Bonjour petites salamandres !

Ceci est donc le dernier chapitre que j'ai traduit de la fanfiction de Alligates. J'espère que ça vous aura plu et que vous ferez de beaux rêves après votre lecture :)


Merlin avait des problèmes pour respirer correctement lorsqu'il arriva au café. Il entra brusquement, et comme il ne trouvait pas ce qu'il cherchait, il se mit dans la file d'attente, n'ayant rien d'autre à faire.

Il arriva jusqu'au comptoir, où Gauvain était debout et l'attendait. Le barista le salua avec un grand sourire. « Comme d'habitude, Merlin ? »

« Ah, o-oui… ça. »

Gauvain fronça les sourcils. « Tu as l'air légèrement… incertain. Tu veux ton thé habituel ? Ou peut-être que tu veux… » Il se pencha un peu vers lui, un sourire malicieux aux lèvres. « Ta nouvelle habitude ? »

Merlin le fixa. « Oui, d'accord, » déclara-t-il, absolument absent de la conversation. Il sortit un peu de monnaie.

Gauvain accepta joyeusement l'argent. « Super ! Tu peux aller vers l'autre comptoir, mate, ce sera fait dans une seconde. »

L'esprit de Merlin était à des kilomètres de là alors qu'il se dirigeait vers le comptoir d'attente. Qu'est-ce qu'il faisait là de toute façon ? Il ne pouvait même pas se rappeler du rêve qui l'avait fait venir ici, alors qu'était-il en train de faire ?

La raison passa la porte à peine une seconde plus tard, se dirigeant vers Merlin dès qu'il le remarqua.

Arthur attrapa le bras de Merlin sans réfléchir, l'entraînant vers ce qu'il avait nommé "leur" table. « Nous devons parler, » déclara-t-il, « Merlin. » Le nom était ce qui était le plus familier, parmi toutes les choses étranges, et il apportait avec lui un millier de sentiments et de souvenirs qu'il n'avait jamais demandé.

Merlin le fixa, se demandant pourquoi le visage de cet étranger (puisqu'ils ne s'étaient rencontrés que deux semaines plus tôt et ne s'étaient vus que deux fois durant ce laps de temps) le réconfortait tellement dans son angoisse.

« Merlin ? » entendit-il Gauvain appeler.

« Je dois y aller, » énonça Merlin, gardant Arthur en vue pendant un peu plus de temps jusqu'à ce qu'il ne doive se tourner pour atteindre le comptoir.

Aussitôt que la boisson fut dans ses mains, il prit une gorgée plus qu'appréciée avant de retourner s'asseoir là où était Arthur, tapotant ses doigts sur la table. La caféine se répandit dans ses veines, lui donnant la force de se réinstaller et de faire face à cet homme.

« Bonjour, Arthur, » dit-il silencieusement, comme s'il était approprié de le saluer.

Arthur l'ignora. « Ecoutez, cela va paraître vraiment étrange, mais… »

« Est-ce que vous avez l'impression de me connaître ? » déclara Merlin de but en blanc, son cœur battant un peu trop fort entre ses côtes alors qu'il reconnaissait le changement de conversation.

Arthur resta béat devant lui. « C'était… justement ce que j'allais dire, hum… Est-ce que je… ? »

« Arthur, je ne sais pas qui vous êtes, et je suis vraiment effrayé par ce qui est en train de se passer là tout de suite mais oui, je… je vous connais. »

« Vous vous contredisez, » répliqua faiblement Arthur.

« Je sais. » Merlin prit une gorgée de son expresso-thé qui lui brûla la gorge. « Croyez-moi, je sais, mais je ne sais pas non plus ce qu'il est en train de se passer, et je suis vraiment très… » il remua ses mains dans l'espoir de trouver le mot adéquat « … confus. »

« Merlin, » murmura Arthur. Il était très pâle. « Avez-vous… eu un rêve la nuit dernière ? »

« Ah, oui. » gémit presque Merlin. Il pressentait que la réponse à toute cette confusion n'était qu'à quelques pas de plus, mais il ne pouvait pas bouger pour l'atteindre. Ça allait le rendre fou.

Arthur inspira pour se donner un peu de courage. « Parlez-en-moi. »

« Ah. » Les sourcils de Merlin se haussèrent. « Je… Je ne peux pas m'en rappeler. »

Les yeux d'Arthur étaient presque en train de le supplier. « Essayez. N'importe quoi. »

« D-D'accord… alors… » Merlin se remua le cerveau, mais il ne revint qu'avec très peu. « Il y avait… un mur. »

« Un mur, d'accord. De quoi faisait-il parti ? » demanda Arthur, sa voix devenant plus aigüe avec l'urgence.

« Un… château ? »

« Bien, oui, un château, et où est ce château ? »

« Ah… hum… je… »

« Merlin, » gronda Arthur, et Merlin ne comprenait pas pourquoi il était en colère, parmi tout ce qui arrivait.

« Ecoutez, je ne m'en souviens plus ! C'est juste… je… je… »

Son cœur battait, son esprit tournait, et il essayait d'empêcher ses bras de s'agiter mais il semblait échouer misérablement. "Merlin", se répétait dans son esprit, lui rappelant la curieuse accentuation de la première syllabe, et c'était familier également, n'est-ce pas ?

Dans son agitation, la tasse contenant la concoction de Gauvain fut renversée de la table, volant et se répandant dans un grand arc jusqu'à – ce qu'elle s'arrête, juste comme ça, en plein air. Merlin ressentit une drôle de sensation parcourir son corps, se concentrant particulièrement derrière ses yeux.

Les deux hommes regardèrent le phénomène pendant un moment, avant de s'observer.

Soudain, tout eut un sens.

« Merlin, » prononça Arthur, le nom si familier sur ses lèvres, et il se souvint.

« Arthur, » murmura Merlin, osant à peine croire tous les souvenirs qui refaisaient soudain surface, jusqu'à ce qu'Arthur ne se précipite en avant et ne l'entraîne dans une embrassade serrée, et le cœur de Merlin faillit sortir. La tasse d'expresso-thé tomba sans grâce sur le sol, mais aucun des deux ne le remarqua.

« Mais où étais-tu passé, espèce d'idiot, » grommela Arthur, mais c'était à peine une question.

Merlin rit au travers des larmes qu'il sentait arriver. « Arthur, » répéta-t-il, « Arthur, ça fait si longtemps, je ne peux pas y croire… »

Quelques spectateurs autour d'eux les observèrent, mais ils pouvaient difficilement s'en soucier. Personne ne semblait avoir remarqué la mésaventure de l'expresso-thé.

Gauvain laissa échapper un sifflement derrière le comptoir. « Ils ont pris leur temps, » grommela-t-il à Lancelot, qui se tenait à côté de lui, une main couvrant son sourire.

« Oui, » convint-il. « Maintenant, nous pouvons tous continuer avec nos vies. »

De derrière son journal, Gwen sourit. « Elyan et Perceval sont en chemin, » leur signala-t-elle, rangeant son journal et sortant son téléphone.

« Pareil pour Léon, » ajouta Lancelot, faisant la même chose.

Gauvain sourit alégrement en voyant Merlin et Arthur se détacher l'un de l'autre et se tourner dans leur direction. Merlin versa de nouvelles larmes en les voyant, et même Arthur fut frappé par l'assaut d'émotions et de souvenirs.

Lancelot leva la tête et sourit nerveusement au client très perturbé qui attendait dans la file. « Gauvain, nous allons devoir les emmener à l'arrière. »

Gauvain ne fit qu'hausser les épaules. « Ils peuvent en discuter là où ils veulent, je pense. C'est un bon spectacle. »

« Gauvain, » siffla Lancelot.

« Oh, c'est bon, » soupira Gauvain, mais il gardait son sourire radieux alors qu'il leur faisait signe de se rapprocher de lui.