Retrouvailles
Au 12 square Grimmaurd, un garçon au cheveux très noir dormait d'un air paisible dans sa chambre. Si quiconque qu'il connaissait l'avait vu en ce moment, il aurait très probablement déclaré que c'est le visage le plus détendu que le survivant avait arboré depuis une éternité. Et pour cause, une lettre aux armoiries de Poudlard trônait sur le bureau. L'enveloppe, juste à côté, portait de grave sévices, comme si quelqu'un s'était hâté de l'ouvrir sans ménagement.
Le chambre de Harry, anciennement celle de Sirius, avait énormément changé depuis l'arrivée de cette lettre, quelques heures plus tôt. C'était la seule pièce dont Kreattur ne s'occupait pas, selon le souhait de Harry lui-même. Il n'était donc pas étonnant que le sol de la chambre soit jonché d'objets en tout genre, allant du grimoire classique à la robe de sorcier moyenne en passant par de nombreuses coupure de presses. Les murs n'étaient pas moins étranges. Il y trônait un mélange d'écharpes au couleurs de Gryffondor, de photo de motos moldues et de photos d'écoles. Sur certaines on pouvait voir les quatre maraudeurs, Lily Evans et même une photos de Severus Rogue en souvenir d'un grand homme. Harry avait souri en placardant cette dernière tout en imaginant l'air scandalisé qu'aurait affiché son parrain à la seule idée que son vieil ennemi soit affiché avec fierté dans son ancienne chambre.
Accompagnant ces photos, il y en avait d'autres, plus nombreuses, représentant sa vie à Poudlard, le Quidditch ou encore les Weasley et Hermione. Il avait notamment une photo du mariage de Bill et Fleur sur laquelle on voyait Hermione et Ginny. Cette photo avait le don de culpabiliser Harry mais il ne s'en serait séparé pour rien au monde.
Mais après avoir reçu cette fameuse lettre, Harry avait fait preuve d'un enthousiasme certain et avait rassemblé toutes ses affaires dans son immense malle. Il avait réussi l'exploit de vider sa chambre en moins d'une demi-journée. Exploit qui l'avait d'ailleurs proprement assommé.
Un craquement sonore retentit brusquement dans la pièce réveillant Harry en sursaut.
- Bonjour Kreattur, marmotta-t-il en remettant ses lunettes en place.
L'elfe de maison le regarda d'un air inquiet.
- Kreattur ne voulait pas réveiller le maître, Kreattur est désolé, Kreattur pensait que monsieur était éveillé, Kreattur est...
- Ce n'est pas grave, répondit Harry avec une once d'exaspération dans la voix, je me suis juste endormi sans le faire exprès. Oh tu as des lettres pour moi ?
- Oui, croassa Kreattur en lui tendant les lettres. Et Kreattur venait annoncer au maître qu'il ferait du roast-beef en sauce ce soir.
Harry lui sourit en le remerciant. Il examina les lettres tandis que Kreattur s'en allait. Il fut enchanté de reconnaître l'écriture de son ami Ron et ouvrit la lettre avec empressement.
Cher Harry,
Je suppose que tu as aussi reçu la lettre de Poudlard. Tu devrais voir Hermione, depuis ce matin elle est surexcitée. Une autre année à l'école, tu imagines son bonheur?
Si tu es d'accord, maman a proposé que tu vienne passer les deux semaines qui nous séparent de la rentrée à la maison. Elle dit qu'elle veut être sûre que Kreattur te nourrit mieux que ta famille moldue ne le faisait.
Réponds-moi vite par hibou express,
Ron.
Harry se sentit envahi par une sensation de chaleur à l'idée d'enfin revoir ses amis. Il s'était isolé depuis le mois de mai pour des besoins de tranquillité. Après avoir accepté une ou deux interviews et participé à une inauguration, il avait proprement disparu. Malheureusement, le square Grimmaurd ne semblait plus être aussi secret qu'il l'était jadis au vu du nombre de sorcier -mal- déguisés en moldus qui se baladaient nonchalamment devant la maison.
Harry saisit une plume et un morceau de parchemin avec enthousiasme mais les reposa presque aussitôt. A la place, il saisit sa baguette magique et fit léviter sa grosse valise et son balai. Après avoir passé autant de temps enfermé dans la maison et dans ses souvenirs, il se sentit soudain extrêmement pressé de partir loin de la chambre quelque peu hantée de son parrain et la cage vide qui avait appartenu à sa chouette. Il attrapa sa cape d'invisibilité, s'excusa auprès de Kreattur de rater le dîner et se rua sur le pas de la porte. Ne tenant plus en place, il transplana.
Surpris de ne pas sentir la sensation désagréable du transplanage, il ouvrit les yeux. Devant lui, il y avait toujours le parc à l'abandon et les vieilles bâtisses moldues. Il n'avait pas transplané. Jurant contre lui même, il retenta l'expérience qui se révéla également infructueuse. Énervé, il regarda autour de lui et aperçu un moldu tiré à quatre épingle de l'autre côté de la rue qui regardait fixement le square Grimmaurd et deux journalistes de la gazette mal déguisés. Il tenta encore plusieurs fois de tourner sur lui-même pour transplaner jusqu'à en avoir le tournis.
Il songea à attendre que les journalistes soient distraits par quelques chose pour s'envoler avec son balais mais la cape n'aurait pas réussi à couvrir la malle. Déterminé à essayer quand même, il profita qu'un moldu arrive dans la rue et les distraie pour monter sur son balais, mais à ce moment précis il se sentir transplaner sans le vouloir.
