le détecteur, et la porte s'ouvrit. Près de lui, un mouvement attira son regard. Il tourna la tête et vit le Patron qui le fixait, ses lunettes à la main.
Des yeux gris.
Il avait les yeux gris, contrairement à son créateur et à ses homologues.
Mais ce qui le marqua, ce fut l'impression qu'il eut de voir comme des excuses dans son regard. Il ne sut jamais si c'était seulement une impression car il se détourna et franchit le pas de la porte, une expresion brisée sur le visage.
En voyant ce qui l'attendait, il écarquilla les yeux.
La porte se referma d'un bruit sourd derrière lui, le laissant seul face à la deuxième épreuve...
A suivre...
J'adore les cliffhangers 3
Alors, vous en pensez quoi ? Dites-le dans une review !:D
