La Confrérie de Minuit

Londres était toujours aussi bruyante. Ignorant tout du drame qui se jouait dans le monde de la magie, la ville des moldus avait son visage quotidien, un visage de béton dont les humeurs étaient rythmées par les concerts de klaxons, les vociférations des passants et les miasmes de la pollution. Harry n'avait jamais trouvé beaucoup d'attrait à la capitale anglaise. Il préférait de loin l'atmosphère tranquille de Godric's Hollow, indispensable selon lui pour décompresser.

Mais aujourd'hui, Harry devra attendre pour décompresser. La journée avait à peine commencé et elle promettait déjà d'être laborieuse.

Le patronus-aigle était de Goodwin. Le message était court, net et précis : une grande réunion allait avoir lieu à la salle de conférence à 9 heure 45 précise et tous les Aurors de tous les services devront être présent. Le chef des Aurors demandait à le voir en personne avant que ne commence la réunion. Selon Harry, c'était trop tôt pour un briefing, ils avaient trop peu d'élément, mais Goodwin avait laissé entendre qu'il y avait un fait nouveau et il était curieux de voir ce que c'est.

Harry s'avança dans la rue et regarda autour de lui. A sa gauche de l'autre coté de l'avenue se trouvait une vieille cabine vandalisée qui marquait l'entrée des visiteurs du ministère. Harry l'ignora et traversa la voie encombrée pour s'enfoncer dans les toilettes publiques souterraines qui se trouvaient juste en face de lui. Ces toilettes formaient l'entrée principale du ministère de la magie. Aucun moldu n'y faisait attention quant aux étranges personnages qui y entraient et sortaient, elles auraient pu ne pas exister, pour le londonien moyen, c'était du pareil au même. Outre les magies de protection et de répulsion, il aurait été étonnant qu'un citadin fasse attention à autre chose que sa petite personne.

Plusieurs sorciers et sorcières encombraient l'espace réduit des toilettes. Harry songea soudainement que pour beaucoup, c'était l'heure de pointe. Prenant son mal en patience, Harry prit place dans une file où les sorciers, les uns après les autres, entraient dans une cabine pour y disparaître en un grand « plouf ». Devant lui, un sorcier maugréa :

« Pourrait pas prendre la poudre de cheminette, comme tout le monde… »

Harry ne pu s'empêcher d'être d'accord tout en se demandant pourquoi, lui, n'avait pas pensé à ce moyen de transport beaucoup plus rapide. Il eu un sourire moqueur de lui-même.

Après cinq minutes interminables, Harry pu enfin entrer dans une cabine. Il grimpa rapidement dans la cuvette et tira la chasse d'eau. Un seconde après avoir été inspiré par le siphon, il se retrouva, parfaitement sec, dans l'Atrium.

Le grand hall du ministère était bondé. Des dizaines de sorciers et sorcières émergeaient des cheminés qui tapissaient trois des quatre murs de l'immense salle. Au fond, directement en face de Harry, les ascenseurs antiques recouverts d'or grinçaient à chaque ouverture. L'Atrium était toujours bruyant et agité aux heures de pointe mais ici, c'était différent. L'agitation avait redoublé et Harry n'eu aucun mal à comprendre cette étrange effervescence. Il était 9 heure 10 et les trois quarts des sorciers présents devaient connaître les nouvelles. La plupart des secteurs allaient être ébranlé. Il va y avoir une belle pagaille aujourd'hui.

Harry traversa la foule en slalomant en les sorciers pressés et de mauvaise humeur, passa à coté de la Fontaine de la Liberté (érigé le 19/05/1998) sans s'en soucier et réussit à s'engouffrer dans un ascenseur en passant devant tout le monde. Il n'avait pas le temps de prendre l'escalier. Il lui fallait voir Goodwin avant le début de la réunion.

Sous un concert de protestation, l'ascenseur se mit en branle et commença laborieusement sa monté.

Ils n'étaient que quatre dans l'étroite cabine plongée dans la pénombre (les notes de service étaient si nombreuses qu'elles en occultaient la lumière). Il y avait un minuscule sorcier au teint olivâtre que Harry reconnu comme étant une Langue de Plomb (sorcier travaillant au Département des Mystères) à côté d'un vieil homme vêtu d'un costume trois pièces qui devait à tous les coups travailler dans les Relations Internationales. La troisième personne était une connaissance que Harry, tellement pressé, n'a pas immédiatement reconnue.

« Bonjour, Harry, fit la sorcière, bien dormi ? »

Harry se retourna vers elle et eu un sourire d'excuse.

« Désolé, Morgane, je ne t'avais pas vu. Fatiguée, on dirait ? »

Morgane cacha un bâillement du dos de sa main. Harry aimait bien cette jolie jeune femme d'à peine 26 ans, Auror elle aussi. Elle avait de long cheveux noir lisse, d'apparence soyeux, un visage bien dessiné et des yeux bleus troublants (quoiqu'un peu bouffi, ce matin-là). Attention, cet amour n'a rien à voir avec celui qu'il éprouvait pour Ginny. Il l'a considérait plus comme sa petite sœur. C'est lui qui l'avait formé à sa sortie de Poudlard et même si depuis qu'elle avait fait ses preuves à Remlet, il n'avait plus rien à lui apprendre, ils gardaient cette relation maitre-élève ou frère-sœur, si vous préférez.

Harry eu un sourire devant son air endormi.

« Oui, itrès/i fatiguée, tu peux le dire. J'ai pas fermé l'œil de la nuit. Et avec ce qui se passe, je ne suis pas prête de le fermer justement.

- Tu étais dans l'équipe de Seamus ?

- Oui, d'ailleurs, tu pourrais lui toucher deux mots, à Finnigan. Il n'est pas le seul à être crevé. Tout à l'heure, Dan l'a ouvert au sujet du scribouillard et il lui a collé trois jours. »

Harry ne pu s'empêcher de rire. Le sorcier huppé lui lança un regard désapprobateur.

« Ca ne m'étonne pas de lui. Mais dis-moi, qu'est-ce que je pourrais lui dire imaintenant/i sans prendre le risque de perdre un bras ? »

Morgane le regarda bizarrement, puis son visage se fendit d'un sourire.

« C'est vrai. Là, il serait capable d'arracher un œil à Goodwin lui-même pour un mot de travers. »

Harry éclata de rire et même Morgane ne put se retenir. Ce rire leur faisait du bien. Il leur permettait de soulager une pression qui commençait à se faire écrasante. Et ni le regard désapprobateur de la Langue de Plomb, ni le mépris du sorcier huppé n'y changeraient quoi que ce soit.

L'ascenseur s'arrêta au premier niveau. Il faudrait encore un arrêt avant d'arriver à l'étage des Aurors.

La grille grinça, livrant le passage à une horde de sorciers qui filaient de droite à gauche, à travers un dédale de couloirs étroits. Le sorcier huppé et la Langue de Plomb se lancèrent courageusement dans cette masse vrombissante avec une expression proche du gladiateur s'apprêtant à entrer dans l'arène. A peine deux secondes après que les deux sorciers furent avalés par la foule, la grille commença à se refermer… avant d'être prestement retenu par une main couverte de suie.

« Attendez une minute, j'arrive. »

Le nouvel arrivant rouvrit la grille et essaya de se faufiler à l'intérieur de la cabine, ce qui n'était pas chose aisé étant donné qu'il portait sous l'épaule une grosse boite de fer qui émettait des sifflements furieux. Grand, dégingandé, roux, il eu un sourire en reconnaissant les autres passagers.

« Harry, Morgane, comment ça va ?

- Salut, Ron, » répondirent en chœur Harry et Morgane.

Ronald Weasley parvint enfin à faire rentrer la boite et l'ascenseur pu repartir.

« Et bien quelle journée, dit-il en s'époussetant les cheveux couvert de suie, et dire que ce n'est que le début…

- Il y a quoi dans la boite ? »

La boite sifflait de plus en plus fort et donnait l'impression de tressauter dans les bras de Ron.

« Ca, jeune fille, c'est une bestiole, répondit-il, faussement mystérieux.

-C'est-à-dire ? »

Ce fut Harry qui apporta la réponse.

« Voyons, ça siffle et ça brule. Pyroreptile ?

- Tout juste, on en trouve de plus en plus de ces saletés.

- De quel type ce coup-ci ?

- Aspic.

- Aïe. »

Ron était un Auror lui aussi, mais il travaillait dans le Service de Répression des Déviances Magiques. Il était chargé de surveiller et de mettre un terme à toute forme de magie susceptible de rompre le Secret ou de représenter un danger pour la communauté moldu . Ces dernières semaines, il avait fort à faire avec les pyroreptiles, des reptiles de toute sorte ayant le pouvoir de mettre le feu autour d'eux. On recherchait encore les petits plaisantins à l'origine de cette bonne blague.

Morgane eu un mouvement de recul à l'annonce de ce qui se trouvait dans la boite. Elle avait une peur viscérale de tout ce qui portait des écailles.

« Ne t'en fait pas, dit Ron avec un sourire légèrement moqueur, il est bien enfermé, tu ne risque rien, petite.

- Nous verrons bien le jour où tu auras à faire avec des araignées modifiés, répliqua la jeune femme, piquée au vif.

- Ca n'a rien à voir, répondit Ron dont les oreilles avaient viré au rouge, tu es agaçante quand tu t'y mets.

- Parle pour toi, oui.

- Suffit, vous deux », intervint Harry.

Ron ravala la réplique cinglante qu'il s'apprêtait à proférer et tendit légèrement, mine de rien, la boite vers Morgane, qui, pas dupe pour deux sous, titilla le serpent afin de rendre la position de Ron encore plus inconfortable. Harry soupira. Par moment, lorsqu'il regardait son meilleur ami et sa meilleur recrue se chercher des poux, il avait l'impression de revenir vingt ans en arrière et de voir Ron et Hermione, âgés de 17 ans.

Et l'ascenseur était désespérément lent.

« Alors quelles nouvelles concernant le ministre ? »

Ron était brusquement redevenu sérieux. Harry répondit sincèrement, ou presque :

« Pour l'instant, pas grand-chose. On n'en apprendra peut-être plus au cours de la réunion.

- Je croyais que les briefings ne se faisaient que lorsque nous avions une piste.

- Je sais… Goodwin doit en avoir une, je pense. »

Un temps puis :

« Comment va Hermione ? »

L'expression de Ron se fit un peu plus grave.

« Elle l'a mal pris, tu pense bien. Tu sais bien tout ce qu'il a fait pour ses associations. Elle évite d'en parler, bien sûr, mais on voit qu'elle est mal. D'autant plus que la rentrée approche et qu'elle est de plus en plus stressée.

- C'est sûr, au bout de quatre ans… »

Hermione avait enseigné l'étude des moldus à Poudlard pendant près de cinq ans. Mais il y a quatre ans, elle a dû mettre sa carrière professorale entre parenthèses afin de s'occuper à plein temps de ses associations alors émergentes. McGonagale lui avait dit qu'il y aurait toujours une place pour elle à l'école. Ce qui devait vrai étant donné que, maintenant que ses associations étaient devenues des machines à la tuyauterie bien huilée, Hermione faisait son grand retour à Poudlard. C'est Rosie et Hugo qui devaient être content.

L'ascenseur s'arrêta et ouvrit ses portes en grinçant. Personne n'entra ni ne sortit, excepté une flopée de notes de service. Il repartit alors, à la grande impatience de Harry. Le prochain étage serait celui du quartier général des Aurors.

« C'est une sale affaire, déclara soudain Ron, je ne sais pas pourquoi, mais je le sens pas.

- Aucune affaire n'est vraiment une partie de plaisir, tu sais, dit Morgane, mi-surprise, mi-amusée.

- Mais là, je sens que c'est différent. Je sais pas, c'est comme si on va le regretter.

- Ronald Weasley et ses dons extrasensoriels. »

Ron jeta un regard noir à la jeune femme, qui affichait un sourire moqueur, et lui demanda si elle ne souhaitait pas voir son serpent d'un peu plus près. Elle lui répondit d'accord, à condition que ce soit lui qui le porte. Ron, soucieux du peu de sourcil qui lui restait, abandonna la joute sur ce point.

Harry n'essaya pas d'intervenir entre les deux. Curieusement, il s'était fait la même remarque que Ron, sans pouvoir expliquer pourquoi. Morgane resta pensive une seconde avant de se lancer :

« J'ai entendu des rumeurs quand je suis arrivée. Certain dise que le ministre et sa famille ont été tué… par des monstres. »

Ron se figea légèrement. Harry déclara :

« Il ne faut pas croire les rumeurs. Nous autres, sorciers, sommes capable des pires atrocités, crois moi. »

Morgane ne répondit pas.

Et l'ascenseur se figea.

Enfin…

La grille s'ouvrit et tous les passagers descendirent. Harry prit la direction du bureau de Goodwin, Morgane celle de la salle de réunion et Ron celle de son bureau. La jeune femme fut engloutie dans la foule avant même d'avoir pu proférer le moindre son. Ron fut emporter lui aussi, mais avant de disparaître, il lança une dernière parole que Harry entendit clairement. Quelque chose qui sonna comme une sentence.

« On va le regretter, c'est sûr. »

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Le bureau de Goodwin était situé au fond de l'étage des Aurors et était de loin le plus luxueux de tous. Après tout, quoi de plus normal ? Il était le Premier Auror, le chef incontesté des forces du ministère, et le numéro 3 de l'autorité magique anglaise après le ministre et le président du Magenmagot. Malgré tout, il reflétait le caractère spartiate de son actuel occupant. Là où n'importe quel autre sorcier ayant accéder à l'une des places les plus convoitées du ministère ne manquerait pas de l'afficher, Goodwin se contentait du strict nécessaire. Les meubles (un bureau, trois armoires, deux chaises et un fauteuil, le tout provenant du meilleur magasin du Chemin de Traverse) était son seul luxe. Seul décoration : les fenêtres magique, au nombre de trois, qui déversèrent un flot de lumière ce jour-là, un tapis persan qui recouvrait en grand partie le parquet lustré et des animaux empaillés, symbolisant la passion qu'avait le troisième homme le plus puissant du ministère pour la chasse et la taxidermie. On était loin du luxe ostentatoire qu'affichait par exemple le bureau du ministre. Goodwin était comme ça et ce n'était pas aujourd'hui, à 54 ans passé, qu'il changerait.

Lorsque Harry entra dans le bureau, il vit que le Premier Auror n'était pas seul. Goodwin était assis dans son fauteuil, le regard rivé sur lui. Il était impressionnant. Un seul coup d'œil et on comprend pourquoi c'est lui qui dirige. Mesurant un bon mètre 95, il émanait de lui un aura de force et de puissance. Même Vogel, pourtant costaud, faisait gringalet à coté. Il avait un regard dur composé de deux yeux bleus électriques encadrés d'une coupe en brosse, d'une barbe soignée et de deux sourcils broussailleux, le genre de regard qui te dissuade de lui mentir sous peine de passer par la fenêtre, magique ou non. Goodwin avait l'air d'avoir tout vu, tout connu. Seul Alastor Maugrey dégageait, de son vivant, le même prestige, le même charisme, du moins de l'avis de Harry. L'autre à coté faisait minuscule. Regardant par la fenêtre comme si c'était une vraie, il n'avait rien de notable si ce n'était qu'il était vêtu comme un moldu : jean, tee-shirt blanc et veste de cuir. Harry se demanda bien qui cela pouvait être.

« Ah, Potter, fit Goodwin d'une voix aussi impressionnante que son allure, vous daignez enfin vous montrer.

- Désolé, monsieur, répondit Harry, des problèmes sur la route. »

L'autre s'était retourné entretemps et Harry pu voir son visage. Jeune (itrès/i jeune), il était séduisant. Un petit sourire mi ironique, mi moqueur, un air sombre, des traits réguliers, le tout surmonté d'une chevelure en bataille d'un noir profond. Harry eut la désagréable impression qu'il se moquait de lui.

« Laissez moi faire les présentations, reprit Goodwin, Potter, voici Evan Cole Cole, voici Harry Potter. »

Le dénommé Evan Cole tendit la main. Harry la serra et pu constater que le gamin avait une sacrée poigne.

« Harry Potter, dit-il alors, c'est un honneur pour moi de vous rencontrer.

- On s'est déjà vu ? »

Cole eu un vrai sourire. « Votre réputation a traversé les frontières, vous savez. Tout le monde connait l'histoire du Survivant de part chez moi.

- Chez vous ? »

Goodwin intervint : « Cole est un Protecteur d'ordre 1. »

Voilà qui changeait tout. Les Protecteurs étaient l'équivalent de la Brigade d'élite aux Etats-Unis. Il existait une vieille rivalité entre les deux gouvernements et lorsque l'un et l'autre devaient travailler ensemble, généralement, ça faisait des étincelles. De plus, il était d'ordre 1, ce qui signifiait qu'il était minimum chef d'équipe. Chose curieuse étant donné que…

« Pardonnez ma curiosité, mais vous avez quel âge ?

- J'ai eu vingt ans en avril dernier, répondit Cole.

- Et vous dirigez déjà ?

- Mes instructeurs disent que je suis très doué. »

Fausse modestie, air plus ou moins supérieur, regard ironique, Cole confirmait la première impression de Harry. L'Américain avait tout du jeunot qui a rapidement gravi les échelons et qui a oublié une partie de son humilité en bas. Le genre de personne toujours très étonné lorsque justement, elle tombait de leur perchoir pour la retrouver. Harry ne l'apprécia pas vraiment.

La pendule sur le bureau affichait 9 heure 30.

« Bon, on est dans les temps, déclara Goodwin, Potter, ton rapport, en vitesse. »

Harry fit rapidement son rapport sans rien omettre. Il lui parla de la disposition des corps, des mutilations, des hypothèses sur d'éventuels rituels et sur le signe. Cole resta silencieux et Goodwin pensif. Lorsque Harry eu terminé, le Premier Auror ne fit aucun commentaire. Il semblait avoir la même impression que Harry, à savoir qu'il n'avait rien de bien solide. Ou plutôt non, ce n'était pas ça, il avait plus l'impression de quelqu'un qui venait de se rendre compte à contrecœur que ce que venait de lui raconter Harry cadrait avec ce qu'il venait d'apprendre.

Au bout de trente secondes interminables, Harry demanda :

« Que fait-il ici ? »

Il parlait de Cole dont la présence l'intriguait. La mort du ministre anglais ne concernait en rien le gouvernement américain. Goodwin s'expliqua :

« Nos deux gouvernements travailleront conjointement sur cette affaire. Cole dirigera l'équipe d'action avec toi .

- Pour quel raison ?

- Il semblerait que les assassins… viennent de chez eux. »

Stupéfait, Harry dévisagea Cole. Ce dernier soutint son regard sans problème.

« Le meurtre de votre ministre cadre avec une affaire qui nous occupe, mon équipe et moi, depuis plus d'un an, enchaina l'Américain, j'ignore pourquoi ils s'en sont pris à votre ministre mais il ne fait aucun doute que ce sont eux. Nous les traquons depuis trop longtemps pour ne pas reconnaitre leur signature. Notre dernière piste nous a menés jusqu'ici. » Cole eu un regard désolé. « Malheureusement, nous n'avons pu arriver avant eux.

- Mais qui, eux ? »

Cole se fit grave, toute expression ironique disparut de son visage.

« La Confrérie de Minuit. »

Harry demeura interdit. Il n'en avait jamais entendu parler.

« Et c'est quoi, la Confrérie de Minuit ? »

Cole retrouva son air ironique.

« C'est justement le but de cette réunion. » Son sourire s'affaissa un peu. « Mais croyez moi, vous n'avez jamais affronté de tels adversaires.

- Qu'est-ce qui vous fait croire ça ?

- Je doute que vous ayez déjà affronté des ennemis impossibles à percevoir.

- C'est-à-dire ? »

Goodwin les interrompit. « Vous vous expliquerait plus tard. Il est temps de commencer la réunion. »

Le premier Auror se leva et sortit de son bureau, suivit de Harry et de Cole. Les mots de ce dernier résonnaient dans la tête de Harry.

i… des ennemis impossibles à percevoir…/i

Intrigué, il suivit son patron dans la salle de conférence. Evan Cole avait de nouveau son petit air supérieur.

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La salle de conférence était pleine à craquer. Tout les Aurors de tous les services, soit plus de cinq cent sorciers, étaient présents et la grande salle rectangulaire paraissait très petite tout à coup. Harry jeta un regard circulaire sur la foule et repéra ceux qu'il connaissait. Morgane se tenait à coté de Vogel, l'air impassible. Seamus et le reste de son équipe se trouvaient derrière elle. Ron était non loin de là, facilement repérable avec sa chevelure flamboyante. Il vit d'autres sorciers qu'il connaissait uniquement de vu et d'autre sorcier qu'il ne connaissait pas du tout. Jamais encore il ne s'était retrouvé face à une telle foule.

Une petite estrade dominait la salle. Harry y suivit Cole et Goodwin. Presqu'immédiatement, le silence se fit et tous les visages se tournèrent vers eux. C'était assez intimidant et même après tant d'années, Harry ressentait toujours une pointe de nervosité.

Goodwin leva les bras et commença :

« Bonjour à tous, vous savez pourquoi vous êtes là, aussi je ne vais tourner autour du pot. Nous avons découvert l'identité des meurtriers de Joshua Vallangher. »

Un murmure d'étonnement parcouru la pièce comme une trainée de poudre. Goodwin intima le silence et l'obtint très facilement.

« Ceux qui ont commis cet acte impardonnable se font connaitre sous le nom de la Confrérie de Minuit. Il s'agit d'une organisation de malfrat originaire selon toute vraisemblance des Amériques. Il est donc normale que peu d'entre vous en connaisse l'existence. Pour cela, je vais laisser la parole au Protecteur Evan Cole. »

Cole s'avança sur l'estrade et prit la place de Goodwin. Rien dans son comportement ne trahissait une quelconque nervosité. Lorsqu'il se mit à parler, Harry ne put s'empêcher de penser que pour un jeune homme, il avait l'aplomb d'un vétéran.

« Tout d'abord, mettons les points sur les i, commença-t-il d'une voix assurée, contrairement à ce que vient de vous dire votre patron, il ne s'agit pas d'une organisation de malfrat. C'est bien plus que ça, ou plutôt, c'est bien ipire/i. Il s'agit d'une très ancienne secte dont l'origine remonte à la nuit des temps. Et ces membres, contrairement à ce que vous pensez, ne sont pas humains. »

Cette entrée en la matière brutale attira l'attention de tout le monde. Goodwin, derrière lui, resta imperturbable.

« Nous pourrions classer les membres de la Confrérie de Minuit dans la catégorie des vampires. Mais il ne s'agit pas de vampire classique. Ils peuvent se mouvoir en plein jour, ils ne craignent ni la croix chrétienne, ni le pieu, ni l'eau bénite. Selon cette description, rien ne les rattache à la race des vampires. Détrompez-vous ! Ils se nourrissent exclusivement de sang et parviennent grâce à ce procédé à absorber l'énergie vitale de leur victime. Ainsi, ils peuvent vivre plus d'une centaine d'années. Ils usent également d'une forme de magie très ancienne et très maléfique. Une magie telle que seuls les vampires peuvent l'utiliser. Une magie dont je ne prononcerais pas le nom ici. On la surnomme la magie rouge.

» Cette magie leur donne des capacités extraordinaires. Ce sont de polymorphes, ils peuvent prendre l'apparence de n'importe qui pourvu qu'ils aient bu leur sang. Ils peuvent bouger plus vite que la lumière et sont par conséquent de redoutables adversaires. Et surtout, ils peuvent se rendre indétectable. Je veux dire par là que s'ils ne veulent pas qu'on les perçoive, que ce soit par nos cinq sens ou par une quelconque magie, on ne les verra pas. »

Cole s'arrêta pour reprendre son souffle. Harry n'aimait pas la façon dont il présentait les choses. On aurait dit qu'il les admirait.

« Un membre de la Confrérie de Minuit peut se trouver sous votre nez, vous ne le verrez pas. Et lorsque justement vous le verrez, il sera trop tard. Rappelez bien ce que je viens de vous dire. Restez sur vos gardes en permanence. Une seconde d'inattention et c'est la mort. Ils ne vont feront pas de cadeau, compris ? »

Pas de réponse. Tous attendaient la suite avec impatience.

« En outre, ils maitrisent la magie des morts. Ce sont même des maitres nécromants. Ne soyez pas donc étonné si vous avez à affronter des Inféri, voir bien pire. Ils n'hésitent pas, vous comprenez. Ce sont des monstres. Pendant des années, ils étaient dans l'ombre, ils attendaient leur heure et aujourd'hui, pour une raison qui m'échappe, ils se sont mis en branle. Ils ne s'arrêteront pas, ils n'auront aucune pitié. Nous ne devons en avoir aucune. Si l'un de vos amis est pris puis relâché, ne lui faites plus confiance car il y a de forts risques que ce soit l'un d'eux. Si vous entrez dans une pièce et que celle-ci est vide, restez sur vos gardes, car il est probable qu'elle soit remplie d'ennemis. Restez constamment sur vos gardes, ne faites confiance qu'à vous-même, et vous vivrez. Echouez une seule fois et vous mourrez. C'est clair ? »

Aucune réponse. Tout le monde dans la pièce semblait en état de choc. Ils s'attendaient tous à affronter des mages noirs, ils vont affronter bien pire. Harry lui-même avait la nuque hérissé. Les mots de Cole tournaient dans sa tête :

i… des vampires…

… absorbent l'énergie vitale…

… des polymorphes…

… bougent plus vite que la lumière…

… des nécromants…

… ne peuvent être perçu…

… des monstres…/i

Par la barbe de Merlin…

Cole avait perdu son air supérieur. Harry vit pour la première fois son vrai visage, le visage qu'il avait lorsqu'il faisait son travail, celui d'un homme déterminé, prêt à tout pour arriver à ces fins. Harry songea que cette affaire a du lui couter beaucoup.

« Des questions avant de continuer ? »

C'était Goodwin, toujours aussi calme. Il avait eu le temps de s'y faire, après tout.

Pendant un moment, personne ne bougea. Puis un sorcier leva la main.

« Si ce ne sont pas des vampires, que sont-ils réellement ?

- Ils n'ont pas vraiment de nom, si c'est le sens de votre question. C'est une race nouvelle, ou plutôt, c'est une forme évolué d'une race ancienne. Ce sont plus que des vampires, ce sont des néo-vampires.

- Et pourquoi sont-ils ici ? lança un autre sorcier sur un ton agressif, s'ils viennent de chez vous, pourquoi est-ce qu'ils viennent commettre leur meurtre iici/i ?

- Je l'ignore, répondit Cole. Mais il est évident que ce meurtre entre dans leur plan, quel qu'il soit.

- Vous m'avez l'air bien sûr de vous, répliqua le même sorcier, avec sarcasme, ce coup-ci. Comment vous savez tous ça d'abord ? Pour une société secrète, vous en savez beaucoup, je trouve.

- Vous insinuez quoi, là ?

- Rien du tout. Je dis simplement que c'est bizarre.

- Vous m'accusez d'être l'un d'eux, c'est ça, s'emporta Cole, vous croyez réellement que je suis l'un de ces monstres ignobles. Comment osez vous, vous qui ne savez rien, vous qui n'avez jamais eu à les affronter, vous qui n'avez jamais eu à tuer votre ami justement parce qu'il était idevenu/i l'un d'eux ? iComment osez vous insinuez de tel chose alors que vous ne savez absolument pas de quoi vous parlez/i ?

- Cole ! »

Goodwin venait de le rappeler à l'ordre, légèrement surpris de l'emportement de l'américain. Un silence de mort venait de s'abattre sur la salle de conférence. Le sorcier qui l'avait ouvert semblait le regretter à présent. Cole baissa la tête et se frotta les yeux comme pour se remettre les idées en place.

« Veuillez me pardonner, dit-il en relevant la tête. Je n'aurais pas dû m'emporter comme ça. Mais cette affaire nous a déjà tellement couté. Je suis le dernier membre encore en vie de l'équipe d'intervention qui travaillait sur cette affaire, une équipe qui comptait plus de cinquante sorciers à la base. La Confrérie a emporté tous les autres. Nous avons payé chèrement les informations que je viens de vous révéler. Une vie perdu, c'est déjà trop. Vous comprenez donc que je supporte mal de me faire traiter de monstre. »

Le silence dans la salle était total, on aurait pu entendre une mouche voler. Harry regardait Cole sous un jour nouveau. Sa bravache, son air supérieur, n'était pas seulement de l'arrogance de jeune recru ayant atteint un poste très important en très peu de temps c'était également le seul moyen qu'il connaissait pour supporter ce qu'il a vécu. En fin de compte, malgré le titre pompeux de protecteur, il restait un gamin.

Goodwin regarda la foule et s'apprêta à annoncer la suite des évènements lorsqu'une main se leva. C'était Vogel, toujours très calme. « Une question, Vogel ? »

Vogel avait parfois le chic pour poser des questions inattendues. Ca n'a pas manqué.

« Quel est leur signature ? »

Cole parut surpris de la question. « Il marque généralement leur crime d'un signe. Vous le connaissez peut-être…

- Vous voulez parlez de la marque de Grindwald.

- Certain le connait sous ce nom, en effet. Nous, on le connait sous le terme de « symbole de la Triple Dualité ». On ignore quelle signification ils lui donnent réellement.

- Hum. »

Vogel parut s'attendre à cette réponse et n'insista pas. Il enchaina :

« Comment on les trouve ? »

Cole parut, de nouveau, légèrement surpris. « On ne les trouve pas. C'est eux qui vous trouvent.

- Vous voulez dire qu'il va falloir attendre qu'ils nous attaquent -ou plutôt, d'après vous, qu'ils nous ituent/i- pour espérer les arrêter.

- Non, je n'ai jamais dit ça, répliqua Cole. Sachez que ce que fait la Confrérie de Minuit entre dans l'optique d'un plan. Ils n'agissent pas au hasard, ils suivent un plan bien huilé. C'est à nous de les devancer et de les arrêter avant que ce plan ne s'achève.

- Très bien, alors, j'ai une autre question.

- Je vous écoute.

- Comment on les tue ? »

La question la plus pertinente de la réunion, selon Harry. Cole mit un moment à répondre, comme s'il savait la réponse désagréable. Puis il se lança :

« C'est très difficile, sachez le. C'est pour ça qu'ils sont si redoutables. Ils ne craignent pas les armes contre les vampires, ils sont très résistants et très rapide. Mais ils ne sont pas immortels pour autant. On a réussi à en tuer un il y a quelque mois et on a ramené son corps. C'avait été une grossière erreur car… » Le visage de Cole se tordit de dégout. « … le cadavre a été réanimé. Ils n'ont aucun respect pour leurs morts. Ils les transforment en Inféri et s'en servent comme d'une arme. Ce seul corps a tué plus de dix personnes avant qu'on ait pu le neutralisé. Même mort, ils restent dangereux. Autrement, pour répondre à votre question, le meilleur moyen de les tuer est d'être meilleur qu'eux à la baguette. Ni plus, ni moins. »

Cole regarda Vogel, qui parut satisfait de la réponse et ne posa pas d'autre question. L'Américain regarda les autres mais comme personne ne réagit, Goodwin intervint :

« Bien, maintenant la suite des opérations. »

Il sortit sa baguette et fit un geste vague avec. La salle plongea dans la pénombre et le mur derrière l'estrade s'illumina.

« Nous avons une piste sérieuse concernant les meurtriers. Expliquez-leur, Cole. »

Ce dernier sortit sa baguette à son tour et fit un geste sec de haut en bas. Une photo apparut sur le mur. Son immobilité trahissait son appartenance au monde des moldus. On y voyait un groupe d'homme vêtus de robes de sorcier noires. Il traça un cercle avec sa baguette et l'homme au centre apparut en premier plan. Il était bizarrement familier à Harry. Où l'avait-il déjà vu ?

« Notre piste, c'est lui, commença Cole. Il est notre seul lien avec la Confrérie il est d'autant plus important qu'il n'est pas américain. D'après nos informations, il a été intronisé il y a quelques années. Et oui, les sorciers normaux peuvent entrer dans la Confrérie de Minuit à condition de renoncer à son humanité. Cela a été son cas et nous avons pu remonter son passé. Et comme certain d'entre vous l'ont peut-être compris, il est anglais. Il est même connu de vos services. »

iMais où est-ce que je l'ai déjà vu ?/i se demanda Harry en se triturant la mémoire.

« Cet homme s'appelle Rodolphus Lestrange. »

Aussitôt, le déclic se fit dans l'esprit de Harry. Voilà où il l'avait déjà vu ! Ce visage anguleux, les yeux lourds, l'air perpétuellement ennuyé. La dernière fois qu'il l'avais vu, c'était dans le fauteuil à chaine du tribunal du ministère.

iRodolphus Lestrange, le mari de Bellatrix./i

C'était un mangemort, l'un des rares à avoir échappé à la justice. Harry ne l'avait jamais véritablement rencontré la seul fois qu'il l'avait vu, c'était dans un souvenir de Dumbledore il y a près de 23 ans. C'était le souvenir d'un procès, celui des mangemorts qui avaient torturé jusqu'à la folie les Aurors Franck er Alice Londubat. Lestrange y était comme accusé, avec sa femme Bellatrix, son frère Rabastan, et Barty Croupton Jr. Harry se rappela l'expression de Rodolphus à ce procès : c'était celle d'un profond ennuie. Rien de ce qui lui arrivait ne semblait le toucher. Même lorsque la sentence a été retenue et qu'il a été condamné à vie, il est resté apathique, contrairement à Croupton qui a fait une véritable crise.

Par la suite, Harry se s'était jamais vraiment intéresser à cet homme, si ce n'est que comme étant le mari de Bellatrix, l'une des favorites de Voldemort. Il se rendait compte maintenant qu'il était peut-être plus important qu'il en l'aurait cru.

Lestrange s'était évadé d'Azkaban, avant que ne commence la Deuxième Guerre des Sorciers et il a participé à la plupart des évènements qui ont suivit, dont la bataille de Poudlard, où il perdit sa femme et son frère. Mais ce soir-là, contrairement à beaucoup de mangemort, il est parvenu à s'échapper et à quitter le pays. Il faisait partie aujourd'hui des sorciers les plus recherché au niveau international avec les derniers mangemorts encore en activité.

iVoilà donc où il était pendant tout ce temps./i

La voix de Cole le tira de ses pensées.

« Comme vous pouvez le constater, être un membre de la Confrérie confère une longévité exceptionnelle. Cet homme aurait, selon vos fichiers, 62 ans et pourtant il en fait à peine quarante. Mais cela n'a pas d'importance. Comme vous l'avez constaté, c'est un mangemort et il semblerait qu'après la perte de son maitre, il se soit mis au service d'une autre cause.

» D'après le rapport de Potter sur la scène du crime, je pense que Lestrange a eu une part active dans ce meurtre. Il connaissait le terrain, il vous connaissait ivous/i, il pouvait donc prévoir ce que vous ferez et agir en conséquence. Il ne faut pas l'oublier, pendant un temps, lui et les siens ont dirigé ce pays, il connaissait donc les arcanes du pouvoir et pouvait savoir où trouver le ministre et comment déjouer la surveillance. N'oublions pas non plus qu'il est devenu un vampire et par conséquent, un polymorphe. Il est très probable que vous l'ayez croisé sans le reconnaitre. »

Un mouvement de malaise parcouru la salle à cette idée.

« Mais malgré tout, c'est lui qui nous conduira à la Confrérie. Car je suis sûr qu'il essaiera de contacter ses anciens amis. Et alors nous devrons agir. Mettons ces personnes sous surveillance, toutes celles qui ont été soupçonné d'être des mangemorts et qui ont été innocenté. Doublez également la surveillance d'Azkaban, on ne sait jamais, il pourrait essayer de libérer ces anciens compagnons. Mais sachez ceci, il nous faudra être extrêmement prudent. Lestrange est notre seul piste, si nous la perdons, tous est perdu. Nous ne devons pas agir sans réfléchir. Je le répète, la moindre erreur de notre part peut être fatale. »

Cole se tut, attendant une réaction de la foule devant lui. Celle-ci ne dit rien et Goodwin annonça :

« Très bien, maintenant, nous allons répartir le travail. Potter. »

Harry s'avança et prit la place de Cole.

« Voilà comment va se dérouler l'opération, commença-t-il, Cole et moi dirigeront les opérations. Les chefs d'équipes nous servirons d'intermédiaire. Etant donné le caractère spécial de nos adversaires, ils seront les seuls à pouvoir nous faire leur rapport, sauf situation exceptionnel. Par ailleurs, ils devront tous venir nous voir à la fin de la réunion. Mais pour l'instant, voilà ce qu'on va faire… »

Harry avait établit ce plan en écoutant parler Cole. Concevoir des plans presque simultanément était quelque chose que Harry avait appris à faire en vingt ans de métier. Le reste de la journée se déroula sur le même principe. L'ébauche de plan que Harry avait songé pendant la présentation de Cole devenait plus élaboré, plus concret. Et lorsque la réunion pris fin (l'après midi était alors bien entamé), il avait tout de prêt et les trois pistes qu'ils avaient pouvait être exploré. Harry était satisfait. En quelques heures, il avait beaucoup avancé. Il avait même très bien avancé.

« Potter. »

C'était Cole. La salle de conférence était en train de se vider. Il ne restait plus qu'une demi-douzaine de sorcier.

« Rude journée, hein.

- Et c'est pas fini. »

Il eu un petit rire. « Oui, c'est bien vrai… » Un temps puis : « En fait, ça ne fini jamais. »

Harry regardait Cole différemment maintenant. Au début, il l'avait pris pour un gamin arrogant imbu de son pouvoir, il s'était même demandé pourquoi on l'avait envoyé lui, alors qu'il a peu d'expérience, sur une affaire aussi complexe. Mais maintenant après la réunion, il comprenait. Ce n'était pas de la fausse modestie tout à l'heure. Il était vraiment le meilleur.

« Non, ça ne finit jamais. Mais nous pouvons toujours faire en sorte que la situation ne devienne pas encore pire. »

De nouveau, le petit rire. « Oui, sans doute. »

Ils sortirent tous deux de la salle de conférence à la suite de Goodwin.

Oui, maintenant, ça va commencer.