DISCLAIMER : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
RATING : M+
WARNING : slash / Yaoi - relations homosexuelles explicites
Chapitre 3 – Toi et moi
POV Draco
Tu es né le 31 juillet 1980. Tu es le fils de James Potter, le célèbre international de Quidditch et de Lily Evans, médicomage ultra connue pour avoir mis au point la technique dite des bébés chaudron.
Tes parents ont divorcé assez vite après ta naissance car ta mère ne supportait plus les infidélités répétées de ton père.
Elle s'est remariée avec Severus Rogue, son amour d'adolescence et elle a obtenu ta garde. Tu voyais ton père un mois par an quand tu allais passer tes vacances dans sa propriété de Palm Beach.
Tu es richissime car ton père monnaie en gallions le temps qu'il ne passe pas avec toi. Sitôt que tu veux quelque chose, tu l'as.
Ta mère était une médicomage demandée dans le monde entier, elle n'a pas eu beaucoup de temps à te consacrer et tu as passé ta scolarité primaire dans un pensionnat en Suisse avant d'arriver à Poudlard.
Severus, ton beau-père, est un potionniste célèbre qui a fait breveter des dizaines de formules. Il est à la tête d'un véritable empire pharmacologique. Pour autant, il est toujours enseignant. Avant il enseignait les potions ici à Poudlard. Mais quand tu y es entré à 11 ans, il est parti enseigner à Durmstrang. Il ne voulait pas qu'il y ait de conflits d'intérêts avec toi ou qu'on l'accuse de favoritisme.
Tu as aussi un parrain, Sirius Black. Mais de lui, on ne parle jamais ou presque. C'est un grand ami de ton père. Il vit aux Etats-Unis également et il trempe dans des trucs louches. C'est une sorte de mafieux. Certains disent qu'il est le nouveau baron de la drogue à Miami. On pense qu'il est le véritable responsable de la mort par overdose de Remus Lupin, l'autre meilleur ami de ton père. Mais personne n'a jamais réussi à le prouver. Au final, c'est un certain Peter Pettigrow qui a été accusé et qui croupit en prison à l'heure qu'il est.
Moralité, tu as eu des parents et un beau-père qui t'aimaient beaucoup mais qui n'ont pas été très présents.
Du coup, on peut dire que tu n'étais pas vraiment facile à vivre. Arrogant, snob, un peu capricieux aussi.
Quand tu es arrivé à Poudlard, tu as été réparti chez les Gryffondors.
Tu t'es directement mis à dos les fils Weasley au grand complet, surtout le plus jeune, Ronald. Tu étais fils unique, richissime, beau à couper le ce que lui n'était pas et ne serait jamais.
Sans compter, qu'en cinq minutes à peine, tu t'étais autoproclamé Prince des Gryffondors et que la moitié du dortoir t'a suivi. Tu te promenais dans les couloirs avec ta cour autour de toi. Cormac McLaggen était ton garde du corps.
Seamus Finnigan, Dean Thomas, Neville Londubat, et les autres, tu les méprisais.
La seule que tu respectais vraiment, c'était Hermione Granger parce qu'elle était plus brillante que toi et parce que tu étais assez intelligent pour ne pas te la mettre à dos.
Pour en revenir à Weasley, il t'a carrément déclaré la guerre le jour où tu as largué sa petite soeur Ginny qui était raide dingue de toi. Il faut dire que tu l'as littéralement humiliée : en pleine Grande Salle, tu l'as remerciée car grâce à elle tu avais compris que tu étais gay.
Weasley qui, en plus d'être con est homophobe, a failli crever d'apoplexie. Il a fait des pieds et des mains pour te faire expulser du dortoir commun par crainte de la « contagion » disait-il.
Résultat, Dumbledore t'a nommé préfet et tu as pu obtenir une chambre privée.
Autant dire qu'à partir de là, ton lit devenu plus fréquenté que le quai 9 3/4 un jour de rentrée.
Weasley était vert de rage.
A la fin de la 6ème année, ta mère est malheureusement décédé dans un accident de portoloin défectueux. Après tu es parti vivre aux Etats-Unis avec ton père et tu as fait ta dernière année d'études là-bas.
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J'interrompt mon récit car je te vois complètement abasourdi. Sous le choc. Médusé.
Il n'y a pas de mots pour décrire la tête que tu fais en ce moment. Tu sembles bouleversé. Je dirais même que tu n'as pas l'air très heureux d'apprendre que tu as eu cette vie-là.
Mais curieusement, ta première interrogation, c'est de savoir ce qu'il en est de moi.
Alors, je poursuis mon histoire.
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Je suis né le 5 juin 1980. Je suis le fils unique de Lucius Malefoy, un homme d'affaires à la fois craint et respecté chez les sorciers, et de Narcissa Black, épouse modèle.
Ma famille est ce qui se rapproche le plus d'une famille aristocratique chez les moldus.
Nous sommes des sang-purs depuis des siècles et des siècles, et très fiers de l'être. Mon père en tout cas. Il ne perd jamais une occasion de le rappeler.
J'ai reçu l'éducation qui sied à mon rang. Je suis froid et cynique. Snob sans doute, arrogant sûrement. Ma devise : never explain, never complain.
Ma scolarité primaire m'a été donnée par un précepteur, au Manoir Malefoy. Je n'ai pas rencontré beaucoup d'autres enfants de mon âge, excepté Blaise Zabini et Pansy Parkinson qui habitent les propriétés voisines.
Toi et moi, nous nous sommes rencontrés pour la première fois dans le Poudlard Express. Tu étais seul dans un wagon. Je t'ai demandé si ça te gênait que je m'y installe, tu m'as dit non. Je me suis présenté, toi aussi. On s'est serré la main.
A partir de là, je crois pouvoir dire que j'ai été ton meilleur ami.
Lors de la répartition, j'ai été envoyé à Serpentard. Logique, toute ma famille va à Serpentard depuis que Poudlard existe ou presque.
Si tu étais le Prince des Gryffondors, moi j'étais le Prince des Serpentards. Tous les deux, nous étions les Princes de Poudlard, avec nos courtisans et nos ennemis bien entendu.
Notre amitié faisait des envieux. Mais, malheureusement, elle n'a pas résisté.
Quand tu es parti après le décès de ta mère, on ne s'est plus jamais revus.
Fin POV Draco.
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- Jusqu'à aujourd'hui, conclut Draco.
Harry est déstabilisé. Draco Malefoy, son meilleur ami ?
- Pourquoi notre amitié n'a-t-elle pas résisté ? Demanda Harry.
- Ça n'a pas grande importance Potter. Nous étions jeunes, insolents, impétueux et ... différents, dit Draco.
Différents ... ça va, j'ai compris. Je suis gay et toi tu ne l'es pas. Voilà pourquoi nous sommes « différents ».
Va te faire foutre Malefoy.
Mais finalement, qu'est-ce que ça peut faire ? Contrairement à ce qu'il dit, je ne suis pas son ami. Je ne l'ai jamais été. Je ne le serai jamais.
Bizarrement, Harry sentit son coeur se comprimer à cette idée.
- Bien. Je vais y aller Malefoy. Je ... je dois réfléchir à tout ça. Merci pour le verre.
- Pas de quoi.
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Revenu dans la petite chambre d'hôtel qu'il avait prise à Pré-au-Lard le temps de sa visite à Poudlard, Harry se jeta sur le lit. Il étouffa dans l'oreiller un cri de rage.
C'est quoi ce bordel ? Par Merlin, c'est quoi ce bordel ?!
Il se retourna sur la couette et, les mains croisées sous sa tête, il contempla le plafond fissuré et légèrement jauni.
Tout cela n'avait aucun sens. C'est comme s'ils avaient vécu des vies parallèles. Mais laquelle était sa vraie vie ?
Sa vie à lui, c'était celle qu'il avait raconté à Malefoy. Celle qui s'était terminée avec la grande bataille de Poudlard en 1998 ...
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Flash back
A la fin de la guerre, après avoir vaincu Voldemort, Harry Potter eut ... comment pourrait-on appeler ça ? Une baisse de régime. Un gros ras-le-bol. Une envie d'envoyer tout le monde chier. Tous ceux qui depuis son enfance avaient dirigé sa vie.
Il se souvenait d'avoir contemplé la dépouille du mage noir qui se désintégrait lentement jusqu'à devenir un petit de tas de cendres emporté par le vent.
Il avait traversé le champ de bataille. Il se souvenait de tous ces corps, blessés, mutilés ou morts, allongés par terre, dans la Grande Salle.
C'était plus qu'il ne pouvait en supporter. Il avait alors quitté la Grande Salle et marché longuement dans les couloirs du château dévasté. Partout, c'était la désolation.
Il avait avisé une salle de classe vide et y était entré, se délectant un instant de la fraîcheur du lieu et de son silence. D'un sort, il avait invoqué une plume et un parchemin et il avait écrit une longue lettre à ses amis, Ron et Hermione.
Il leur expliquait qu'il devait partir. Qu'il était devait s'éloigner du monde magique.
Il se dégoûtait. La magie le dégoûtait. Elle était à l'origine de tant de luttes, de tant de morts inutiles.
Il avait pris la décision de parcourir le monde moldu. Il leur demandait de ne pas le chercher. C'était comme un deuil qu'il devait faire. Seul. Peut-être reviendrait-il un jour, il n'en était pas sûr.
Il terminait son courrier en leur rappelant combien il les aimait tous les deux et en leur souhaitant tout le bonheur possible dans ce monde enfin débarrassé de Voldemort. Dans ce monde qui n'était plus pour lui.
Ce monde qui n'avait plus besoin de lui depuis qu'il avait accompli ce pourquoi il était destiné.
Et il était parti, sans un regard, sans se retourner, sans un remord. Pour une fois dans sa vie, il avait été égoïste.
Son périple avait duré dix ans. Il disposait d'une fortune considérable, héritée de ses parents, de Sirius et de Dumbledore.
Lui qui n'avait jamais quitté l'Angleterre, il avait fait le tour du monde. En train, en avion, en bateau, il avait visité les cinq continents.
Il s'était parfaitement fondu dans la masse anonyme des moldus qui ne le connaissaient pas. Sa cicatrice n'était qu'une cicatrice. Pas ce stigmate quasi sacré, témoin de sa survie.
Cependant, même s'il était resté attentif à ses dépenses, ses gallions convertis en argent moldu n'étaient pas éternels et avaient fini pas se tarir.
Après être passé des hôtels de luxe, aux maisons d'hôtes, puis aux auberges de jeunesse et finalement aux hôtels miteux, il avait dû se résoudre à l'idée de se fixer.
Or, cela faisait dix ans qu'il s'y refusait car se fixer signifiait réfléchir à sa situation, réfléchir à ses décisions. Mais un jour, il n'avait plus eu le choix.
Il avait fini par louer un minuscule deux pièces à New York et y avait trouvé un travail de serveur dans un bar moldu. Il était beau garçon et plaisait aux femmes – et aux hommes, il n'avait eu aucun mal à l'obtenir.
Mais cette vie qu'il menait ne lui convenait qu'à moitié.
Au fond de lui, même s'il avait renâclé à l'admettre, il savait pourquoi. Il voulait rentrer. Il voulait revoir l'Angleterre. Il voulait redevenir un sorcier.
Alors il avait rompu la promesse qu'il s'était faite à lui-même le jour où il avait quitté Poudlard en ruines : ne plus jamais faire de magie, oublier qu'il était un sorcier.
Dans sa sordide chambre qu'il occupait dans un quartier louche de Staten Island, il avait extrait du placard une immense malle sur laquelle les initiales HP s'effaçaient lentement mais sûrement.
En l'ouvrant, la nostalgie l'avait pris à la gorge. Il avait manqué de suffoquer en caressant le cuivre du chaudron, le coton de la robe de sorcier, le cuir qui recouvrait les livres, tant l'émotion était forte.
Il avait fini par trouver ce qu'il cherchait : deux morceaux de bois, religieusement enveloppés ensemble dans une étoffe. Une baguette en bois de houx et plume de phoenix de 27,5 centimètres et une baguette en bois d'aubépine et crin de licorne de 25 centimètres.
Il s'était saisi de la baguette en bois de houx et l'avait caressée tendrement. Il avait été surpris de ressentir immédiatement dans son bras la chaleur familière de la magie qui circulait encore en lui.
Il allait redevenir un sorcier. Pour cela, il fallait qu'il obtienne ses ASPIC.
Malgré ses maigres ressources, il avait trouvé le moyen de suivre une formation par correspondance qui dura 6 mois. Les examens s'étaient déroulés au Collège Sorcier de Salem dans le nord du Massachussetts.
Il avait obtenu son diplôme avec des mentions honorables dans la plupart des matières. Même en potions ! Il en avait été le premier étonné.
D'accord, il allait rentrer. Soit.
Mais comment serait-il accueilli ? Ça, il n'en savait rien.
Toute son adolescence, il avait été adulé comme le garçon-qui-a-survécu. Pendant un cours instant, il avait été le garçon-qui-a-vaincu, celui à qui on aurait ouvert toutes les portes.
Mais maintenait qu'il était le garçon-qui-a-fuit ? Que pourrait-il bien faire ?
Travailler au Ministère ? Il y avait peu de chances qu'on lui pardonne sa fuite. Et puis pour faire quoi ? Auror ? Comme si les horreurs de la guerre ne lui avait pas suffit.
Médicomage ? Avocat ? Ces fonctions demandaient des diplôme d'études supérieures qu'il n'avait pas et qu'il ne pourrait pas avoir de sitôt, faute de moyens pour financer des études.
Ah ça ! On peut dire qu'il avait bien géré sa vie ...
Il avait quitté le monde sorcier des gallions plein les poches, il y revenait quasiment sans le sou.
Un instant, il avait eu honte de lui. Que penseraient ses parents, Sirius, Remus, tous ceux qui avaient donné leur vie pour lui, de son comportement ? De sa lâcheté ?
Alors que le désespoir menaçait de le submerger, l'évidence s'était imposée d'elle-même.
Poudlard.
Il devait demander un rendez-vous à McGonagall. Après 12 ans, était-elle encore directrice ? Peu importe, c'était sa dernière chance. Sa seule et unique chance à vrai dire.
Il lui avait donc écrit une longue lettre dans laquelle il lui expliquait, très simplement, la raison de son départ et son envie de revenir.
Il lui faisait part également, en toute humilité, du fait qu'il ne disposait d'aucune qualification particulière excepté ses ASPIC mais qu'il était prêt à effectuer n'importe quelle tâche qu'elle voudrait bien lui confier.
En d'autres termes, il avait imploré son aide.
Ce n'était certes pas très glorieux de la part du Survivant mais peu lui importait.
Il avait mis son orgueil en poche et envoyé le courrier par hibou international.
La réponse lui était parvenue cinq jours plus tard :
« Cher Monsieur Potter,
Votre sollicitation d'emploi nous est bien parvenue.
Le Directeur souhaite vous rencontrer afin d'en discuter plus avant. Il vous attend ce 20 juillet 2010 à 10 heures précises dans son bureau.
Salutations distinguées.
Neville Londubat.
Directeur adjoint ».
Neville Londubat, directeur adjoint de Poudlard ! C'était une surprise. Harry avait été très content pour lui. Il avait toujours beaucoup apprécié ce garçon joufflu et un peu gauche mais indiscutablement loyal. Dès lors, il s'étonnait du ton un peu formel de la lettre. Mais bon, c'était sans doute une lettre-type et Harry ne s'en était pas offusqué plus longtemps.
Par contre, il semblait clair que McGonagall n'était plus directrice et la lettre ne disait rien quant à l'identité du nouveau directeur.
Qu'importe ! Il avait obtenu un rendez-vous et c'était l'essentiel.
Fin du flash back
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Harry avait donc investi ses derniers gallions dans la réservation d'un portoloin vers Pré-au-Lard et d'une chambre d'hôtel dans laquelle il se trouvait en ce moment-même.
Son mal de crâne empirait. Comment tout cela était-il possible ?
Il repensait aux propos de Malefoy.
« Tu étais arrogant, snob, un peu capricieux aussi.
... beau à couper le souffle.
... j'ai été ton meilleur ami.
... nous étions les Princes de Poudlard ...
... Notre amitié faisait des envieux.
... Nous étions jeunes, insolents, impétueux et ... différents »
Il se redressa d'un bon et ouvrit sa malle. Il sortit pêle-mêle des livres, des bibelots, des vêtements pour enfin trouver ce qu'il cherchait : une farde remplie de coupures de presse.
Ses doigts tremblaient alors qu'il écartait les rabats. Il prit un premier article « Vous savez-qui est de retour ! Le Ministère réagit enfin. »
Un autre : « Dolores Ombrage nommée Grande Inquisitrice de Poudlard ».
Encore un autre : « Harry Potter et Dumbledore : menteurs ».
Et encore d'autres : « Le Survivant doit-il être interné ? », « Dolores Ombrage reprend les rênes à Poudlard », « Attaque au Département des mystères : arrestation du Mangemort Lucius Malefoy ».
Il y en avait des dizaines comme ça.
Harry prit le temps de toutes les reclasser par ordre chronologique. Il était fébrile. Il tenait là, la preuve qu'il n'était pas fou. Il devait montrer ces articles à Malefoy.
En voulant refermer la malle, ses yeux se posèrent sur un morceau d'étoffe en velours. La deuxième baguette. C'était celle de Malefoy. Celle qu'il lui avait arraché des mains lorsqu'il avait été fait prisonnier au Manoir.
D'un geste, il s'en empara et la mit de côté avec les coupures de presse.
Puis, il prit une plume et un parchemin et griffonna de son écriture petite et nerveuse :
« Malefoy,
Je dois te voir absolument. Je ne suis pas fou. J'ai des preuves.
HP »
Il confia sa missive au hibou de la gérante de l'hôtel.
Comme le destinataire de la lettre se trouvait à deux kilomètres à peine, il reçut la réponse dix minutes plus tard. Les mots étaient tracés sur le même parchemin, d'une écriture fine et soignée.
« Potter,
Demain. Trois balais. 10 heures.
DM »
Curieusement, il se sentit soulagé de revoir le blond demain matin. Tout cette histoire allait peut-être enfin prendre un sens.
Il s'endormit aussitôt après, épuisé par le décalage horaire et par l'énervement.
Il fit des rêves agités, peuplés de Draco Malefoy qui lui répétait trop souvent j'ai été ton meilleur ami ...
