Snow proposa à Mulan et à ses compagnons de les accompagner jusqu'au camp, ce qu'ils acceptèrent. Durant le trajet, Regina sentait les regards haineux des Merry Men sur elle, quelques mots plus ou moins plaisant arrivèrent également jusqu'à ses oreilles.

« Si vous ne leur dîtes pas d'arrêter maintenant, je m'en charge et croyez-moi ils vont le regretter ! », lâcha-t-elle à Robin qui venait d'arriver à sa hauteur.

Etre détestée, Regina en avait l'habitude et cela ne l'avait jamais vraiment contrarié. Cependant entendre des commentaires désagréables à peine chuchotés dans son dos était pour elle le pire des outrages fait à une reine aussi dangereuse qu'elle. En d'autre circonstance elle leur aurait déjà fait couper la langue.

« Ne vous formalisez pas pour ça Majestée. Petit Jean proposait juste qu'on vous accroche une pierre autour du cou et qu'on vous jette dans la rivière. Il s'est toujours demandé si les sorcières savaient nager. », répondit innocemment le voleur, un sourire moqueur au coin des lèvres.

Regina ouvrit largement la bouche, outrée par de tel propos.

« Comment osez-vous ! », s'insurgea-t-elle, choquée par ce manque total de respect.

L'homme se mit à rire bruyamment et fût bientôt suivit par le reste de ses gens.

« Ne vous en faîtes pas Milady, je lui ai répondu que vous étiez bien trop jolie pour qu'on se prive de cette vue tout de suite. », surenchérit il en faisant mine de loucher exagérément sur son décolleté.

« Vous êtes un porc ! », cracha t'elle en lui frappant violement le torse avant d'accélérer le pas pour rejoindre Tink en tête du groupe.

« J'ai toujours aimé les femmes qui ont de la poigne ! », s'exclama une espèce de moine, ce qui déclencha de nouveaux rires gras.

Durant le reste du trajet jusqu'au camp, Regina s'efforça de garder son calme malgré les railleries qui se faisaient entendre derrière elle. Lorsqu'ils arrivèrent à destination, Charmant était en train de faire les cents pas, tandis que les autres semblaient s'être déjà endormi.

« Elles sont revenues ! », s'écria t'il en les apercevant.

Immédiatement Blanche se jeta dans ses bras. La reine remarqua qu'une petite discussion peu plaisante, au vu de leurs expressions, s'engagea rapidement. Au bout de quelque seconde le prince se tourna vers elle et la dévisagea un moment. Allait-il s'en prendre à elle, le tenant responsable de la désertion de sa bien-aimée ? Finalement il lui adressa un signe de tête courtois. Snow venait probablement de lui dire qu'elle lui avait encore sauver la vie. La reine garda un visage de marbre et détourna finalement les yeux. Leurs remerciements compulsifs commençaient réellement à lui taper sur le système.

Alertés par les bruits, les autres se levèrent et vinrent enlacer tour à tour Snow et Tink. Aucun ne sembla se soucier de Regina qui de toute façon aurait assassiné quiconque tentait de l'approcher d'un peu trop près.

Vinrent ensuite les présentations avec les nouveaux arrivants. Neal et Belle semblaient déjà connaître ce Robin des bois. Pour la première fois depuis leur retour, Regina aperçut ce qui pouvait ressembler à un sourire sur le visage de la jeune femme. S'était-elle enfin rendu compte que la vie valait d'être vécue même sans son horrible bête ? La reine repensa un instant à son ancien ennemi. S'il avait été là, il aurait sans aucun doute trouvé le moyen de les renvoyer tous à Storybrooke. Il avait toujours une fiole ou deux, sortie de nulle part pour régler leur problème. Sans lui Regina n'avait pas autant confiance en leur avenir.

« On ne peut plus retourner au château de Rumplestiltskin. », lâcha finalement Robin ce qui provoqua des chuchotements dans l'assemblée.

« Les ogres ? », demanda Neal qui fit signe aux autres de se taire.

Le voleur soupira avant de jeter un petit regard en coin à Regina qui s'était rapproché d'eux pour mieux entendre.

« Non, ce n'est pas les ogres mais il semblerait qu'avec votre départ nous ayons gagné un nouvelle Evil Queen… », répondit-il crispé.

La reine secoua la tête, certaine qu'elle devait avoir mal entendu. Une nouvelle Evil Queen ? Elle seule avait le droit de porter ce titre. Même si ce surnom lui avait d'abord été donné par ses ennemis, la jeune femme avait terminé par en être plutôt fière.

« Pardon ? », souffla telle abasourdie.

« Que veut voulez-vous dire par là ? », questionna à son tour Snow.

« Il y a trois semaine, alors que nous étions tous au château, une femme à la peau verte est arrivée accompagnée de ce qu'il reste de la garde royale. Visiblement elle cherchait quelque chose. Nous avons dû fuir, trois de nos compagnons y ont laissé la vie… », expliqua t'il l'air grave.

« Pourquoi dîtes vous que c'est une nouvelle Evil Queen ? », demanda Charming en posant une main protectrice sur l'épaule de sa femme.

« D'après ce que l'on sait elle vit dans votre ancien château, elle s'est présenté comme la reine Demelza nous n'en savons pas plus. », indiqua Robin en regardant Regina.

« En tout cas elle m'a laissé un souvenir cuisant ! », s'exclama un des Merry Men en retirant son chapeau laissant ainsi apparaître une brûlure sur son crâne.

La jeune femme détourna les yeux en grimaçant ne supportant pas la vue de cette écorchure purulente puis s'efforça de réfléchir.

« Tu sais qui elle peut être ? », l'interrogea Blanche.

Regina hocha négativement la tête. Ce prénom lui était inconnu et jusqu'à présent elle n'avait jamais entendu parler d'une sorcière à la peau verte.

« Quoi qu'il en soit je compte bien faire la peau à cette stupide usurpatrice ! N'est pas Evil Queen qui veut ! », S'exclama telle la colère l'envahissant de nouveau.

Une petite demi-heure plus tard, plusieurs cuisses de cerf bien grasses cuisaient sur le feu. Malgré l'heure déjà avancée de la nuit personne ne s'était rendormit, certainement trop allécher par l'odeur du futur festin. Regina quant à elle s'était écartée du groupe, ruminant les dernières informations. Adossée contre un arbre, la jeune femme n'arrivait pas à digérer le fait de s'être fait voler son trône. De plus elle était tiraillée. D'une part sa fierté lui criait d'aller régler son compte à cette mégère qui devait probablement se prélasser dans ses propres appartements et d'autre part elle savait que partir en guerre contre cette sorcière l'éloignerait de ses chances de retrouver son fils.

Cela faisait seulement deux jours qu'ils étaient revenu et pourtant Regina avait l'impression que le visage de son fils s'effaçait déjà de sa mémoire. Elle n'avait rien pour se souvenir de lui, hormis la sensation de vide qui habitait son cœur. La reine ferma les yeux aussi fortement qu'elle en était capable et tenta de se concentrer sur les traits d'Henry. Elle ne voulait pas oublier ce sourire malicieux et ses deux yeux rieurs. A ce souvenir une larme s'échappa de sa pupille. Le découragement semblait l'envahir. Plus elle pensait à lui, plus une petite voix intérieur lui criait que jamais elle ne le reverrait.

Soudain quelque chose frôla sa joue. Une petite main douce et timide. La reine ouvrit les yeux et aperçut un petit bonhomme aux grands yeux noisette lui sourire. Surprise, elle cligna plusieurs fois des yeux pensant d'abord à une hallucination.

« Qui es-tu ? », souffla telle doucement.

L'enfant resta silencieux mais de nouveau il posa sa main sur son visage et essuya la larme qui roulait encore sur sa joue.

« Pourquoi t'es triste ? », demanda t'il en penchant sa petite tête brune sur le côté.

Un sourire éclaira le visage de la jeune femme. Elle renifla légèrement et emprisonna les mains du garçon dans les siennes.

« Je pensais à mon fils. Il s'appelle Henry. », répondit elle en luttant pour ne pas pleurer de nouveau.

« Et il est où ? », insista le garçonnet.

« Il est…dans un autre monde… », avoua telle la gorge serrée. « Mais qui sont tes parents ? », questionna t'elle a son tour pourtant certaine de ne pas avoir vu d'autre femme que Mulan parmi les nouveaux arrivants.

« Je suis son père ! Rolland viens ici ! », affirma celui qui se faisait appeler Robin des bois.

Immédiatement le garçon s'élança vers lui. L'homme l'entoura de ses bras, protecteur.

« Retournes auprès du feu. », ordonna t'il en continuant à fixer Regina d'un air mauvais.

« Rassurez-vous je ne mange pas les petits garçons ! », cracha t'elle, vexée par la méfiance du voleur.

L'homme la scruta un instant puis se mit à rire.

« Non, vous les préférez plus vieux à ce qui se raconte… », railla t'il en haussant un sourcil d'un air suggestif.

Immédiatement Regina se releva et fit un pas en avant, menaçante.

« Que voulez-vous dire ? », aboya t'elle particulièrement agacée par les remarques déplacées de ce bandit de grand chemin.

Robin afficha un sourire amusé et commença à tourner autour d'elle.

« Il était une fois une méchante reine qui vivait seule dans un immense château. Contrairement à l'idée communément admise elle n'était ni laide ni vieille mais pourtant aucun homme ne voulait d'elle. », commença-t-il à conter d'une voix suave.

La jeune femme avait beau se retourner dans tous les sens, il s'arrangeait pour toujours rester dans son dos.

« Trop cruelle, elles les faisaient tous fuir. Alors un jour elle ordonna à ses soldats de lui ramener de beaux et robustes jeunes hommes. Une fois dans son château elle leur arrachait le cœur et les gardait prisonniers dans sa tour d'ivoire jusqu'à ce qu'elle n'en veuille plus… », poursuivit il avant d'être interrompu.

Cette histoire lui rappela instantanément Graham. Folle de rage elle tenta de gifler l'homme mais celui-ci lui attrapa les poignets et la bloqua contre un arbre, les bras au-dessus de sa tête.

« Vous n'aimez pas les histoires Majestée ? », ironisa-t-il, une lueur espiègle brillant dans son regard.

« Pas de ce genre-là ! », lui rétorqua t'elle en insistant sur chaque mot.

Regina garda la tête droite, le défiant presque du regard. Robin, lui, semblait trouver la situation particulièrement amusante. Au bout de quelques secondes il finit par relâcher son emprise.

« Allez ! Venez manger un morceau avant qu'il ne reste plus rien. », lâcha t'il comme si rien ne s'était passé en repartant en direction du groupe.

La jeune femme resta un instant interdite. Cet inconnu semblait tirer un malin plaisir à la pousser à bout. Étrangement cela la rendait curieuse, malgré le fait qu'il arrivait à la faire sortir de ses gonds par un simple regard, il l'intriguait. Une sorte d'insouciance enfantine semblait émaner de lui cependant le regard qu'il lui avait jeté lorsqu'il l'avait trouvé en compagnie de Rolland n'aurait pas pu être plus sérieux, plus menaçant.

Finalement elle se décida à rejoindre les autres, son estomac lui rappelant qu'elle n'avait rien avaler depuis bien trop longtemps.