Résumé : Harry et Severus de retour de leur lune de miel reçoivent un étrange colis, contenant entre autre une mystérieuse potion aphrodisiaque… Comment va réagir notre cher couple ? Et Severus est-il si naïf que cela devant son petit lion un peu trop serpentard ?
PS : désolée pour le retard mais j'ai été malade ces derniers temps, sans compter le travail… voilà, bonne lecture à tous…
OPERATION : Quand bébé arrive…
(Suite de 'OPERATION : Marions le')
Chapitre 4 : Il était une fois une potion pas si mystérieuse que ça…
« Une potion aphrodisiaque, je pense… »
Allongé à côté de son petit lion si délicieusement ébouriffé par leur récente activité, Severus se souvenait encore parfaitement de la remarque faussement candide que lui avait adressée le grand héros du monde sorcier : il se remémorait les pétillants yeux émeraude qui l'avaient alors fixé avec malice. Le joli brun avait déballé précipitamment le cadeau de Georges Weasley, encore confortablement calé sur le sofa et visiblement très amusé par la situation, il lui avait dévoilé le contenu pour le moins insolite de l'énorme carton, aux couleurs quelques peu criardes. Harry avait semblé le défier d'émettre le moindre sarcasme concernant les si 'délicates' attentions de ses amis pour pimenter leur relation. Ce n'était pourtant pas l'envie qui avait manqué à Severus car n'en déplaise aux jumeaux diaboliques, au dresseur de dragons et à cet abruti dont s'était bêtement entiché son filleul, sa libido se portait comme un charme, merci bien ! Et jusqu'à présent, le foutu gamin n'avait pas l'air de s'en plaindre spécialement… Loin s'en faut !
Les quelques années passées au service du Lord noir avait permis à Severus d'acquérir un sang froid imperturbable, il était passé maître dans l'art de dissimuler ses émotions, ses sentiments et malgré son agacement ô combien compréhensible face au regard goguenard et amusé du jeune sorcier, le visage de l'ancien espion n'avait reflété tout au plus qu'un vague étonnement. Il s'était brillamment retenu d'envoyer immédiatement aux amis de son joli brun quelques potions dont il avait le secret pour leur signifier à quel point il était 'honoré' et 'touché' par leur présent. Finalement, il avait préféré laisser Harry tout à sa découverte du 'kit' de survie maritale, version Weasley. Severus en avait profité pour déballer leurs affaires et rangeait en quelques sortilèges leurs vêtements et tous leurs souvenirs de lune de miel.
Bien sûr, Harry était pour lui comme un livre ouvert tant son regard était expressif et Severus n'avait pas été le moins du monde dupe: il avait immédiatement songé que le brun, bien loin de cette innocence feinte, était informé de ce cadeau au goût plus que douteux et de toute cette laborieuse mise en scène, il était même probablement encore à la tête d'un nouveau projet, Machiavel en herbe à l'origine de quelques manigances improbables qui lui vaudrait sans nul doute de nombreux maux de tête fort désagréables par la suite. Rester à découvrir ce que son petit lion avait encore conçu dans son esprit retors d'apprenti serpentard.
Il le dévisageait depuis de longues minutes avec une vive lueur d'intérêt et de curiosité. Le brun aux cheveux furieusement emmêlés dormait profondément, étendu sur leur lit, dans une position d'abandon qu'il ne pouvait qualifier que de particulièrement tentante. Il se morigéna silencieusement devant son attitude face au gamin, il était digne de Crivey, admirant béatement le héros du monde sorcier qui dormait comme un bienheureux à ses côtés. Il faut dire que ses lèvres marquées, ses longs cils retombant délicatement sur ses pommettes encore rougies, sa nudité, à peine recouverte du drap qui cachait négligemment une partie avantageuse de son anatomie ne pouvaient laisser guère de doute sur leur épuisante et récente activité. Il ne put retenir un sourire particulièrement satisfait à ce souvenir.
Depuis leur retour dans les cachots, sa petite terreur personnelle n'avait eu de répit de le titiller après qu'il eut fini de ranger leurs affaires, jouant nonchalamment avec la paire de menotte qui était maintenant abandonnée sur la table de chevet. Severus avait beau maîtriser mieux que quiconque ses émotions, il n'en était pas moins un homme, cédant à ses désirs, ses faiblesses. Merlin et tous les autres avaient jugé intéressant d'allier dans ce corps parfait tout ce qu'il avait cherché par le passé : cette alliance d'effronterie et de candeur délicieuse, cette aura d'innocence et d'espièglerie. Malheureusement pour lui, le gosse le savait, le gosse en abusait, le gosse allait probablement le rendre cinglé. Pourquoi par Salazar avait-il finalement signé en bas du contrat d'union magique ? Pourtant, n'était pas serpentard qui voulait et Harry avait tendance à l'oublier un peu trop ces derniers temps, il allait le lui rappeler clairement. Il avait littéralement tué le gamin, preuve s'il en fallait que sa libido se portait comme un charme, avec ou sans menottes, merci bien… Et il allait honteusement profiter de l'épuisement du gryffondor pour mener à bien sa petite vérification. Encore quelques minutes et il saurait si ses doutes s'avéraient exacts et fondés.
L'adorable petit brun s'étira légèrement tel un félin et se retourna. Severus en profita pour caresser son corps délicatement hâlé par leur long séjour, parcourant doucement ses épaules, son dos, ses hanches fines ce qui lui valut un grognement d'abandon, un gémissement absolument adorable. Inconsciemment, le jeune sorcier réclamait déjà plus du Maître des Potions qui ne se fit pas prier pour exercer ses innombrables talents. Il s'engouffrait sous les plis du drap emmêlé avec une habileté évidente. Il se pencha de sorte de frôler doucement la nuque droite de son souffle tandis que de sa main droite, il découvrait patiemment l'aine du brun, il devina le frisson qui parcourait le corps de son compagnon à cette nouvelle approche. Il se détacha à regret de peur d'éveiller complètement le brun, il le laissa finalement à ses doux rêves. Il voulait savoir d'abord à quoi jouer son petit lion, il voulait des réponses à ses nombreuses interrogations.
Severus se releva le plus doucement possible, en silence pour ne pas alerter le jeune sorcier et il se dirigea tranquillement vers le salon. Il traversa la pièce rapidement avant de s'engouffrer vers son laboratoire adjacent. Une chance pour lui, tout à l'heure, Harry, un peu trop distrait, avait négligemment oublié la fameuse potion 'aphrodisiaque' sur la table basse lorsqu'il avait voulu tester sans attendre les menottes offertes. Severus avait pu récupérer en toute tranquillité un extrait de la potion à la couleur bleutée qui lui avait paru si particulière. Il avait versé quelques gouttes de la mixture encore inconnue dans une fiole en cristal qui était posée depuis maintenant près d'une petite heure sur la paillasse encombrée de son laboratoire. Comme il s'y était attendu, la teinte était désormais d'un puissant rouge bordeaux, extrêmement foncé, elle avait réagi à la poudre de licorne.
Il n'en croyait pas ses yeux ! Cette fois, Harry avait réellement exagéré ! Les jumeaux, si tordus soient-ils, n'auraient certainement pas pris le temps de réaliser une potion si complexe et délicate à obtenir de part la rareté de ses composants sans raison valable ! Et la raison, il la connaissait et répondait au doux patronyme de 'POTTER'. Il attrapa la fiole et se précipita vers sa chambre, traversant leur appartement en moins de temps qu'il n'en faut à Finnigan pour rougir devant une des remarques scabreuses de son filleul.
Le brun n'ayant aucune idée de la tournure désastreuse qu'avait pris son plan diabolique d'apprenti serpentard depuis quelques minutes, dormait toujours comme un bienheureux, légèrement recroquevillé sur lui-même. Severus se posta au pied du lit et savoura sa future revanche. D'un informulé, il conjura une carafe d'eau glacée et la fit léviter juste au dessus du corps du bel endormi. Il patienta une seconde, le temps de se recomposer un visage parfaitement neutre et inaccessible et laissa s'écouler doucement le liquide sur le visage angélique. Il retint de toutes ses forces un sourire ironique alors que le brun se redressa prestement, hurlant comme un beau diable :
« SEV !
- Un problème, peut-être ?
- JE… PUTAIN ! MAIS… MAIS QU'EST-CE QUI TE PREND ? »
Marquant un temps de silence, le Maître des Potions croisa ses bras et reprit d'une voix doucereuse qui aurait fait tourner de l'œil la plupart des élèves de Poudlard, y compris des serpentards de septième année :
« Qui suis-je, Potter ?
- UN ENFOIRE DE PREMIERE !
- Une autre douche te conviendrait peut-être !
- C'est ça, j'y pensais d'ailleurs !
- Alors Potter, j'attends toujours ta réponse…
- Mon tendre, délicat et attentionné époux…
- Ne rêve pas…
- Peut-être que si tu me disais où tu voulais en venir, nous gagnerions un temps précieux, chéri !
- Quelle est ma fonction dans cette école ? »
Harry le regarda, interloqué. Il ne voyait aucune explication raisonnée et raisonnable au comportement de Severus depuis son réveil un peu brusque, il reprit presque dans un chuchotement :
« De… De quoi parles-tu ?
- Réponds simplement à ma question !
- Tu… Tu plaisantes, n'est-ce pas ?
- Ai-je l'air de plaisanter à ton avis ?
- Tu… Bordel, tu es Maître des Potions, tu as terrorisé des générations d'élèves et moi le premier !
- Inutile de me flatter, amour !
- Mais bordel, est-ce que tu vas m'expliquer ce qui t'arrive ? »
Pour toute réponse, Severus montra plus clairement la petite fiole en cristal contenant une préparation à l'étrange couleur rouge bordeaux, l'air encore plus ahuri du petit brun dont les cheveux humides retombaient confusément sur son visage, lui fit pousser un soupir exaspéré :
« Ne t'ai-je donc rien appris durant ces misérables séances où je t'entraînais ?
- Si… A baiser. Pour le reste, pas grand-chose à ma connaissance !
- Que de mesquinerie dans une si jolie bouche…
- J'ai eu un excellent maître ! »
Le jeune sorcier s'était redressé et se tenait, agenouillé, face à Severus qui leva un sourcil sarcastique à la réplique de son gryffondor délicieusement mouillé.
« Bien, je vais donc être contraint de reprendre les bases des cours de potion avancée de septième année puisque tu n'as visiblement rien retenu de ce que j'ai vainement tenté de t'apprendre. La poudre de licorne a une utilité première, laquelle ? »
L'air profondément ahuri que lui adressa Harry le fit sourire malgré lui, il reprit presque dans un chuchotement :
« Pourquoi ne suis-je même pas surpris ? Bien, il se trouve que la poudre de licorne est le premier révélateur d'un des composants les plus rares existants en potion : les cils de Phénix, toute préparation contenant cet ingrédient exceptionnel mélangé avec de la poudre de licorne prendra une couleur d'un puissant rouge bordeaux, extrêmement foncé. Manuel de septième année, page 654, chapitre 25 !
- Félicitations, je vois que tu connais toujours parfaitement le programme d'enseignement mais je ne vois toujours pas où tu… »
Ce fut à cet instant que le visage d'Harry se métamorphosa : il sembla pâlir puis ses joues s'empourprèrent fortement :
« Bien, je vois que tu commences à comprendre le problème, amour !
- Je… Je…
- A ma connaissance, il n'existe que deux potions requérant des cils de phénix… »
La bouche du survivant était légèrement entrouverte en un 'O' muet. Severus se rapprocha encore et attrapa le menton du joli brun entre ses longs doigts fins ; il poursuivit très calmement :
« Tout d'abord, l'élixir de longue vie de Nicolas Flamel, mais je doute que les jumeaux, si brillants soient-ils, aient les capacités magiques pour réaliser une nouvelle pierre philosophale. Ce qui m'amène évidemment à la seconde possibilité mais dans ce cas, tu as quelque chose à m'expliquer immédiatement Harry ! »
Le regard noir du Maître des Potions semblait sonder son âme et le survivant baissa les yeux, totalement confus, il bégaya péniblement :
« Je… Je… Tu sais bien que… De toute façon, la potion de 'felix parentis' ne peut fonctionner que si les deux amants désirent sincèrement fonder une famille ensemble.
- Ce n'est pas tout à fait exact… Si tu reprends les études de Circée concernant ce point précis, il n'est aucunement question de la volonté des deux partenaires d'être parents, il faut simplement que le couple aspire réellement à vivre ensemble toute leur vie, que leur amour soit profond, réel et fort. Tout le reste n'est que le fruit de ton interprétation et dis-moi, quand comptais-tu m'en informer ? Quand tu aurais appris que tu étais enceint, quand tu aurais eu les premières contractions ou quand le médicomage m'aurait mis le mouflet dans les bras en hurlant 'Félicitations, Monsieur, c'est un fils…' ?
- Ou une fille…
- Ne joue pas à ça, Harry ! Je suis furieux alors réponds à ma question, je te prie.
- Je… Je… Je voulais te convaincre avant tout… Je ne comptais pas l'utiliser sans ton accord.
- Et je suis censé te croire, peut-être.
- Oui et moi, comment suis-je censé comprendre ta réaction ? J'ai été ton amant et pendant des années, tu m'as rejeté et maintenant je suis ton époux, alors, je pensais que… Mais en fait, tu ne changes pas et l'idée même que je porte ton enfant semble te révulser au plus haut point ! Et… ET A CHAQUE FOIS, TU ESQUIVES LE SUJET, TU REFUSES DE M'ECOUTER… TU… »
Harry s'était arrêté brusquement, écartant assez violemment la main de son époux qui le retenait toujours, ses yeux émeraude étaient embués de larmes translucides et il ravala un sanglot avant de se laisser retomber contre la tête du lit, ses genoux remontés contre sa poitrine dans une attitude défensive. Severus restait sonné, ne sachant que dire, que faire. Il se passa plusieurs minutes sans qu'aucun des deux hommes ne fasse un geste. Finalement, le Maître des Potions sortit de sa réserve et se dirigea lentement vers le joli brun, en contournant leur lit. Il s'installa à ses côtés et doucement caressa ses cheveux emmêlés sans que ce dernier ne bouge d'un centimètre :
« Je ne refuse pas du tout de t'écouter, je crois que je n'avais pas réellement conscience que cette idée te tenait tellement à cœur. »
Le grognement qu'émit le survivant à cette remarque fit réaliser à Severus que ce n'était probablement pas l'explication qu'espérait Harry. Il ne s'en laissa pourtant pas compter et reprit presque dans un chuchotement :
« Harry, je voudrais que tu comprennes ce que je ressens par rapport à cela… J'ai cru pendant si longtemps que je ne survivrais pas à Voldemort, à mon rôle d'espion, je m'étais résigné à l'idée de finir ma vie si courte soit-elle, seul et sans enfant mais durant ta septième année, tu as tout chamboulé… »
Le regard émeraude que lui lança alors le brun était indéchiffrable, Severus se contenta de sourire en accentuant son étreinte contre ce corps fin et délicat avant de poursuivre :
« Franchement, je n'avais jamais envisagé que tu puisses… Enfin que tu veuilles sincèrement partager le reste de ta vie avec moi. Comme je te l'ai déjà dit peu avant notre union magique, j'ai toujours cru qu'un jour prochain, tu partirais, je m'étais simplement fait à cette idée, naturellement depuis le tout début de notre relation. Je n'ai jamais espéré un seul instant que tu pouvais souhaiter réellement t'unir à moi. C'était pour moi simplement inéluctable.
- Crétin ! »
Le ton était presque doux, tendre et Severus répondit par un baiser sur sa tempe mais il ne voulait pas aller plus loin, du moins pour l'instant, il souhaitait avant tout mettre les choses à plat avec Harry, pour qu'il comprenne ses réserves quant à l'idée de fonder une famille :
« Peut-être, mais avoue que de savoir que le Survivant, icône du monde sorcier, adulé de tous, ne rêvait que de finir sa vie avec le sale bâtard graisseux dans ses cachots paraissait pour le moins improbable et que je pouvais être plus que sceptique à cette hypothèse… »
Harry se câlina un peu plus contre le Maître des Potions, comme un chaton recherchant désespérément une caresse, ce qui lui valut un ricanement moqueur auquel le jeune homme répondit d'un coup de coude.
« Bon d'accord, peut-être pas si improbable que cela, vu la façon dont tu réclamais toujours mes attentions pendant nos entraînements quotidiens. Bref, je viens à peine de réaliser que je t'avais pour de bon, que tu ne comptais pas partir à la moindre opportunité et tu me parles aussitôt de famille…
- Ce n'est pas naturel pour toi que je veuille porter ton enfant, je t'aime Sev…
- Moi aussi, Harry, mais si c'est naturel pour toi, ce n'est pas mon cas, depuis ta naissance, ma vie s'est résumée à espionner le Seigneur des Ténèbres, à risquer chaque jour d'être démasqué, de mourir, comment aurais-je pu imaginer fonder une famille dans de telles circonstances ? Je n'ai jamais pensé devenir père et je ne suis pas certain d'en avoir les qualités d'ailleurs. »
Le brun se redressa vivement à la dernière remarque et le toisa de son profond regard émeraude :
« N'importe quoi ! Il n'y a qu'à t'observer avec ton filleul, et pourtant, c'est une telle plaie ! »
Severus fixait Harry curieusement, il ne parvenait toujours pas à réaliser à quel point le jeune sorcier le défendait envers et contre tout, à quel point, il l'aimait, par delà toute raison, il se contenta d'un sourire et l'embrassa brièvement sur ses lèvres pulpeuses, il s'apprêtait à approfondir sa découverte lorsque le petit brun se détacha à regret :
« Alors, qu'est-ce que l'on fait finalement ? Je… Je veux dire… C'est vraiment important pour moi, Sev…
- Ecoute, je te propose de garder la potion de 'felix parentis et lorsque je serai prêt pour que l'on fonde une famille, je te le dirai et je ne doute pas que tu mettras alors toute ton énergie pour parvenir à tes fins, non ?
- Tu peux compter sur moi mais que tout soit parfaitement clair, Amour, je n'attendrai certainement pas trois ans de plus que tu te décides à m'engrosser, c'est clair ?
- Limpide, gamin. »
Harry en profita pour se jeter littéralement sur lui, couvrant son visage de baisers passionnés et le repoussant contre le matelas, il était tellement heureux car à mots couverts, Severus venait de lui promettre ce qu'il espérait plus que tout. Il redécouvrait déjà sa mâchoire masculine, sa bouche fine, une jambe de part et d'autre du corps du Maître des Potions. Ses mains se baladaient joyeusement sur ce torse viril, remontant vers les épaules carrées en une caresse divine. Finalement, il susurra sensuellement contre l'oreille de l'ancien espion :
« On pourrait commencer l'entraînement tout de suite, non ? »
Severus se morigéna, il venait une nouvelle fois de se laisser faire par les doux yeux d'émeraude si tentateurs, il avait cédé bien trop facilement, il aurait pu le détester pour le transformer ainsi en un stupide poufsouffle sans caractère mais il n'y parvenait pas, bien au contraire, il l'aimait aussi pour cela. Cependant, une partie de lui se refusait à laisser gagner le foutu gamin si aisément, il renversa brutalement Harry, le plaquant rudement contre le matelas et l'emprisonnant de son corps plus large et massif. Il se pencha tout contre lui, sa bouche et son souffle jouant contre les joues rougies du survivant. Il reprit dans un murmure rauque qui fit frémir sa victime tout à fait consentante :
« Le sale bâtard tenait tout de même à t'avertir d'une chose, Potter, je ne suis pas certain d'être à nouveau si magnanime si une telle chose devait se reproduire…
- Quoi ? Que j'essaye par tous les moyens d'obtenir de toi que tu me baises comme une bête à longueur de journée… Fais-toi une raison, amour ! Je ne suis pas prêt d'arrêter…
- Non que tu tentes de me manipuler si odieusement, que tu me mentes délibérément !
- Je ne t'ai pas menti et puis, de toute façon, vu ma force magique, Andy m'a affirmé que même sans la potion, je pourrais aisément être enceint !
- Andy… Andy comme… Andrew Parkinson ! »
Severus s'était aussitôt redressé et fixait intensément le visage de son amant qui avait brusquement blêmi, réalisant la bourde monumentale qu'il venait de faire.
« Andy comme mon médicomage et un de mes meilleurs amis…
- Ne joue pas sur les mots, Potter !
- Je…
- Et quand par Salazar, as-tu parlé de notre vie privée à ton si cher médicomage !
- Euh… »
Harry bafouillait, cherchant vainement ses mots mais le regard sombre le sondait et le laissait totalement paniqué :
« Bien… En fait, il… Il a été nommé à Sainte-Mangouste, juste avant notre départ et je l'ai rencontré par hasard sur le chemin de traverse le jour où j'ai acheté ma robe d'union avec Seamus…
- ET… Je t'écoute…
- Et rien du tout, on a juste parlé… Enfin Sev, je l'ai revu juste une semaine avant notre... Je ne l'avais pas croisé depuis son départ pour la France. On… On a discuté de notre union, forcément, il était ravi pour moi et…
- Vraiment ? Permets-moi d'émettre quelques doutes ! Pourrais-je savoir pourquoi tu as parlé avec lui de la 'potion' ?
- Mais je ne sais pas, moi, c'est venu comme ça dans la conversation ! Il me racontait ses projets d'étude sur Sainte-Mangouste, et moi, et bien… J'ai parlé de mon intention d'être père très vite… Et… Et puis, il est médicomage alors il est tout de même le mieux placé pour m'expliquer le mécanisme d'une grossesse sorcière, non ?
- C'est une telle évidence, Potter !
- Tu… Tu… »
Une lueur joyeuse se lisait dans les yeux d'émeraude et agenouillé entre ses jambes écartées, Severus le regardait comme un des scrouts à pétard d'Hagrid.
« Qu'est-ce que tu as encore, Potter ?
- Tu es jaloux… Tu es jaloux d'Andy.
- Plaît-il ?
- Oh, Oh… Inutile de me jouer la grande scène de l'indifférence blasée ! J'ai parfaitement compris !
- Stupide gamin !
- Bâtard graisseux !
- Faites attention, Monsieur Potter-Snape ou je vous jure que vous en répondrez !
- Des promesses, toujours des promesses, mais il me semble que c'est vous qui avez interrompu notre précédente activité, Professeur… »
Harry souriait et écarta un peu plus les jambes dans une invitation tacite à son Maître des Potions qui grommela pour la forme avant de plonger précipitamment vers la bouche du plus jeune pour le faire définitivement taire. Ce baiser n'avait vraiment rien de romantique ou de délicat, du moins dans un premier temps, il était impératif, il était cette urgence que témoignait les deux hommes à se prouver leur amour passionné et irraisonné. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, ils étaient à bout de souffle, déjà si tendus et impatients de se redécouvrir.
Les mains de l'ancien espion partirent presque aussitôt à la découverte de la peau dénudée, un frôlement sur sa clavicule, une descente lente et langoureuse le long de son bras gauche jusqu'à atteindre son poignet qu'il marqua de ses lèvres, de petits baisers à peine esquissés. Finalement, il délaissa à regret cette exploration délicieuse et reprit sa course sur ce torse légèrement hâlé par les semaines passées sur cette île paradisiaque pour leur lune de miel. Les hanches d'Harry se soulevaient instinctivement, allant désespérément à sa rencontre alors que la caresse se faisait encore plus subtile, plus délicate mais l'ancien espion ne voulait pas aller trop vite, il voulait le savourer, le déguster jusqu'à plus soif, il remonta lentement vers son visage, laissant ça et là quelques traînées, symbole de son passage.
Il s'attarda ensuite sur la mâchoire du joli brun, le faisant frémir de mordillements, de succions qui le laissaient pantois, toujours plus perdu et lorsque la langue du Maître des Potions fit une demande muette, léchant quelques brefs instants les lèvres entrouvertes de son petit lion, ce dernier y répondit d'un faible gémissement plaintif. Elle s'engouffra sans attendre dans cette douce bouche chaleureuse, franchissant la barrière des dents blanches. Ce fut plus tendre alors qu'elle retrouvait enfin sa jumelle. Elles se frôlaient simplement, s'enroulant subtilement l'une contre l'autre. Leur danse était lente, sensuelle.
Severus se détacha presque à regret, même aujourd'hui, alors qu'ils étaient officiellement unis devant tous les sorciers, qu'ils avaient juré fidélité et amour devant leurs pairs, il ne comprenait toujours pas cette confiance, cet abandon absolu de son petit lion. Il était là, les yeux clos, la bouche entrouverte qui laissait s'exhaler un souffle de plus en plus erratique et cela bouleversa Severus plus qu'il n'aurait su le dire. L'ancien espion se pencha à nouveau vers son amant et susurra à quelques millimètres de ses lèvres rougies :
« Regarde-moi, Harry, regarde-moi… »
La voix du Maître des Potions était si sensuelle, si envoûtante et veloutée que le gryffondor ne put qu'obtempérer à cette demande. Il leva paresseusement ses paupières alors que les mains de Severus apprenaient par cœur le chemin de son torse à son aine. Lorsque les doigts agiles pincèrent plus violemment les chairs rosées, Harry se tordit littéralement, son corps svelte se cambrant contre celui du Maître des Potions. Inconsciemment, le survivant mordit ses lèvres pour ne pas gémir trop pitoyablement aux attentions de cet homme, de son époux qui le rendait complètement dépendant de ses caresses.
« Sev…
- Oui…
- S'il… S'il te plaît…
- Quoi ? »
Les yeux émeraudes auraient pu le foudroyer pour se foutre ainsi si ouvertement de lui, c'était sans nul doute sa façon sournoise et somme toute très serpentarde de se venger de l'épisode de la potion de 'Felix parentis'… Peut-être également pour le punir d'avoir mentionné Andy alors qu'ils étaient ensemble dans leur lit. Il reprit aussi fermement que le lui permettait son état :
« SEVERUS !
- Un problème, mon ange ? Tu veux peut-être que je contacte ton cher médicomage pour qu'il t'examine de toute urgence ?
- Sale bâtard…
- Tsss… Le prince aurait-il des doléances à émettre ? »
Severus avait continué de parcourir de ses mains le corps d'Harry et il atteignit sa virilité au même instant. La réplique de son petit lion mourut dans un gémissement pitoyable, un son étouffé que l'on pouvait résumer par 'Encore… Fais le encore…' et le Maître des Potions ne se fit pas prier, il caressa si lentement le sexe du gryffondor que ce dernier crut mourir de frustration.
« Espèce de…
- Et bien, dites-moi, Monsieur Potter-Snape… Quelque chose vous déplaît.
- Plus… Plus vite, s'il… S'il te plaît… »
Cet air perdu, ces yeux émeraudes qui brillaient de larmes contenues eurent raison de sa détermination et Severus accentua son mouvement, de délicat et tendre, il devient furieux et empressé. Il continua encore et encore mais lorsqu'il sentit que le corps d'Harry tendait inexorablement vers sa délivrance, il s'arrêta aussitôt. Il se redressa et eut presque pitié devant le visage désespéré de son petit lion. Comme pour répondre à sa supplique muette, il passa deux doigts, délicatement sur les lèvres d'Harry qui ne se fit pas prier davantage. Le jeune sorcier s'appliqua à lécher chaque phalange, les enduisant consciencieusement de salive. Il avait l'impression que sa tête tournait trop vite, que son cœur battait trop fort, son sexe dur heurtait celui de Severus et le laissait encore plus tremblant, encore plus déboussolé.
Finalement, les doigts magiques qui l'avaient cajolé et caressé si parfaitement, mettant tous ses sens en éveil, délaissèrent sa bouche, se dirigeant vers son intimité. Il écarta les jambes encore plus si c'était possible. L'intrusion ne fut même pas gênante, il avait tellement besoin, tellement envie de le sentir au plus profond de lui qu'il se détendit rapidement devant les mouvements experts que lui prodiguait Severus. Les doigts fins et habiles du Maître des Potions quittèrent finalement son intimité et l'instant suivant, le sexe chaud et dur de Severus s'enfonça lentement en lui. C'était toujours aussi intense, comme la toute première fois où il l'avait fait sien, dans la salle sur demande. Il avait l'impression de n'exister réellement qu'entre ses bras.
« Sev… Je t'en supplie… »
Les deux sorciers avaient besoin l'un de l'autre, ils se complétaient parfaitement, ils étaient au bord de quelque chose d'irraisonné, de dévastateur. Severus pénétrait dans le corps de son petit lion, doucement, progressivement, lui laissant le temps de se faire à sa présence et puis, il y eut le premier à-coup, le mouvement qui l'amena déjà aux portes de l'orgasme. Il se retira presque complètement et revint puissamment en lui, il ne prêta pas attention au cri qui lui répondit. Pourtant, Harry avait hurlé comme un dément. C'était juste trop, cet impact au fond de lui qui le renversait, qui le faisait quitter la terre. A partir de cet instant, leurs corps se rencontrèrent frénétiquement, de plus en plus fort, de plus en plus intensément, appelant à une délivrance immédiate.
La danse de leur corps était fusionnelle, si parfaite que les deux sorciers se demandèrent comment il était possible de survivre, comment il était possible d'aimer à ce point. Leurs râles se faisaient échos parfaitement. Harry haletait, il bascula sa tête en arrière. Il sentit les lèvres fines et fraîches de Severus parcourir sa mâchoire, mordiller sensuellement la peau fine de son cou tandis que les mains reprenaient leur caresse bien plus désordonnée autour de son sexe, au rythme des mouvements appliqués férocement dans son corps. C'était juste trop, ses lèvres sur lui, ses mains sur lui, sa virilité en lui. Il rendit l'âme dans un dernier spasme, se sentant comme happé dans un immense trou noir. Il perdit connaissance tellement l'orgasme qui emporta son corps fut intense.
Il sentit à peine lorsque le Maître des Potions se répandit au plus profond de son intimité, seulement quelques instants après avoir été lui-même terrassé par cette lame sans fond. Il ne réalisa pas plus lorsque Severus bascula à ses côtés et l'enserra dans une étreinte protectrice. Il n'entendit pas davantage le murmure de l'ancien espion :
« Laisse-moi juste encore un peu de temps mais je suis déjà convaincu, mon ange… »
A suivre…
