Chapitre 4 :

Un conte c'est un conte qu'importe le regard qu'on y pose. Les choses s'en vont et viennent. La fascination de comprendre, d'essayer d'interpréter et analyser le monde à travers ces récits. C'était ce que l'humain pouvait appeler la psychanalyse des contes de fées. Il n'y avait pas d'entendement, il n'y avait pas de tort ou de raison. C'était une existence propre qui fut rendu visible par les contes oraux avant de passer par l'écriture. C'était un monde à part où se mélangeaient la réalité et l'irréel où les peurs des uns faisaient le bonheur des autres. Au premier abord, ces récits n'ont rien d'attrayant dans la plupart, un des parents est mort systématiquement, c'était la mère. C'était des problèmes, des avis, des conceptions qui étaient utilisées comme l'abandon des enfants, la maltraitance. C'était une partie de la réalité. Ce n'était pas triste bien que les contes racontaient des choses effrayantes et morbides.

C'était ce genre d'horreur qui attirait les enfants, les adultes grandissant avec. Une lecture qui permettait de mettre en contact les premières émotions à partir de situations sans devoir les vivre eux-mêmes. C'était ce que l'on pouvait appeler un développement de la capacité imaginatives, de se projeter dans des mondes irréels délaissant le réel. Rien, juste des pensées virevoltant au gré des sentiments, de pouvoir s'échapper dans des mondes fantastiques, imaginaires où c'était leur loi négligeant ainsi ce monde monotone et terne de la vie quotidienne. C'était aussi apprendre des leçons, d'évoluer, d'apercevoir et d'appréhender le monde qui voulait les dévorer avant que la vie n'est commencée sous les développements affectifs, cognitifs et sociaux. Des drames, tout le monde en vit chaque jour qu'importe l'heure qu'importe la raison. C'était le fardeau rien de plus rien de moins.

L'harmonie : chose essentielle qui guidait les familles mais qui cessait au bout de quelques secondes. Les relations vis-à-vis de la société sont interpersonnelles. Quelle est la place de qui ? C'était un symbolisme sans nom et c'était ce que les contes racontaient. Il n'y avait pas d'inauthentique ni quelque chose de tangible. C'était ainsi que les contes pouvaient à l'instar du jeu établi, être à l'origine du dialogue imaginaire que l'enfant allait créer dans ces moments de détente et de loisir renforçant ainsi les capacités de l'enfant. Les monstres affreux, les robots dévastateurs de l'univers, les ogres qui mangent des enfants. Ce sont ces mêmes monstres auxquels les enfants s'attachent. Ces récits répondaient parfaitement à tous les rêves et les cauchemars enfantins : l'amour, la tendresse, l'abandon, la séparation, le noir, les loups, la jalousie, la cruauté, les adultes méchants. Tout ça faisant écho à la vie familiale. Une force pure détruisant et construisant des vies.

Les contes ont été rabotés et polis pour correspondre à la société par exemple avec le conte de Blanche-Neige, la belle-mère folle de jalousie n'ordonne pas seulement le cœur de Blanche-Neige au chasseur, mais également son foie, dans le but de dévorer ces viscères pour s'approprier la beauté de la princesse. Dans une autre version, la reine invitée au mariage de Blanche-Neige, fut condamnée à danser jusqu'à ce qu'elle rende l'âme, chaussée de souliers de fer, chauffés à blanc. C'était des choses horribles qui transmettaient plein d'émotions et de ressentiments.

La salle où devait se passer la consultation n'était pas vraiment très beau. Tant de gens y passait sans laisser de trace. Les murs de la pièce étaient tous blancs, blanchâtres sans vie ne rendant pas le confort que certains patients voulaient. Un canapé beige en face du bureau de la psychiatre. C'était ces deux meubles qui donnaient un peu de couleur. La psychiatre Soixante-Cinq était une psychanalyste venant de loin, de très loin. Elle était la meilleure dans son domaine. Elle faisait toujours ses preuves quand il fallait et le cas de son patient Walker l'intéressait de plus en plus. Elle ouvrit la porte de son bureau, la ferma et alla poser ses affaires. Cette salle n'était pas très belle, elle aurait aimé qu'il y ait quelques changements pour au moins mettre de la vie et de ne pas la ternir. C'était comme attendre dans le couloir de la mort. En soupirant, elle rangea quelques dossiers dans son bureau par nom de famille. Elle avait dix consultations aujourd'hui et elle allait commencer par Walker. Soixante-Cinq gratta derrière son oreille alors que son regard chocolat regardait ses diplômes et ses récompenses qu'elle avait eu au cours de sa vie. Elle avait fait beaucoup d'études mais le seul qui l'intéressait vraiment c'était d'être psychiatre et médecin et c'est ce qu'elle a fait. Cela avait été dur surtout pour ses relations humaines. Elle était jeune à cette époque et elle ne cherchait pas de petit ami ou mari.

Sa carrière passait avant tout. Durant ces études, elle avait fait des connaissances pour la vie. Et c'était dans un cours dans le département scientifique qu'elle avait pu rencontrer l'homme de sa vie et ils étaient toujours ensemble. Chacun connaissant l'importance du travail qu'ils ont dû fournir pour être le meilleur. C'était bizarre de dire qu'elle aurait du être en vacances avec son mari qui avait préparé une excursion pour leur vingt ans de mariage. Elle y était contente d'y aller mais un appel venant de l'hôpital de la congrégation de l'ombre, un des meilleurs hôpitaux du monde, la psychiatre qu'elle était ne pouvait pas dire non donc, elle avait accepté et son mari avait compris. Mais avant de partir, elle avait fait une surprise à son mari de la supporter comme elle le supportait.

Depuis quelques mois, elle s'était installé dans un appartement très près de l'hôpital pour être toujours disponible. La retraite n'était pas pour maintenant, elle avait quarante ans et la vie devant elle. Elle ouvrit le dossier du jeune Walker et lit comme tous les jours. Ce gamin avait fait fuir plusieurs psychiatres avant elle. C'était effrayant à voir que même l'un d'eux était parti en soin intensif à cause de la dépression. Elle avait bien observé ce jeune homme que les autres appelaient ''fou'' un terme qu'elle détestait. C'était comme dire que le patient était un monstre. C'était pas du tout professionnel. Il y avait beaucoup d'étapes à franchir avec chaque patient, pour Walker, il fallait d'abord qu'il fasse son deuil qu'il refusait catégoriquement. Elle se rappelait de la première fois qu'elle avait rencontré monsieur Walker, c'était quelqu'un de très calme qui calculait tout au millimètre près. Comme à chaque fois avant une rencontre, elle était toujours nerveuse et c'était bien car cela la gardait éveillée et en garde quand les choses pouvaient dégénérer.

L'expérience était très importante quand elle avait devant soi des patients qui sont d'une grande intelligence mais malheureusement quelques infirmiers, docteurs, psychiatres les prenaient comme si les malades n'étaient capables de rien faire, et c'était la plus grosse erreur. Le dernier psychiatre a été viré à cause du jeune homme, ne pouvant pas le comprendre. C'était des choses qui arrivaient. Elle s'assit sur sa chaise confortablement et attendit. Quelques coups furent donnés sur la porte.

– Entrez'' dit-elle alors que son patient rentra dans la pièce avec un sourire au coin, il s'assit sur le canapé.

– Bonjour, doc'' dit-il monotone. L'ennuie s'apercevait déjà dans sa voix.

– Bonjour, monsieur Walker. Comment allez-vous ?'' en prenant un stylo et son calepin qu'elle mit au milieu de la table et commença à écrire.

– Oh vous savez la même routine comme tous les jours de la semaine, du mois et de l'année. Je me lève à cause d'un con qui se nomme Link, je vais à la douche, je m'habille, je mange avec madame Hevlaska, je prends mes médicaments qui en passant son horrible, le goût reste à désirer et je viens en thérapie et en fait, prétendument je suis dingue et votre matin doc !'' sa voix était étouffée par le bonbon orange acidulé qu'il mangeait.

– Tout s'est bien passé'' la psychiatre répliqua, en regardant le patient. Allen Walker était épuisé, des grandes cernes sous ses yeux, la fatigue se lisait sur la posture qu'il tenait, son dos voûté, ses doigts bougeant frénétiquement, ses yeux se mouvaient partout. Le blandin était frustré.

– Est-ce qu'on est obligé de parler'' en grimaçant, ça n'allait pas.

– C'est à vous de voir, je vous le conseil sinon on va rester ici pendant une heure dans le silence'' en marquant des observations dans son calepin,- mais comme savez, j'espère vous connaître un peu plus durant cette séance et les autres qui vont s'ensuivre.

– Oh doc'' en soupirant,- sérieux pourquoi vous êtes devenu psychiatre ?

– Parce que je veux aider les patients'' dit-elle sincèrement, c'était une question que les patients ne posaient pas souvent.

– Je vois parce qu'on est une cause perdue donc vous voulez nous sauver, vous vous prenez pour dieu'' dit-il en tortillant une de ses mèches blanches.

– Je ne vois pas en quoi dieu vient faire ici !

– Je sais pas peut-être un complexe d'infériorité va savoir les gens d'aujourd'hui ne savent plus qui ils doivent suivre. Vous connaissez l'expression, si tu ne peux pas raisonner avec dieu joue avec le diable.

– Non…

– C'est très intéressant, dieu que les gens croient connaître nous a délaissé mais le diable apparemment est toujours là. Vous êtes croyante'' elle était tellement concentrée à marquer quelque chose qu'elle ne vit pas le sourire malicieux et la lueur dans les yeux d'Allen. Kanda quand a lui l'avait vu, accroché au pied du bureau.

– Monsieur Walker ce que je crois n'a rien à voir avec la séance.

– Mais je discute, doc. C'est vous qui avez dit, je parle de ce que je veux, où est-ce que la religion est un point sensible chez vous ?!

– Non.

– Donc vous êtes chrétienne, musulmane, bouddhiste, hindouiste, vous êtes dans une secte vénérant dieu ou le diable ! Va savoir chacun peut choisir. Il y en a tellement…

– Et vous monsieur Walker en croit vous croyez'' elle répliqua, elle tenait quelque chose.

– Moi je ne crois en rien, mon père croyait en dieu mais dieu l'a laissé tomber'' elle écrivait alors qu'Allen regardait le plafond son dos enfoncé dans le canapé, les pieds tirés.

– Vous pouvez me dire un peu plus…

– Oh doc, vous savez mon père travaillait dans des cirques, j'ai aimé aller voir les spectacles mais les choses horribles qu'ils font aux animaux m'a dissuadé d'aller à nouveaux. Mon père a dû chercher un autre job. Je peux'' dit-il en montrant une carafe d'eau qui était sur la petite table.

– Bien sûr.

– Merci, doc. J'ai mal à la gorge. Vous savez qu'il y a des gens vraiment bizarres ici'' en remplissant son verre en plastique.

Va-t'en

Allen grimaça, la voix se manifestait à nouveau. C'était toujours de quelque chose d'agaçant et perfide.

Comment peux-tu faire ça. Elle va essayer de te faire oublier notre père.

– Ce n'est pas le tiens'' il cria.

– Monsieur Walker vous allez bien'' en fronçant les sourcils,- asseyez-vous je vous en prie.

Il prit le verre d'eau et but, et but essayant de se calmer. Un cri d'agonie qu'elle avait entendu.

– Asseyez-vous ne m'obliger pas à appeler un surveillant'' Allen fit ce qu'elle demandait. Sa gorge était en feu. Son regard perdu, il regardait sans regarder. Sa posture avait changé plus ferme, plus froid alors qu'il défaisait l'emballage en forme de tête de citrouille pour manger son bonbon orange acidulé. Encore un autre bonbon, pensa la psychiatre.

– Dites-moi, il y a quelque chose qui vous est arrivé ces derniers jours'' elle prenait un autre chemin pour essayer de le faire s'ouvrir à nouveau.

Allen pensa vraiment et sourit :

– Un papillon.

– Qu'est-ce qu'il y a avec le papillon ?'' curieusement, mais assez libérateur selon la tournure que la conversation allait prendre.

– Hier soir, j'ai vu beaucoup de papillon dans ma chambre, c'était vraiment magnifique. C'était comme s'ils m'observaient

Elle nota :

– Pourquoi les papillons ?'' le blandin avait compris la question'' répliqua-t-elle voulant juste connaître quelque chose de son patient, ce mystère qu'elle voulait voir s'écrouler ne laissant qu'un adolescent perdu et abusé de la vie.

– Liberté, elle est ma liberté. J'en ai vu un ce matin quand je prenais ma douche, le papillon était noir.

– Vous pensez que c'était votre imagination qui vous disait quelque chose'' sa voix était posée quémandant des réponses implicites.

– Oh doc, j'ai conscience de la réalité et ces papillons dans ma chambre existaient bel et bien présent et ce matin aussi.

– D'accord, vous voulez en dire un peu plus sur ça.

– Ça me manque…

– Quoi monsieur Walker ?'' en fronçant les sourcils. Allen lui, s'amusant de l'intérieur.

– Ce papillon de ce matin, j'ai eu un vrai contact avec lui. On aurait dit qu'il était habitué aux contacts des êtres humains. J'ai envie de partir avec lui.

– Qui ?

– Mais voyons madame Soixante-Cinq avec le papillon'' s'indigna Allen sachant pertinemment ce que la psychiatre sous-entendait. Elle continuait à écrire,- je vous ai dit que les gens sont bizarres ici.

– Oui, vous l'avez déjà dit.

– Ah bon'' avec un sourire au coin,- il y a cette infirmière comment elle s'appelle'' en mordant son ongle,- la règle stipule qu'aucun personnel ne doit pas avoir des relations intimes avec les patients.

– Oui,

– Pourquoi ?'' mais Allen répondit toute suite à la question qu'il se posait à la place de la psychiatre,- parce qu'on est pas apte à donner notre consentement. C'est vrai en quelque sorte donc si je vous dis qu'il y a une infirmière qui abuse d'un patient, qu'est-ce que vous allez faire ?

– Dire au responsable.

Allen sourit de toutes ses dents :

– Alors et votre déontologie qui dit, ne dites jamais les choses qui ont été dites ici. Vous avez fait le serment donc comment je peux vous faire confiance'' en croisant ses bras et ses jambes, avec un sourcil levé. Allen jouait et enfin elle comprenait.

– Je peux si un de mes patients est en danger. C'est un cas de force majeur.

– Et comment me faire confiance !'' en prenant un autre verre d'eau. C'était à ce moment que Kanda vola alors que la psychiatre avait bougé ses pieds le faisant décoller. Les deux regardèrent ce papillon noir tournoyer autour d'eux avant de se poser sur le plafond,- vous me croyez si je vous dis que ce papillon me suit'' en regardant le plafond, rêveur.

– Pourquoi cette impression !'' elle écrivait délaissant le papillon. Allen était détendue maintenant grâce à l'insecte.

– Oh vous savez que j'avais des amis avant de venir ici'' changea de sujet le blandin toujours regardant le papillon ne prêtant plus attention au psychiatre,- avant toutes ces emmerdes. Les gens sont hypocrites en même temps tant que ça arrange, il n'y a pas de problème'' elle écoutait tout simplement,- j'avais cet ami, je sais plus comment il s'appelait on va l'appeler Pamplemousse, il était charmant à l'âge de onze ans toujours à penser aux filles, à cet âge-là, je vous le dis où va le monde. C'était un idiot, mais je l'aimais quand même, c'était mon idiot. C'était un ''frère'' pour moi dans ma famille d'accueil. Est-ce qu'ils ont dit que j'ai essayé de les tuer à cause de mes voix ?!

Ce n'était pas moi, c'était toi. Toi et tes combines, ne me mets pas tout sur le dos, crétin.

– Oui, vous avez pris un couteau et pendant leur sommeil…

– J'ai aimé cette famille mais les choses horribles, insoupçonnables que le père de famille faisait avec une jeune fille qui n'avait que dix ans alors oui peut-être je suis malade mais malade d'aider. Oh en regardant votre visage, ils ont pas dit ce passage. Censure pour que je passe pour un fou que moi seul soit le fautif. Ne parlant même pas de la mère qui maltraitait mon idiot de ''frère'' à cause de ces mauvaises notes à l'école. Une belle famille rien d'extraordinaire. La chance du débutant.

– Je n'ai pas eu vent de ça'' sachant pertinemment qu'elle n'aurait pas dû répondre car ne pas savoir est un signe de faiblesse.

– L'ignorance tue, doc. Vous savez que j'adorais écrire des mélodies avant de venir ici'' en changeant de sujet à nouveau,- mon père m'a tout pris. Un homme bien.

Elle écrivait sans relâche, c'était une mine d'or qu'elle avait sous ses yeux. Allen, son regard était dérivé vers le plafond.

Tue-le

– Non…

– Monsieur Walker'' en l'entendant parler tout seul.

– Désolé doc, ma voix. Elle est chiante aujourd'hui. J'aime jouer du piano, mais il n'y en a pas et je me sens triste'' en la regardant cette fois avec une mine triste alors qu'à l'intérieur, il passait juste le temps. Madame Soixante-Cinq ne pouvait que croire, elle le voulait vraiment. Allen voyait dans le regard de la femme qu'elle avait besoin de l'aider.

La chute ne sera que plus dur…

– Et si à notre prochaine séance, je faisais installer un piano.

– Pourquoi le ferez-vous ?'' intrigué, Allen l'était.

– Parce que j'ai envie de voir des évolutions pas juste des paroles.

– Je vous aime bien, doc'' un sourire au coin et son regard partit vers le plafond,- cela va m'aider grandement. L'art est un concept perceptible et imperceptible. J'ai horreur lorsque les gens pensent que l'art peut être capturé avec un simple papier et crayon. C'est tellement beau visuellement parlant comme la peinture, c'est un orgasme quand on l'écoute comme la musique. C'est intense, merveilleux et extraordinaire. C'est rare les gens qui le comprennent. J'adore le sculpteur, peintre Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni car lui a compris qu'il peignait pour laisser une trace pas uniquement pour l'argent. C'était un dieu à lui tout seul avec un talent inné. Pareil pour Leonardo di ser Piero da Vinci, de Vincent Willem Van Gogh, de Wolfgang Amadeus Mozart. Ce sont même l'essence de la vie. Un patrimoine incroyable. Un art unique.

Le psychiatre Soixante-Cinq le regarda. Une lueur de folie dans les yeux de son patient. Une envie de donner au monde son talent, de le comprendre. C'était comme un animal en cage. Elle eut mal au cœur et un peu peur en se l'avouant.

– Avez-vous essayé de comprendre l'essence de l'art ?'' une question légitime. Le corps d'Allen se pétrifia. Il calma sa respiration, la lueur disparut, son corps ne tremblait plus d'excitation. Le blandin lui tourna le dos et parla :

– J'ai essayé vraiment mais personne ne voulait écouter disant que je n'étais qu'un gamin sans talent. Mon père a cru en moi et c'était vrai. C'était un pianiste avant tout. Mais ici, je ne peux pas l'exercer et cela me frustre'' en bougeant ses mains frénétiquement,- ici'' sa voix devenait grave,- c'est ma prison. Elle tue mon imagination, mon inspiration. C'est un cercle sans fin, doc. Je déteste le monde comme elle me rend bien. Alors je vous pose la question madame, pourquoi vivre si la seule chose n'est pas à votre toucher. Que la seule chose qui relie le passé et le présent n'est plus.

Elle avait les larmes aux yeux, elle devait reprendre et continuer. Son patient était torturé.

Elle pleure, je crois.

Tais-toi.

Franchement tu t'améliores de jour en jour. Peut-être elle va nous faire sortir.

Qui sait !

Tu es d'accord, j'adore ça. Soi poli et envoûte-la.

C'est ce que je fais idiot, mais tu m'empêches.

– Monsieur Walker.

– Désolé, j'étais perdu dans mes pensées. Vous disiez !

– L'heure est arrivée.

– Ah, d'accord. Donc je vous vois demain à la même heure, doc.

Elle hocha la tête et il était parti oubliant complètement le papillon qui s'envolait, le suivait. Allen traversait les couloirs de l'hôpital.

Un jour où l'autre ce nom que tu utilises pour notre prison doit avoir quelque chose en plus. L'asile c'est plus approprié qu'un hôpital.

– Oh tais-toi.

Ses chaussures faisaient du bruit contre le sol récemment poli. Ses mains étaient enfouies dans les poches de son manteau gris, sa tête était tournée à regarder les autres qui passaient ne le remarquant pas.

Pourtant, tes cheveux…

– Oh bon sang, qu'est-ce qui ne va pas avec toi ?

Je m'ennuie, allez viens on va faire une blague à Link.

– Tu veux vraiment être arrêté.

Il ne saura pas comme toujours, c'est un idiot.

Il tourna pour entrer dans la partie hospitalière de l'asile où il remarqua son infirmière.

Notre, tu veux dire.

Ne communiquant pas, il alla jusqu'à Hevlaska :

– Salut'' murmura Allen.

– Oh te voilà jeune homme, je pensais que je devais aller te chercher.

– T'inquiète pas je vais prendre mes médicaments comme un bon garçon que je suis.

Hevlaska sourit, prit son carnet de notes et regarda ce qu'il allait avoir pour aujourd'hui :

– Attends quelques minutes'' Allen hocha la tête et la vit partir prendre les pilules.

Tu veux vraiment me faire taire.

– Tu me laisses pas le choix, pas aujourd'hui'' murmura le blandin d'un souffle.

Et moi dans tout ça.

S'il te plaît arrête, ma tête me fait mal.

– Tiens, Allen'' elle lui donna avec un verre d'eau et le prit,- comment ça s'est passé ?

– Bien'' en grimaçant, ces pilules étaient dégueulasses.

Il n'était plus d'humeur et la laissa, marchant errant sans entendre cette voix. Il entendit quelqu'un pleurer, la voix s'approchait. Au coin du regard, il vit une petite fille âgée peut-être de dix ans venir vers lui. S'approchant doucement voyant que personne d'autres ne se donnaient la peine. Il la calma, écoutant ce qu'elle avait à dire :

– Ma maman'' elle renifla,- mon papa'' elle secoua la tête d'incompréhension, Allen tapota doucement son dos,- mon papa est mort et maman ne veut plus de moi.

– Pourquoi ?

– Elle pense que c'est de ma faute si papa est mort. Elle dit que j'ai un problème, que je suis malade. Un docteur a dit que j'ai le… je sais plus, mais je veux voir ma maman.

– Oh mon ange calme-toi, tout va bien se passer.

– Mon papa me manque'' pleura-t-elle encore et encore, son petit corps tremblait.

– Moi aussi mon papa me manque.

– Lui aussi est mort'' dit la petite fille les larmes aux yeux en reniflant.

– Oui, c'est mon ange gardien comme ton papa va devenir le tien.

– C'est vrai'' maintenant elle était curieuse.

– Oui, ton papa va veiller sur toi.

– J'adore ça'' d'une voix enfantine,- je m'appelle Jenny.

– Allen enchanté ma puce'' elle lui sourit,- je vais t'accompagner.

– Merci monsieur Allen'' le blandin lui sourit.

Les jours fondent en instant, de brèves et de moments

Je ne me connais plus, tous mes repères perdus

Je croyais voir le monde, pour c'qu'il était vraiment

Mais son arrivée me tourmente, et pourtant

Je me croyais plus forte, usée par notre époque

Mes plaies s'ouvrent pour lui, ne faut-il pas que je m'emporte

Le vent souffle vers l'est, de rire et de caresse

Je tangue autrement.

Et je suis somnambule, mon rêve devient silence, et j'erre sans lui,

Les doutes d'une incrédule, se perdent dans la nuit

Et tout s'est décidé, je n'vis que d'idéaux, de mots cassés

Je tente d'être complétée, d'amour et d'inconnu.

La petite fille chantait, elle avait une voix incroyable. Il ne savait pas de quelle chanson c'était, mais il écoutait comme quand il chantait petit.

– Allen'' dit une voix qu'il connaissait bien.

– Ah te voilà Lavi'' dit-il alors que la petite se cachait derrière lui.

– Oh quelle est cette puce ?'' dit Lavi essayant de la voir, elle tournait et Lavi courait pour l'attraper.

– Elle s'appelle Jenny et arrête de courir, laisse-la tranquille. Jenny voici mon ami Lavi'' elle fit un salut de la main timide,- tu es de bonne humeur.

– Oui, je suis allé à la bibliothèque pour oublier où on est.

– Bonne chance pour ça'' alors qu'ils marchaient pour accompagner la petite fille. La petite fille leur indiqua l'infirmière qui était censée prendre soin d'elle et lui dit au revoir, elle fit de même.

– Bon qu'est-ce qui t'es arrivé ce matin ?'' demanda Allen.

– Qu'est-ce que j'en sais, je me suis levé du pied gauche sans doute.'' avec un sourire au coin.

– Mmm je vois, ton grand-père n'a pas pu te rendre visite'' Allen savait toucher dans le mille et le roux était habitué.

– Oui, et je m'inquiète pour lui. C'est un vieux Allen'' dit Lavi, le blandin sourit.

– Tu as déjà essayé de l'appeler.

– Tu sais très bien qu'ils nous laissent pas'' Allen sourit de toutes ses dents,- euh merde'' pourquoi le roux avait dit cette phrase déjà. Allen n'attendait que ça, faire une bêtise.

– Eh oui, allez viens…

À suivre…