Fatalité Changeante

Quatrième Chapitre

I wish I had lived the same past as you…

La pièce était baignée d'une douce lumière la rendant chaleureuse au possible, à l'opposé de son occupant qui ne l'était point. Assis à une petite table ronde en bois, l'homme était pensif comme à son habitude. Ses traits marqués par les années témoignaient de sa malédiction éternelle. Il était méconnaissable, ce Ron Weasley que tout le monde avait connu. Et pourtant c'était bien lui, accoudé à cette table, se noyant dans l'alcool pour oublier son passé, cette vie qu'il avait autrefois vécu et qui n'était plus que des bribes de conversations dans son esprit.

Il n'avait tenu qu'un an après son arrivé dans le passé avant de sombrer. Il se félicitait d'ailleurs souvent d'avoir tenu aussi longtemps en voyant sous ses yeux verts le futur changé. Avait-il perdu la tête ? Sûrement, à vrai dire il s'en fichait. Parfois il avait l'impression que rien n'était réel, que tout n'était qu'un rêve, un long rêve, et que bientôt il se réveillerai, qu'il verrait les visages souriant d'Hermione et de sa fille, mais aussi d'Harry. Il sourit tristement et porta une nouvelle fois à ses lèvres le petit verre et avala son contenu d'une traite. Il fit une grimace bien qu'il fut habitué depuis longtemps maintenant au goût amer de la boisson, et son regard se déplaça sur la pile de journaux se trouvant au milieu de la table.

Il était un fervent lecteur de la Gazette du Sorcier, grâce à ce journal Ron avait vent de tout ce qui se passait autour d'Harry. Et beaucoup de choses s'étaient déroulées pendant ces six années. Et rien n'avait été comme il l'avait vécu. Une fois de plus Ron se plongea dans ses souvenirs et se rappela douloureusement ce qui avait différé.

La première année d'Harry à Poudlard se fit aux côtés de Malfoy et de ses gorilles de Serpentards. Harry avait tenté de trouver la Pierre Philosophale en entendant que Voldemort la désirait. Il fut aidé de Draco bien évidemment, et heureusement le résultat fut le même, Harry détruisit Voldemort pour la seconde fois et il trouva la pierre. Ron avait tenté de se rapprocher d'Hermione si bien qu'ils étaient devenu de bons amis, et elle lui avait confié qu'elle parlait de temps en temps avec Harry, qu'il était un garçon charmant et respectable, bien qu'il fut détesté par tous les Gryffondors. Apparemment le Survivant avait suivit les traces de son père et s'amusait à embêter les plus faibles. Était-ce l'influence de Malfoy ? Ou la personnalité caché d'Harry qu'il n'avait jamais pu développé en le rencontrant lui ? A la fin de l'année Harry n'était pas retourné chez les Dursley, il avait été accueilli par la famille Malfoy, ainsi le Survivant vivait désormais chez des Mangemorts.

La deuxième année fût elle aussi différente bien que la fin fut la même. Les attaques du Basilic ont frappé les élèves de Poudlard et la Chambre des Secrets avait été ouverte. Ron avait pu entrevoir une conversation entre Draco et Harry sur le sujet, Draco ayant entendu certaines choses sur la Chambre de son père, il confia à Harry qu'il était le seul à pouvoir l'ouvrir puisqu'il était l'héritier de Serpentard, et que la chambre devait abrité l'énorme serpent. En regardant l'expression d'Harry à ce moment, Ron comprit que si Harry avait ce jour-là sauvé Ginny dans la Chambre, ce n'était par héroïsme, c'était parce qu'il voulait voir le Basilic. Harry n'a d'ailleurs jamais dévoilé à qui que ce soit ce qu'il s'était passé. Il était tout simplement revenu avec Ginny et le journal de Voldemort, détruit.

La troisième année, elle, n'avait rien à voir avec celle qu'avait vécu Ron. Il n'y eut aucune histoire avec Buck, Draco ne fut pas blessé mais Harry fut le plus courageux et chevaucha tout de même l'Hippogriffe argenté. Et puisqu'Harry vivait chez les Malfoy, lorsque le train fut arrêté par les détraqueurs, Harry se trouvait dans le compartiment de Malfoy et ne fut pas attaqué, et sa peur des détraqueurs ne fut pas déclenchée. Bien sur Sirius s'était tout de même enfuit d'Azkaban et avait tenté de le trouver. Harry avait appris, sûrement de Narcissa, que Sirius était son parrain, il avait donc tenté de rentrer en contact avec le prisonnier. La rencontre se fit dans la cabane hurlante, en compagnie de Lupin. Harry eut donc connaissance de ce qui était arrivé à ses parents, et que tout était la faute de Peter Pettigrow, qui se trouvait dans la pièce lui aussi, changé en rat, épiant la conversation. Manifestement il suivait Harry depuis de nombreuses années, dans l'espoir de trouver son Seigneur. Sans aucune rancœur, Harry avait simplement décidé de livrer Peter aux détraqueurs. Ils étaient donc sortis de la cabane, mais Lupin se transforma en loup garou et Peter profita de se moment d'inattention pour s'enfuir. Mais il n'y eu aucune course poursuite entre Harry et le loup, et Sirius ne fut pas blessé, puisque lorsque Lupin fut enfin totalement transformé, Harry le neutralisa comme si cela était d'une simplicité enfantine. Sirius n'en avait pas cru ses yeux, neutralisé un loup garou nécessitait une grande maîtrise de la magie mais ce qu'il l'avait le plus surpris, c'était la noirceur de la magie utilisée, si sombre qu'il avait pendant un instant reculé de peur. Ron entendit quelques temps plus tard que Sirius avait prêté allégeance à Harry, et cette nouvelle fit froid dans le dos de tous les élèves de Poudlard : Harry Potter était tenu en estime par un Sang-Pur et avait obtenu sa fidélité. Personne n'oserait se mettre en travers de sa route, quelle qu'elle soit.

La quatrième année fut la pire : le nom d'Harry fut bien entendu mis dans la Coupe de Feu et il fut contraint de participer malgré le fait qu'il ne voulait pas. Il survécu aux épreuves, mais personne ne sut ce qu'il s'était passé dans le labyrinthe. Harry était apparu grâce a la Coupe devant tous les spectateurs, le corps de Cédric dans ses bras, le regard sombre. Il n'avait versé aucune larmes ni montré aucun signe d'une quelconque tristesse. Il avait simplement regardé Dumbledore et avait annoncé devant le public déjà effrayé : Il est de retour, Voldemort est de retour. Encore aujourd'hui Ron se demandait ce qu'il s'était passé. Harry avait bien rencontré Voldemort mais il était revenu, que s'étaient-ils dit ? Ne rien savoir le rendait impuissant, bien qu'il l'était déjà.

La cinquième année rien ne se passa. Harry refusa la proposition de Dumbledore de rejoindre l'Ordre du Phénix, prétextant qu'il ne comptait pas se mettre sous les ordres de quiconque et qu'il ne voulait pas participer à leur guerre. Il avait d'ailleurs condamné le monde sorcier en une seule phrase : « Si Voldemort ne tente rien envers ma personne ou celle de Draco alors je ne me battrai pas contre lui ». Quelques jours après leur entrevue, Albus avait convoqué Ron, désespéré il lui avait demandé de l'aide pour détruire les horcruxes, ils partirent ainsi ensemble à leur recherche. Ils n'en trouvèrent que deux avant que Ron se rende compte qu'Albus était bel et bien mourant. Il avait donc continué à les chercher seul, avec l'aide d'Hermione, qui la soutenait du mieux qu'elle le pouvait.

Il plissa les yeux et se frotta avec force les tempes : ils étaient en plein milieu de la sixième année, et Ron atteignait les limites du supportable. Il n'avait qu'une envie, et bien qu'elle fut morbide, il désirait seulement se donner la mort. Laisser tout derrière lui, mettre fin à cette douleur pesante sur son cœur, dire au revoir au passé et à tous ce qu'il avait connu. Mais chaque fois qu'il pensait se suicider, il se rappelait le visage souriant d'Hermione, et il ne voulait pas perdre ses souvenirs-là. Il se battait ainsi contre ses propres démons, et il ne pouvait rien faire d'autre que se plonger dans la recherche des horcruxes.

Ces six dernières années avaient fait de Ron un tout autre homme, il n'avait plus rien de bête, il avait les traits durs et le regard froid. Les seules fois où il redevenait le Ron d'avant, c'est lorsqu'il se trouvait avec Hermione. Elle était son soleil, elle apportait la joie et lui donnait le courage de continuer. Elle avait d'ailleurs très vite remarqué que le rouquin semblait tourmenté, et Ron n'avait pas pu garder le secret bien longtemps : il lui avait tout avoué. Au début, elle avait eu du mal à le croire, après tout qui vous croirait si vous lui annonciez que vous veniez du futur et que dans votre présent vous étiez marié ? Il lui avait montré grâce à la pensine de Dumbledore ses souvenirs les plus précieux, et les laissa dans des flacons, il ne voulait plus se souvenir mais il ne voulait pas les perdre pour autant. Elle ne pouvait pas y croire, même après avoir vu les souvenirs du roux, mais lorsqu'elle avait croisé les yeux de Ron, elle ne sut pourquoi mais elle se sentit obligée de le croire, comme s'il n'était pas du genre à mentir. Elle avait vite ressenti cette fidélité que lui portait Ron : il n'avait d'yeux que pour elle. Elle trouva cela dommage qu'il ne tente pas de se rapprocher d'Harry, puisqu'ils étaient devenus amis dans son présent, ils pouvaient sûrement l'être dans celui-ci aussi. Mais chaque fois que Ron avait tenté de s'approcher d'Harry, il avait fui. Il ne supportait pas ce Harry-là. Il était impétueux, vulgaire, mesquin et pire encore, il était hautain, imbu de sa personne. Lui et son groupe de Serpentard étaient connu pour être l'élite de Poudlard. Harry et Draco terrorisait les élèves comme Neville ou Luna, des gens faibles d'esprit, naïfs. Albus ne pouvait malheureusement rien faire, s'attaquer à Harry Potter s'était se retrouver avec Lucius Malfoy sur les bras, et le pauvre Directeur avait bien assez de problèmes ! La seule personne que le grand Harry Potter tenait en estime était Hermione, au grand désarroi de Malfoy. L'héritier de Serpentard qui admirait une Sang-de-bourbe, c'était d'une ironie risible ! Il lui parlait souvent, il appréciait ses nombreuses connaissances et sa sagesse. Ce qui fut le plus ironique fut lorsqu'il avait aidé Hermione dans ses recherches sur les voyages dans le temps, car c'était le nouveau passe-temps d'Hermione : trouver un moyen de renvoyer Ron avant qu'il n'arrive, pour qu'il retrouve sa vie d'antan. Harry avait gentiment proposé son aide et Hermione avait bafouillé, assez gênée, qu'elle ne voulait pas lui imposer un sujet qui ne lui plairait pas. Et au grand étonnement de la jeune fille, Harry fut captivé par le thème. Mais même après six mois, elle n'avait rien trouvé. Ron était heureux et triste à la fois, il savait que c'était trop tard mais le fait qu'elle se démène pour lui lui réchauffait le cœur. Tout ce qu'il espérait maintenant, c'était que la suite ne soit pas pire qu'elle ne l'était déjà…


Il allait craquer vraiment, il était à deux doigts de lancer un « Avada Kedavra » à Zabini. Quinze minutes, QUINZE MINUTES qu'il parlait sans s'arrêter de leur victoire contre Gryffondor au Quidditch, qui n'était pas la première de surcroît ! Il ne tarissait point d'éloges à propos de Draco, à quel point il était le plus fort, le plus beau et surtout le meilleur attrapeur qu'est connu Serpentard mais ce n'était pas ce qui énervait le brun, oh non ! C'était cette idiote de Pansy qui bavait très clairement devant le visage fier de Draco. Harry roula des yeux et soupira lourdement, et la raison de son impatience le remarqua. Gênée, elle lui demanda timidement si tout allait bien.

« - Tu veux vraiment savoir Pansy ? Déclara Harry avec une pointe d'amertume que tous le monde ressenti à la table. Zabini déglutit difficilement et comprit immédiatement ce qui allait se passer. Il voulut intervenir mais Draco le retint par le bras, un sourire en coin. Perdue, Pansy acquiesça, regrettant instantanément son choix. Mon problème c'est toi. Alors tu vas quitter cette table et aller t'asseoir loin, de manière que je ne puisse même pas apercevoir un millimètre de ton être d'accord ? Maintenant dégage avant que je ne m'énerve.

Pansy resta bouche bée devant les propos du « chef » de la bande, jeta un regard suppliant à Draco et vit qu'il ne l'a regardait même pas. Elle quitta la table en pleurs, furieuse et sortit de la salle commune. Personne n'osa parler, apeuré à l'idée que le premier qui daigne parler se fasse incendier lui aussi par le Survivant. Ce fut Draco qui brisa le silence en passant son bras autour du cou d'Harry.

- Aller détend-toi le susceptible, sois pas jaloux voyons ! Ironisa le blond. Si tu voulais qu'elle te complimente il fallait s'inscrire dans l'équipe ! La pauvre elle ne va même pas oser revenir ! Tu sais qu'elle va t'obéir en plus, que tu es mesquin Potter, on dirait moi. Le dit susceptible tourna la tête vers Draco et le toisa du regard.

- Ça m'est égal, je ne plaisantais pas, son visage me donne envie de vomir. Cet aveu provoqua un fou rire général de la bande. Tous le monde savait qu'Harry ne supportait pas Pansy, et elle était la seule à lui faire perdre son sang-froid ainsi.

- Putain Harry ça se fait pas ! Arriva à prononcer Zabini entre deux fous rires.

- Avouez qu'elle le mérite quand même ! Ajouta Théodore, lui aussi au bord des larmes.

- Haha vous me faites tellement rire les gars... A l'entente de cette phrase, les garçons se stoppèrent et croisèrent le regard du brun : il ne pensait absolument pas ce qu'il venait de dire, et on pouvait voir très clairement qu'il était à deux doigts de les tuer.

- Désolé Harry on la ferme… lâcha honteusement Zabini. »

Harry soupira une nouvelle fois, il détestait plomber l'ambiance ainsi mais il ne pouvait s'en empêcher. Il ne savait pourquoi mais tout ce qui concernait Draco le mettait hors de lui. Il ne se contenait pas, il perdait toujours ses moyens. Il était pourtant une personne raisonnable et calme, mais quand cela impliquait le blond, il lui était impossible d'être lui-même. Et cela le Serpentard le savait pertinemment. Il gloussa sans que personne ne puisse le remarquer et glissa son regard dans celui du brun. Harry lui rendit son sourire, ce qui le détendit.

Draco était à ses côtés depuis le début, il ne l'avait jamais laissé tombé. Ils avaient vécu énormément de choses ensemble, des bonnes comme des mauvaises. Harry ne fit plus attention aux discussions qui avaient reprises de plus belles autour de lui et se remémora quelques souvenirs, comme celui où il avait vu Voldemort sous sa véritable forme pendant le tournoi des Trois Sorciers. Harry n'avait jamais pu avouer ce qu'il s'était passé à quiconque, ni même à Draco. Que penserait-il de lui s'il venait à lui dire la vérité ? Il avait peur que son meilleur ami ne soit effrayé. Non, jamais il ne pourrait lui dire. Il se rappela aussi la fois où il avait fêté ses seize ans chez les Malfoy, en compagnie de tante Narcissa et d'oncle Lucius comme ils aimaient qu'il les appellent. Ils le considéraient comme leur fils, comme un membre de la famille. Harry en était très fier et se ventait souvent de dire que les Malfoy l'aimaient sûrement plus qu'un parent ne devrait. Mais cela lui était bien égal, il avait une famille. Mais ce soir-là, les choses avaient été tendues, et Harry avait subtilement montré de quoi il était capable à ses parents adoptifs.

Pendant le repas, Lucius questionna longuement Harry sur ce qu'il comptait faire aux vues de la guerre qui se préparait, de quel côté il était et s'il comptait se battre contre le Seigneur des ténèbres. Harry savait au fond de lui que Lucius était un mangemort, et même l'un des plus fidèles à Voldemort, il l'avait reconnu lorsqu'il avait été ressuscité, mais il avait préféré ne pas en tenir rigueur. Il ne voulait pas blesser Draco. Harry avait alors dans le plus grand des calmes répondu qu'il ne comptait pas participer à la guerre si Voldemort ne s'en prenait pas à lui. Et c'est lorsque Lucius évoqua Draco que tout dérapa. Il vanta le fait que Draco étant un futur mangemort, Harry se devait de le suivre, pour qu'ils se protègent l'un l'autre. A cet instant, Harry avait senti la colère monter en lui si vite qu'une aura ténébreuse l'entoura, une aura si fine mais à la fois si dense qu'elle fit frémir le couple. Harry s'était levé brusquement, faisant tomber sa chaise dans la précipitation et jaugea Lucius un instant avant de répondre : « Moi vivant jamais je ne laisserai Draco devenir un sale mangemort est-ce que c'est clair ? ». Et il sortit de la pièce, laissant Narcissa et Lucius envahit par la peur qu'avait causé le jeune adolescent dans leur cœur.

Cet incident n'était pas si vieux, il s'était produit il y a quelques semaine déjà. Harry n'en avait pas parlé à Draco, il savait qu'il devait le faire mais que se passerait-il si Draco voulait devenir un mangemort ? Harry ne supporterait pas de rester à ses côtés.. Pourquoi ces hommes et femmes prêtaient allégeance à ce sorcier ? Il n'avait rien de charismatique ni d'enviable. Seul la peur pouvaient les pousser à faire cela, ou la folie.

Le brun fut tiré brusquement de ses pensées par la main de Draco posée sur la sienne qui semblait inquiet.

« - Ça va Harry ? Tous le monde est parti tu viens on va dans la salle sur demande ? Proposa-t-il.

- Euh ouais allons y. »

Harry se leva de son fauteuil et se dirigea accompagné de Draco jusqu'à la salle sur demande, qu'ils avaient trouvé il y a peu de temps. L'endroit parfait pour être tranquille. Et c'était ces moments qu'Harry préférait, lorsque le silence était tellement agréable qu'il faisait tout oublier. La salle était bondée d'un nombre incalculable d'objets magiques et Draco aimait partir en exploration, chercher ce qui pourrait être utile. Alors qu'Harry lui préférait s'asseoir allégrement sur un sofa et flemmarder. Mais aujourd'hui il n'était pas question de dormir. Draco le fit s'asseoir en face de lui et la fixa pendant quelques minutes avant de rompre le silence pesant.

« - Tu as quelque chose à me dire Harry n'est-ce pas ? Le questionna le blond. Après quelques secondes de réflexion, Harry se décida à avouer.

- Oui… la dernière fois quand je suis allé dîner chez ton père et ta mère pour mon anniversaire quand tu étais à Londres, ils m'ont demandé ce que je comptais faire à propos de la guerre qui approchait. Ils m'ont aussi dit que je devrai me ranger du côté de Voldemort… il marqua une pause et comprit que le blond savait de quoi retournait la suite de sa phrase en voyant son regard fuyant, puisque tu comptes manifestement le faire ! Lâcha haineusement Harry. Draco baissa les yeux et se toucha machinalement les mains, traduisant son malaise.

- Harry… je n'ai pas le choix… toute ma famille lui a juré fidélité… Il reprit son souffle et tenta de stopper ses balbutiements, si je ne le fais pas il va me tuer…

Harry, étonné de voir le blond si apeuré, attrapa sa main et la serra le plus fort possible. De son autre main il prit son menton et le força à entrer en contact avec ses yeux.

- Tu as confiance en moi Draco ?

- … bien sûr que oui…

- Alors je ne le laisserai jamais te toucher tu comprends ? Je ne te laisserai pas devenir un mangemort, déclara le Survivant. »

Draco lui sourit tendrement, soulagé. Il se savait en sécurité avec Harry, il savait mieux que quiconque qu'il ne fallait pas le prendre à la légère. Parfois il se demandait même si les sorciers ne devaient pas plutôt le craindre lui plutôt que Voldemort. Mais Harry n'était pas une menace pour le monde sorcier. Il voulait juste protéger Draco.

Cette proximité entre eux était née il y a deux ans, après le tournoi. Harry semblait sombré dans un monde tout autre, comme s'il était happé par les ténèbres en lui. Alerté Draco avait eu si peur qu'il lui avait avoué qu'il l'aimait et qu'il ne voulait pas perdre le Harry qu'il connaissait. Et la réponse d'Harry fut au-delà des espérances du blondinet : il l'avait embrassé si langoureusement que Draco se demandait encore aujourd'hui si c'était bien son premier baiser. L'effet fut escompté, Harry se focalisa sur sa relation avec Draco et oublia lentement les événements du tournoi. Depuis ce jour, Harry ne savait pas vraiment quelle était sa relation avec Draco. Sortaient-ils ensemble ? Draco n'était pas du genre à sortir avec des gens, et encore moins un homme. A vrai dire depuis ce jour, ils n'avaient pas recommencé. Seulement des regards tendres ou encore une main qui se glisse discrètement dans celle de l'autre pendant un cours. Une relation alimenté de simples tendresses. Et Harry remerciait Draco d'être ainsi. Il se voyait mal l'embrasser une vingtaine de fois par jour ou encore se cacher pour avoir des relations sexuelles.

Et pourtant, lorsqu'il croisa une nouvelle fois le regard acier de son compagnon, il arriva à déceler du désir. Il approcha en conséquence son visage du garçon et déposa ses lèvres sur les siennes. Il sentit l'autre se rapprocher de lui et bientôt leur corps furent collé l'un à l'autre. Harry passa sa main dans la chevelure du blond et intensifia le baiser avec prudence. Il entendit Draco gémir doucement sous ses assauts et sourit. Il se recula tout en continuant de caresser ses cheveux. Il s'apprêtait à continuer lorsqu'il se rendit compte qu'il était malheureusement l'heure d'aller en cours de potion. Ils rigolèrent tous les deux et se rendirent en cours.


Cela faisait déjà deux bonnes heures qu'Hermione lisait assidûment à la bibliothèque. Elle désespérait de ne rien trouver au sujet des retourneurs de temps. Pour tout dire, si les livres disaient vrais, Ron aurait dû retourner dans mon temps au bout de cinq heures. Et pourtant six ans après le voilà toujours coincé ici. Elle désirait tant l'aider, l'homme semblait se rapprocher du gouffre chaque fois qu'ils se voyaient. Ils ne se voyaient que très peu, le roux étant très occupé depuis que Dumbledore lui avait demandé de trouver les horcruxes. Hermione trouvait cette tâche bien trop difficile pour une seule personne, mais Ron lui avait avoué qu'il l'avait déjà fait et qu'il pouvait le refaire seul. Il était fort d'esprit, elle devait se l'avouer. Il avait tout perdu et était forcé de revivre son passé, qu'il voyait changer sous ses yeux sans rien pouvoir faire. Elle le plaignait énormément. Parfois elle se demandait si rester à ses côtés était une bonne idée, il devait sûrement en souffrir plus qu'autre chose, et pourtant lorsqu'elle voyait son visage s'illuminer lorsqu'il lui parlait, elle revenait tristement à la réalité : elle était la seule personne qui lui permettait de survivre à tous ça. Si elle n'était pas là, il aurait fait une bêtise depuis longtemps. Voilà pourquoi elle ne pouvait pas abandonner cet homme. Elle le condamnait à mort si elle le faisait.

Elle s'arrêta dans sa lecture, prit les livres dans ses petits bras et sortit de la bibliothèque. Elle allait avoir cours de potion et allait enfin pouvoir voir Harry, qu'elle n'avait pu apercevoir qu'au match de Quidditch entre Serpentard et Gryffondor. Il se trouvait non loin d'elle dans les tribunes, encourageant Malfoy. Lorsqu'il l'avait aperçu, il lui avait fait un signe de la main avec le sourire qui l'avait fait rougir jusqu'aux oreilles. Elle ne pouvait s'empêcher de le trouver magnifique lorsqu'il souriait. Elle comprenait pourquoi toutes les filles l'aimait. Il était beau, charismatique, mauvais garçon et drôle. Il avait tout. Hermione se sentait de plus privilégié lorsqu'il lui parlait, sachant qu'il ne parlait qu'à très peu de filles. Et plus encore il l'admirait ! Elle ne savait pas s'il se moquait d'elle mais il lui avait dit qu'une fille intelligente méritait d'être reconnue, et non laissée derrière. Grâce à lui elle avait pu entrer en contact avec des professeurs très connus d'autres écoles et obtenir des bouquins très rares. Mais malgré ses attentions Hermione ne savait rien de lui. Grâce à Ron, elle connaissait le Harry qu'il avait connu lui, qui semblait être l'opposé de celui-ci. Et elle ne savait pas lequel était le mieux.

Elle marcha en direction de la salle joyeusement, elle regarda devant elle et aperçu Harry et Draco sortir d'une salle qu'elle ne connaissait pas. Elle se cacha instinctivement, comme si elle venait d'être témoin de quelque chose qu'elle n'aurait pas dû voir. Elle pencha la tête sur le côté pour pouvoir les observer discrètement. Elle vit la porte de la salle disparaître et Harry regarda autour de lui sans la voire. Elle le vit déposer un baiser sur la joue de Draco, qui le lui rendit aussitôt, le sourire aux lèvres. Elle s'adossa au mur et les entendit partir en rigolant. Elle glissa le long du mur froid et mis sa tête entre ses bras. Une larme vint rejoindre le sol et Hermione fut étonnée. Pourquoi pleurait-elle ? Harry aimait Draco et alors ? Ce n'était pas vraiment un secret, tous le monde disait que leur relation était bien trop malsaine et ambigu pour être seulement des amis. Mais… peut-être que le voir de ses propres yeux lui fit réaliser quelque chose. Elle aimait Harry Potter. Et elle savait que jamais elle ne pourrait être avec lui. Elle repensa à la description du Harry que Ron connaissait, et à la manière dont le roux la regardait. Il lui avait dit qu'il était un garçon gentil, toujours prêt à aider, qui pensait au bonheur des autres avant le sien. Il ne cherchait pas à attirer l'attention sur lui, il était juste Harry Potter. Il était l'opposé de ce Harry. Et Hermione se rendit compte que de tomber amoureuse du Survivant allait lui rendre la vie difficile.

« - J'aurai tellement aimé vivre le même passé que toi... »