Misa sortit de la chambre le lendemain à 6 h 30 du matin. Chacun avait déjà entamé la journée, motivé par la piste fraîche qu'ils gorgeaient tous d'espoir. L'équipe anti-kira se tenait au fait que avait un lien professionnel avec l'agence Yotsuba. C'était une piste à ne pas abandonner, et au contraire, à approfondir avec les moyens les plus sophistiqués possible.
Elle va beaucoup mieux. Sa fièvre a baissée à 38.1. Elle dort bien à présent.
Et soudain, à la surprise générale, L avait demandé à aller voir l'enfant endormie. Misa avait jugé cela comme peu recommandée, mais elle n'avait pas insisté, en raison du simple fait que L lui avait proposé de la relayer tout de suite,et qu'une nuit perdue, ce n'était décidément pas dans ses habitudes, ni ses moyens.
Ce qui n'était également pas dans les habitudes du détective, c'était de s'excuser platement auprès des policiers et de se défiler pour une raison aussi surprenante.
Je suis désolé, vous tous. Il va sans doute falloir que vous vous débrouilliez sans moi pour la journée… Je m'excuse.
Une fois le brun parti dans la chambre de la malade, Raito avait excusé sa conduite du mieux qu'il pouvait en expliquant le lien de parenté entre sa « trouvaille » et Ryuuzaki. Ce qui avait étonné, voire choqué, le reste de ses collègues.
Il ne se souvenait pas avoir beaucoup dormi durant la nuit, se demandant si L ne lui mentait pas. Mais il n'avait trouvé aucune preuve ou raison d'un tel mensonge. Non, en fait, il avait surtout été étonné du fait que cette gamine avait justement atterri dans ses bras… Sans doute le destin, à moins qu'il y ait un quelconque rapport avec Kira ?
Mais Misa avait annoncé que la fillette se sentait mieux, il avait rejeté cette hypothèse : il voyait simplement Kira partout, ou plutôt, des indices concernant Kira partout. Et ce n'était probablement bon pour rien…
Ce ne fut que quelques jours plus tard que l'enquête pu enfin reprendre normalement, étant donné que L passait beaucoup de temps dans la chambre de Nana. R4aito avait bien mémorisé ce nom si peu commun.
Misa et L entrèrent, suivi peu de temps après par une petite fille qui était haute comme 3 pommes, mais qui ne ressemblait plus vraiment à celle qui avait fait irruption dans la vie de Ryuuzaki il y a quelques jours.
Quand Raito l'avait ramassée sur le pont, elle ressemblait à un petit animal sauvage, les griffes et les oreilles en moins. Mais ses yeux, son sourire, le poids de son corps presque évanescent contre lui, tout cela faisait penser à un chaton trouvé dans un carton un jour de pluie.
A présent, Nana se présentait comme l'une de plus jolies petites filles qu'on puisse voir, se tenant dans l'entrebâillement de la porte, le visage éclairé par intermittence par les écrans d'ordinateur devant elle. Elle se tenait parfaitement debout, grâce à de bons soins prodigués durant 5 jours.
Sa longue chevelure noire, qui la faisait auparavant ressembler à un poney du Shetland, avait été raccourcie au niveau du milieu du dos, et coiffée avec soin : la gamine avait les cheveux lâchés. Seule une minuscule couette, à la manière de Misa, soutenait une petite touffe de cheveux à droite de son crâne, maintenue par un ruban rouge vif. Elle était encore un peu pâle, mais elle avait visiblement repris des couleurs. Elle était vêtue d'une robe rouge, ornementée de froufrous vers le bas, la taille et les poignets. A en juger par l'excentricité de la tenue, Misa avait du l'habiller avec une robe d'une de ces grandes poupées de porcelaine. A noter que la fillette ne devait guère dépasser la taille de celles-ci.
Mais le plus beau dans cet ensemble était ses yeux, de grands yeux noirs qui observaient presque à la loupe le monde autour d'elle, monde qui devait lui paraître bien grand. Elle tenait toujours à la main sa vieille peluche, qui avait été lavée et raccommodée.
Cependant, à la différence de son frère, ses yeux possédaient des reflets de vie, ce qui les rendait encore plus beaux, encore plus envoûtants. Encore plus vivants. Parce que, le jour ou Raito l'avait trouvé, la première chose qui lui avait sauté aux yeux, c'était, malgré ce corps décharné, malgré cet air épuisé, ces grands yeux pleins de vie, qui réclamaient de l'aide et un peu de bonté dans ce monde si brutal.
De là ou elle était, Nana regarda successivement son frère, Misa, puis le reste du groupe qui la détaillait elle aussi en silence. Son regard s'arrêté un peu plus longtemps sur Raito. Mais elle ne bougeait toujours pas.
Tu peux t'avancer, Nana. Personne, ici, ne te veut de mal.
Les paroles de son grand frère semblèrent rassurer la petite fille, et elle s'avança doucement. Son regard si envoûtant se fit plus confiant, et elle s'inclina légèrement.
Je m'appelle Nana, j'ai 5 ans. Enchanté.
