Je suis allongé sur mon lit. Mon regard fixe le mur en face de moi. Je redoute ce qui va arriver. Je ne sais pas s'il viendra ce soir, mais la seule pensée qu'il reviendra – car il revient toujours – me terrorise. La porte s'ouvre, laissant un rayon de lumière jaunâtre entrer dans la chambre. Elle se referme sans un bruit. Mais je sais qu'il est là. Je pourrai faire semblant d'être endormi mais c'est inutile. Il sent ma peur. Dans cette quasi pénombre ou je peine à distinguer sa silhouette, lui voit parfaitement. Je peux voir ses pupilles réfléchir la lumière. Inutile de lutter, je n'ai aucune chance. Sans compter que la moindre résistance de ma part lui donnerait l'occasion parfaite de me mordre. Mais il n'est pas là pour ça. Il est là pour me briser de la plus atroce des manières. J'ai été trop faible pour tuer Dumbledore. J'ai laissé mes émotions interférer avec un ordre. Il est là pour s'assurer que cela n'arrivera plus. En brisant la moindre parcelle d'humanité en moi.

Il reste plusieurs minutes sans bouger, simplement à s'emplir les narines de l'odeur de ma peur. Mon angoisse est telle que j'en vient presque à espérer qu'il commence. Un informulé plus tard, je me retrouve nu. Il s'approche de moi. Dans ce silence oppressant, je peux entendre sa respiration. Un sourire carnassier se dessine sur son visage tandis qu'il pose les mains sur moi. Je ferme les yeux en serre les dents pour essayer de contenir la nausée qui m'envahit. Mais je ne peux rien faire contre la sensation de ses mains sur ma peau. Ses paumes moites parcourent mon corps, me secouant de spasmes de dégoût. Quand il le juge bon, sa langue rejoint ses mains. Mon corps de n'obéit pas. Des frissons de plaisirs m'envahissent, mêlés à ceux d'horreur. Tout mes muscles se crispent je donnerais tout pour qu'il arrête. Il ne s'est jamais arrêté avant qu'une ultime trahison de mon corps indique que tout était fini. Il se relève et me regarde avec une lueur sauvage dans le regard. À ce moment là plus que jamais, je me sens comme sa proie. Il sort, me laissant seul et tremblant. Il ne s'est jamais déshabillé. Il semble prendre tout son plaisir à me voir souffrir. Chaque fois, il me tue un peu plus.

Parfois je fonds en larmes, mais la plupart du temps je n'en ai même pas la force. Je reste inanimé pendant parfois des heures. Quand j'arrive enfin à reprendre possession de mes muscles, je me lève avec difficulté. D'un sortilège, je nettoie mes draps. Je me rhabille et essaie de dormir. Et le lendemain, comme tous les matins, je ne réponds rien à ma mère qui trouves que j'ai une petite mine. Je ne réponds pas quand mon père me demande d'où viennent mes cernes. Et j'essaie de ne pas tressaillir quand, dans un sourire carnassier plus sadique que jamais, Greyback me lance : « Tu as passé une bonne nuit ? ».

Je me réveille en sursaut et en nage, encore plus nauséeux que je ne le suis dans mes cauchemars. Je trouve au pied de mon lit une bassine sur laquelle je m'empresse de me pencher. Mais mon estomac vide ne renvoie que de la bile. Je tremble violemment, je sens tous mes muscles tressauter.

-Vous êtes réveillé.

C'est seulement en entendant la voix de l'infirmière que je prends conscience de l'endroit où je me trouve. Les rideaux sont tirés, j'ai apparemment passé le reste de la journée inconscient. Mme Pomfresh nettoie la bassine d'un sortilège et me regarde d'un air plus sévère qu'à l'accoutumée

-Depuis combien de temps n'avez-vous pas mangé un vrai repas ?

Je baisse les yeux. Je n'en ai pas la moindre idée.

-Vous avez la moindre idée de ce que vous vous infligez ? Vous devez vous alimenter.

Je pourrais lui répondre que j'essaie, mais que je finis par vomir le peu qui arrive à franchir mes lèvres mais son ton indique qu'elle n'est pas là pour discuter.

-Je ne peux pas vous laisser vous promener dans les couloirs en sachant que vous pouvez tourner de l'œil n'importe quand. Mais je ne peux pas non plus vous enfermer ici vous avez quand même des ASPIC à passer. Vous pourrez donc assister à vos cours normalement, mais vous passerez désormais vos nuits ici, où je vérifierais que vous vous nourrissez convenablement. Ce n'est pas négociable, cette décision a été prise avec Mme. la directrice.

Je baisse la tête. Je sais bien qu'elles ont raison. Mme. Pomfresh cherche quelque chose dans son bureau puis reviens. Elle me tend une enveloppe.

-Vous avez reçu du courrier.

Elle me la donne et s'en va. Je reconnais l'écriture de ma mère. Une fois de plus. Le hibou est déjà reparti, trop tard pour la renvoyer. Autant la lire. Je la décachette soigneusement. L'écriture est fluide et douce. Je la parcoure rapidement. Elle me dit qu'elle comprend que je refuse de lui répondre, mais qu'elle continuera à m'écrire. Elle s'excuse pour m'avoir entraîné du côté des ténèbres et m'assure que mon père en est également désolé. Je sais que c'est faux. Il est simplement désolé d'avoir été dans le camp des perdants. Enfin, elle me dit que la porte de la maison m'est toujours ouverte.

Je repose la lettre et sent une larme rouler sur ma joue. Non pas que cette lettre m'ait touché, mais elle m'a rappelé un détail important : je ne pourrais pas rester indéfiniment à Poudlard. Et je ne sais pas si je serais capable de retourner dans cette maison qui n'est plus chez moi. De retrouver la chambre. De redormir dans le lit. Je prends une profonde inspiration. Peu importe ce que je choisis, je vais devoir être fort. Et je n'en ai jamais été capable.


Mention importante !

Chers lecteurs, chères lectrices,

Au départ je voulais écrire une fin dépressive, mais une certaine personne de mon entourage -qui se reconnaîtra- m'a tanné pour que j'écrive une happy end. Après avoir longuement hésité, j'ai décidé d'écrire les deux. Vous trouverez donc après ces deux versions. D'abord la Happy end (contenant un passage lemon), puis la dépressive. À vous de choisir !

PS: ce serais gentil de laisser une review pour me dire quel fin vous allez lire et/ou laquelle vous préférez, merci d'avance.