Merci pour vos reviews les filles, ça fait plaisir de savoir que l'histoire vous intéresse.

J'apporte donc une nouvelle précision :

En réponse à Arthygold :

Dans le chapitre précédent Athéna affirme qu'elle est confiante puisqu'elle compte ses douze chevaliers, à savoir le grand pope + les onze Or restants.

De même dans cette story je pars du principe qu'il n'y a qu'un seul chevalier des gémeaux. Kanon n'est donc pas présent.

R/ Ce chapitre comporte des scènes de violence.


ooOoo

Chapitre 3 : Un renfort de taille

Petit à petit le jour déclinait, et le ciel se parait doucement de joyeuses couleurs qui juraient avec la sinistre scène qui se jouait ici bas.

Le vent léger de cette journée de printemps emportait les effluves écœurants mêlés de sang et de poussières, en lieu et place de ce parfum si particulier, qu'est l'éveil de la vie végétale, propre à cette merveilleuse saison.

Athéna fit les comptes : elle avait perdu Aphrodite (*), Saga, DeathMask, Aioros et Shaka. Presque la moitié de ses chevaliers et Hadès semblait bien décidé à continuer son jeu macabre.

Elle raffermi sa prise autour de son sceptre en or, et sonda à l'aide de son cosmos l'état psychologique de ses troupes.

Ses chevaliers étaient ravagés par la haine et envahis du désir dévastateur de vengeance. Ce désir qui sépare la raison du cœur, ôtant tout discernement, livrant ses valeureux guerriers à l'état de bêtes sauvages assoiffées de sang.

Pour leur apporter un peu de réconfort, elle déploya son cosmos bienveillant, doux et chaleureux sur tout son sanctuaire.

Au contact de cette onde bienfaitrice les chevaliers temporairement transformés en gladiateurs reprirent leurs esprits et se calmèrent, en apparence tout du moins. Car dans leurs yeux brillaient cette lueur orangée d'une furie insondable, prête à se déchainer au moindre battement de cil.

- Hadès, je suis profondément peinée que ta vision de la vie soit aussi perfectionniste et je sais que tu en souffre. Mais tu cours après une chimère. Il est impossible pour les humains de correspondre à tes idéaux. Tu leur en demande trop.

Elle employait un ton calme et pesait minutieusement chaque mot pour tenter d'atteindre le cœur de son oncle, et lui faire comprendre son point de vue. Afin qu'il épouse lui aussi sa cause.

- Que serait la vie sans fantaisie, sans passion ? L'amour trouve toute signification face à la haine, il n'y a pas de joie sans tristesse, l'équilibre est certes fragile mais il régit les règles de ce monde, c'est la dure loi de la vie. Oui Hadès, vivre c'est souffrir, c'est aimer, pardonner et avancer. Alors cesse cette folie je t'en prie.

Poursuivit-elle dans une vaine tentative d'armistice, ses yeux exprimaient toute la sincérité de ces propos.

- Comment peux-tu me demander ça ? Soupira t-il en lui adressant un regard affligé, reflet de toute la tristesse de ce monde. Puis il poursuivit d'un ton las.

- Le perfectionnisme dont tu m'affuble, n'est autre que la préservation de la vie elle-même. J'en ai déjà assez dit, tu me fatigue.

Il détourna la tête, fixant l'horizon, tandis que d'épais nuage commençaient à envahir la toile multicolore du soleil couchant, puis reporta son attention sur sa nièce et prononça ses derniers mots sur un ton sévère, comme un supérieur s'adressant à son subordonné, ne tolérant aucune objection :

- Ta vie et celles de tes chevaliers Athéna, représentent un bien maigre tribu en comparaison aux méfaits causés. Mais votre disparition me permettra d'absoudre cette humanité ingrate et perfide, en leur ouvrant les portes de la pénitence. Il est temps à présent, je ne disserterai pas plus sur le sujet.

Le chevalier du taureau ne tenait plus en place. Il ne comprenait pas vraiment le sens des échanges entre les divinités mais toutes ces fadaises bourdonnaient de plus en plus à ses oreilles, et son sang pulsait anormalement dans ses tempes.

Il se prit la tête entre les mains, dans une vaine tentative de se calmer mais les derniers propos blessants tenus par le dieu des enfers envers sa vénérée déesse eurent raison de sa patience.

- CORNE DU TAUREAU

La divinité disparue dans la déflagration causée par la violente attaque sournoise. Mais cette dernière fut sans effet. Le cosmos d'Hadès le protégea, formant autour de lui une bulle infranchissable.

Au lieu d'être outré par cette nouvelle agression, le dieu affichait un air insolent et content. Il n'avait pas besoin de les attaquer, se défendre suffirait à les terrasser.

Hadès flottait toujours dans les airs. Il agita son épée d'un geste compulsif.

Il constatait avec satisfaction que tout se passait comme il l'avait prévu. Les chevaliers impulsifs d'Athéna faisaient son jeu. Lui qui abhorrait devoir lui-même ôter la vie en portant le premier coup, la prenait dans la défense, il n'exprimait donc pas l'intention meurtrière propre à l'assassin avide de dépouiller un corps de sa substance vitale.

En réponse à cette stérile brutalité dont il venait à nouveau d'être victime, il prit possession d'Aldébaran, le dominant de tout son être.

Le pauvre malheureux dont la conscience était encore bien éveillée ne pouvait plus interagir sur son corps, qui se mouvait selon la volonté du puissant dieu. Toute forme de résistance était impossible.

Il n'avait même plus le contrôle de son cosmos, il n'était plus qu'un spectateur soumis aux frasques du scénariste.

Hadès parcouru du regard les chevaliers restant afin d'identifier celui qui exprimait le plus de bestialité. Et dès qu'il le perça à jour il entama la sérénade, forçant sa marionnette improvisée à le combattre dans une joute fratricide sans autre issue que la mise à mort de l'un d'entre eux.

Ce fut donc Milo du scorpion, qui fut prit pour cible, dans un affrontement d'une telle violence qu'aucun autre chevalier ne pu intervenir.

Les coups reçus et portés laissaient de profondes entailles, lacérant la chaire des duellistes, d'où jaillissait le sang formant des gerbes écarlates, éclaboussant le marbre blanc et s'incrustant dans les porosités de la pierre. A ce rythme là les deux chevaliers risquaient autant l'un que l'autre de tomber dans le puit des âmes.

Mais malgré la souffrance, aucun des deux ne s'exprimaient, secoués de spasmes, ils restaient digne de leur rang. Murés derrière un masque de façade, supportant en silence toute la douleur physique et morale, ils hurlaient au fond d'eux même toute l'horreur de cette injustice. Athéna elle-même du se résigner, incapable de pouvoir faire cesser cette mascarade, jusqu'à ce que :

.

- Athéna, Athéna, Athénaaaaaaa….

.

Dans cette pénombre grandissante, ce cri du cœur, l'atteignit en plein dans son âme en une violente décharge électrique, Athéna entendait son chevalier souffrir et l'implorer. Il demandait grâce, s'estimait indigne de porter son armure d'Or, incapable d'avoir pu résister à son assaillant, il l'a suppliait de mettre un terme à son supplice. A travers sa complainte elle l'entendait verser un flot de larmes emportant ses dernières volontés, les guidant vers elle, en un ultime appel de détresse. Profondément bouleversée Athéna lâcha son sceptre en Or qui carillonna sur le marbre en un son strident, et elle bondi au cou de son chevalier d'Or du Taureau, l'enlaçant tendrement de ses mains chaudes, accola sa tête sur la poitrine ensanglantée, et l'enveloppa de son cosmos comme un linceul accompagnant sa dernière respiration. Elle lui susurra ces mots :

- Je suis fière de toi. Va en paix.

Milo stoppa net son dernier assaut et resta interdit. La mâchoire crispée, il en grinça des dents avec fureur. Son regard se dirigea naturellement vers le dieu sombre qui les observait sans émotion. Dans ses yeux, brillait une terrifiante couleur hiémale, celle de la mort qui glace le sang.

Hadès le libéra alors de son emprise. Le chevalier du taureau n'était plus.

Milo essuya un filet carmin qui s'écoulait de la commissure de ses lèvres pincées. Il n'arrivait pas à desserrer ses dents, tellement la colère grondait en lui, faisant trembler ses muscles. Ses yeux injectés de sang parlaient pour lui.

- Tu seras le prochain, rugit il en s'élançant sur Hadès l'ongle écarlate fièrement pointée sur son adversaire.

Mais il fut stoppé net dans son élan par Camus. Leurs regards s'accrochèrent, et sans avoir à se parler ils se comprirent mutuellement. D'un regard entendu, ils prirent ensemble une posture d'attaque sous l'œil amusé du dieu des enfers.

- Pauvres fous, est-ce la brulante colère circulant dans vos veines jusqu'à atrophier votre cerveau, qui vous fait perdre toute forme de lucidité ? Vous voir vous débattre de la sorte est risible, vous n'êtes même pas capable de réaliser le gouffre qui nous sépare.

- A cœur vaillant rien n'est impossible Hadès, ton excès de confiance te perdra. Répliqua sèchement Camus pas le moins du monde impressionné par la divinité qui tentait de leur imposer sa supériorité.

- ça doit être ce que vous autres pauvres mortels appelez l'humour je suppose ? Vous croyez encore au miracle à votre âge ? (**)

- ne nous sous-estime pas. Rétorqua Milo dont la patience avait failli.

Puis il fondit sur Hadès pour lui assener son attaque de l'Antares. De son côté Camus se tenait prêt à lancer sa plus puissante attaque, pour emprisonner la divinité dans un cercueil de glace éternelle.

- Thanatos, Hypnos : les mots à peine audibles pouvaient se lire sur les lèvres joyeuses du dieu sombre.

Au moment où Milo allait atteindre sa cible, la silhouette du dieu de la mort apparue devant lui, attrapa fermement sa main et lui brisa le poignet sans plus de cérémonie. Puis dans l'autre main du dieu argenté, une boule d'énergie se forma, et Milo la reçu à bout portant.

Sous la violence de l'impacte, Il fut projeté sur le sol du domaine sacré, rebondissant à plusieurs reprises, pour finir sa course dans une flaque ensanglantée, le corps sauvagement mutilé.

Des éclats dorés provenant des fragments de son armure d'or s'éparpillèrent dans les airs tels des étoiles scintillantes, formant un halo presque irréel, avant de chuter sur le sol en une pluie métallique.

Horrifié Camus lança son attaque mais elle fut détourné d'un revers de la main par Hypnos un sourire satisfait étirant ses lèvres rosées.

Avec son visage d'ange, ses cheveux dorés et ses yeux ambrés, le dieu du sommeil était un leurre implacable. N'importe qui baissait les armes face à la perfection de son physique, qui dégageait un charme surhumain, un être angélique, engendrant une impression de plénitude et de douceur sans limite. On lui aurait donné le bon dieu sans confession, or derrière ce masque séraphique ce cachait un être vil et cruel.

D'un regard meurtrier, il propulsa en direction de camus un jet de cosmos plus rapide que la vitesse de la lumière elle-même. Ce dernier l'atteignit entre les deux yeux, et le terrassa sur le coup. Il s'écroula face contre terre, comme une poupée de chiffon.

Et puis tout s'accéléra, l'arrivée inopinée des deux autres divinités, força les chevaliers restant à passer à l'action sans prendre le temps à plus de réflexion. « Protéger Athéna ». Ses deux mots tournaient en rond dans leurs esprits étriqués par cette barbarie.

- Fuyez deésse ! hurla Dôkô en brandissant devant lui les armes offertes par son armure.

Mais, elles étaient bien futiles face aux trois divinités des enfers qui se tenaient fièrement dans les airs, le jaugeant avec mépris.

Serrant les dents à s'en faire éclater l'émaille, Le chevalier de la balance enchaina les coups utilisant une à une chacune de ses armes avec une violence qu'il ne se connaissait pas.

Tout, autour d'eux, brulait, des éclats de lumières jaillissaient, et les métaux en fusion dégageaient une odeur étrange, inexprimable, de souffre un peu comme s'il s'agissait des effluves d'un volcan. Au milieu de ce brasier, ils souriaient. Le trio céleste n'avait même pas une égratignure, leurs trois cosmos réunis formaient une barrière compacte et invincible. Seuls leurs surplis semblaient avoir perdus un peu de leur brillance sous l'effet des flammes ardentes.

Anéanti et égaré, Dôko vacilla sur ses jambes et tomba à genoux.

- Seuls d'autres dieux pourraient leur faire front. Murmura t-il d'une voix éteinte.

Devant l'air dépité de son confrère Shion voulu intervenir mais il fut stoppé net dans son mouvement.

Hypnos et Thanatos échangèrent un regard malsain, et chacun dans un geste circulaire de la main, envoyèrent une onde affutée de cosmos, tranchant la tête du chevalier d'Or de la balance, sans même lui accorder le moindre intérêt.

Shion n'eut pas le temps de réagir que la tête de son frère d'armes roulait à ses pieds.

- Hypnos, Thanatos hurla t-il, vous êtes les pires calamités que ce monde ai connu.

Et c'est avec horreur, le visage déformé par la haine qu'il affronta à son tour les indésirables, avec l'aide de Shura.

Bondissant dans les airs, ils lancèrent ensemble leurs attaques. Celle de Shura fut déviée par Hadès mais frôla Hypnos lui laissant une légère entaille sur la joue. Ce qui le mit hors de lui, les yeux révulsés que son enveloppe charnelle ait été abimée, il envoya une puissante vague de son cosmos narcoleptique sur le chevalier d'Excalibur qui sombra dans un profond coma sans aucune possibilité d'émerger, comme s'il était perdu à jamais dans un labyrinthe sans issue.

L'autre attaque fut renvoyée à son expéditeur d'un revers de la main par Thanatos, laissant le grand pope sans vie après l'onde dévastatrice.

De son côté, le lion observait ce carnage. A présent qu'ils étaient réunis, les divinités des enfers semblaient intouchables et affichaient des airs condescendants. Ils se débarrassaient avec une légèreté déconcertante de l'élite de la chevalerie d'Athéna.

Bien que réalisant l'univers qui les séparait, aucuns des chevaliers n'abdiquaient. Comme une fourmi voulant affronter un tamanoir, ils résistaient et se battaient chacun leur tour jusqu'à leur dernier souffle, ne s'avouant pas vaincu.

Pour défendre sa déesse, le fier chevalier d'or du lion se lança à son tour dans la bataille et connu hélas un sort semblable aux autres.

A suivre …


* le cas d'Aphrodite est expliqué dans le prochain chapitre

** clin d'œil au combat Mystie - Seyia.

R/ le prochain chapitre sera décisif, c'est là que tout basculera.