Merci pour vos reviews ! Et désolée pour l'attente, je sais même pas combien de fois j'ai recommencé ce chapitre…
Explications pour ce début de chapitre : j'exècre l'espagnol à un point inimaginable (je sais pas comment j'ai fais pour avoir la moyenne au bac).
Certaines parties ne semblent pas servir à grand-chose, mais j'essaie d'établir l'univers de Lorne, qui est un personnage peu développé, alors ne vous énervez pas…
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Quelques fois, je ne comprends pas les dirigeants d'Atlantis, en particulier Weir. D'accord, l'expédition est internationale, multiculturelle, bref, une quinzaine de pays sont représentés, tous réunis par une seule et même merveilleuse langue commune : l'anglais. Bon, ça c'était au départ. Il est malheureusement arrivé du Dédale une cargaison de militaires espagnols, parlant anglais comme…comme…ben oui, comme une vache espagnole ! Et étant donné que Sheppard n'est pas très branché langues étrangères, et que je suis son bras droit…J'en ai marre, il me refourgue toujours les taches les plus ingrates : l'administration, le classement des rapports de mission, la gestion de l'équipement, l'accueil des petits nouveaux…
Alors pendant que monsieur s'amuse en mission avec Baloo, Boule de graisse et Barbie Chevelure des îles, je me tape tout le boulot qu'il est censé faire. La vie est injuste !
-Soy el commandór in segundo de la expedicìon y va a…a…montrar las…quartiers personnels…bégayais-je tant bien que mal. Il est marrant le Sheppard, j'ai pas fait d'espagnol depuis le lycée moi !
-¿ Donde ?
-Oui, donde, c'est ça…quartier personnels…va a montrar los dondes…
Devant l'air d'incompréhension générale, l'idée de me jeter par la baie vitrée à proximité m'effleura. Un des militaires posa sa main sur mon épaule et me chuchota sur le ton de la confidence que s'ils ne parlaient pas très bien l'anglais, ils le comprenaient parfaitement et que j'étais en train de me ridiculiser.
Ravalant mon humiliation et le rouge qui me montait aux joues, je leur montrais le chemin du bras.
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-Wharf.
-Si.
Là au moins on se comprend. On dit que les espagnols ont le sang chaud, et en l'occurrence on a raison. Javier -ou serait-ce Enrique ? Je suis d'un cliché…- est en passe de devenir une adresse quatre étoiles à mon guide Michelin personnel. Je le regarde attentivement alors qu'il est allongé à coté de moi, sa poitrine recouverte de poils se soulevant irrégulièrement. Mouais, il a plutôt une tête à s'appeler Julio ou Antonio.
-Cúal es tu nombre ?
Je n'en reviens pas, j'ai encore des notions d'espagnol après qu'il m'ait épuisé et grillé le peu de neurones qu'il me restait.
-Jonathan, me répond t'il en me lançant un regard qui demande pourquoi ça m'intéresse.
D'accord, comme nom typique on fait mieux, il faudrait que j'arrête de me faire des petits paris intérieurs.
-Me llamo Stephen.
-Je connais votre nom, j'ai quand même une vague notion de qui va me commander ici, me dit-il d'un ton moqueur.
Décidément, ce n'est pas ma journée.
Le type se lève et emporte le drap avec lui en le nouant autours de sa taille, me laissant grelotter, recroquevillé sur le lit. Mon lit. Je me sens comme une vielle pute dans ses moments là.
-Je vais prendre une douche, dis-je nonchalamment, les bras serrés autours de ma taille afin de me réchauffer, ou plutôt de me redonner une contenance. C'est fou ce qu'on a l'air bête quand on est nu et inoccupé.
Il approuve dans un grognement désintéressé, plié en deux à la recherche de ses vêtements. Je m'apprête à fermer la porte de la petite salle de bain quand il m'interrompt.
-Vous êtes le seul ici ?
-Le seul quoi ?
-Gay.
Je ne parviens pas à réprimer un sourire.
- Non, on est une bonne vingtaine en tout, lui dis-je avec un clin d'œil entendu.
-C'est dangereux pour vous de faire ça, me répond t'il plus gravement.
-Mon sort est entre les mains de l'administration, j'ai de bonnes raisons de croire qu'ils sont au courant. J'ai plus rien à perdre.
Pourquoi je suis aussi amer ? Ca ne me ressemble pas.
Il finit de s'habiller et s'en va, tandis que je me tiens bêtement à l'embrasure de la porte, perdu dans mes pensées.
Et si ce que je venais de dire était vrai ? Si vraiment je n'avais plus rien à perdre ?
Et là, je pense à Carson. J'ai trop souvent fantasmé sur des scénarios plus débiles et érotiques les uns que les autres, où par exemple j'étais rapatrié de force sur le Dédale et qu'il arrivait en courant pour m'embrasser et me dire qu'il m'aimait. Ou que j'étais incarcéré dans une de ces prisons qu'on ne trouve que dans les James Bond, qu'il arrivait pour me soigner et que ça dérapait. Que je le tirais in extremis des griffes d'un psychopathe local et qu'il m'en était éternellement reconnaissant. Ou encore que c'était moi qui allais le voir à l'infirmerie pour lui dire que je l'aimais.
C'était à cette dernière version de notre histoire d'amour idyllique que je pensais. Si je n'avais vraiment plus rien a perdre, peut être cela valait-il le coup d'essayer… Marcher doucement vers l'infirmerie, avec les jambes en coton et le cœur qui s'emballe, mes pas qui résonnent dans le couloir, l'infirmerie vide, lui en train de trier des dossiers, l'air fatigué, les traits tirés, moi qui arrive derrière lui et lui caresse la nuque, lui qui se retourne et me regarde avec cet air un peu naïf qui le rend si craquant, moi qui me penche et l'embrasse doucement, je lui dit que je l'aime, il me répond que lui aussi et…et…
Merde, je n'y arriverais jamais. Et puis de toute façon, il ne m'aime pas. Il ne me remarque même pas. Il n'a d'yeux que pour McKay, parce que lui c'est le genre de type qu'on remarque. McKay ne passe pas inaperçu, lui. Ce n'est pas un gentil garçon, au physique agréable mais sans plus, que tout le monde aime bien mais sans plus. Parfois j'ai l'impression d'être invisible, je suis Monsieur Tout le Monde, avec mes secrets et mon hypocrisie. Le gendre idéal, le voisin idéal, le copain comme ça, sans plus, l'idéal de la connaissance. Mais m'avoir comme amant ? Quelle horreur ! C'est vrai, je manque tellement de saveur…
Pourquoi Beckett voudrait de moi ? Lui est comme un plat exotique, avec son accent et ses gestes tendres, sa gentillesse et son physique si particulier.
Et puis il n'est pas comme moi, lui. Il est digne et romantique. Il ne couche pas avec le premier venu. Il ne s'abaisse pas à faire le genre de truc que je fais. Il ne se dit pas cinq minutes après l'avoir fait : « oh merde, j'ai oublié les capotes ».
C'est vrai, je devrai faire plus attention. On a appris au militaire qui est en moi à survivre, mais le pauvre petit pédé malheureux, lui, joue à la roulette russe avec son corps. Ces types ont étés examinés par Beckett, mais je ne sais même pas si être HIV positif ou une autre connerie dans le genre est rédhibitoire ici. En plus je ne compte même pas les MST alien qu'on peut trouver par ici.
Je décide de prendre une douche avant d'aller me faire examiner à l'infirmerie. Mon toubib adoré comprendra, j'en suis sur, même si je risque d'avoir droit à un sermon. Et peut être qu'alors j'aurais la force de lui avouer l'inavouable. Ou peut être pas, j'ai une étonnante capacité à me dégonfler. Et à être cynique, surtout en ce moment, je vois tout du mauvais coté, à m'écouter j'ai attrapé le SIDA, je mourrai célibataire et je vais me faire virer dans les jours qui viennent, le tout avant d'avoir eu la chance de fêter mes 30 ans. La semaine prochaine.
Réflexion faite, c'est peut être à cause de ça que je déprime…
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