Disclamer : QAF - univers et personnage ne sont malheureusement pas ma propriété.

Histoire: UA: Que se serait-il passé si Gus était né quelques heures plus tôt ?

Et bien, il est clair que Brian n'aurait pas rencontré Justin ce soir-là, puisqu'il aurait été à l'hôpital avec son fils adoré au lieu d'être au Babylone ?

Donc voici ma vision de la suite de l'historie sans cette première rencontre - puisqu'il est clair que ces deux personnes sont destinées à se rencontrer... et plus si affinités - et tout cela dans un environnement quelque peu neigeux et tout à fait différent.

« Dégel »

Chapitre 4: Là où tout a commencé

Il ne savait plus comment ils en étaient arrivé là alors que 15 minutes auparavant, ils en étaient encore aux échanges amicaux, mais ce n'était certainement pas Brian qui allait se plaindre. En effet, devant la file pour les télécabines ils avaient une conversation tout à fait sérieuse :

«Oui, j'ai bien vu que tu sembles plus à l'aise sur tes skis, mais tu devrais essayer de te redresser un peu. Tu descends toujours les pentes avec les fesses en arrière et ça te fait accélérer au lieu de freiner tu sais ? -lui conseillais Justin, ce à quoi il avait répondu :

- C'est pour montrer aux hétéros coincés ce qu'ils ratent, et ainsi les remettre dans le bon chemin ! Je fais mon acte de charité de la semaine, Justin chéri !

- Ah c'est pour ça, je comprends tout maintenant ! » ironisa le jeune homme s'asseyant enfin à l'intérieur de la télécabine.

Le couple qui leur faisait face les regardait à présent comme s'ils avaient une maladie particulièrement contagieuse, et Brian le remarquant voulu s'amuser.

« Au fait, en parlant de derrières, t'as acheté du lubrifiant ? - demanda-t-il à Justin qui, étonné, répondit par la négative.

- Je savais que tu allais oublier, mon cœur ! Alors moi, je l'ai fait et j'en ai profité pour acheter des préservatifs, il nous restait qu'une boite pour ce soir! - continua-t-il signalant des yeux le couple d'en face qui affichait des yeux exorbités.

- Oh c'est vrai mon lapin! T'es toujours si prévoyant - répliqua Justin comprenant enfin.

- J'ai droit à une récompense?

- Oui, bien sur, tu auras ce soir tout ce que tu mérites - fit-il avec une moue que Brian trouva adorable. Euh non ! Sexy, pas adorable ! Sexy !

-Et si j'en voulais une maintenant ? »

Justin vit qu'il ne rigolait plus, mais il ne put s'empêcher de dire :

« J'imagine que je ne peux te refuser un petit bisou. »

Brian faisant un sourire en coin le vit se rapprocher de son visage. Impatient, il happa les lèvres du blond. Ces dernières étaient froides et gercées par le froid. Insatisfait, il posa alors une des ses mais dégantées sur le visage de Justin et ce dernier, surpris par la douce caresse, inspira entrouvrant la bouche. Le roi de Liberty Avenue en profita pour prendre en otage sa lèvre inférieure et la suçoter, goutant enfin les lèvres charnues. Lorsque le plus jeune commença à répondre au baiser, Brian se sentit vivant. Ces lèvres qui l'embrassaient d'abord timidement et puis passionnément lui firent plus d'effet qu'il ne s'y était attendu. Il eut envie de rapprocher ce corps ferme de lui, de profiter de sa chaleur, de l'avoir autour de lui, et les gémissements que Justin laissait échapper ne faisaient qu'accentuer cette envie.

Cependant, la télécabine arriva enfin au sommet, le petit bisou était devenu alors un baiser outrageusement passionné, et le couple d'en face s'empressa de sortir non sans jeter un dernier regard méprisant sur eux. Ils descendirent à leur tour sans se regarder et chacun s'employa à descendre la piste.

Cette piste rouge était particulièrement difficile ; certains endroits avaient d'ailleurs été fermés pour cette même raison. Cependant, Brian Kinney, élève débutant, n'eut aucun problème. En effet, lors de la descente il était tellement distrait qu'il ne fit attention ni aux mises en garde, ni aux personnes étalées par terre qu'il dépassait avec facilité. Le publiciste se repassa l'épisode de la cabine en boucle, se rappela de son excitation, de son empressement, de la passion de Justin puis, voyant qu'il s'égarait sérieusement de sa philosophie de vie, il mit tout sur le compte du manque et se demanda si baiser dans une télécabine était faisable, tout en se disant que ça serait fantastique de tenter de le faire avec Justin... dans la télécabine !

Aussitôt rentré à son appartement, Brian prit une douche chaude afin de soulager ses membres endoloris. Il y resta une bonne demi-heure puis, une fois habillé, voyant qu'il était 18 heures passées, il se décida à appeler son fils.

Le petit Gus du haut de ses 80 cm faisait le fierté de son père. En effet, tout le monde s'employait à dire qu'il était la copie conforme de Brian en option miniature, au grand dam de Mélanie ! Bien que le petit eut les cheveux assez clairs durant sa première année de vie maintenant, à 2 ans, il avait l'exacte couleur caramel de son père. Son petit menton volontaire et ses grand yeux chocolats ne faisaient qu'agrémenter le tout.

Par delà le fait de la ressemblance, ce que le brun appréciait le plus était l'adoration que son fils lui portait. À peine Brian rentrait dans la pièce que le petit courrait déjà vers lui, n'ayant d'yeux pour personne d'autre. Gus adorait son père et Brian adorait ça !

Après deux intonations, il eut Mélanie au téléphone et ne tarda pas beaucoup pour avoir Gus (Mélanie ne le supportait jamais trop longtemps). Père et fils parlèrent 10 minutes, pendant lesquels le fils raconta ce qu'il avait depuis qu'ils s'étaient vus pour la dernière fois et ce qu'il comptait faire les 24 prochaines heures. Autant dire que si Brian n'aimait pas ce petit comme il l'aimait, il n'aurait jamais pu supporter un aussi long discours. Cependant, il adorait ce gosse alors il poussa des exclamations, des petits assentiments et félicita même son fils lorsqu'il lui raconta son dernier exploit au jardin d'enfants. Après quoi, Mélanie reprit le téléphone pour lui parler des prochaines vacances en groupe mais la conversation ne mena à rien. Deux ou trois petites blagues innocentes de Brian et elle abandonnait la partie. « Pitoyable » se dit-il.

Il s'apprêtait à se coucher lorsqu'il entendit une sonnerie agaçante. Il prit l'appel, se disant que cela devait être Linds' qui voulait parler sérieusement des vacances en groupe, mais il fut agréablement surpris en entendant la voix de son ex-monitrice.

« Daphné ? demanda-t-il pour en être sûr.

- Oui beau-gosse, c'est moi ! Dis, je t'appelle parce que le seul bar acceptable dans les environs fait une soirée et je me demandais si tu voulais venir nous rejoindre... »

L'apprenti skieur allait répondre qu'il était trop fatigué et qu'il ne voulait pas ruiner une soirée entre M. Parfait et elle, mais la jeune fille poursuivit :

« C'est le bar tout près de chez toi, tu ne peux pas le rater. Ah oui, j'oubliais ! Il y aura Justin, tu sais ? Ton moniteur, c'est lui qui m'a demandé de t'inviter ! » Précisa-t-elle. « Il y aura aussi des amis à nous et presque tous les moniteurs de la station. Il y aura bien quelqu'un à ton gout, non ?Alors t'en dis quoi ?

- Je dis qu'avec de tels arguments, aucune personne saine d'esprit oserait dire non et que je t'aurais répondu bien plus tôt si tu m'avais laisser placer un mot après le «Daphné ?» du début. On se rejoint à quelle heure ? s'enquit-il.

-Quand tu voudras, nous on est presque tous déjà sur place alors... Il ne manque que Justin et Olivia, tu sais la petite colombienne qui... »

Elle s'égarait encore une fois, alors Brian l'interpella: « Daphnééééé !

- Ok d'accord, je parle trop ! À tout de suite alors ?

- Oui, à tout de suite ! »

Les plans de Brian Kinney venaient de prendre un nouveau tournant. À la place de se coucher à la même heure que son fils de 2 ans, il allait désormais faire une des choses qu'il faisait le mieux : partir à la chasse !

Le bar ne fut pas difficile à trouver, bien qu'il fut dans un chalet plutôt banal pour les environs. Des enseignes lumineuses et la musique haute à péter le tympans le mirent sur la voie. Cinq ou six marches en bois menaient directement face au bar où trois serveurs s'employaient à servir un troupeau d'adolescents assoiffés et certainement mineurs.

Il fit le tour du bar, cherchant Daphné. Elle ne lui avait pas dit où la trouver et les lumières clignotantes, additionnées à la fumée de cigarettes, ne l'aidaient pas dans ses recherches. Il finit par l'apercevoir de l'autre coté du bar.

La brunette l'accueillit bruyamment, puis le présenta aussi bruyamment aux personnes du groupe. Il se décida à acheter une bière le temps d'attendre l'arrivée de Justin, mais il eut le temps d'en commander deux, d'analyser les gens du coin et de se féliciter par l'occasion d'avoir mit de la crème protectrice contre le soleil en montagne - ils étaient tous rouges comme des glands - tout en se disant que le blond ne viendrait plus et qu'il ferait mieux de partir.

Brian aimait bien avoir ce qu'il voulait quand il le voulait et si cela n'était pas possible, il faisait tout pour l'obtenir un peu plus tard, mais il n'abandonnait pas la partie.

Il en était à ces divagations hautement philosophiques lorsqu'il aperçut un joli blond aux yeux azur. Était-ce Justin ? Il n'arrivait pas à croire qu'il puisse être aussi magnifique et aussi jeune... Ils n'avaient jamais parlé de leurs âges respectifs mais d'après leurs conversations, Brian lui avait donné au moins 25 ans. Cependant, il ne pouvait nier les faits : cette couleur de cheveux, ce sourire et ses lèvres étaient inimitables. Il voulut lui faire signe après tout, il se pourrait que Justin ait du mal à le reconnaitre et à réaliser à quel point il était séduisant et sexy à souhait, mais le blond se rapprochait déjà de leur table sans réellement y faire attention. Le publiciste se dit que ce devait être leur coin habituel et il n'eut pas tord.

À deux pas de la table, les yeux azur rencontrèrent enfin les yeux chocolats. L'azur devint plus brillant ; le chocolat s'assombrit.

« Brian ! lui dit simplement Justin lorsqu'il eut finit de saluer la totalité du groupe.

- Daphné croyait que tu ne viendrais plus ! ne put-il s'empêcher de remarquer.

- Oui, je pensais la même chose... » s'était-il dit comme pour lui-même, mais Brian l'entendit.

Que devait-il comprendre ? Le blond l'invitait - Oui, il n'avait pas été dupe. L'invitation de Daphné était signée Justin, il pouvait mettre sa main au feu ! - bref , il l'invitait puis hésitait à venir ? Brian Kinney n'aimait pas qu'on joue avec ses pieds alors il se décida à mettre la situation au clair.

« Alors Justin, tu es venu mais tu repars ? ...Tu es venu et tu restes?... Ou, tu es venu et tu viens ? lui demanda-il en signalant la place à coté de lui. »

Il n'eut pas à attendre bien longtemps sa réponse. En effet, l'interpelé se leva et s'assit sur le même banc que lui. Au cours de la soirée, il apprit que son moniteur avait 19 ans - donc il est majeur se dit Brian - qu'il faisait des études de peinture dans une école d'art – Tiens ! Il s'entendrait bien avec Linds' - qu'il avait été exilé de chez lui après son 'coming-out', où il y avait une histoire de petit-ami et qu'il habitait pour l'instant en colloque avec Daphné dans un chalet pas loin de là. Pour une étrange raison, la dernière partie retint fortement l'attention de Brian. Il réalisa qu'ils s'étaient beaucoup trop égarés du sujet principal et qu'il était temps de revenir sur son terrain.

« Alors, ce qui s'est passé dans la télécabine, tu veux le continuer ce soir ? demanda-t-il, joueur, en regardant Justin droit dans les yeux.

- La... la cabine ? répondit sa proie, confuse.

- Non, Justin ! La télécabine ! Tu veux que je te rafraîchisse la mémoire ? »

Un hochement de tête suivit sa question et il ne se fit pas prier. Il embrassa franchement le blond, ce qu'il ne regretta pas - les sensations étaient les mêmes que dans l'après-midi.

« Et donc ? - demanda-t-il lorsque leurs lèvres se décolèrent.

- Quoi ? fit Justin, confus.

- Tu veux qu'on finisse chez moi ce qu'on a commencé dans la télécabine ? »

Le blond sembla hésiter quelques instants mais lorsqu'il finit par lâcher un « oui », sa voix ne tremblait pas.

« Donnes-moi deux minutes que je parle à Daphné. On se retrouve à la sortie, ok ? » dit Justin s'éloignant.

Crier « Bingo! » lui vint à l'esprit, mais il se retint. Ce n'était pas une réplique digne du roi de Liberty Avenue alors il se contenta d'un hochement de tête. Il chercha ses clés et prit le chemin du bar.