Merci, merci, merci!

Vous êtes nombreux à aimer cette fiction, à la lire et à la suivre, je ne sais pas quoi dire sinon que je suis vraiment touchée et heureuse. Il ne me manque plus qu'une chouette arrive enfin avec ma lettre pour Hogwarts (elle s'est perdue en chemin, c'est ce que je me dis tous les jours depuis mes onze ans ^^;) et mon bonheur sera complet!

Pour ceux qui se sont étonnés de la vitesse de publication: cette fiction est déjà écrite jusqu'au chapitre 7, je ne fais que des corrections pour le moment, donc d'ici là, ce sera assez rapide. Par contre, dès le chapitre 8, le rythme sera un peu plus lent.

Merci aussi et surtout pour toutes ces reviews: bien sûr, voir le chiffre des lectures augmenter chaque jour est très agréable, mais lire un commentaire personnel n'a pas de prix. C'est une bieraubeurre bien sucrée après une dure journée de travail :3

M, merci beaucoup d'aimer l'évolution de Dudley. Je voulais vraiment lui donner une chance d'être "autre chose" que le gros cousin stupide et cruel. Merci aussi à Blackcerise et Tsukkina!

Vifycriky, meci à toi de commenter ainsi chaque chapitre. Le coatch et l'infirmière sont au final les référents adultes dont Dudley manque à mon sens cruellement.

Ptitcoeurfragile et Alounet, fidèles au poste, merci à vous!

Nekokirei, oui, leur relation est complexe du fait de leur lien de parenté, mais ils vivent dans deux mondes complètement différents et ont dû se detester dès leur enfance. Au final, même avec des liens de sang, se sont de parfaits étrangers l'un pour l'autre. Je trouve la relation de Harry avec Ginny beaucoup plus malsaine, car pour moi Harry aime sa mère à travers Ginny, c'est un complexe d'Oedipe à l'envers pour le moins évident.

Lilywen et Haty47, en effet, j'aime prendre mon temps, merci de l'apprécier! ^^

je n'aime pas les fictions ou en deux minutes Harry et un perso quelconque finissent au lit sans qu'on sache comment et pourquoi. Rowling a fait l'effort de nous créer un monde plausible, autant essayer d'en faire autant!

A ceux que je n'ai pas nommés (même si j'essaie de citer tout le monde) et bien sûr, à tous ceux qui me suivent et lisent même sans laisser de reviews, merci beaucoup!

oOoOoOoOo

La décoration de la maison Dursley n'avait rien à voir avec Poudlard.

Mais comme Dudley venait de gagner une nouvelle compétition, cette fois au niveau national, Vernon et Petunia avaient mis les petits plats dans les grands. Noël serait l'occasion de parader, de briller, d'exposer à la face du monde et surtout de leur voisinage, leur bonne fortune. Et même Harry devait reconnaitre l'effort.

Privet Drive sous la neige s'adoucissait considérablement. Le Survivant n'avait plus revu son ancien domicile en hiver depuis presque cinq ans. Il sourit devant la surcharge de décorations du 4.

Si tout était neuf et clinquant, le bon goût n'était pas vraiment au rendez-vous. De gros nœuds de papier brillant rose, vert et or ornaient toute la façade, des guirlandes de lumières grimpaient le long de la véranda, un Père Noël en plastique, grandeur nature, escaladait la gouttière, son traineau rutilant dans le jardin. Un dispositif électrique faisaient clignoter les guirlandes au rythme assourdissant des chants typiques et des cantiques . Harry le savait sans avoir de prédisposition pour la divination: Mon Beau Sapin et Il est Né le Divin Enfant lui sortiraient pas les oreilles au bout de quelques heures. Mais comme tout Privet Drive semblait vouloir se mettre en compétition avec les Dursley, Harry avait la sensation à la fois déroutante et amusante, de marcher au milieu d'une gigantesque fête foraine très criarde.

Il s'arracha à sa contemplation quand Oncle Vernon lui aboya de prendre sa valise. Tante Pétunia était déjà dans la cuisine à préparer les diverses victuailles de la semaine de fêtes. Elle ne lui adressa pas un mot, ni même un regard quand il passa devant son antre. Sous l'escalier, son ancien lit lui apparut vraiment petit, mais il préféra ne pas y penser. Il arriva à l'étage et ouvrit la porte de sa chambre. Les Dursley avaient omis de façon intentionnelle d'allumer le chauffage quelques jours avant son arrivée pour que la pièce se réchauffe et perde son odeur de moisi et son humidité. L'odeur infecte de renfermé prit Harry à la gorge et il fila en apnée jusqu'à la fenêtre pour aérer un peu. Il nota cependant qu'il ne faisait pas froid, bien au contraire. Quelqu'un avait enclenché les radiateurs le matin même. Pas assez tôt pour assécher les champignons mais tout de même suffisant pour qu'Harry se sente attendu.

Il n'eut pas à réfléchir longtemps pour comprendre qui avait pris la peine de faire cela pour lui. Les draps propres posés sur son lit portaient quelques minuscules taches de sang, provenant sans aucun doute de poings habitués à cogner sur des sacs de sable.

Harry déballa ses affaires. Il n'avait pas pris grand chose, des vêtements propres, des chocolats achetés à la gare pour son oncle et sa tante, ses livres de cours, le cadeau de Dudley ainsi que sa serviette. Il aurait dû la lui rendre, mais la fourra malgré tout sous son oreiller.

Il s'attela à faire son lit, et nettoyer un peu sa chambre. Tante Petunia l'avait laissé en l'état depuis son départ et comme il n'était pas particulièrement une fée du logis, la pièce affichait un état déplorable. Quelques fientes d'Edwige, de la poussière, des papiers gras et froissés, un peu de son monde abandonné dans cette maison moldue à en atteindre des trésors d'intégrisme. Il fit le ménage tranquillement. Vernon et Petunia semblaient vouloir l'ignorer pour le moment.

Une fois que tout fut fini, il hésita puis se décida a cogner à la porte de son cousin.

Un coup, deux coups, pas de réaction.

Un coup, deux coups, un bruit de chaise qui racle le sol, des pas pesants.

Comme lors de leur dernière entrevue, Dudley ne fit qu'ouvrir la porte, avant de se rasseoir à son bureau. Harry se dandina à l'entrée de la chambre. Dudley était si différent d'autrefois! Mais même en s'adoucissant, en se comportant bien avec lui, il n'était en rien semblable à Ron ou Hermione. Il était plus réel. Harry avait la sensation d'avoir rêvé son départ de Poudlard, oncle Vernon et les odeurs de dinde dans la cuisine de Petunia, mais Dudley, lui, était réel. Il sentait plus fort, se voyait plus, était plus là.

Ce sentiment troublait Harry, et faisait naitre en lui quelque chose de très bizarre sur lequel il n'arrivait pas à mettre un nom. Et puis physiquement, le changement était lui aussi radical! Plus une once de graisse dans ce corps massif . Dudley avait une stature de bucheron, les muscles roulaient sous sa peau. Il s'était laissé pousser les cheveux, une masse blonde, paille et désordonnée lui tombait sur la nuque. Harry songea s'en sans rendre compte que cela lui allait bien. Dudley n'était pas beau, mais il se dégageait aujourd'hui de lui un profond magnétisme. Une aura d'adulte. Et il lui avait manqué.

"-Salut Dudley...

-salut...Harry."

Un ange passa. Le Survivant jeta un œil sur le bureau de son cousin, histoire d'avoir quelque chose à rajouter. Des livres de classe, des feuilles d'exercices complexes, un véritable charabia pour lui! Il sourit. Il n'avait pas vraiment réalisé que depuis son entrée à Poudlard, il n'avait en rien le bagage normal d'un adolescent de son âge.

"-Tu voulais quelque chose?"

Dudley était agressif. Harry surpris, comprit soudain sa bourde. Son cousin tentait tant bien que mal de remonter ses notes contre l'avis de ses chers parents qui criaient au génie dès qu'il ouvrait la bouche, et lui se marrait en le regardant étudier. Gêné, il dissipa la tension naissante.

"-Juste te dire merci pour le chauffage et les draps. Qu'est ce que tu es en train de faire?

-J'étudie. Mais assieds toi, si tu veux."

Dudley, le nez de nouveau dans ses mathématiques appliquées, lui désignait le lit du bout de son stylo. Harry s'assit et attendit le bon vouloir du blond. La pièce était spartiate, apparemment Dudley avait conservé ses habitudes post-attaque des Détraqueurs. Il n'y avait plus aucun jeu vidéo, plus d'anciens jouets, plus de papier de bonbon, de bouteille de soda ou de paquets de chips. Un lit fait au carré, une télévision, des livres, un bureau et dans un coin, un sac de sable, des haltères, de l'eau minérale et de quoi se bander les poings. Sur la table de chevet, un réveil et une petite boîte d'ébène noire, un peu travaillée. La chambre était monacale, surtout lorsque l'on avait connu l'ancien Dudley! Harry n'en revenait pas. Pourtant il se sentait bien dans cette chambre, en sécurité.

Dudley finit son exercice, puis se tourna à demi vers Harry. Celui ci lui sourit. Tout cela était surréaliste! Être dans la chambre de Dudley, sans cris ni douleurs, comme deux cousins revenants pour des vacances et heureux de se revoir.

"-Félicitations pour ta victoire. Ton père m'a dit que tu avais vaincu un poids lourd de 18 ans. ça n'a pas dû être facile?

-Ah ça? Ouais c'est sûr mais bon tu sais... enfin merci. Et toi? Ton école? Tout se passe bien?

-...ben, pas trop. Je m'en sors en cours mais tu sais avec le retour de Voldemort...

-Le fumier qui a buté tes parents?

-Oui. Personne ne veut croire qu'il est bien revenu, donc je passe pour un dingue."

Harry voulait donner le change et avoir l'air de s'en ficher, mais l'attitude distante de Dumbeldore, le fait de revenir à Privet Drive même avec un Dudley changé, être loin de Ron et de Sirius, tout cela le rongeait. Il s'attendit à ce que Dudley fasse une réflexion ou pose des questions mais son cousin se contenta de revenir vers lui, de s'asseoir à ses cotés et de lui ébouriffer les cheveux. Sa main immense réchauffa tout de suite Harry.

"-Et toi? ça...va mieux dans ton école?"

Dudley haussa un sourcil et sourit franchement.

"-ça va mieux, Harry, ça va mieux."

Ils commencèrent à discuter, timidement, comme on s'apprivoise. Harry voulut savoir ce qu'était la vie de collégien dans le monde moldu, Dudley demanda des détails sur le quidditch, ils étaient tous les deux d'accord avec le fait que la décoration extérieure était à vomir et rire ensemble à l'idée que l'intérieur promettait d'être pire encore. Dudley annonça comme il put à son cousin que tante Marge arriverait le soir même mais qu'il le soutiendrait, Harry promit de ne pas faire de scandale et posa une seconde sa tête sur l'épaule de son nouvel ami. Il sentit la main de Dudley se resserrer une seconde sur sa taille, et cela lui fit du bien.

"-Potter! Descends tout de suite!"

Ils sursautèrent. Cela faisait presque trois heures qu'ils parlaient. Harry se leva en grognant et voulut s'en aller mais Dudley le suivit.

"-Si tu crois que je vais te laisser transformer la maison en atelier du Père Noël tout seul, là mon vieux tu te goures..."

Harry surprit le regard carnassier de Dudley et sourit, encore. Les deux cousins descendirent l'escalier en guerriers comanches prêts à faire sauter un train. Tante Pétunia, sidérée, se fit dépouiller de ses cartons de décorations ridicules et clinquantes et le duel de mauvais goût s'engagea.

Ils avaient bien travaillé. Le salon, la cuisine et le hall d'entrée étaient si chargés de guirlandes, de nœuds et de neige artificielle que cela donnait le tournis. Le sapin de plastique clignotait lui aussi, et Dudley avait dû lui renforcer ses armatures avec du fil de fer tant Harry l'avait couvert de boules. Les deux cousins s'étaient aussi livrés à une bataille de bombe à neige, au point d'être expédiés séance tenante dans la salle de bain par une Petunia partagée entre la joie de voir de nouveau sourire son fils, et la peur qu'il soit contaminé par l'affreux Harry Potter et son monde de sorcellerie.

Torses nus, les deux garçons faisaient de leur mieux pour se laver et décoller la poussière blanche et gluante de leurs cheveux.

Si harry aimait l'eau bouillante et le savon au miel de Pré-au-Lard, Dudley fidèle à ses nouvelles habitudes, faisait ses ablutions à l'eau froide avec un savon au pin. Harry nota avec une pointe de regret qu'une fois débarrassés de leurs vêtements respectifs, leur différence physique sautait littéralement aux yeux.

Dudley était grand, massif, les bras un peu trop longs, les mains immenses, la peau dorée et des épaules si larges qu'Harry aurait pu se lover contre elles et s'y sentir plus qu'à l'aise. L'idée le fit furieusement rougir et il plongea la tête dans la baignoire pour se laver rapidement les cheveux. Ses pensées auparavant brumeuses, se dessinaient de façon plus nettes, un peu trop nettes à son goût. Dudley et lui commençaient tout juste à se voir différemment, à se parler et surtout à vouloir être ensemble, mais cet embryon de relation ne prenait pas du tout le même tour que celle qu'il entretenait avec les Weasley ou Hermione. Elle ressemblait davantage à ce qu'il ressentait avec Cho, quoiqu'en plus piquant, en plus profond et en beaucoup plus effrayant! Il se frotta vigoureusement le crâne dans l'espoir de se remettre les idées en place.

Dudley l'observait lui aussi. Si harry avait bien grandi, il avait toujours une bonne dizaine de centimètres de moins. Il restait maigre malgré la nourriture abondante de Poudlard, ses cheveux noirs auraient mérité une bonne coupe. Vu que son cousin avait la tête couverte de mousse, il ne pouvait plus voir ses deux émeraudes qui lui dévoraient le visage, la bouche presque trop féminine, mais son cou si fin, si délicat...Dudley y passa les doigts, si légèrement qu'Harry ne réagit pas. Puis rapidement, le jeune moldu passa un chandail propre et sortit de la salle d'eau.

Une fois qu'il eut fermé la porte, Harry put recommencer à respirer. Son cou le chauffait si délicieusement...

OoOoOoOoOo

Il est enfin arrivé. Je suis nerveux, alors j'ai fait la seule chose qui pouvait me calmer, j'ai sorti mes livres de cours et je me suis remis à étudier. J'ai passé la matinée à cogner comme un sourd sur mon sac, j'ai les mains en sang. Résultat, ma mère hurle d'horreur et mon père déclare à tout le monde que je suis un dur de dur.

Pendant ce temps, j'attendais qu'il arrive. Je suis même entré dans sa chambre tôt ce matin. Elle était si froide que j'ai allumé le chauffage, et je lui ai aussi mis des draps propres sur son lit ainsi qu'une couverture supplémentaire. Bon, pour le ménage, qu'il se débrouille, je veux bien être gentil mais je ne suis pas femme de chambre! Pas de risque que mes parents remarquent mes attentions, s'ils avaient pu inoculé le virus de la pneumonie dans cette pièce et y mettre quelques mines, ils l'auraient fait. Ils le détestent vraiment...dire qu'il y a encore moins d'un an, je pensais vraiment le haïr moi aussi. Et aujourd'hui, je l'attends avec impatience. J'en viens presque à remercier les Detraqueurs. Depuis cette attaque, je vois les choses par mes propres yeux, j'aime ce que je veux vraiment aimer. Le lien qui m'unissait à mes parents à été rompu ce jour là. Parfois, bien sûr, j'aimerais redevenir comme avant, aveugle et sourd, bien au chaud dans le cocon qu'ils ont si brillamment conçu pour moi. Je pourrais de nouveau chercher à blesser Harry, mais cela m'est impossible aujourd'hui même si je le voulais.

Je veux te revoir, Harry...

Il est arrivé. J'ai entendu le bruit de la voiture et les cris de mon père, le bruit de ses pas quand il a monté les escaliers, son brouhaha dans la chambre quand il y a fait un peu de ménage. Et puis il est venu dans ma chambre.

Un ange.

Il est si mignon. Je n'arrives même pas à le regarder dans les yeux. Mais qu'est ce qui m'arrive? C'est une chose de croire désirer, de fantasmer sur un souvenir, de lui acheter un cadeau, mais l'avoir en face de soi, et surtout comprendre que c'est plus sérieux qu'une poussée d'hormones, c'est totalement différent. C'est...adulte comme sentiment. Je panique. Je ne suis pas gay pourtant, ça ne me fait qu'avec Harry. C'est douloureux, et merveilleux tout à la fois. Je le veux bien sûr, mais il y a autre chose. Je crois qu'à mon désir de l'été précédent, s'ajoute un vrai coup de foudre. Bon sang, Harry, ta magie me fait peur.

"-Salut Dudley.

-Salut...Harry"

J'ai eu du mal à reconnaitre ma voix. J'ai bien cru qu'il avait remarqué à quel point elle est tremblante et rauque. Mais il se contente de sourire en regardant mes livres de cours. Non, j'ai changé, alors tu n'as pas le droit, tu n'as plus le droit de te moquer de moi! Moi je...moi je...je ne veux pas croire que pour toi tout est pareil, comme autrefois! Ne te venge pas Harry, je t'en prie...Alors je suis agressif.

"-Tu veux quelque chose?"

Il a l'air surpris, un peu effrayé aussi.

"-Juste te dire merci pour le chauffage et les draps. Qu'est ce que tu es en train de faire?

-J'étudie. Mais assieds toi, si tu veux."

Il s'assoit sur mon lit. Je finis mon exercice, plus par fierté, pour mettre un peu de distance entre nous. Il m'a fait mal, et je crois qu'il ne s'en ai pas rendu compte. Je réagis comme les pouffiasses du collège près du mien, c'est pathétique.

Il regarde ma décoration, surtout la petite boite sur la table de chevet. Il résiste au désir de l'ouvrir et c'est tant mieux pour moi, vu que c'est là ou je range tout ce qui lui appartient. J'imagine sa tête s'il découvrait mon secret...Il me félicite pour ma victoire, on parle un peu de ce sorcier qui a tué ses parents, de mon école, de la décoration de la maison. On parle, tout simplement. Je me sens un peu bête, gauche, et puis j'ai une mauvaise nouvelle à lui annoncer.

"-Ecoute Harry, il faut que tu sache que tante Marge arrive ce soir et va passer les fêtes avec nous.

-...non..."

Il est encore plus pâle, mon beau Harry. Il panique et je le comprends. A côté de tante Marge, mes parents sont des saints. Elle a le don de trouver les mots les plus cruels, e taper là ou ça fait le plus mal, et comme maintenant mes géniteurs savent qu'Harry est sur la sellette s'il ne fait que toucher sa baguette, ils ne vont pas se priver pour encourager Marge à le trainer dans la boue.

"-Je t'aiderais, je te le promets, je serais là, de ton côté, Harry."

Il a l'air surpris, puis soulagé, vraiment soulagé. Il me donne ce sourire que j'attendais, un vrai sourire de confiance. Et il s'abandonne sur mon épaule. Mon coeur s'arrête.

"-Merci Dudley."

Ma main s'attarde sur sa taille. elle est si fine que je pourrais sans problèmes en faire le tour avec les doigts.

"-de rien."

J'ai envie de le protéger.

OoOoOoOo

Tante Marge et Molaire arrivèrent dans la soirée, juste à temps pour le dîner. Harry s'y attendait, et les premières salves de venin ne l'atteignirent pas autant que la vieille femme aigrie ne l'aurait souhaité. Ou alors l'insistance de Dudley a reprendre son rôle de neveu parfait y fut pour quelque chose.

Le Survivant était impressionné par la facilité qu'avait son cousin à se créer un masque. En l'espace de quelques secondes, il redevenait le Dudley bouffi et servile qui minaudait devant sa parentèle et puis, alors qu'Harry se demandait s'il n'avait pas rêvé le changement de son cousin, celui ci se retournait et enlevait de son visage son sourire niais. Il prenait d'un coup dix ans de plus, son regard s'attristait, et il lui souriait, ou lui pressait simplement la main. Puis la transformation s'opérait dans le sens inverse. Aux détails près qu'il n'insultait pas Harry, détournait l'attention de Marge, le servait copieusement l'air de ne pas y penser. Dudley tenait sa promesse. Et Harry fondait devant ses yeux profonds. Quinze années de souffrances et d'humiliations étaient balayées, il ne détestait plus, il voulait croire que quelque chose de nouveau, de familial, s'installait entre eux. A ceci près qu'au fond de lui, une petite voix s'obstinait à lui dire qu'il n'y avait rien de familial à ce qui se tendait en lui vers son cousin. Qu'il était trop content de le revoir, qu'il ne regrettait ni le Terrier ni le square Grimmaud. Et aussi que sa nuque le brûlait, que sa taille avait froid de ne plus être serrée par une grande patte de boxeur. Qu'il avait été bien contre l'épaule de son cousin. Que Cho dans son esprit avait le fade des souvenirs oubliés. Tout allait trop vite.

Mais il profita de cette relative sécurité et de cette aide bienfaisante autant qu'il put.

Cela dura les quelques jours qui les séparaient de Noël. Outre, le fait de le soutenir, Dudley envoyait paître ses amis en visite pour rester avec lui. Ils partaient marcher dans Privet Drive, sans parler ou au contraire, en faisant des batailles de boules de neige. Harry découvrait avec un plaisir infini qu'il pouvait rire dans le monde des moldus, en particulier à Privet Drive. Et Dudley riait lui aussi, d'un rire qu'Harry ne lui avait jamais entendu, et ce rire résonnait en lui encore longtemps après. Dudley utilisait l'excuse de se muscler pour faire les corvées les plus difficiles comme pelleter la neige devant la maison, ou déplacer l'énorme valise de la tante Marge. Le soir, quand les adultes ronflaient à en faire craquer les joints des murs, il venait dans sa chambre ou l'invitait dans la sienne et Harry savait qu'un lait chaud, des gâteaux venaient combler sa faim. Alors ils discutaient sans voir le temps passer, ou regardaient un film sur le poste de Dudley qui entourait d'autorité les épaules d'un Harry au paradis. Harry essayait de ne pas trop penser, mais les journées commençaient lui paraître longues, et l'envie d'arriver aux nuits qui le rapprochaient encore de Dudley devenait plus forte.

Mais l'atmosphère évoluait de façon pesante au 4 Privet Drive car si Dudley et lui se rapprochaient le plus discrètement possible, le peu qui filtrait n'échappait pas aux yeux perçants de Tante Petunia.

Celle-ci n'appréciait pas du tout, mais alors pas du tout ce qu'elle voyait. Un Harry souriant, heureux, un Dudley adulte, protecteur avec ce je ne sais quoi envers Harry, et de même ce je ne sais quoi d'Harry pour Dudley, qui lui faisait se dresser les cheveux sur la nuque. Mais surtout un Dudley qui la regardait parfois d'un air si froid, si grave qu'elle en frissonnait. Son fils était un inconnu dans ces moments là, des moments de plus en plus fréquents. Cela ne pouvait être que de la faute de ce maudit Potter, c'était la seule explication.

Elle profita d'une après-midi où les deux garçons étaient sortis, pour en discuter sérieusement avec son mari et la tante Marge. Que le sorcier reste à la maison, ils y étaient contraints. Mais ils n'avaient pas signés pour que cela se passe bien. Et si les ennuis semblaient être de menus accidents, on ne pourrait rien leur reprocher. Le plan était parfait, la première phase serait leur cadeau de Noël.

oOoOoOo

Harry profitait au maximum de cette soirée de Noël. Son oncle et sa tante avaient fait mine d'apprécier ses chocolats, une lettre de Ron et d'Hermione l'avait assuré de nombreux présents de la part du monde des sorciers bien au chaud à Poudlard, Sirius lui avait aussi écrit et tout cela lui avait mis du baume au coeur. Le repas ne valait pas celui que lui offrait les elfes de l'école en cette occasion, mais il était bon, et chose rare, tante Petunia l'avait copieusement servi.

Dudley, rompu aux méthodes de sa famille, devenait plus sombre au fur et à mesure que la soirée avançait, malgré tous les présents dont il avait été couvert: gants de boxe, un nouveau sac de sable, des jeux vidéos, de l'argent...Il avait offert une bouteille de vieux cognac pour son père, un chemisier de soie pour sa mère, et ceux ci s'extasiaient devant ses présents. Mais lui surveillait Harry comme du lait sur le feu car les mines de conspirateurs du clan Dursley l'inquiétait. Ils regardaient Harry avec avidité.

Celui-ci, fatigué par les corvées imposées par son oncle, et par une partie de boules de neige avec Dudley, piquait du nez dans son assiette, tout à ses pensées, quand Molaire lui attrapa la cheville.

L'horrible bouledogue s'ennuyait et sous les instigations de sa maitresse, s'attaqua de bon coeur à une jambe maigre.

Il avait hésité un bon moment car le rapport de force était semble-t-il un peu différent cette fois ci. Au lieu de tous s'acharner sur ce qui apparaissait être le plus faible comme une meute de hyènes, l'un d'entre eux protégeait à distance le mouton noir. Molaire avait donc attendu un signe de la main bouffie de Marge pour agir. Une fois ses crocs plantés dans le mollet de Harry, il s'y accrocha, malgré les mouvements sauvages du garçon pour se libérer.

Harry cria en sentant une machoire se refermer sur sa jambe. La douleur était si vive qu'elle lui donnait la nausée et la bête, bien décidée à défendre son beefteck, ne lâchait pas d'un pouce. Il tomba de sa chaise en emportant la nappe et tout le contenu de la table dans sa chute, commença à secouer sa jambe, donner des coups à Molaire pour qu'il le lâche avant de l'avoir totalement estropié. Ce fut le signal pour la curée.

"-La porcelaine de ma Grand Mère!

-Sale voyou! Regardes ce que tu as fait!

-Momo, mon chéri! Arrêtes ça tout de suite petit saligaud! Mon pauvre Molaire!"

taisez vous, pitié, que quelqu'un l'enlève...

"-Tu es fier de toi? Et dire que nous l'avons accueilli à table! Ce n'est vraiment qu'un parasite!

-J'ai tellement honte qu'il soit de notre famille...

-Je te l'avais bien dis Petunia, sa place est dans une maison de correction, comme sans doute son ivrogne de père à son âge!"

Ce n'est pas vrai!...

-LA FERME! MOLAIRE! TU LE LÂCHES! TOUT DE SUITE!"

Pour joindre le geste à la parole, l'humain qui avait crié, attrapa le chien par la peau du coup, lui ouvrit la gueule et lui en retira sa proie. Le bouledogue, la mâchoire douloureuse, fila sous un fauteuil. Il y eut un blanc. Les trois adultes, sidérés, en restèrent pantois.

"-Dudlynouchet?"

Tante Pétunia regarda son fils comme si elle le voyait pour la première fois, mais il en fallut davantage pour impressionner tante Marge, qui ne pouvant décemment pas enguirlander son neveu devant le cafard que représentait Potter, déversa de nouveau sa bile sur Harry.

"-Comment as tu osé frapper mon chien? S'il ta mordu, c'est que tu le méritais, sale parasite! Pourquoi n'es-tu pas mort avec tes fichus parents?"

Harry pleurait. Sa jambe lui faisait terriblement mal. Oncle Vernon et tante Marge voulurent le saisir par la peau du cou et lui faire dieu seul savait quoi, mais Dudley plaça son corps massif devant eux. Harry en profita. Il se remit péniblement debout et clopina jusqu'à sa chambre où il s'enferma à double tour.

oOoOoOoOo

Je savais bien qu'ils préparaient quelque chose. Ils étaient très gentils, trop gentils avec Harry. Mais je n'avais pas pensé à ce fichu clébard. Harry est si maigre, la blessure a dû être importante. J'aurais donné n'importe quoi pour le suivre, le soigner, ne pas voir son regard déçu. Je crois qu'il avait espéré, même inconsciemment, que mes parents changeraient eux aussi. Dans le silence qui a suivi son départ, je me suis mis à aider ma mère à tout nettoyer. Je suis si furieux que le peu de vaisselle intacte explose entre mes doigts à force de les serrer. Je les hais. Comment ont-ils pu faire ça? Harry, mon pauvre Harry...

Je dois donner le change, sinon il risque encore plus gros, mes parents ne lui pardonneront jamais de m'avoir "changé". Comme si évoluer était un crime. Il a fallu sourire, demander un nouveau bout de gâteau, redevenir Dudlynouchet. ça a pris du temps, mais ils ont marché. Les minutes passent, puis les heures...je dois caresser Molaire, sourire aux insultes lancées à Harry à travers les murs, goûter le cognac que j'ai offert à mon père. Il a un goût de cendres mais cela doit plaire aux autres car il la finisse en deux temps trois mouvements. J'ai dû mal à y croire. C'est en titubant qu'ils grimpent les escaliers. Maman rigole, les joues rouges, je ne serais pas si inquiet pour Harry que je me mettrais à rire moi aussi.

"-Oooooh Vernonnnnn!"

Pitié, il y a des choses que je préfère ignorer. Ils sont devant la porte de mon cousin.

"-Joyeux Noël, fils de ***!"

Je note, plus elle boit, plus ma tante est vulgaire. Mais vu la façon dont tout ce petit monde zigzague dans le couloir, je serais bientôt libre. Ma mère me couvre de baisers, tante Marge fait de même *beurk*, mon père essaie de me briser la main dans une étreinte virile et la bande va se coucher du sommeil du juste, le devoir accompli.

Joyeux Noël.

J'entre dans ma chambre et j'attends qu'ils dorment. Je les hais tellement. ça n'a rien à voir avec ce que je croyais ressentir pour Harry toutes ces années. C'est plus...vrai. J'ai envie de leur cogner dessus, et de leur imprimer le visage à l'interieur de leur tête. Je dois respirer, me calmer, j'essaie du moins. Ils sont ma famille. Les gens normaux ne pensent pas ça de leur famille. Mais une famille normale ne lance pas un chien sur les jambes des membres qu'elle n'aime pas. Je les hais...

ça y est, ils ronflent. Je dois aller à la salle de bains prendre de quoi soigner Harry. Au moment de partir, je me souviens. Nous sommes le soir de Noël. Je prends son cadeau et je file sur la pharmacie. Je prends ce qu'il me faut, ça sert à ça de se mettre les mains en sang, je connais un peu les premiers soins. Je veux devenir médecin plus tard. Seul Harry le sais, je n'en ai parlé qu'à lui. Pas même à mon entraîneur ou miss Marcy. Juste à lui.

Bon, tout le monde dors à poings fermés. Je gratte à sa porte.

"-Harry..."

Pas de réponse. Mais la chambre est trop silencieuse pour me faire croire à son sommeil. Je rééssaie. Ne me repousse pas...

"-Harry...ouvres moi."

S'il te plait. J'entends qu'il clopine jusqu'à la porte. Il m'ouvre tout doucement, il pleure encore même s'il essaie de me le cacher. Il a enlever son jean's et mis une serviette sur sa jambe comme pansement de fortune. Je les hais...

oOoOoOo

Harry sanglotait de douleur. Molaire avait fait du bon travail. Le garçon avait bien failli tourner de l'œil. Il s'était déshabillé comme il avait pu et mis une serviette sur la morsure. Les insultes arrivaient jusqu'à lui, les rires gras. Cela lui était encore plus douloureux que son mollet en charpie. Sa seule consolation résidait dans le fait qu'il n'entendait pas Dudley se moquer de lui. Son cousin l'avait si brusquement défendu, il était si furieux contre Molaire...Harry perdu, attrapa la serviette de Dudley et y plongea son visage ruisselant. Il voulait que tout ce bruit cesse. Il voulait être avec Dudley.

Le silence. Des ronflements. Marge l'avait encore accablé au travers de la porte, mais trop ivre pour essayer de rentrer. Tout le monde devait dormir. Quel Noël...

Harry soupira et se remit à pleurer. Cinq ans à Poudlard, cinq christmas time avec Ron, Hagrid, Hermione avaient gommé de sa mémoire ceux de sa petite enfance. Ou peut-être était-ce ce si troublant nouveau Dudley la cause de tout?

Soudain, un petit grattement à sa porte le fit paniquer.

"-Harry..."

Il hésita, prit par une ancienne peur. Il était à demi nu, dans la sécurité relative de sa chambre. Puis un autre grattement.

"-Harry...ouvres moi."

Dudley.

Encore un peu inquiet, Harry marcha comme il put à la porte en essuyant ses larmes. Dudley, étrangement délicat pour une personne aussi imposante, entra dans la pièce et verrouilla la porte derrière lui. Puis il mit dans les bras de Harry son matériel de soins et, avant que le Survivant n'ai pu dire quoi que ce soit, il le souleva de terre et le porta comme une mariée jusqu'au petit lit.

"-...Du...Dudley?"

Harry gêné, enfoui son visage dans ses mains, et crut mourir d'une combustion spontanée quand deux mains d'une exquise douceur lui enlevèrent le bandage de fortune et lui firent un pansement correct. Puis Dudley s'assit à côté de lui, sans rien dire. Il paraissait accablé et aussi,...troublé. Ses doigts contre la cuisse de Harry tremblaient. Il finit par regarder son cousin.

"-Je suis désolé, Harry. J'avais promis que je te protégerais et voilà le résultat."

Harry posa la tête contre l'épaule de Dudley. Ce geste lui devenait familier, et comme à l'accoutumée, Dudley lui prit doucement la taille.

"-Ne t'excuses pas. Tu en fais déjà beaucoup, tu sais. Je crois..."

Harry hésita.

"-Je crois que je ne sais pas ce que je deviendrais ici sans toi..."

Le blond ne répondit pas mais le serra un peu plus contre lui. Ils restèrent ainsi, pendant de longues minutes. Puis, Dudley sortit de sa poche un minuscule paquet qu'il fourra dans les mains du jeune sorcier. Celui ci mit quelques secondes à réaliser que son cousin venait de lui faire un cadeau. Il sourit et se dégagea de l'étreinte de son ami pour clopiner jusqu'à son placard pour y prendre le paquet acheté à Pré-au-Lard. Dudley eut la même réaction que lui une seconde plus tôt.

Surprise.

Sourire.

"-Joyeux Noël Dudley.

-Joyeux Noël, Harry."

Le sus-nommé comprit que son cousin n'ouvrirait pas son présent avant qu'il n'en ai fait de même avec le sien aussi ôta-t-il précautionneusement le papier glacé noir de ce qui était à première vue une petite boîte à bijou. Harry l'ouvrit très lentement.

"-Un vif d'or!"

Le petit brun regarda le collier, puis Dudley avec un étonnement ravi. Pas plus gros qu'un petit pois, d'un vert semblable à ses yeux, un petit vif d'or reposait dans son écrin. La chaine d'or aussi mince qu'un fil n'entravait pas les minuscules ailes de vivet. Ne serait-ce la taille, la couleur et la mobilité, le collier était semblable en tout point à un véritable vif d'or. Si Dudley ne comprenait pas ce que disait Harry, celui ci voyait bien que son cousin était heureux d'avoir tapé juste.

"-mais comment tu as su? Tu n'as jamais vu de vif d'or! C'est magnifique! mercimercimerci Dudley!

-Ben...comment dire...j'ai vu que tu dessinais ça et...euh..."

Il n'eut pas à chercher ses mots plus longtemps. Harry lui avait sauté au cou. Il hésita et le serra doucement contre lui. Ses lèvres ne purent résister à la tentation de se presser contre ce cou trop proche, au parfum de miel. Harry ne se dégagea pas, trop surpris, trop troublé, trop heureux aussi. Il ne se recula que pour demander à Dudley de lui attacher le bijou. Dudley lui avait fait un magnifique présent, il s'était profondément intéressé à son monde, il avait choisi, réfléchi, créé ce qui pouvait lui faire le plus grand plaisir. Ce petit vif d'or était a preuve que Dudley tenait à lui, s'intéressait à lui. Il se colla de nouveau contre le torse de son cousin, balbutiant de contentement. Même les élancements de sa jambe ne comptaient plus. Il invita du regard son cousin à ouvrir son propre cadeau.

oOoOoOo

J'aime Harry. J'en suis sûr maintenant. J'aime Harry Potter. Je me doutais bien que le motif lui plaisait, mais à ce point là, je dois avoir une bonne fée qui veille sur moi. Quand il se jette dans mes bras aussi fort que sa blessure le lui permet, je crois que j'ai du mal à me contrôler. Il est doux comme une caresse et il sent si bon...Quand je l'embrasse au creux de son cou, il ne s'en va pas. Bien au contraire, il se niche encore plus contre moi. Je ne perds sa chaleur que lorsqu'il me demande d'attacher ce...vif d'or puisque ça s'appelle comme ça...

Est ce qu'il se rend compte qu'il se tortille à moitié sur mes genoux? Mais je ne bande pas. C'est étrange. Je le désire tellement que je dois m'apaiser chaque soir avant nos petites entrevues, mais là rien. Je crois que le fait de me découvrir véritable amoureux me comble suffisamment, du moins pour le moment. Notre étreinte toute chaste qu'elle soit n'est pas particulièrement amicale, si ma mère nous voyait elle en ferait une syncope. Harry potter ronronnant dans mes bras vêtu en tout et pour tout d'un pull trop grand et d'un caleçon, et moi lui embrassant le creux de l'épaule.

Mais je suis si content de lui avoir fait plaisir! Il va porter mon collier, ça j'en suis sûr et même si nous allons de nouveau être séparés, il aura un peu de moi avec lui... Je deviens romantique en plus...misère.

J'en suis encore à le câliner quand il m'invite à ouvrir mon propre cadeau. Je prends tout mon temps. Je me demande si je serais aussi patient s'il me laissait le déshabiller...

mauvaises pensées. Je suis amoureux et pour le moment, je dois gérer ça, point.

J'ai terminé d'enlever le papier et je dois admettre que je ne m'attendais pas à ça. J'ai dans les mains un petit cahier noir, un petit bocal d'encre grenat et une longue plume d'un rouge vif. Tout cela vient du monde de Harry, celui de la sorcellerie. Je regarde mon cousin. Il a l'air un peu inquiet de mon manque de réaction. Je le serre encore plus contre moi pour le rassurer. Et pour en profiter aussi, je ne suis pas un saint.

"-Qu'est ce que c'est Harry?

-c'est pour qu'on puisse se parler quand on sera dans nos écoles."

Alors là je sèche. Je caresse le cahier, je l'ouvre, je le retourne, j'embrasse Harry sur le front.

"-Comment ça?"

Il se dégage doucement pour aller chercher un cahier noir identique, un pot d'encre bronze et une plume brune.

"-Ouvres le tien."

Docile, j'obéis pendant qu'il trempe sa plume et écris dans le sien. Tout d'un coup, je vois quelque chose s'inscrire dans le cahier sur mes genoux.

OoOoOo

Merci Dudley.

Le garçon ouvrit de grands yeux, mais au soulagement de Harry, ce fut enthousiasmé qu'il lui enlaça, encore, les épaules.

"-Mais c'est génial! et si j'écris dans le mien, ça s'inscrit dans le tien, c'est ça?

-oui..."

Ils allaient pouvoir communiquer. Dudley voulait communiquer avec lui. Bien sûr, cet échange de cadeaux resteraient entre eux mais, ce nouveau lien, les rapprochaient encore. Dudley lui était devenu tellement plus précieux qu'il ne l'aurait pensé.

-Merci, merci Harry!"

Il n'aurait pas dû crier si fort. Dans la chambre d'à côté, Petunia remua et gémit. Ils se raidirent tous les deux. Il était déjà tard, trop tard pour justifier de la présence de Dudley dans la chambre de son cousin. Il se leva lentement, et serra une dernière fois le petit brun contre lui.

"-Merci infiniment Harry. Je suis vraiment...merci quoi. Ton cadeau est super.

_le tien aussi! j'en reviens pas que tu aies pu me faire faire un vif d'or!"

Ils se sourirent, mais Dudley n'entendant pas sa mère ronfler, s'inquiéta.

"- il est déjà tard, je vais retourner dans ma chambre.

-...oui..."

Harry baissa la tête, piteux. Il aurait bien aimé que son cousin reste. Mais Dudley lui saisit le menton entre les doigts, et, au moment de sortir de la pièce, lui effleura les lèvres des siennes. Ce fut si léger que le Survivant ne fut pas sûr d'avoir réellement senti cette caresse, et Dudley disparu.

Harry, sonné, retourna à son lit. Le petit vif d'or se balançait à son cou. Le journal scintilla une seconde. Harry l'ouvrit.

Bonne nuit Harry.

Bonne nuit Dudley.

Chacun dans sa chambre se coucha.

Mais Dudley n'arrivait pas à dormir, savourant et craignant son baiser.

Mais Harry n'arrivait pas à dormir, ne sachant comment aborder cette ébauche de baiser, s'il devait l'oublier ou se laisser aller à cette folle envie d'en vouloir plus.