Hello à tous, désolée pour cet update terriblement tardif... (j'avoue que j'avais un peu oublié que j'avais commencé à mettre en ligne cette fic, je suis impardonnable...)
Merci à toutes (et tous ?) pour vos reviews qui m'ont fait extrêmement plaisir, oui oui ! *balance des bisous à tout le monde* *et constate par là-même avec plaisir que le site prend à nouveau en compte les étoiles, youhouuuu!*
Je dois avouer que j'aime beaucoup quand Fai est aussi froid et cruel, alors j'espérais qu'il vous plairait aussi. Donc si c'est le cas, je suis heureuse. ^^
RàR :
- Butty : merci !! la suite du cadeau de Noual vient un peu tard, je suis désolée ... le prochain update sera moins long, je pense...
- Ayu : contente qu'il te plaise :3 huhuhu !
- Evangelysta: Gruuh, toi aussi, tu l'aimes bien ! Je le trouve classe quand il est cynique, wohoho ! Et ton intuition est plutôt bonne... x3 Thanks !
- Hikari Aria : °se cache sous la table° ouh la, le délai était encore plus long cette fois ci... je suis vraiment désolée... le prochain ira plus vite, promis ! (si vous continuez à m'envoyer des reviews °3° *mode chantage ON* xD)
- Nandra-chan : *o* quelle magnifique review de la part d'une auteur que j'adore °o° °o° °o° ça me fait super plaisir. Et en plus ça m'aide à voir ce qui ne va pas et ce que je devrais changer, alors je te remercie du fond du coeur ! *o*
Voilà la suite, que vous avez taaaant attendue (ou pas, mais laissez-moi me bercer d'illusions. x3). Enjoy :3
Beaucoup de monde s'était réuni, ce soir-là, pour les funérailles de maître Fei Wang Lead. Les rumeurs qui couraient de son vivant sur son peu de probité avaient toutes été effacées comme par miracle à l'annonce de sa mort, et en plus de sa famille, de ses amis et relations de travail, beaucoup de journalistes et de curieux étaient venus et attendaient le moment où devait avoir lieu la cérémonie shintoïste. Kurogane, abrité sous un parapluie, regardait en silence les gens aller et venir, quand une silhouette à la couleur de cheveux inhabituelle attira son regard.
- Flowright-san...
Bien qu'il fut à l'autre bout de la longue allée, les yeux de Fai se tournèrent vers lui comme s'il l'avait entendu. Ils échangèrent un regard pendant un bref instant, dont Kurogane eut pourtant l'impression qu'il durait des heures, puis l'avocat s'avança vers lui avec la démarche calme et posée qui lui était habituelle, et le brun se surprit à penser que c'était un homme qui avait de la classe.
- Bonsoir, dit calmement Fai lorsqu'il fut arrivé en face de lui.
Habituellement, il portait une chemise blanche qui contrastait avec son costume d'avocat, mais ce soir là, il l'avait troquée contre une chemise de couleur noire. Et le moins qu'on puisse dire, songea Kurogane, c'était que le noir lui allait drôlement bien.
- Que faites-vous ici ?
Aussitôt, il se sentit d'une débilité infinie. Qu'est-ce que Fai pouvait bien faire ici, à part, comme tous les autres, assister à la cérémonie ? Seigneur dieu, si seulement il était capable de réfléchir avant de parler... Fai semblait penser la même chose, car un léger sourire naquit sur ses lèvres.
- Comme vous pouvez le voir...
C'était étrange. Ses lèvres souriaient, mais ses yeux bleus étaient d'une froideur absolue. Comme si, au fond de son cœur, il n'y avait de la place que pour le mépris et la haine... une haine dirigée contre lui, sans aucun doute possible. Kurogane en fut si surpris qu'il ne prêta même pas attention à sa réponse. Ce ne fut que lorsqu'une lueur d'étonnement se glissa dans les yeux qu'il contemplait qu'il réalisa qu'il fixait Fai, et depuis déjà bien trop longtemps. Il détourna le regard.
- J'ai entendu dire que maître Lead était votre conseiller juridique depuis bien longtemps, reprit Fai d'une voix posée comme si rien ne s'était passé. Je vous présente mes sincères condoléances.
Kurogane hocha la tête, sans savoir trop quoi répondre. C'était vrai que maître Lead était attaché à leur famille depuis qu'il était adolescent, mais il n'avait jamais éprouvé beaucoup de sympathie envers lui, et encore moins, paradoxalement, depuis qu'il avait été son avocat de la défense lors de l'affaire qui avait eu lieu onze ans plus tôt. Par conséquent, sa mort ne lui avait pas fait beaucoup d'effet.
Des bruits de pas crissèrent sur le gravier, et Kurogane se retourna ; son père et son frère se trouvaient derrière eux. Fai s'inclina.
- Papa, voici l'avocat maître Flowright, présenta rapidement Kurogane. Flowright-san, voici mon père, Kurogane Haganemaru, le directeur de la compagnie Kurogane & Sons, et mon grand frère Seishiro.
- Enchanté, dit Fai d'une voix douce. J'ai appris que maître Fei Wang Lead était votre conseiller juridique... je compatis à votre perte.
- En effet, répondit le père de Kurogane d'une voix lasse. C'était un homme capable et efficace, et son décès représente une grand perte pour moi et ma compagnie.
Le vieil homme marqua une pause, puis s'approcha de Fai, qu'il scruta d'un oeil inquisiteur.
- Dites-moi, ne nous sommes nous pas déjà vus quelque part ?
- Tu l'as peut-être vu dans les journaux, papa, répondit Seishiro. C'est lui qu'on appelle l'Ange Avocat.
- L'Ange Avocat ?
- Ce sont les médias qui m'ont trouvé ce surnom, se défendit Fai avec modestie.
- Mais oui... Maître Flowright, l'Ange Avocat ... Celui qui n'a jamais perdu un seul procès... En effet, j'avais lu quelque chose là-dessus. C'est donc vous... J'ignorais que vous connaissiez mon imbécile de fils.
Le fils en question lui jeta un regard agacé avant de répondre:
- Il est l'avocat de mon ami Fûma.
- Ah, oui, grinça son père. Le vol ... Comment évolue son procès ?
- Il est en bonne voie, répondit Fai, et je pense qu'il sera bientôt libéré.
- Je ne sais pas si c'est vraiment une bonne nouvelle, pour ce genre de déchet, répondit le vieil homme, mais c'est grâce à votre talent, maître Flowright, et je vous félicite.
Fai s'inclina en silence tandis que Kurogane dirigeait vers son père un regard franchement irrité.
- Fûma n'est pas déchet ! C'est juste qu'il manque de sens commun....
- Je n'ai pas besoin de ton avis, trancha froidement son père. Un déchet restera un déchet quoi qu'on en dise. Au fait, maître Flowright, ajouta-t-il en coupant Kurogane qui allait se mettre en colère. J'ai à présent un poste de conseiller juridique libre, et ce serait un immense plaisir que d'avoir un homme aussi compétent que vous pour succéder à maître Lead.
- C'est un honneur, répondit Fai en s'inclinant poliment. Permettez-moi de prendre un peu de temps pour y réfléchir.
- Bien entendu, répondit le vieil homme d'un ton aimable. Revenez-me voir quand vous aurez pris votre décision.
Il inclina légèrement la tête pour saluer Fai, qui l'imita, puis s'éloigna vers l'autel où la cérémonie allait commencer, accompagné de son fils aîné.
- Mon père ne mâche pas ses mots, dit Kurogane d'un ton agacé après que son père se fut éloigné. Il n'aime pas trop Fûma, alors...
Fai lui jeta un regard, mais ne répondit pas, et Kurogane se sentit stupide, une fois de plus.
- La cérémonie va commencer, allons-y.
Le blond se contenta de hocher de la tête et ils se dirigèrent ensemble vers l'autel.
.oOo.
Fai détestait les enterrements.
- Maman !!
Ils lui rappelaient trop ceux auxquels il avait dû assister alors qu'il n'était encore qu'un adolescent.
- Maman !! Qu'est-ce qui t'arrive ? Maman !! Réponds-moi !!
Il revoyait la scène comme s'il y était. En face de lui, sur l'autel, était posée la photo de son grand frère, dans ce cadre entouré d'un ruban noir de deuil. Son frère, qui était mort si jeune. Il n'avait même pas eu le temps de réaliser son rêve de faire des études, et de devenir un avocat célèbre, qui ne ferait pas payer ses clients dans le besoin, et qui ne perdrait jamais un seul procès. Bien sûr, un avocat qui ne défendrait que des innocents, et qui n'enverrait en prison que les coupables.
Peut-être, s'il était resté vivant, aurait-il réalisé à quel point il s'agissait d'une utopie. Mais il n'avait même pas eu cette occasion. Il était mort trop jeune. Pourquoi n'y avait-il pas de loi qui interdisait aux adolescents, aux grands frères, aux personnes si gentilles, de mourir ? Pour une raison si stupide, en plus. Une bataille dans une cour désaffectée. Un délinquant, un couteau, une menace de trop, et le tour était joué. C'était si facile, de supprimer une vie. Aussi facile que de souffler la flamme d'une bougie. Comme ces trois bougies, là, disposées à côté de la photo ... Si elles avaient représenté la vie des trois adolescents qui avaient été la dernière vision de son grand frère, Fai les aurait soufflées sans la moindre hésitation. Il les fixait avec tant d'attention qu'autour d'elles, tout le reste avait disparu, tout s'était fondu dans un flou coloré qui lui donnait l'impression d'être à moitié inconscient.
A côté de lui, sa mère, les yeux cernés, était en train de prier, les mains serrées si fort sur son chapelet que ses jointures en étaient toutes blanches. Sa pauvre maman. Elle, dont le cœur était déjà si faible, elle s'était évanouie lorsqu'elle avait appris la mort de son fils bien-aimé. Lui, il était jeune, il pourrait s'en remettre, même si ça prenait des années... mais elle, comment ferait-elle ? Comment pourrait-elle jamais se remettre d'une telle épreuve ?
Un bruit de pas au fond de la salle les fit sursauter tous les deux. Une personne de haute taille, vêtu d'un costume, à la barbe noire, et qui portait un monocle, venait d'entrer. Fai le reconnut tout de suite. C'était lui, Fei Wang Lead, qui avait proclamé l'assassin de son frère "innocent pour légitime défense". Légitime défense ! Ç'aurait été d'un comique, si la situation n'avait pas été ce qu'elle était. Légitime défense. Soi-disant qu'Ashura avait tenu le couteau le premier. Bien sûr, ça n'aurait rien eu d'impossible, mais ce terme sous-entendait que c'était lui qui avait menacé le premier, et ça, Fai ne parvenait pas à le croire. C'était un mensonge. Grâce auquel l'assassin de son frère avait été libéré.
Quelle audace il avait, de venir ici, cet avocat véreux et corrompu ! Il avait même un cadeau de deuil à la main, qu'il déposa lentement sur la table prévue à cet effet, au fond. Avant qu'il ne puisse réagir, sa mère s'était levée, furieuse. Elle dévisagea l'avocat un long moment, comme si elle ne parvenait pas à croire à tant d'hypocrisie, puis saisit le cadeau qu'il avait apporté et lui jeta au visage en hurlant.
- Allez-vous en !
Il n'avait pas fait de manières. Il était sorti tout de suite. Mais c'en était déjà trop pour le cœur de la mère de Fai.
- Maman !!
Elle s'était effondrée, purement et simplement. Retenue par les bras de Fai, elle était allée rejoindre son fils aîné, comme si elle n'avait déjà que trop tardé.
- Mamaaaan !!
Fai ouvrit les yeux, son propre cri résonnant encore dans sa tête, onze ans après. Devant l'autel, le père de Kurogane était en train de prier devant la photo de maître Lead, après avoir répandu un peu d'encens. Il ne tarda pas à retourner à sa place, trois rangs devant Fai, alors que quelqu'un d'autre se levait pour effectuer les mêmes gestes. A la droite de Kurogane père était assis son fils aîné, Seishiro, tandis qu'à sa gauche, se trouvait la femme de maître Lead, qui priait sous le voile noir qui lui recouvrait le visage.
Le regard de Fai se porta sur son propre voisin, le fils cadet de la famille Kurogane, qui priait, les yeux fermés, le chapelet dans les mains, dans la position exacte que sa mère avait adoptée onze ans plus tôt, lors des funérailles de son frère. Le blond ressentit un tel élan de haine qu'il crut qu'il allait se sentir mal. Sa main se crispa sur son propre chapelet, et il ferma les yeux, les sourcils froncés, inspirant profondément pour faire disparaître son malaise.
- Ça ne va pas ?
Fai ouvrit les yeux, étonné. Kurogane s'était tourné vers lui et le regardait, un peu intrigué.
- Ça n'a pas l'air d'aller, répéta-t-il.
- Je vais très bien, répondit Fai en s'efforçant de bannir toute sécheresse de sa voix.
Peut-être Kurogane la ressentit-il tout de même, car il se contenta de hocher la tête en silence et ferma les yeux à nouveau, les mains jointes devant lui.
Fai détourna le regard lentement, s'efforçant de rester calme malgré toute la rancœur qui courait dans ses veines.
Ashura...
.oOo.
Ce n'était pas juste... Ça n'aurait pas du arriver. Ça ne pouvait pas être vrai. Pas maintenant, alors qu'il avait déjà tellement de problèmes...
Le jeune homme fixa la lettre qu'il avait reçue, enveloppée dans une enveloppe rouge, elle-même glissée dans un colis. Oui, cette lettre... Il ne connaissait pas l'expéditeur, et il ne savait pas non plus comment cela se faisait que cette personne en savait autant à son sujet, mais une chose était sûre : elle avait raison sur toute la ligne. Il avait été victime d'une injustice. Être viré pour l'erreur d'un autre, c'était de l'injustice. Malgré tout, son patron n'avait rien voulu entendre.
Il fixa la lettre à nouveau, comme hébété. Elle lui disait qu'il fallait qu'il aille réclamer justice sur le champ. Demander à son patron de l'employer de nouveau. Qu'il était inutile de laisser perdurer une situation comme celle-ci...
Mais... et si son patron se montrait violent ? Il avait une certaine tendance à laisser parler ses poings plutôt que sa bouche quand il s'agissait de l'affronter en face à face. Et lui, avec son poids plume, il n'était pas certain de pouvoir faire face. Pourtant... Il jeta un regard au colis, dans lequel se dessinait l'ombre d'un pistolet. Fallait-il en recourir à cette extrémité pour récupérer son travail ? La menace n'était pas une bonne chose, assurément.
Indécis, il prit l'arme dans le colis. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise lorsqu'il l'examina.
- Ah...
Il la reposa sur la table et passa une main dans ses cheveux noirs, intrigué. Il y avait aussi une notice d'utilisation dans le colis, qu'il prit et lut en silence. L'auteur de la lettre avait tout prévu. Cette arme était absolument inoffensive. Un vrai jouet, juste assez réel pour faire peur.
Bon. Il fallait qu'il y aille, il avait déjà assez hésité. En silence, il mit son manteau, glissa l'arme dans sa poche intérieure, prit sa mallette en cuir, et sortit de l'appartement.
.oOo.
Le building qui abritait le siège de la compagnie Kurogane & Sons était d'une taille impressionnante, et constituait également un hôtel de première classe, mais Fai ne lui jeta qu'un regard rapide avant d'entrer dans le hall.
- J'ai rendez-vous avec Kurogane Haganemaru-san, dit-il à la dame de l'accueil.
- Vous êtes attendu, maître Flowright. Si vous vous voulez vous donner la peine de me suivre...
En silence, Fai suivit la jeune femme qui le mena dans les couloirs jusqu'à la porte du bureau du P.D.G, où elle frappa avant d'ouvrir la porte et d'annoncer :
- Président, votre rendez-vous est arrivé.
- Faites-le entrer, répondit la voix du père de Kurogane.
Fai entra dans dans la pièce, située au plus étage du building, et qui avait une vue panoramique sur Tokyo à couper le souffle. Le vieil homme contemplait la ville, les bras croisés dans son dos.
- Kurogane-san, salua Fai en s'inclinant.
- Maître Flowright, je vous attendais, dit celui-ci en se retournant. Merci de m'avoir fait l'honneur de venir.
- Je vous en prie, l'honneur est pour moi, répondit Fai poliment.
- Vous êtes venu m'apporter votre réponse pour l'offre du poste de conseiller juridique, n'est-ce pas?
- Je me demandais si vous ne regrettiez pas votre offre, avoua Fai. Puisque j'ai été l'avocat de celui qui a provoqué la mort de maître Lead...
- Eh bien, cet homme a été innocenté, ce qui prouve que vous êtes un excellent avocat. Et cette proposition n'a jamais cessé de tenir, répondit l'homme en s'asseyant dans un fauteuil, en face de Fai. Comme je vous l'ai déjà dit, ce serait un grand honneur que d'avoir quelqu'un de si doué que vous à nos côtés. Si vous acceptez ce poste, nous satisferons n'importe laquelle de vos conditions.
- Dans ce cas... je n'en ai qu'une.
- Je vous écoute.
- ... Ne me cachez rien, s'il vous plaît. Ce travail requiert la plus grande confiance entre nous.
Le vieil homme eut un regard étonné, puis un léger sourire naquit sur ses lèvres.
- C'est vrai... c'est tout à fait juste. Eh bien, soit. Je vous montrerai tout.
- Dans ce cas, répondit Fai d'une voix douce, j'accepte l'offre.
Avec un sourire, le père de Kurogane lui tendit la main, que Fai serra après un temps d'hésitation presque imperceptible.
.oOo.
Wakarai Shiyu ... C'était lui le cerveau de l'affaire. Plus le temps passait, et moins Kurogane avait de doute. Il était certain à présent que ce n'était pas Aoki lui-même, car un barman avait témoigné de sa présence dans son établissement au moment où Wakarai Shiyu avait appelé Fei Wang Lead. C'était quelqu'un d'autre, une tierce personne qui avait planifié lui-même la rencontre entre Aoki Seichiro et Fei Wang Lead et qui avait envoyé le couteau à l'avocat et les lettres à Aoki. Tout était de son fait... sauf le meurtre.
Ce que Kurogane ne comprenait pas, en revanche, c'était cette histoire de carte de tarot. Et à vrai dire, ça l'inquiétait un peu. Pourquoi lui envoyer à lui une carte de tarot en guise d'avertissement du meurtre de Fei Wang ? Ils n'étaient même pas si proches que ça. Soit, c'était le conseiller juridique de sa famille... et c'était aussi l'avocat qui l'avait défendu quand il était au lycée. Mais ceci mis à part, c'était surtout avec son père que Fei Wang Lead avait des contacts, alors pourquoi est-ce que c'était à lui que l'on envoyait la carte de tarot ?
Et puis, cette carte... le Jugement. Selon Arashi, ça signifiait que le temps était venu de payer pour des anciens péchés. Et Kurogane n'aimait pas cette idée. Pas du tout. En admettant que la carte le visait réellement, il était loin d'avoir eu une jeunesse exemplaire. Avec Kamui et Fûma, ils avaient été de vrais délinquants, lorsqu'ils étaient plus jeunes. Ils étaient toujours en train d'embêter les plus faibles... et surtout ce Kuzuki Kakyô. A l'époque, Kurogane disait que c'était la tête de Kakyô qui lui donnait envie de le martyriser. Il était tellement pitoyable, toujours à pleurer et à supplier... Mais lorsqu'il y pensait, à présent, il ne ressentait rien d'autre qu'une honte brûlante, et des regrets qui semblaient voués à ne jamais disparaître. Et puis, il y avait eu cet accident...
Kurogane passa une main dans ses cheveux, les yeux fermés, les sourcils froncés. La culpabilité n'avait jamais cessé de le ronger depuis cette maudite journée. Et son procès, qui n'avait rien arrangé... Son père qui lui disait de plaider la légitime défense.
- Mais ce n'était pas de la légitime défense...
- Tais-toi et fais ce que je te dis !
Fais ce que je te dis. Le leitmotiv de son père. Et son avocat, qui l'avait assez bien défendu pour qu'il soit jugé innocent...
C'était un fait, il était loin d'être blanc comme neige...
- Kurogane ?
Le brun sursauta. Il n'avait pas entendu Sorata et Arashi revenir.
- Tu faisais quoi ?
- Rien, grogna le brun. Vous avez du nouveau ?
- On a fait des recherches sur Wakarai Shiyu ...
- ... Et ?
- Et rien du tout. Il n'existe personne de ce nom là ...
- Evidemment, grinça le brun. Il n'allait pas mettre son vrai nom.
- On a aussi interrogé les propriétaires des boutiques d'où les colis ont été livrés, mais certains ont dit qu'ils ne se rappelaient pas. Un d'entre eux a dit que c'était une lycéenne qui l'avait livré, un autre a dit que c'était un collégien. Wakarai Shiyu a vraiment pris toutes les précautions pour qu'on ne le trouve pas.
- Pas d'empruntes digitales sur les colis, les enveloppes, l'arme du crime ... ?
- Aucune. Il devait mettre des gants...
- Merde, grinça Kurogane. C'est quoi, son but, putain !
Sorata et Arashi le regardèrent en silence pendant un instant, avant que le téléphone ne les fasse sursauter.
- C'est mon portable, s'excusa Sorata. Oui, chef ? ... Kishû et moi ? Oui, pas de problème, on arrive. Arashi, dit-il en raccrochant, le chef nous appelle.
La jeune femme hocha la tête.
- On va continuer les recherches sur Wakarai Shiyu, mais je ne sais pas si ça nous mènera quelque part, dit-elle à Kurogane.
- Je chercherai aussi de mon côté, répondit le brun. A plus tard.
Sorata et Arashi s'éloignèrent et Kurogane se retrouva seul une fois de plus. Alors Wakarai Shiyu était donc un nom inventé... Quoi de plus normal, en même temps. C'était vraiment un nom trop bizarre pour être porté par quelqu'un... Quoi qu'il en soit, ça ne faisait pas avancer le schmilblik, tout ça...
Son portable sonna à son tour.
- Allô, Kurogane à l'appareil.
- Kuro ! On fête ma libération, tu viens ?
- ... Fûma ? T'as été libéré ?
- Grâce aux bons soins de mon avocat ! Avec Kamui, on est dans notre bar habituel. T'as fini ta journée ? Tu viens ?
- Ok, j'arrive tout de suite.
Fai D. Flowright avait donc réussi à faire libérer Fûma... Apparemment, il n'avait pas usurpé son surnom de Langue d'Argent...
L'avocat blond lui faisant aussitôt oublier l'affaire Wakarai Shiyu, il se leva et sortit du bureau, sans remarquer la personne discrète qu'il croisa dans le couloir et qui portait un colis vers le département des détectives.
*fait ses habituels yeux de Chat Potté* vous avez aimé ? =3 Le prochain ira plus vite. Vraiment. Pardon. ^^'
