Titre : Heartbreaker
Auteur : Lilou Black
Genre : Romance, humour, post GravEx
Fandom : Gravitation
Pairings et personnages : divers
Rating : T
Disclaimer : Propriété de Maki Murakami
Note : Merci à Kiranagio, à Chawia et à ma Piwi pour leurs reviews. Les commentaires sont le salaire de l'auteur heureux.
Ceci est l'avant-dernier chapitre. J'en avais prévu quatre au départ et j'avoue m'être un peu laissée dépasser. Vous devrez donc attendre dimanche prochain pour savoir la fin.
Bonne lecture à tout le monde.
Tatsuha attendit devant la maison. Selon la tradition, il n'aurait pas dû voir Ayaka avant les fiançailles officielles. S'il s'était montré devant sa porte, elle aurait refusé de le voir, obéissante comme elle l'était aux coutumes des familles de moines. Mika était donc montée la chercher et il se tenait dehors, en essayant de réfréner son impatience.
Il savait ce qu'il allait lui dire. Il espérait que ses arguments seraient assez solides et qu'elle lui accorderait facilement ce qu'il voulait. Ainsi il pourrait retourner dès le lendemain à Tokyo et retrouver Ryuichi qui, il devait se l'avouer, lui manquait de plus en plus. Il anticipait le moment où ils se reverrait, moment qui se terminerait sans doute à l'horizontale. Son esprit un peu pervers se réjouissait d'avance et il devait se retenir d'imaginer ce qui se passerait à ce moment-là, penser aux différentes positions du kama-sûtra n'étant guère convenable quand on attendait sa future ex-fiancée.
La porte s'ouvrit soudain et Mika sortit. Ayaka, elle, resta plantée dans l'entrée, les deux mains plaquée sur sa bouche :
« Tatsuha, s'écria-t-elle d'un ton désapprobateur, qu'est-ce que tu fais là ? Tu sais bien que nous n'avons pas le droit de nous voir avant la cérémonie !
— Ça m'est totalement égal, répliqua l'adolescent, désinvolte. Sors d'ici. Personne ne saura que nous nous sommes parlé. J'ai juste certaines choses à te dire et je voudrais que tu m'écoutes attentivement. Après, je te laisserai tranquille, c'est promis.
— Quoi ? Tu tiens toujours à rompre notre mariage, n'est-ce pas ? Au nom de je ne sais quels principes égoïstes. As-tu pensé à ce que dirait ton père ? As-tu pensé à ma famille ? As-tu pensé à… à moi ?
— Mon père, je m'en fiche complètement. Il peut dire ce qu'il veut, ça me passe au-dessus de la tête. Ta famille… ma foi, si elle y tient, elle te trouvera un autre mari, si c'est ce que souhaitent tes parents. Des fils de moines, ce n'est pas ce qui manque sur le marché. Quant à toi… figure-toi que j'y ai pensé. Je suis peut-être un égoïste et un salaud à tes yeux, mais c'est le cas.
— Si tu disais la vérité, tu accepterais notre mariage sans faire d'histoire, affirma Ayaka, péremptoire.
— Mais est-ce vraiment ce que tu veux ? Au plus profond de toi, est-ce que tu veux vraiment m'épouser ?
— Ce que je veux n'a guère d'importance. Il faut respecter les traditions. Tu es l'héritier du temple de ton père. Pas conséquent, tu dois te marier et avoir des enfants qui pourront reprendre l'héritage à ta suite.
— Si j'ai des enfants avec toi, il faudra que… Ayaka, tu sais comment on fait les enfants, n'est-ce pas ? »
La jeune brune rougit jusqu'à la racine des cheveux.
« N'évoque pas ce sujet ici, Tatsuha. C'est indécent.
— Au diable les convenances ! Est-tu vraiment prête à coucher avec un homme que tu n'aimes pas ? Ou est-ce que tu préfères fermer les yeux et imaginer que c'est avec mon frère que tu le fais ? »
La réaction d'Ayaka ne se fit pas attendre et Tatsuha fut surpris par la gifle qu'elle lui asséna à pleine volée.
« Tu n'as pas honte ? s'écria-t-elle »
Elle avait les yeux pleins de larmes et semblait en état de choc. L'adolescent se frotta la joue. Elle n'y était pas allée de main morte.
« C'est fou, reprit-elle. Mes parents m'ont élevée pour que j'aie une belle vie et que je fasse un mariage convenable et… et les deux hommes qu'on m'a proposés ne veulent même pas de moi. Le premier a préféré un garçon et l'autre… tient des propos inconvenants !
— Je dis ça pour toi, sombre idiote, rétorqua Tatsuha qui commençait à s'énerver. La vie n'est pas faite que de convenances. Tu es peut-être satisfaite de ton éducation mais vu de l'extérieur, tu es des filles les plus collet-monté que j'aie jamais vu de ma vie. C'est dommage, parce que tu as de la personnalité, tu es loin d'être laide, et si tu passais directement de l'emprise de tes parents à celle d'un mari que tu n'as même pas choisi, tu gâcherais ta vie.
— Qu'est-ce que tu en sais ?
— Je le sais parce que j'ai confiance en ce que tu pourrais devenir si tu quittais les jupes de ta mère et ces sacro-saintes traditions qui te rassurent tant mais qui sont totalement ringardes. Réfléchis-y, Ayaka. Prends la bonne décision. Dehors, il y a certainement des choses splendides qui t'attendent.
— Et toi ? Qu'est-ce que tu vas devenir si tu ne m'épouses pas ? Que va dire ton père ?
— Qu'il se débrouille, je m'en moque. Il peut brûler le temple si ça le chante, ce n'est pas moi que ça va gêner. Quant à moi… je te dirai simplement qu'un de mes rêves est en passe de se réaliser. Je refuse d'y renoncer pour me marier avec toi, tu comprends ? »
Ayaka ne sembla pas comprendre, mais Tatsuha pensa que c'était aussi bien comme ça. Elle se contenta de baisser la tête et de regagner sa maison en disant qu'elle allait réfléchir et qu'elle l'appellerait dans la soirée. Elle avait l'air songeuse. Le jeune homme espéra que son petit discours avait fait effet.
Sur le chemin du retour, il ne remarqua pas tout de suite le regard amusé de Mika. Il fronça les sourcils en voyant les yeux de sa sœur briller avec malice.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
— Tu es transparent, Tatsuha… Je me sens idiote de ne pas avoir deviné tout de suite à qui tu avais fait référence quand tu m'as dit que quelqu'un t'attendait à Tokyo. Il n'y a qu'une personne pour laquelle tu braverais la volonté de Père. Il n'y a qu'une personne susceptible de réaliser tous tes rêves. En fait, tu as fait tout ça pour Ryuichi Sakuma. Je me trompe ?
— Tu me connais trop bien, grande sœur…
— Tu es heureux ?
— Je le serai pleinement quand Ayaka aura rompu les fiançailles.
— Tu sais que théoriquement, je ne suis pas sensée approuver ce genre de relation… mais tu es plus équilibré qu'Eiri, et je ne pense pas que Sakuma te fera du mal. Cependant, si jamais c'est le cas, préviens-moi. J'irai lui flanquer une paire de claques dont il se souviendra toute sa vie. »
Tatsuha sourit. Il était sûr que jamais une chose pareille ne se produirait. Même s'ils n'avaient pas eu le temps de se connaître pleinement, il sentait que le couple qu'il formait avec Ryuichi serait solide… et durerait très longtemps.
oOØOo
Il n'eut pas besoin d'attendre un appel éventuel d'Ayaka. Dans la soirée, son père reçut la visite des parents de la jeune femme, totalement paniqués. Elle avait disparu, ne laissant qu'une lettre derrière elle en disant qu'elle quittait la ville et que ce n'était pas la peine de partir à sa recherche. Elle ajoutait qu'elle souhaitait que ses fiançailles avec Tatsuha soit annulées. Le vieux Uesugi se lamenta sur ce beau parti évanoui dans la nature et, comme il était loin d'être idiot, il ne lui fallut pas longtemps avant de soupçonner son fils d'y être pour quelque chose. Ce dernier nia, ainsi que Mika. Non, les fiancés ne s'étaient pas rencontrés. Non, Tatsuha n'avait pas essayé, par quelque moyen que ce fût, de persuader Ayaka de rompre les fiançailles. L'adolescent ne cacha guère son soulagement et le vieux moine déclara qu'il allait se mettre sans tarder en quête d'une nouvelle épouse pour son fils cadet. Mika s'interposa et fit à son père une leçon de morale remarquablement cinglante : il était évident que Tatsuha ne voulait pas reprendre le temple. L'y obliger n'était pas la meilleure preuve d'amour que l'on puisse donner à sa descendance. Elle s'énerva tellement qu'elle fut obligée de s'asseoir, le souffle coupé par le bébé qui s'agitait dans son ventre. L'inquiétude poussa le moine à s'incliner. Il trouverait une famille de valeur pour s'occuper du temple après lui et Tatsuha retrouverait sa liberté. Il se lamenta néanmoins sur l'égoïsme de ses fils et regretta que Mika ne fût pas un garçon : elle au moins avait la tête sur les épaules.
Tatsuha s'éclipsa discrètement en se promettant de remercier sa grande sœur le plus chaleureusement possible : après tout, il lui devait une fière chandelle et c'était grâce à elle que son problème était réglé.
oOØOo
Il appela Ryuichi tard dans la soirée. Ce dernier, comme s'il attendait son coup de fil, décrocha immédiatement.
« Tat-chan ?
— C'est moi, Ryuichi. J'ai une bonne nouvelle à t'annoncer. Je rentre à Tokyo dès demain.
— C'est vrai ?
— Oui, c'est vrai. Les fiançailles sont rompues. Je suis libre comme l'air.
— Je suis content de l'apprendre, mais tu ne pourras pas profiter longtemps de ta liberté. Juste le temps du voyage en train. Après, tu seras à moi et je ne te laisserai plus jamais repartir.
— Je ne repartirai pas.
— Tu promets ?
— Oui. Je te promets solennellement que je serai ton esclave… tant que tu voudras de moi.
— Je ne suis pas prêt de me lasser de toi… après ce que tu m'as dit hier soir. »
Tatsuha rougit. Ryuichi faisait allusion à sa déclaration d'amour de la veille. Alors il répéta ces fameux petits mots, un peu galvaudés, un peu salis, mais qu'il n'avait jamais prononcés avant autant de sincérité. Il lui dit également d'autres choses, peut-être un peu trop intimes pour être consignées ici. La conversation téléphonique terminée, l'adolescent dut se précipiter dans la salle de bains pour prendre une douche. Bien froide. Qui ne calma pas ses ardeurs pour autant.
Il avait hâte d'être au lendemain.
Ses yeux brillaient et ses joues étaient rouges. Elle semblait plus gaie et plus bavarde qu'elle ne l'avait jamais été. Hiroshi était cependant soucieux. Elle avait beau détester qu'on le lui dise, mais Azumi était un petit gabarit et boire trois verres de whisky n'était pas très indiqué pour une crevette qui devait peser cinquante kilos toute mouillée.
Il la retint par le poignet alors qu'elle allait lever la main pour commander une quatrième boisson :
« Ça suffit, dit-il.
— Pourquoi ? bouda-t-elle. Vous n'êtes pas drôle.
— Vous avez trop bu, Azumi. Vous tenez vraiment à faire un coma éthylique ?
— Qu'est-ce que vous y connaissez, aux comas éthyliques ?
— Si je ne m'étais pas lancé dans la musique, j'aurais fait médecine. J'ai même passé le concours pour entrer à la fac.
— Vous auriez dû poursuivre dans cette voie-là. Le monde du spectacle, c'est pourri.
— On s'y fait…
— Non, répliqua Azumi en allumant une cigarette et en soufflant plusieurs ronds de fumée. On ne s'y fait pas. J'y ai passé la moitié de ma vie, et je déteste toujours autant ça. Si vous vous y habituez, soit vous êtes maso, soit vos capacités d'adaptation dépassent l'entendement, Nakano-san. »
Hiroshi ne répondit pas. Il savait qu'elle avait raison quand elle parlait de l'aspect intraitable du show business. Il avait failli une fois arrêter la musique, quand K avait voulu utiliser la vie privée de Shûichi pour augmenter les chiffres de vente de leur premier album. Il était finalement revenu en échange d'un rendez-vous galant avec Ayaka. Quand on voyait où cela l'avait mené, il s'était bien fait avoir… Certes, il aimait toujours autant jouer de la guitare mais son histoire sentimentale avait fini dans le mur. Il repoussa la pensée de son ex-petite amie dans un coin de son esprit et regarda la jeune femme qui lui faisait face.
« Je vous raccompagne chez vous, dit-il. Vous avez assez bu comme ça et je n'aime pas l'idée que vous rentriez toute seule.
— Ne vous en faites pas, ce n'est pas la peine, je peux très bien rentr… oups ! »
En se levant, Azumi vacilla contre la table. Hiroshi la retint par les épaules.
« Ça va ?
— Désolée, souffla-t-elle. Je me suis peut-être levée un peu vite.
— Je vous ramène. Ne bougez pas, je vais payer l'addition et je reviens. »
oOØOo
La parolière habitait dans un quartier assez excentré qu'Hiroshi ne connaissait pas. Il ne se vit pas la ramener là-bas en moto ni en métro parce qu'elle avait beaucoup trop bu. Il se sentait un peu responsable. Il aurait dû mieux veiller sur elle. Dans le même temps, il avait passé une très bonne soirée avec elle. Ils avaient beaucoup discuté et elle avait laissé au placard sa panoplie de porc-épic désagréable. Il devait par ailleurs s'avouer qu'elle était très mignonne ainsi vacillante et gloussante sous l'effet de l'alcool, avec ce regard fatigué.
« Je vous emmène chez moi, dit-il. Vous habitez trop loin et je n'ai pas envie que vous soyez malade dans le métro.
— D'accord, dit-elle. Mais si vous avez le moindre geste déplacé, je vous assomme. »
Hiroshi n'en avait nullement eu l'intention. C'était un garçon bien élevé, après tout. Il eut un sourire rassurant et Azumi le suivit sans faire d'histoire. Chez lui, il lui prêta un pyjama et lui laissa son lit pour aller dormir sur le canapé.
Il eut du mal à trouver le sommeil. Malgré sa bonne éducation, cette fille lui plaisait énormément. Il avait compris, au cours de leurs discussions, un certain nombre de choses. Pourquoi elle était aussi désagréable. Pourquoi elle accordait aussi difficilement sa confiance… et pourquoi elle n'aimait pas les enfants. Hiroshi ne savait pas trop si les confidences d'Azumi étaient dues à sa présence ou aux trois verres qu'elle avait bus. In vino veritas, disait le proverbe.
Il n'empêchait qu'il aurait bien voulu ne pas passer la nuit sur le canapé.
oOØOo
Elle donnait vraiment l'impression d'être minuscule, vêtue d'un pyjama deux fois trop grand pour elle et sans les bottes à hauts talons qu'elle portait pour sembler plus grande. En la voyant entrer dans sa cuisine, Hiroshi eut un peu peur de croiser son regard. Certaines personnes pouvaient avoir la gueule de bois revêche. Curieusement, ce n'était pas le cas d'Azumi. Elle semblait un peu gênée.
« Merci pour votre hospitalité, Nakano-san, dit-elle.
— Ce n'est rien, répondit-il en se grattant l'arrière de la tête. Je n'aurais pas voulu que vous ayez un accident. Et soyez gentille, appelez-moi par mon prénom. »
Il rougit en s'entendant parler, surpris de sa propre audace. La parolière lui jeta un regard soupçonneux :
« En quel honneur ? demanda-t-elle. On ne sort pas ensemble, que je sache… à moins que vous n'ayez profité du fait que j'aie bu…
— Absolument pas, s'offusqua le musicien. Je vous avais promis de n'avoir aucun geste déplacé à votre égard, vous ne vous en souvenez pas ?
— Hum… J'avoue que mes souvenirs sont un peu flous. Je n'aurais pas dû boire autant. Quoiqu'il en soit, je… tant mieux s'il ne s'est rien passé. Je ne couche jamais le premier soir. »
Et le deuxième, eut envie de demander Hiroshi, mais il parvint à se retenir de lui poser la question. Il n'avait pas spécialement envie de se prendre une paire de claques dès le matin. Certes, Azumi semblait parfaitement calme, quoiqu'un peu tendue, mais il la connaissait assez à présent pour savoir qu'elle était une vraie bombe à retardement.
Ils burent une tasse de café et Azumi avala deux aspirines pour chasser son mal de tête. Elle emprunta également une chemise à son hôte parce qu'elle refusait d'aller travailler avec ses vêtements de la veille, de peur que les gens se posent des questions. Bien entendu, le vêtement était beaucoup trop grand pour elle mais elle réussit à l'arranger de sorte qu'il soit portable et qu'elle ne ressemble pas à « une fille qui a piqué la chemise d'un mec », comme elle le dit elle-même.
Tandis qu'ils se rendaient aux studios, Hiroshi resta plongé dans ses pensées et se demandait ce qui allait se passer entre Azumi et lui. Même si elle avait passé la nuit chez lui (à défaut de la passer avec lui), elle ne semblait guère le considérer autrement que comme un collègue de travail. Elle était certes un peu moins froide mais c'était loin d'être la grande affection. Il ignorait s'il aurait le courage de l'attendre, même si elle lui plaisait beaucoup. Peut-être faudrait-il finalement qu'il se fasse une raison et qu'il admette que sa vie sentimentale était un ratage complet, à moins qu'il n'essaie de se tourner vers d'autres horizons.
« J'espère que Shindô n'a pas encore amené le gnome d'hier, sinon je fais un malheur, dit Azumi, histoire de rompre le silence.
— Je ne pense pas que ce serait dans son intérêt. »
La jeune femme lui jeta un regard en biais :
« Vous semblez préoccupé, Nakano-san. Tout va bien ? »
Le guitariste se sentit au pied du mur. Il lui aurait volontiers menti sur ses pensées présentes mais quelque chose lui disait qu'elle ne le croirait pas. Il prit donc son courage par la peau du cou :
« Azumi, vous voulez sortir avec moi ? »
Elle alluma une cigarette :
« Vous êtes conscient de ce que vous demandez ?
— Vous vouliez savoir ce qui me préoccupait, alors je vous réponds.
— Vous ne pouvez pas me demander ça, c'est ridicule. J'ai le physique d'un asticot.
— Je vous trouve mignonne.
— J'ai un caractère de merde.
— Mais quand vous souriez, vous êtes encore plus belle.
— Je ne sais pas faire la cuisine.
— C'est pas grave, je me débrouille très bien avec une casserole.
— Je ne plairais pas à votre mère.
— Vous n'en savez rien.
— J'ai du sang occidental.
— Je m'en fiche totalement.
— Je…
— Vous ne pouvez pas savoir à ma place de quoi j'ai envie ou pas. »
Elle le regarda d'un air étonné. Hiroshi s'était un peu laissé gagner par l'agacement.
« Dites-moi tout de suite que je ne vous plais pas au lieu de vous dénigrer, au moins ce sera plus honnête.
— C'est plus compliqué que ça, Nakano-san. Vous ne me déplaisez pas, loin de là. Seulement, j'ai pour principe de ne jamais sortir avec quelqu'un de mon boulot.
— Ça vous est déjà arrivé ?
— Non, puisque c'est un de mes principes.
— Ça ne vous dirait pas de laisser vos principes au placard pour une fois ?
— Vous êtes têtu. »
Elle souriait. Hiroshi se sentait gêné. Jamais il n'avait eu affaire à une créature pareille, mais il la comprenait, quelque part. Elle écrasa sa cigarette, puis elle dit :
« Si Shindô a encore amené le gnome, je refuse. S'il l'a envoyé au diable ou fait bouillir dans une marmite, je veux bien essayer. Ça vous dirait d'aller voir un film d'action débile pendant le week-end ? J'adore ça. »
Le guitariste trouva le marché des plus bizarres mais il en avait vu d'autres. Ça ressemblait même un peu au contrat que lui avait proposé Ayaka à l'époque : reprendre la musique en échange d'un rendez-vous. Ceci dit, Azumi avait avoué qu'il ne lui déplaisait pas, alors… Il acquiesça sans dire un mot, et il pensa très fort Shûichi, si tu as ramené ce foutu marmot aux studios, je te fais bouffer ton micro.
Rage posa le livre qu'elle venait de terminer au sommet de la pile bancale en équilibre sur son lit. Une de ses caractéristique, à part ses passions d'otaku, son amour pour les armes de guerre et sa personnalité des plus fantasques était de lire très vite. La veille au soir, elle s'était renseignée sur Internet, avait sélectionné plusieurs titres d'ouvrages et avait envoyé Bill dès l'ouverture des librairies lui procurer une demi-douzaine de bouquins.
En début d'après-midi, elle en avait déjà lu trois.
Les guides pratiques pour femmes essayant de s'attirer l'attention d'un homme lui semblaient d'une bêtise sans nom. C'était cliché à pleurer et elle ne se reconnaissait dans aucun des exemples fournis dans le livre… comme elle ne se voyait pas faire ce qui était conseillé pour attirer l'attention de son nouveau jouet. Elle avait bien trop de caractère pour ça et quelque chose lui disait que cela ne plairait pas à Fujisaki. Autrement dit, l'acquisition de En amour, tout est possible était de l'argent jeté par la fenêtre.
Par ailleurs, les romances hétérosexuelles étaient d'un ennui mortel. Elle s'était procuré Cool du fameux Eiri Yuki et elle avait détesté. D'abord, ça finissait mal. En plus, l'héroïne était une vraie nunuche. Pour finir, ça manquait sacrément de piment et de scènes cochonnes. Dire que ce type avait obtenu le prix Naoki… Les jury des prix littéraires étaient décidément un tas de vieux croulants qui ne connaissaient rien à rien.
Rage n'était pas plus avancée après ses lectures. Elle n'avait même plus envie de lire les trois ouvrages qui lui restaient.
Pourtant, elle savait que quelque chose n'allait pas. Ses méthodes poussives auraient pu marcher sur Shûichi Shindô s'il n'avait pas été amoureux de cet abruti d'écrivain ou sur Ryuichi Sakuma s'il avait été un peu moins stupide. Le cas de Fujisaki était différent. Jusqu'alors, Rage avait cru attirer les gens dans ses filets en les faisant tourner en bourrique, mais le pianiste de Bad Luck était la plupart du temps d'un calme olympien et ne se laissait que rarement dépasser par ses émotions, aussi elle se doutait que ses techniques habituelles ne fonctionneraient pas.
Elle aurait pu renoncer et retourner à ses anciennes amours pour les beaux gosses fantasques et frappadingues mais quelque chose chez Fujisaki la plongeait dans des états qu'elle n'avait jamais connus jusqu'alors. Etait-ce parce que c'était une proie difficile à attraper ? Etait-ce son charme juvénile, ou l'énergie qu'elle soupçonnait sous les apparences calmes, telle la lave au fond d'un volcan ? Elle l'ignorait. En tout cas, elle sentait qu'elle ne pourrait pas laisser tomber et qu'elle ne retrouverait sa sérénité qu'au moment où le jeune homme serait son esclave… et plus si affinités.
En soupirant, elle alluma son ordinateur et se connecta à Internet. Une bonne fanfic bien cochonne lui changerait peut-être les idées. Elle se rendit sur un site où des fans inventaient des histoires mettant en scène des personnalités du monde du spectacle s'envoyant joyeusement en l'air les uns avec les autres mais, au moment où elle cliquait sur le lien d'une histoire à priori intéressante, Bill surgit de nulle part :
« Vous ne devriez pas, Mademoiselle Rage.
— De quoi j'me mêle ? s'écria l'adolescente d'un ton revêche.
— Lisez plutôt ceci. »
Il lui tendit un magazine féminin portant en gros titre : Ces hommes inaccessibles : comment les séduire. Rage bondit :
« Ça va pas, la tête ?! Je ne peux pas lire ce… cette… raaaaaaah, jette-moi ça, Bill. Ça m'agresse la vue.
— Vous devriez pourtant essayer. Je suis de votre côté, vous savez… »
L'ancienne directrice artistique se saisit de la revue et s'en servit pour frapper le crâne de son garde du corps :
« Ça ne te donne pas le droit de te mêler de mes affaires. Fous le camp ! »
Bill s'en alla sans demander son reste… et sans récupérer son magazine. Rage le jeta dans un coin puis, décidant que les grands maux valaient les grands remèdes, elle prit son téléphone portable et appela sa meilleure amie.
« Allô, fit une voix ensommeillée à l'autre bout du fil et néanmoins du monde.
— Judy ?
— Rage, ma chérie ! Comment va ?
— J'ai besoin de tes conseils.
— Attends. »
L'ancienne directrice artistique entendit un bruit d'ouverture de réfrigérateur et de liquide qu'on versait dans un verre.
« Excuse-moi, dit Judy. Je me suis servi du jus d'orange pour me remettre les idées en place. Dis-moi ce qui t'arrive.
— Je voudrais… euh… changer mes méthodes de séduction.
— Haha… tu as quelqu'un en vue ? Encore un Asiatique mignon à croquer ?
— Oui, mais il est différent. Je crois que… que le menacer de meurtre tout le temps, ça ne va pas marcher.
— Il était temps que tu t'en rendes compte, ma belle. Combien de fois t'ai-je dit que les flingues, le poison et les paires de baffes ne servaient à rien pour séduire quelqu'un ?
— Mais c'est de la persuasion… et de la symbolique ! Au moins, quand tu fais semblant de les détester, ils ne se doutent de rien…
— Ça ne t'est jamais venu à l'idée de te conduire de façon normale avec quelqu'un qui te plaît ? Je ne sais pas qui est le nouvel élu de ton cœur, mais si tu allais simplement le voir sans emmener d'armes, de kérosène, de gants de boxe et sans lui parler de costumes de lycéenne et de serre-tête à oreilles de lapin, ce serait peut-être mieux… Oh, et évite aussi de lui parler de yaoi. Les garçons n'aiment pas ça.
— Pourtant, tu étais armée quand tu es sortie avec Claude, objecta Rage.
— Oui, mais il adore ça. Ce n'est pas parce que nous avons échangé notre premier baiser en parlant des derniers produits de l'industrie d'armement israélienne que c'est pareil pour tous les couples, tu sais…
— Oui, mais si je ne lui parle ni de flingues ni de yaoi, de quoi je dois lui parler ?
— De choses qui l'intéressent, lui. »
Oh mon Dieu, pensa Rage, un peu paniquée. Elle discuta encore un peu avec Judy puis elle raccrocha son téléphone, profondément perplexe. Son regard tomba sur le magazine que Bill avait laissé. Sous le gros titre qui promettait de tout apprendre des méthodes de séduction des hommes inaccessibles, elle vit un autre intitulé, écrit en tout petit : Premier rendez-vous : que faire ?
Elle ramassa la revue et se plongea dedans.
oOØOo
Se déplacer à pieds sans son robot panda lui faisait un drôle d'effet. De même que ne pas avoir d'arme dans la poche intérieure de sa veste. Elle avait certes un petit revolver caché au fond de son sac, pour des question de sécurité. Sortir désarmée équivalait pour elle à se promener dans le plus simple appareil. Pourtant, elle savait qu'elle devait faire des efforts même si elle ignorait pourquoi elle se donnait autant de mal. Pourquoi ce gosse, pensait-elle. D'accord, il est mignon et son caractère me plaît, mais ces arguments sont-ils suffisants pour toute cette mascarade ? Parce que oui, pour Rage, avoir une attitude normale et conforme à n'importe quelle jeune fille de son âge relevait de la mascarade. Elle avait suivi les conseils de Judy et ceux du magazine de Bill, laissant son arsenal au placard et portant des vêtements ni trop sexy ni trop voyants. Elle espérait que le jeu en vaudrait la chandelle parce que dans le cas contraire, l'humiliation serait traumatisante. Elle n'était pas femme à renoncer à sa folie pour les beaux yeux d'un garçon.
À proximité des studios, elle s'acheta un smoothie citron-fraise, aussi tendance chez les otakus que le milk-shake à la mangue, et attendit près de la sortie. Dans les buissons entourant l'immeuble se tenait caché Bill, armé jusqu'aux dents. Rage lui avait bien expliqué de ne pas bouger et de ne pas faire d'esclandre, même si Fujisaki élevait un peu la voix. Il était hors de question que ce fichu garde du corps flanque tout par terre.
Elle faillit perdre toute contenance en voyant sortir Shûichi. Ce dernier frissonna de la tête aux pieds en la voyant et s'approcha d'elle avec précautions :
« Rage ? Qu'est-ce que tu fais là ? »
Noooooooon, pensa l'interpellée. Ne pas penser à Shindô déguisé en Hamtaro. Raaaaah ! Bonnet à oreilles de Mokona, nombril à l'air et jupe à pois, culotte en dentelle et body imprimé vache… tais-toi, cerveau ! Hors de ma tête, les images !
« Je… j'attends quelqu'un, répondit-elle d'une voix qu'elle espéra à peu près normale. Où est Riku Kitazawa ?
— À la maison, pourquoi ?
— Fujisaki m'a dit que tu l'avais emmené aux studios hier parce que Yuki voulait qu'il retourne en Amérique.
— Tu as vu Fujisaki hier ?
— Oui. »
Rage rougit jusqu'aux oreilles. Qu'est-ce qui m'arrive, bon sang ? se demanda-t-elle.
« Tu es sûre que ça va ? Tu n'as pas l'air dans ton état normal.
— Qu'est-ce que tu veux dire, Shindô ? demanda Rage d'un ton pincé.
— Tu ne m'as fait aucune proposition bizarre, tu n'as pas sorti de mitraillette et… en gros, tu as l'air normale. Ça m'inquiète, tu sais… »
Ces simples propos suffirent à faire sortir la jeune femme de ses gonds. Au moment où elle se jetait sur le chanteur pour lui coller un crochet du droit qui lui dévisserait la tête, une voix s'interposa :
« Qu'est-ce que vous faites encore ici, Mademoiselle Rage ? »
Elle suspendit son geste. Devant elle se tenait l'objet de ses pensées.
Elle était mal barrée.
Tôma Seguchi ignorait s'il devait être satisfait ou déçu de la récente tournure qu'avait prise l'affaire Riku Kitazawa. Il avait tout de suite su ce que cet abruti de Shindô avait manigancé : enlever l'enfant et le mettre en lieu sûr pour éviter qu'il ne soit renvoyé à New-York. Bien entendu, l'intelligence du chanteur n'étant pas son point fort, son plan avait été limpide : emmener Riku aux studios et le cacher chez ses parents avant de trouver une autre solution. Eiri avait deviné aussi rapidement que lui de quoi il en retournait et avait récupéré son amant et le petit garçon avant même que Tôma n'envoie quelqu'un s'en charger. La petite famille temporaire était donc réunie.
Le directeur de N-G savait que son beau-frère avait des regrets. Que finalement, il acceptait de garder Riku pour faire plaisir à Shindô. Pourtant le blond savait que l'idée était mauvaise. L'ombre de l'agresseur d'Eiri planerait au-dessus d'eux tout le temps où l'enfant vivrait avec eux. C'était mauvais pour la santé mentale de l'écrivain, et il ne s'agissait pas que ce dernier fasse passer cette question primordiale après les caprices de son stupide petit ami.
Il avait pu parler au téléphone avec Yoshiki. Il lui avait proposé une somme exorbitante pour qu'elle les débarrasse de cet encombrant gamin. Avec cet argent, non seulement elle n'aurait pas besoin de travailler mais elle pourrait mener la belle vie pendant plusieurs années. Elle pourrait payer une baby-sitter de luxe pour Riku et vivre comme elle l'entendrait sans avoir à se préoccuper de lui. Elle lui avait répondu qu'elle comptait venir au Japon d'ici quelques jours pour discuter de tout cela de vive voix et il attendait impatiemment son arrivée.
Il était certes heureux qu'Eiri ait pu retrouver son amant avant que celui-ci ne disparaisse dans la nature avec l'enfant (quoique, le connaissant, savoir où il se terrait n'aurait guère été difficile, même s'il était parti à l'autre bout du pays). Tôma avait beau détester cordialement ce jeune inconscient au quotient intellectuel de colibri, Eiri y était attaché et sa présence, faute de le rendre heureux, le satisfaisait, sinon il n'aurait pas fait tous ces efforts pour le garder.
Pourtant, dans le même temps, si Shindô avait disparu… cette relation qui mine de rien était encore destructrice pour l'écrivain aurait pris fin et Tôma aurait eu son beau-frère pour lui tout seul. Il l'aurait obligé à déménager, à venir s'installer avec lui, Mika et l'enfant à venir et tout aurait été parfait.
Cette histoire était décidément bien compliquée et il était pressé que cela prenne fin.
En prenant l'ascenseur pour se rendre dans son bureau directorial, il avait croisé l'objet de son désarroi, à savoir l'impossible Shindô. Ce dernier semblait de fort belle humeur et il avait des cernes sous les yeux. La nuit avait dû être longue.
Devant cette expression à la fois fatiguée et extatique, Tôma fut pris d'une vague nausée. Il avait encore du mal à s'habituer à la place qu'avait prise ce débile dans la vie de son beau-frère.
« Je suis heureux de constater que vous soyez revenu à la raison, Shindô-san, dit-il froidement.
— Qu'est-ce que vous voulez dire ?
— Vous avez renoncé à cette idée ridicule d'enlever Riku Kitazawa pour éviter qu'il ne retourne aux Etats-Unis.
— J'y ai renoncé parce que Yuki est venu me chercher.
— Cela n'empêchera en rien le départ du garçon, ce qui est aussi bien. Votre égoïsme m'agace, Shindô-san. Vous prétendez aimer Eiri mais vous êtes prêt à lui faire du mal simplement parce que vous vous êtes entiché de ce gamin.
— Yuki aussi veut le garder.
— C'est ce qu'il vous a dit mais il a parfois tendance à ne pas savoir ce qui est bon pour lui. Je vous l'ai déjà dit mais s'il le savait, jamais il ne vivrait avec vous.
— C'est vrai, grinça Shindô avec impertinence, vous auriez préféré l'avoir pour vous… peu vous importe que votre femme soit enceinte… »
Cette remarque mit Tôma très en colère. Il allait répliquer quand la porte de l'ascenseur s'ouvrit. Shindô sortit et, avant d'emprunter le couloir pour se rendre aux studios, il se retourna et tira la langue.
Le directeur de N-G était hors de lui. Petit insolent. Si je pouvais, je m'en débarrasserais avec plaisir.
oOØOo
Il se calma en retrouvant le calme de son bureau. Il avait beaucoup de travail. Avant de s'y mettre, il appela Mika qui était partie à Kyoto pour régler des affaires de familles. Apparemment, le nouvel esclave de Ryuichi, qui se trouvait être Tatsuha, avait dû retourner d'urgence chez son père pour être fiancé à l'ancienne promise d'Eiri. Il avait appelé au secours sa grande sœur pour l'aider à faire annuler ce mariage. Tôma ne doutait pas de l'issue heureuse de cette histoire. Si Mika échouait, il y mettrait lui-même son nez et affronterait directement son irascible beau-père. Ryuichi, d'après ce qu'il lui avait dit la veille au téléphone, semblait profondément entiché de Tatsuha, et l'ancien pianiste des Nittle Grasper était prêt à tout pour que son meilleur ami soit heureux, même si c'était avec un gamin de dix-sept ans qui tenait plus du fanboy pervers que de la personne responsable.
Une fois rassuré sur la santé de sa femme et les tracas de sa belle-famille, il se mit au travail. Il avait beaucoup d'appels téléphoniques à passer, des rendez-vous à organiser, une conférence de presse à planifier et un certain nombre de maquettes musicales à écouter envoyées par des groupes de jeunes arrivistes souhaitant signer chez lui. La journée s'annonçait chargée.
Deux heures plus tard, alors qu'il se servait une tasse de thé et tentait d'évacuer de son esprit une rengaine débile que lui avait fait parvenir une bande de gamines qui feraient mieux de retourner à l'école plutôt que de se prendre pour des chanteuses, son portable sonna. Il le récupéra dans la poche de sa veste et constata que c'était Eiri qui l'appelait :
« Bonjour, mon petit Eiri, dit-il aimablement.
— Garde ta gentillesse guimauve de façade pour toi, Seguchi, grogna son interlocuteur d'un ton peu amène. Je voudrais que tu me donnes le numéro où je peux joindre Yoshiki Kitazawa. »
Tôma fronça les sourcils. Pourquoi Eiri voulait-il les coordonnées de Yoshiki ? Qu'avait-il en tête ? Ou plutôt qu'est-ce que Shindô lui avait mis en tête ?
« Pourquoi faire ? demanda-t-il.
— Je voudrais lui parler.
— Tu ne vas pas réessayer de la convaincre de ne pas reprendre son neveu pour faire plaisir à Shindô, n'est-ce pas ?
— Ça ne te regarde pas.
— Sois raisonnable, mon petit Eiri. Quoique veuille ton amant, le garder n'est pas une bonne idée. Je t'ai expliqué plusieurs fois pourquoi. Il faut que cet enfant s'en aille.
— Je t'ai dit de te mêler de tes affaires.
— J'essaie simplement de penser à ce qui serait le mieux pour toi. De toute façon, j'ai proposé à Yoshiki Kitazawa un marché qu'elle ne peut pas refuser.
— Tu lui as proposé du fric ? J'en étais sûr.
— Pas du fric, mon chère beau-frère. Juste une vie meilleure.
— Peu importe, pour moi, c'est pareil. File-moi son numéro.
— Tu n'en as pas besoin, elle va venir au Japon dans quelques jours. Tu la verras quand elle viendra récupérer Riku.
— Seguchi… File-moi son numéro tout de suite avant que je ne vienne moi-même le chercher.
— Tu peux venir quand tu veux, tu sais. La porte de mon bureau t'est toujours ouverte. »
Le grognement furieux d'Eiri dissuada Tôma de continuer à faire le malin. Il sortit l'agenda dans lequel il avait noté les coordonnées de Yoshiki et les dicta à son beau-frère. Ce dernier raccrocha sans ajouter un mot.
Tôma se sentit soudainement nerveux. Pourquoi Eiri voulait-il parler au frère/sœur de son tortionnaire ? Il était sûr que c'était à cause de Shindô et qu'une fois encore, à cause de ce parasite, les choses ne se passeraient pas comme prévu.
Il prit en note de rappeler le transsexuel un peu plus tard pour savoir de quoi il en retournait.
A suivre… pour la fin.
