Un nouveau chapitre sur Gibbs et les petits disparus. La plupart d'entre-vous savent parfaitement de qui il s'agit. Je tiens à préciser que ce n'est pas une fanfiction "courte" (même si les chapitres, eux, le sont^^). Ce n'est que le tout début de l'histoire. Bonne lecture à vous et merci ! Gros bisous
Stupéfaits, Gibbs, Franks et Fornell fixaient les deux enfants qui leur faisaient face. Ils ne s'étaient pas attendus à ça. Et encore moins à ce qu'un petit garçon reproche à Franks de ne pas être Magnum. D'ailleurs, le petit paraissait sur la défensive. Il s'était placé devant la petite fille et semblait ne pas vouloir céder un pouce de terrain. Gibbs le dévisageait, surpris par la présence d'un deuxième gamin et, surtout, par son attitude protectrice. La petite fille jetait de petits coups d'œil furtif par-dessus l'épaule du garçonnet, et, tout à coup, elle poussa un petit cri strident. Le gamin se raidit instantanément et serra les poings. Il observait la petite équipe un air mauvais. Mais la gamine s'en moquait. Elle courut vers Gibbs et lui sauta dans les bras, sous le regard médusé du petit.
-Gibbs ! T'es venu !
Il la serra contre lui et lui caressa doucement les cheveux alors qu'elle se blottissait contre lui. Franks en profita pour s'approcher du gamin stupéfait. Inconsciemment, il conservait son air menaçant, naturel. Il ne pensait pas effrayer le garçon, mais c'est ce qu'il fit. Le petit n'en dit rien, mais Fornell et Gibbs remarquèrent qu'il était de plus en plus tendu, presque prêt à prendre la fuite. Il semblait à deux doigts de le faire quand Abby prit la main de Gibbs et fit les présentations, en désignant le petit garçon de sa main libre.
-C'est un ami.
Le petit garçon n'émit pas le moindre son, fixant toujours Franks comme s'il s'apprêtait à commettre un meurtre. Gibbs ne put empêcher un sourire d'étirer ses lèvres. Deux enfants sauvés pour le prix d'un. Une bonne journée, somme toute.
-Salut mon grand. Je suis l'Agent Spécial Leroy Jethro Gibbs. Tu peux m'appeler Gibbs si tu veux.
Il espérait que le petit garçon lui dirait son prénom mais, à la place, il quitta Mike des yeux et se tourna vers lui. Il avait toujours l'air inquiet mais n'en dit rien. Il observait tout, scrutait les visages et semblait tout mémoriser. Un vrai petit détective. Il n'était pas très grand. Pas beaucoup plus qu'Abby en tout cas. Il devait avoir les cheveux châtains quand ils étaient propres, ce qui, évidement, n'était pas le cas, et ses yeux verts inspectaient chaque détail. Gibbs accepta de bonne grâce l'examen et fut rassuré quand, à la fin de celui-ci, le petit garçon s'approcha un peu. Il avait l'air de ne pas trop apprécier Franks (peut-être à cause de l'autorité qu'il dégageait) mais Tobias et lui ne semblaient pas l'effrayer plus que ça. Abby, elle, ne se souciait de personne, toujours blottie dans ses bras. Elle occultait totalement la présence de Fornell et Franks. Peut-être même celle du gamin.
-Gibbs, c'est quand qu'on rentre ?
La petite voix lui fit mal au cœur. Elle était fatiguée, angoissée et voulait sans doute voir ses parents.
-Fornell, appelez monsieur et madame Sciuto. Le Bleu, tu t'occupes de la gamine.
Gibbs fronça les sourcils : Mike espérait vraiment garder le petit ? Il vit son patron s'agenouiller devant l'enfant.
-Comment tu t'appelles ?
-T'es pas Magnum.
-Bon sang, mais qu'est-ce que ce môme a avec cet imbécile de Magnum !
Tout de suite, Fornell et Gibbs comprirent l'hérésie dont venait de faire preuve l'Agent le plus gradé. On ne brise pas les rêves d'un enfant. Et visiblement, le petit garçon le prit très mal. Il asséna un violent coup de pied dans le tibia de Franks qui s'était relevé et le regarda méchamment.
-D'abord toi, t'es en retard !
Il était clair qu'il leur en voulait de ne pas être venu les chercher plutôt. Tout à coup, Gibbs réalisa que, si la tête du petit ne lui disait rien, c'était sûrement parce que ça fait un moment qu'il avait disparu. Un poids sur le cœur, il souleva Abby. Le petit garçon se tourna immédiatement vers eux, pas très disposé à laisser quelqu'un emmener la petite. Franks, lui, ne le voyait pas de cet œil-là.
-Tu viens avec moi.
-Non !
Il tapa du pied, un grand coup sec, sur le sol bétonné et le son résonna dans toute la pièce. Gibbs fit signe à Franks. Qu'est-ce que ça pouvait bien faire que le petit vienne avec lui ou pas ? Si c'était pour les interrogatoires, ça ne changerait rien. Un trajet en voiture n'allait pas empêcher l'enquête d'avancer. Franks céda et, en poussant un soupir, poussa le gosse vers Fornell et Gibbs.
-Allez, avance !
Fornell leva les yeux au ciel : Mike lui parlait presque comme à un suspect. Mais le petit se contenta de trotter pour rejoindre les deux agents. Tobias voulu lui passer une main dans les cheveux mais il esquiva et vint se flanquer contre la jambe gauche de Gibbs. Abby, toujours dans les bras de son protecteur, observait tout cela sans vraiment s'intéresser. Elle semblait plus captivée par le col de la chemise de son voisin. Ils passèrent devant les équipes d'intervention qui finissaient de remballer et le petit sautilla joyeusement quand il vit une fourgonnette du NIS. Il ne devait pas savoir ce que signifiait le sigle, mais il avait l'air d'aimer le véhicule. Fornell lui adressa un demi-sourire.
-On ne va pas monter dans celle-là mon petit gars. Nous, c'est celle-ci.
Il lui désigna une voiture banalisée gris souris qui ne sembla pas enthousiasmer autant le gamin, mais il examina tout de même les enjoliveurs en forme d'étoile avant d'acquiescer. Fornell se retint de rire : après autant de pression, il pouvait bien se permettre de trouver le gamin amusant, non ?
Franks prit d'office le volant, laissant Fornell prendre la place du mort. Il était évident que Gibbs s'installerait à l'arrière avec sa petite protégée et l'illustre inconnu. C'était bien plus simple comme ça. Jethro dut attacher les deux enfants : Abigail car elle n'y songea pas, et le petit parce qu'il en était incapable. Il s'était emmêlé les mains dans la ceinture et finirait saucissonné avant de pouvoir dire un mot. Quand le dernier « clic » caractéristique retentit, Franks démarra. La petite Sciuto, bercée par le ronron du moteur et, épuisée par les émotions, eut tôt fait de s'endormir. Elle s'effondra bientôt contre le gamin, dont elle avait refusé d'être séparée. Sa petite tête hochait doucement sur l'épaule du garçon qui fixait la route, l'air sombre. Gibbs l'observait de sa place, se demandant à quoi il pouvait bien penser. Il y réfléchissait encore quand la paire d'yeux verts se retrouva dans son champ de vision : le gamin ne le lâchait pas du regard.
-Si elle pleure, je vous tue tous.
La voix était claire et forte es trois agents entendirent parfaitement. Il y avait dans cette phrase un petit quelque chose de dérangeant, mais Gibbs ne savait pas si c'étaient les mots en eux-mêmes, ou l'innocence que le ton filtrait à peine. Il avait dit ça comme on dirait : « Tiens, il pleut. ». Mais la menace était bien là.
-On ne va pas faire pleurer Abby. On va vous ramener au NIS et appeler vos parents.
