Quelle odeur!
Nous étions à l'appartement de Watson. Il avait examiné le corps sous tous les angles possibles sans rien apercevoir de suspect. Si on oubliait que la victime était égorgée comme les autres, évidemment.
Watson, découragé, sortit prendre l'air sous prétexte d'un mal de tête. Je continuai à émettre des dizaines d'hypothèse à la minute avec les pieds sur une table. L'enquête n'avançait pas… Je ne voyais pas comment nous allions faire pour attraper ce fichu bonhomme qui contrôlait cette organisation.
Je fermai les yeux et me pris la tête qui commençait à être douloureuse aussi, je devais l'admettre. J'entendis des pas qui venaient par ici, puis un juron poussé par une voix familière.
- Que se passe-t-il Watson? m'enquis-je sans toutefois ouvrir les yeux.
- Sortez de là!
- Pardon?
- Venez dehors!
Y avait-il une bombe dans l'appartement? Je sortis de la pièce et Watson m'accompagna jusqu'à l'extérieur. J'haussai un sourcil.
- Que se passe-t-il? demandai-je.
- Prenez une bonne respiration Holmes, me répondit simplement mon vieil ami.
Je m'exécutai. L'air était frais et atténua un peu mon mal de tête.
- Maintenant, suivez-moi, me dit Watson.
Je le suivis à l'intérieur jusqu'au deuxième étage, où je stoppai net. Une horrible odeur m'avait sauté au nez.
- Hum, ce n'est pas le doux fumet de la putréfaction, constatai-je.
- Ça ne vous rappelle pas une autre odeur? me demanda Watson.
Je pris une respiration et reconnus aussitôt les effluves que j'avais déjà sentis.
- Les usines près de la rivière, répondis-je.
- Exact.
- C'est le corps qui sent cela?
- C'est la seule chose que nous ayons rapportée, me fit remarquer le médecin. Il a obligatoirement dû être là de son vivant pour sentir aussi fort.
- Donc, les cobayes viendraient des usines… Beau travail, Watson, le félicitai-je avec un sourire.
Il accueillit le compliment d'un signe de tête.
- Nous devrions nous rendre aux usines, proposa mon acolyte.
- Je ne saurais mieux dire.
