RE Bonjour ! Ça fait très longtemps que je n'ai pas publié mais me voilà de retour ! Je viens de me rendre compte que le terme "Dark Yuya" avait déjà été utilisé dans d'autres fanfics, désolée ce n'était pas du tout intentionnel, ce terme m'est venu naturellement. Heureusement, je n'en ai plus besoin, il ne sera donc plus utilisé :) Bonne lecture pour ce chapitre qui me sert surtout à me remettre dans l'histoire, j'espère que vous l'apprécierez :)

La journée avait défilée avec une lenteur tout à fait déplorable où Yuya essayait tant bien que mal de remonter à la surface. Elle avait trainé des heures durant dans son pyjama de pré-ado oublié de tous y compris d'elle-même, avait accumulé les dolipranes dans la lutte contre son mal de tête terminatorial, mais surtout s'était surprise à ruminer comme une petite vieille sur ce qu'elle aurait dû balancer à cet arrogant, à ce mécréant, à ce monstre, à ce pervers de Kyo le con.

Elle n'en démordait pas. Elle aurait dû lui faire bouffer ses cheveux corbeaux quand elle le pouvait au lieu de se faire inlassablement humiliée. Oui car malgré elle, et elle avait du mal à se l'avouer, sa rage était mêlée à un véritable sentiment de honte sous-jacent. D'après ce qu'elle en avait conclu, elle avait fini wasted et Kyo l'avait ramené chez elle. Pas un drame jusque-là, n'est-ce pas ? Sauf que Kyo l'aurait mise dans son lit, l'aurait changé et aurait foutu je ne sais quoi dans son appartement jusqu'à ce que Yuya se réveille enfin. Et ça, la petite blonde ne savait comment le prendre. Son cheminement de pensées ne menait qu'à un seul résultat : cet abruti fini ne s'était pas contenté d'enlever ses chaussures, noooon ça serait pas assez prévenant, il lui avait aussi retiré sa robe et son soutien-gorge avant de lui enfiler un pyjama qu'il avait dû trouver dans son armoire après y avoir fouillé. Armoire contenant culottes, soutifs, guêpières (eh oui qui est la petite pucelle, connard !), shorties et autres merveilles du monde enchanté des femmes. Et parmi touuuus les pyjamas de sa garde-robe, il avait choisi LE pyjama. Celui qu'elle ne portait plus depuis des années car il commençait à comprimer un petit peu trop son corps. Les bordures du débardeur et du short dont il était composé entraient légèrement dans sa peau ce qui lui faisait des petits bourrelets à leurs hauteurs. Ses fesses et ses seins ne pouvaient être plus serrés que ça. Putain de pyjama à fleurs.

Raaah mais quel connard ! Si ce n'est pas de l'harcèlement sexuel ça ! Il voulait quoi au juste ? Me faire remarquer que j'avais quelques kilos à perdre ou juste assouvir un fantasme louche ? Et c'est quoi cette idée d'enlever mes vêtements jusqu'au soutien-gorge ? Mais quel fils de.. Si j'apprends qu'il a fait plus… !

Elle en tapait du pied.

Vers 19h, elle dût se résoudre à passer à autre chose le temps de se rafraichir, de quitter ce pyjama de malheur et de partir au travail : ce soir, elle était de service. Mais elle n'oubliait pas.

XOXOXOXOXOXOXOXO

Yuya s'affairait à nettoyer les tables poisseuses d'alcool quand Mahiro la tira de ses pensées par une légère pince sur les côtes.

- Ça va la lionne ? Pour le coup on dirait vraiment que t'es un félin en cage ce soir. Il s'est passé quelque chose ?

Yuya laissa échapper un soupir. Trépigner d'énervement avait fini par l'épuiser.

- J'ai rencontré le plus parfait des fils de chiens.

- Ouh la ! Que de violence ! Tu me rends curieuse…

- Je ne sais même pas par quoi commencer. Le genre de type tellement imbu de lui-même… qu'il est incapable de passer plus de 30 secondes sans te faire chier !

Mahiro resta interdite quelques instants. Elle n'avait jamais vu son amie autant agacée en parlant de quelqu'un, et ce malgré son sale caractère.

- Ça sent des évènements en particulier à plein nez… Raconte raconte.

- Tu sais que je suis allée à une sortie hier soir hein ? Eh bien, y avait cet imbécile qui avait l'air de pas se prendre pour de la merde. Bon en même temps, il a peut-être les arguments pour. Bref ! La soirée a pris une tournure étrange et j'ai fini par me bourrer la gueule...

- Mhmmmm…

- … Et l'imbécile m'a ramené chez moi apparemment….

- Mhmm…

- Il m'a mise au lit et m'a changé… Sauf qu'à mon réveil je n'avais plus mon soutien-gorge. Et il m'a plus ou moins fait comprendre qu'il s'était pas gêné pour mater ma culotte non plus.

- …

- …

- Tu plaisantes ?

- Non.

- …

- …

- MAIS QUEL GROS CON !

- Je sais.

- Je lui aurais tellement fait regretter ! J'espère que c'est ce que tu as fait !

- Eh bien c'est plus compliqué que ça.

- Comment ça ?

- …Disons qu'il est très, très grand.

- Et ?

- Et il a l'air très baraqué aussi.

- … Ça te ressemble pas de dire ça. Tu ne t'encombrerais pas de ces détails normalement…

- Oui… Mais en vrai… Il est très impressionnant. Et bordel il est beau comme un dieu.

Yuya avait lâché cette dernière phrase dans un murmure rapide presque inaudible, affichant une expression honteuse. Mahiro se figea, pas sûre d'avoir bien entendu. Elle observa les joues rosies de Yuya, son regard presque dans le vague. Ces yeux s'écarquillèrent. Oh. Mon. Dieu.

- …Tu viens de dire quoi là ?

La jeune fille fit mine de l'ignorer et se remit à nettoyer la table.

- Attend attends… Il est… Il est « beau comme un dieu » tu as dit ?

Pas de réponse. L'expression ahurie de Mahiro s'agrandit au même rythme que le silence de Yuya. La dernière avait tout aussi l'air perdue par ce qu'elle venait de lâcher dans ce qui lui semblait être désormais un moment d'égarement que la brune par ce qu'elle venait d'entendre. Mahiro lui agrippa le bras en un éclair.

- Je crois que j'ai un sauvetage à effectuer, dit-elle les yeux plantés dans ceux de Yuya.

Puis elle l'emmena précipitamment dans les vestiaires telle une tempête.

- Reprend toi Yuya ! Tu ne vas pas craquer pour un mec qui semble avoir de vrais problèmes d'harceleur hein ?! Pourquoi un type pareil ? Tu te sens seule c'est ça ? Je t'en présenterais moi des mecs ! Mais ne me fais pas ça !

Yuya ne répondait pas. Elle avait l'air toujours aussi estomaquée par ce qu'elle venait de dire. Depuis que ces mots avaient quitté ses lèvres, elle s'était murée dans un mutisme, semblable à une statue.

- … Yuya ?

Silence.

- T'es cassée ?

La blonde n'en revenait pas. Ce pervers des alpes « beau comme un dieu » ? Le penser de temps en temps d'accord mais maintenant le dire tout haut ? Et puis quoi encore ?

Mahiro fit un petit bond de sursaut en remarquant que le visage de Yuya avait quelque peu changé. L'expression hébétée fit place à une autre tout à fait différente : On aurait pu voir des flammes dansaient dans ses prunelles. Yuya finit par réussir à aligner des mots, un fin sourire aux lèvres.

- Ne t'en fais Mahiro. J'ai eu un petit moment de faiblesse, c'est tout. Mais ça ne m'arrivera plus jamais. Jamais. Ja-mais.

- O… Okay... Cool. Euh n'en fais pas trop quand même hein… ?

- Nooon ne t'inquiète pas. Ça ira. Merci ma puce, t'es la meilleure. La prochaine fois, si on m'invite de nouveau, je t'amènerais tiens.

- Avec plaisir ! Que je lui botte le cul moi-même.

Elles éclatèrent de rire, ce qui leva l'atmosphère qui s'était faîte oppressante.

- Allez viens, faut qu'on se remette au travail ! lança Mahiro en ouvrant la porte des vestiaires.

- Oui !

Yuya se sentait déjà beaucoup mieux. Elle avait fini par cibler la véritable cause de son irritation de la journée : elle s'était sentie attirée par un connard ++ malgré l'humiliation qu'il lui avait infligé et cela l'avait affaiblie. Mais désormais on ne lui reprendra plus.

La petite blonde avait repris du poil de la bête.