Merci à tous les gens qui suivent cette histoire, il y a eu une croissance du nombre de lecteurs avec le dernier chapitre, je n'en reviens pas mais je suis ravie !
Un grand merci aux personnes suivantes : EliseWeas, stefanyboh, Maxine3482 (qui me suit depuis longtemps !), Nyxes-Sombre Plume, Chocolaundvanilla, Berenice, Swangranger et caalx ainsi qu'à tous ceux qui lisent sans forcément se faire connaître !
Guest : Je suis contente que le début te plaise et j'espère que ça continuera comme ça pour les autres chapitres !
Guest (2) : Merci beaucoup, la suite arrivera aussi vite que possible.
Berenice : Oui j'aviserai mais je me fais opérer bientôt alors ça va forcément ralentir un peu le rythme. Astoria est un personnage un peu plus complexe que ce que tu penses.
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Chapitre 4 : Au grand jour
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Le deuxième mois – Partie II
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Le visage reflétant à la fois l'émerveillement, la perplexité et la plus vive des angoisses, Draco se tenait le nez collé à une photographie en noir et blanc qu'il venait de sortir discrètement de la poche de sa veste. Il tourna le morceau de papier dans tous les sens en fronçant les sourcils et le tapota même du bout des doigts. Il poussa finalement un soupir et rangea le cliché à toute vitesse dans sa poche en entendant du bruit. Sa mère venait d'ouvrir la porte d'entrée et Draco l'entendit s'adresser avec le plus grand sérieux du monde au jardinier qui avait apparemment planté les mauvaises fleurs dans l'allée centrale du jardin. Il leva les yeux au ciel puis jeta un regard par la fenêtre du salon, les fleurs violettes qu'il aperçut lui parurent tout à fait convenables. Mais Narcissa mettait un point d'honneur à ce que leur nouvelle demeure - qu'elle avait renommé « La Maison Malefoy », préférant éviter l'emploi du terme « manoir » qui eût ravivé de mauvais souvenirs - soit en tous points parfaite. Quitte à rendre fous ses employés au passage.
« J'imagine que ce pauvre jardinier a planté une fleur de travers. », fit alors une voix chevrotante à l'accent moqueur.
Draco se retourna d'un mouvement brusque, la vieille femme avait beau se déplacer à l'aide d'une canne, elle était plus silencieuse qu'une souris. Cassandra Malefoy tendit un bras dans sa direction et il s'empressa de le saisir pour la conduire jusqu'au canapé du salon.
« J'espère que tu as une bonne raison de m'empêcher de faire ma sieste. », grommela-t-elle.
Par un beau jour d'été, - Draco pensait qu'une sombre nuit d'orage eût mieux convenu - la vieille femme avait sonné à leur porte, alors qu'ils vivaient encore dans le Wiltshire, moins de six mois après la mort de Lucius. Très jeune sœur d'Abraxas Malefoy, le grand-père de Draco, elle s'était enfuie de chez elle à l'âge de dix-sept ans pour épouser un Moldu français de huit ans son aîné, avec qui elle n'avait cependant jamais eu d'enfants malgré une vie commune s'étendant sur plus de soixante ans. Ayant fait des choix de vie scandaleux pour l'époque, Cassandra avait été soigneusement effacée de l'arbre généalogique de la famille Malefoy. Une visite au Ministère de la Magie avait néanmoins suffi à prouver son identité auprès de Narcissa et Draco. Le mari de Cassandra était mort quelques temps auparavant, et n'ayant plus rien qui la rattachât à la France, elle avait décidé de revenir dans la maison de son enfance maintenant que celle-ci « était débarrassée des imbéciles qui y vivaient » selon ses propres dires.
Après de longues années, Cassandra Malefoy avait repris sa place dans la famille et s'était installée au Manoir qu'elle possédait en partie, ses parents s'étant contentés de la rayer de leurs vies sans se soucier de la déshériter de manière officielle, certains qu'elle ne reviendrait jamais. Après que Narcissa eût évoqué leur intention de déménager, c'était tout naturellement que la vieille dame avait fait le choix de les accompagner, car après tout, comme elle se plaisait si souvent à le leur rappeler : « ils restaient sa seule famille en dépit de leurs actions stupides ».
La cohabitation des deux femmes ne se déroulait pas sans heurts et Draco ne doutait pas un seul instant que n'eût été sa peur du qu'en-dira-t-on, Narcissa n'aurait jamais accepté de l'accueillir dans sa demeure. Leurs personnalités étaient diamétralement opposées et Cassandra ne se privait pas de faire enrager Narcissa de toutes les façons possibles et imaginables. La vieille femme se montrait un peu plus agréable avec Draco mais éprouvait à son égard beaucoup moins d'indulgence que sa mère. Il n'était pas sans ignorer que l'idée saugrenue de le faire travailler du côté moldu avait été émise par elle en premier lieu afin qu'il « fasse enfin quelque chose de ses dix doigts ». Ironiquement, Cassandra approuvait son choix de carrière et ne s'adoucissait jamais autant que lorsqu'il lui préparait son plat préféré, ce qu'il faisait toujours en rechignant plus ou moins. Mais contrairement à ce que son attitude pouvait laisser transparaître, il était amusé par cette grand-tante qui ne mâchait pas ses mots et ne se privait jamais de lui dire ses quatre vérités. Draco trouvait en elle un adversaire de taille pour des joutes verbales endiablées.
Narcissa fit son apparition dans le salon et retînt une grimace en apercevant la vieille femme assise sur le canapé.
« Moi aussi je suis ravie de te voir Narcissa... »
Elle déposa ses affaires sur la table basse et s'installa sur un fauteuil à l'opposé de Cassandra. Draco sentit une goutte de sueur dégouliner le long de son dos, il les avait réunies pour leur annoncer une nouvelle qui serait sans doute déjà difficile à avaler et voilà qu'elles étaient déjà toutes deux d'une humeur massacrante. Il se dirigea d'un pas mal assuré vers une table où étaient disposées plusieurs bouteilles en cristal et se servit un verre qu'il avala d'un trait. Il ne sentit néanmoins pas déferler en lui une vague de courage comme il l'avait espéré mais plutôt une sensation de brûlure dans l'estomac. De mieux en mieux.
« Bon alors euh... Je vous ai réunies aujourd'hui pour... »
Cassandra émit un bruit fortement semblable à un ronflement qui le fit s'interrompre et rouler des yeux en voyant celle-ci lui adresser un clin d'œil. Autant ne pas y aller par quatre chemins, songea-t-il, il fallait de toute façon le faire et il n'existait aucun moyen d'y échapper.
« Je voudrais vous annoncer une nouvelle importante...
- Fais donc, s'impatienta Narcissa dont les yeux suivaient le travail du jardinier, que l'on voyait s'affairer par la fenêtre du salon.
- Il va y avoir un nouveau venu dans la famille, fit-il à toute vitesse, guettant leurs réactions.
- Si tu es en train de m'annoncer que tu as découvert l'existence de je ne sais quel grand-oncle disparu... », commença sa mère d'un air furibond.
La vieille dame semblait cependant avoir compris ce qu'il voulait dire et elle l'observa d'un air grave avant d'hocher la tête.
« Je suppose que je vais devoir me faire à l'idée que cette Astoria rentre dans la famille. », soupira-t-elle.
Narcissa les regardait tous les deux d'un air interloqué et elle ouvrit grand la bouche lorsqu'elle comprit de quoi il retournait.
« Astoria attend un enfant ? », s'écria-t-elle.
Draco ouvrit et ferma la bouche à plusieurs reprises tel un poisson hors de l'eau, sous le regard soudain amusé de Cassandra, qui émit un petit sifflement. Cette vieille bique était décidément beaucoup trop perspicace pour son propre bien.
« Non. », répondit-il finalement.
Sa mère fronça les sourcils tandis que Cassandra était prise d'une quinte de toux ressemblant étrangement à un fou rire.
« Ce n'est pas Astoria qui est enceinte. », poursuivit-il.
Saisissant son courage à deux mains, il leur expliqua brièvement ce qui s'était produit et constata avec appréhension que sa mère devenait de plus en plus pâle de minute en minute. Cela n'annonçait rien de bon, pensa-t-il, se préparant mentalement à la crise qui allait inévitablement suivre.
« TU AS FAIT QUOI ?! », rugit-elle.
Par Merlin.
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Étendue de tout son long sur le lit, Hermione appréciait pleinement l'absence de nausées matinales et déplorait de devoir se rendre au travail. La jeune femme porta une main à son ventre et ne put retenir un sourire. Il était toujours là.
La réaction de Malefoy l'avait surprise au plus haut point et elle avait tout d'abord protesté avec véhémence, évoquant toutes les raisons existantes de ne pas garder cet enfant. Mais le voir sur un moniteur - même si à ce stade il était difficilement possible de distinguer autre chose qu'une petite tache - l'avait profondément ébranlée et à en juger par la réaction de Malefoy, il en allait de même pour lui. Tout aussi grossier qu'à l'époque de Poudlard, celui-ci l'avait entraînée sans ménagement hors de la salle d'examen avant même qu'elle ait pu dire quoi que ce soit au médecin. Ce dernier l'avait rappelée un peu plus tard sur son téléphone portable pour savoir ce qu'elle comptait faire et s'était proposé pour assurer son suivi, lui expliquant qu'elle devrait faire quelques analyses de sang le plus rapidement possible et qu'ils étudieraient les résultats ensemble.
Bien sûr, si l'idée de garder l'enfant la réjouissait cela n'atténuait en rien la complexité de la situation. Attendre l'enfant d'un ex-Mangemort aux actions douteuses pendant la guerre lui faisait tourner la tête dès lors qu'elle y pensait. S'ajoutait à cela le fait que tout au long de leur adolescence, ils s'étaient tous deux détestés au plus haut point pour des raisons diverses et variées. Bien des années plus tard, il lui semblait cependant être devenu quelqu'un de différent du Draco Malefoy de ses souvenirs d'adolescente. Un bon point pour lui.
Une fois sortis de la clinique, ils s'étaient installés dans le premier café qu'ils avaient trouvé. S'il lui avait fait clairement comprendre qu'en dépit de ce qui s'était passé entre eux, il désirait toujours être avec Astoria, il lui avait également annoncé son intention d'être présent dans la vie de son enfant. Que ce fut Draco ou Hermione, aucun des deux ne désirait avoir affaire à l'autre plus que nécessaire aussi avaient-ils convenus que la jeune femme élèverait l'enfant sous son nom à elle. Malefoy avait malgré tout proposé de le reconnaître officiellement mais ils étaient tous deux tombés d'accord sur le fait que cela aurait compliqué inutilement les choses. Déjà du point de vue d'Astoria et également parce qu'Hermione ne désirait pas que la paternité de son enfant fut révélée au grand jour.
Elle lança un bref regard au calendrier fixé sur un des murs de sa chambre tout en s'habillant et pensa que Draco devait être en train d'annoncer la nouvelle à sa mère. Chose qu'elle avait initialement refusé, gardant un souvenir assez désagréable de Narcissa Malefoy mais il lui avait à juste titre fait remarquer qu'il s'agissait là de son petit-fils.
« Ce sera peut-être une fille. », lui avait-elle fait remarquer pour tester sa réaction.
Là encore, elle avait été surprise. Il s'était contenté d'hocher la tête, répondant que fille ou garçon tant que l'enfant étai en bonne santé il serait ravi. Leur discussion avait cependant fait naître en elle une angoisse nouvelle : comment allait-elle annoncer tout cela à sa propre famille ?
Plus nerveuse que jamais, Hermione verrouilla la porte de son appartement et sortit de son immeuble. Elle prit la direction du métro et constata qu'elle était en retard. Transplaner n'étant pas quelque chose qu'elle appréciait et son appartement ne comportant pas de cheminée, elle se rendait chaque matin au Ministère en passant par l'entrée des visiteurs. Elle arriva à son bureau un peu essoufflée et grimaça en voyant la pile documents qui s'y trouvait déjà. La mort dans l'âme, elle s'attela à la tâche mais finit par remarquer que ses collègues chuchotaient sur son passage en lui lançant des regards plus ou moins discrets. Intriguée, la jeune femme essaya d'entendre ce qu'ils se racontaient tout au long de la matinée mais ils cessaient aussitôt de parler dès lors qu'elle s'approchait. Un peu plus tard, alors qu'elle s'apprêtait à sortir des toilettes, Hermione entendit des voix s'élever des cabines adjacentes et tendit l'oreille par curiosité.
« Non... Tu es sûre de ce que tu racontes ? chuchota une voix surexcitée.
- Sûre et certaine. Enfin je ne dis pas que Pansy est toujours quelqu'un de fiable mais là elle semblait très sûre d'elle alors...
- C'est dingue, je ne savais même pas que cette fille voyait quelqu'un.
- Mais si, le type roux de la marque de farces et attrapes je crois. »
Hermione écarquilla les yeux et referma aussitôt la porte de sa cabine tandis que les deux femmes se lavaient les mains. Cette peste de Pansy Parkinson, si jamais celle-ci croisait sa route, elle l'étranglerait de ses propres mains. Elle s'assit sur le siège des toilettes, complètement désemparée. Qu'allait-elle bien pouvoir faire maintenant ? Bien évidemment, elle savait que cette grossesse ne serait pas restée un secret indéfiniment mais que cela se sache de cette façon... Hermione sentit les sanglots s'amasser dans sa poitrine et après quelques minutes de lutte, elle finit par fondre en larmes. Au bout d'un moment, elle parvint à retrouver le contrôle de ses nerfs et sortit de sa cachette. Elle s'observa dans le miroir et passa de l'eau froide sur son visage mais rien n'y fit, ses yeux trahissaient ce qui venait de se passer. Hermione prit une profonde inspiration et se dirigea vers son bureau la tête haute, pas question de les laisser voir que cela l'atteignait.
Si elle pensait que la situation ne pouvait pas être pire, il s'avéra par la suite qu'elle avait tort.
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Les rumeurs sur son état continuaient sans doute à aller bon train mais au moins ses collègues avaient-ils la décence de désormais faire comme si de rien n'était en sa présence. Néanmoins, une de ses craintes était que les ragots aient atteint Harry, qui travaillait à deux niveaux du sien. Surchargé de travail comme il l'était ces derniers temps, les occasions de le voir se faisaient rares et de plus, elle le soupçonnait de vouloir garder ses distances comme à chaque fois que Ron et elle se disputaient. La jeune femme avait beau savoir avec certitude qu'elle était sa meilleure amie, sa façon de prendre systématiquement le parti de Ron l'exaspérait au plus haut point. Elle savait également qu'il ne le faisait pas toujours consciemment, son sens de la loyauté ayant toujours été extrêmement développé.
Ruminant silencieusement à l'encontre d'Harry, Hermione attrapa la pile de dossiers qu'elle venait de traiter et se dirigea vers le bureau de William Betchley. Celui-ci se leva aussitôt de son bureau en l'apercevant et elle fut si surprise qu'elle eut un mouvement de recul.
« Miss Granger, que me vaut ce plaisir ? claironna-t-il d'une voix joyeuse qui ne lui ressemblait en rien.
- Euh... Je viens vous apporter ces dossiers, bredouilla-t-elle en lui tendant le tas de documents.
- Donnez-moi ça. Allez, asseyez-vous. »
Sidérée, Hermione ne protesta pas et se demanda ce que pouvait bien cacher cette attitude inhabituelle.
« Alors, vous vous sentez bien ici ?
- Comment ça ?
- Vous aimez travailler avec nous ? C'est important le bien-être des employés vous savez. Voudriez-vous prendre un peu de temps pour vous ? Quelques jours de congés peut-être, il me semble que vous n'en prenez jamais.
- Êtes-vous en train de me renvoyer ? demanda-t-elle d'une voix blanche.
- Quoi ? Oh non pas du tout, voyons quelle idée saugrenue. Non, je voudrais simplement savoir si je peux faire quelque chose pour vous.
- Pour... moi ?
- Mais oui, fit-il d'une voix soudain impatiente.
- Et bien, j'aimerais avoir un peu plus de responsabilités. », avoua-t-elle.
Le sourire de William Betchley disparut un bref instant de son visage.
« De nouvelles attributions... Pourquoi pas, je vais me pencher sur la question. »
Hermione n'en croyait pas ses oreilles, c'était tout bonnement incroyable. Après des années de travail dans la plus totale indifférence, voilà que sa carrière allait peut-être enfin décoller. La jeune femme quitta son bureau d'un pas joyeux et prit la direction opposée à celle de son appartement. Elle arriva devant une bâtisse à l'aspect un peu délabré.
« Tu sembles de bonne humeur aujourd'hui, fit alors une voix.
- Bonjour Dylan, répondit-elle en souriant. Je viens d'apprendre une bonne nouvelle effectivement.
- Oh félicitations alors.
- Merci. »
Dylan Johnson de son nom complet était un fringant jeune homme qu'elle avait rencontré ici-même, il y avait de cela plusieurs mois lorsqu'elle était venue visiter l'endroit pour la toute première fois. Hermione avait toujours adoré les animaux et la disparition de son chat Pattenrond des suites d'une maladie l'avait profondément attristée. Aussi avait-elle cherché du réconfort ici, un refuge pour chats abandonnés dirigé par une association ayant pour but de les réhabiliter. De temps à autres, principalement le mercredi et le week-end, des enfants issus de milieux défavorisés ou handicapés venaient ici pour s'occuper des animaux. Son premier jour s'était déroulé paisiblement, guidé par les bons conseils de Dylan, bénévole depuis un certain temps déjà. Il n'avait pas manqué de remarquer qu'elle paraissait être triste et elle s'était confiée sur la disparition récente de son chat, tout en se sentant un peu stupide de se plaindre dans un endroit pareil. Ce à quoi il lui avait répondu : « La peine des uns et des autres ne peut pas être comparée. Elle existe c'est tout. ». Et depuis ce jour, ils étaient amis. Il était en fin de compte ce qui se rapprochait le plus d'une vie sociale pour elle.
Toujours disposé à l'écouter, il ne se confiait néanmoins jamais quant à sa vie en dehors de l'association, Hermione savait seulement qu'il travaillait dans l'informatique et était passionné d'art. Mais elle ne s'en formalisait pas outre mesure, après tout elle-même ne lui racontait pas tout. Son statut de sorcière pour commencer. Aucun enfant ne devait venir ce soir-là mais c'était le jour du grand nettoyage et ils travaillèrent jusqu'en début de soirée. Profitant d'un bref moment de pause, Hermione partit s'isoler dans une pièce servant de débarras lorsqu'elle vit que sa mère avait laissé un message sur son téléphone. Elle voulut avertir Dylan mais ne le trouva pas.
Le message était assez court, sa mère lui disant que son père et elle s'inquiétaient un peu de ne pas recevoir davantage de nouvelles de sa part. Si elle pouvait les rappeler dans le courant du week-end cela leur ferait très plaisir. La jeune femme contempla un instant son téléphone, le doigt posé sur la touche de rappel. Mais elle ne pouvait pas leur annoncer pareille nouvelle par téléphone tout de même.
« Bonjour Maman, je ne suis plus avec Ron mais j'ai une surprise. Après une erreur monumentale, je suis enceinte de la dernière personne au monde que tu pourrais apprécier... Oh par Merlin elle va me tuer c'est sûr. », marmonna-t-elle en se prenant la tête dans les mains.
Soudain, un bruit de chute résonna dans le débarras, la faisant sursauter. Elle s'approcha néanmoins de l'origine du bruit et eut la surprise de découvrir Dylan, enfoui sous une montagne d'objets poussiéreux. Hermione se figea instantanément, sans même penser à l'aider. Il se releva tant bien que mal, toussant et crachotant à cause de la poussière.
« Tu... Tu m'as entendue ? souffla-t-elle.
- Oui, avoua-t-il. Je suis désolé Hermione, j'étais train de chercher quelque chose et quand tu t'es mise à parler je n'ai pas osé te faire savoir que j'étais là...
- Oh Seigneur... »
Le jeune homme lui lança un regard un peu gêné avant de s'approcher d'elle.
« Est-ce que ça va aller ?
- ...
- Je peux faire comme si je n'avais rien entendu. », proposa-t-il.
Hermione n'eut pas le temps de répondre qu'ils entendirent des miaulements et aboiements surexcités ainsi que les cris d'autres bénévoles. Les deux jeunes gens se précipitèrent hors du débarras au pas de course et tombèrent sur un hibou grand-duc d'une taille impressionnante qui fonça aussitôt sur Hermione, déposant devant elle un épais rouleau de parchemin. Jetant un coup d'œil à Dylan qui s'était éloigné pour calmer les animaux que la vue du hibou avait affolé, elle déroula le parchemin à la hâte.
Un cri d'horreur jaillit de ses lèvres tandis qu'elle se plaquait une main sur la bouche. Elle avait sous les yeux un article de La Gazette du Sorcier daté du jour-même au titre affreusement explicite. Pire encore, l'article était accompagné d'un mot rédigé d'une écriture élégante, la priant de se rendre à l'adresse indiquée le lendemain sans faute. Les initiales N.M. inscrites au bout du parchemin ne laissait aucun doute quant à l'identité de son auteur. Hermione déglutit péniblement, toute cette histoire virait au cauchemar. Sa main tremblante lâcha l'article qu'un courant d'air fit s'envoler pour atterrir quelques mètres plus loin. Fébrile, elle se précipita pour le ramasser.
Draco Malefoy et Hermione Granger, un enfant hors mariage ?
Tous les détails sur cette romance improbable !
Elle avait eu tort, la situation était devenue bien pire que tout ce qu'elle aurait pu imaginer.
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C'est tout pour cette fois, alors ça vous a plu ? Dites-moi tout !
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Faits divers
- Pour l'info, voici le titre original avec lequel j'ai commencé à écrire: A chance to love you, j'ai finalement opté pour un titre français mais pas traduit littéralement, car Une chance de t'aimer ne sonnait pas très bien selon moi.
- J'adore Cassandra, c'est un de mes personnages préférés parmi ceux que j'ai pu imaginer.
- Dylan aurait pu s'appeler Benjamin ou William puis j'ai trouvé que ça serait assez drôle que son prénom commence par la même lettre que celui de Draco.
- Le titre symbolise le fait que le secret de cette grossesse ait été éventé. Je suis un peu cruelle avec cette pauvre Hermione.
A la prochaine !
