Note : Un chapitre que je n'adore pas particulièrement, enfin, surtout l'entrée en scène de la professeur de DCFM que je trouve pas tip-top. Mais il fallait bien qu'elle apparaisse, hein, alors... Comme m'a fait remarqué EtoileDeNeige, ma Minerva fait plutôt mature pour ses onze ans. Alors ça, c'est le grand problème, et même si je voulais, je ne pourrai pas y remédier. Honnêtement, ça serait moins intéressant qu'elle décrive ses trap-trap endiablés avec Virgile. Du coup, elle a sûrement des conversation un peu grandes, mais j'imagine qu'à onze ans, on fait pas que jouer dans la cour, on doit tchatcher aussi, et le protocole social ne doit pas être très éloigné. Autre chose, Tom Jedusor ne devrait pas réapparaître activement avant un petit moment... Mais de toutes façon, y'a plein d'autres persos ! Bonne lecture !



POUDLARD AU COMMENCEMENT.

Le lendemain, à mon premier petit déjeuner dans la Grande Salle, Hadrien vint me voir. Je pense, bien que je n'y ai pas particulièrement prêté attention, que la visite d'un Serpentard à notre tablée a du lui attirer autant qu'à moi de sombres regards.

― Min' ! J'arrive enfin à trouver un moment pour te parler ! Hier soir tout s'est bousculé, je n'ai pas pu, tu ne m'en veux pas ?

Comme je secouai la tête, encore dans les limbes d'un réveil désorienté, il continua :

― Tout d'abord, félicitation pour ton entrée chez les Gryffondors. Nous sommes vraiment une famille dispersée, hein ! Je suis quand même déçu que tu ne sois pas avec moi, et je pense que Firmin l'est autant de ne pas t'avoir à ses côtés à Serdaigle.

Je préférai ne pas lui rappeler que notre frère se fichait comme d'une guigne de ma présence à ses côtés, Hadrien n'aimait pas trop aborder le sujet délicat des préférences de Firmin.

― Merci Hadri, j'espère que cette année va bien débuter pour toi.

Il m'adressa un sourire de confidences, accroupi à côté de mon banc, et révéla :

― Ca va certainement très bien se passer… Je crois que j'ai rencontré la fille qu'il me fallait…

Il se retourna subitement.

― Je crois qu'on m'appelle, je te laisse Minerva, on se croise plus tard, tu me parleras de tes profs.

Et avant que je ne puisse lui répondre, il avait déjà filé à l'autre bout de la salle. Je me concentrai alors davantage sur mon déjeuner, mais c'était sans compter sur Artémis, qui s'installa à côté de moi lourdement.

― Ah Hadrien l'insaisissable ! Lâcha-t-elle avec un clin d'œil coquin.

― C'est mon frère, coupais-je, au cas où elle s'imaginait déjà de fous scénarios. Apparemment j'avais visé juste, car elle s'exclama de sa voix forte :

― Mais oui ! Je n'ai pas fais le rapprochement, Hadrien McGonagall, et Minerva McGonagall !

A ce moment, l'une des jumelles rousses ― je les ai toujours plus ou moins confondues ― lança malicieusement :

― Mon balai à brûler que Artie a tout plein de choses à t'apprendre sur ton propre frère !

― Je préfère pas savoir… M'empressai-je de déclarer, avant qu'Artémis ne lui donne raison.

Nous commencions nos sept années par de la Métamorphose. Puisque Dumbledore était accessoirement le directeur adjoint, ce n'était sans doute pas un coup du hasard. Une fille se plaça à côté de moi, et je fus très surprise d'apprendre seulement à ce moment qu'elle partageait mon dortoir.

― Ah ! C'est toi, hier soir, qui dormait déjà quand je suis arrivée, nota-t-elle en souriant.

J'opinai du chef. Par la suite, nous n'échangeâmes guère plus de paroles, trop concentrées sur la présentation du cours. C'était Astrée Hadassa. S'il existait une élève de ma classe qui était aussi intéressée par le programme, que moi, il s'agissait bien d'elle, et c'est ce que j'appréciais chez elle. Enfin, tout du moins au début, je ne tardai pas, par la suite, à découvrir les immenses qualités qui la caractérisaient ; certainement la personne la plus courageuse que j'ai pu rencontrer.

Pour un professeur intéressant, Dumbledore en était un ! Notre première approche de la métamorphose me subjugua littéralement, et me rassura quant à mon attrait à la magie. Ce n'est sans doute pas pour rien que je suis devenue celle que je suis, et je me plais à considérer la Métamorphose comme ma matière de prédilection ; pourtant, je suis consciente que les cours d'Albus Dumbledore, aussi passionnants soient-ils, ne sont pas la cause principal de mon engouement dans cette forme de magie. Vous comprendrez en temps voulu.

J'étais malgré tout déçue de l'absence, dans notre classe, d'Artémis Evans. Elle et les jumelles étaient en deuxième année ; à mes côtés, ne restaient comme visages familiers que ceux d'Astrée Hadassa, de Virgile Dubois et d'Amadeus Ollerton, dit Maddey. Je me serai volontiers passée des deux derniers, soit dit en passant.

Dans l'ensemble, les cours me plaisaient. Il y avait bien sûr certains inconvénients pour chacun ; l'histoire de la magie est une matière enrichissante, il était dommage que notre professeur soit un homme monotone qui récitait chaque jour la leçon, en s'embrouillant souvent, et se mélangeant les dates et les faits. Mais je m'aperçus rapidement que personne ne lui en voulait, la classe étant trop occupée à profiter de l'heure pour rêvasser avec indolence.

Il y avait aussi le cours de Potion où nous étions mêlés au Serpentards, sous l'enseignement de Slughorn. Ce fut à la sortie de l'un des cachots qui faisait office de salle, que j'accostai Tom Jedusor, laissant Astrée me devancer jusqu'à la prochaine salle.

― Bonjour Tom !

Il était seul, et marchait d'un pas lent. Il me sembla le tirer de ses pensées.

― Ah ! Euh… Comment tu t'appelles, déjà ?

― Je m'appelle Minerva.

Il se contenta d'hocher la tête, puis après un moment d'hésitation, il annonça :

― Tu es une Gryffondor, et moi un Serpentard.

― Oui, et alors ?

Comme la naïveté était belle. Rien de ce que m'avaient dit Hadrien ou Firmin ne m'avait préparé à une telle disparité entre les Maisons. Ce fut ma première approche avec cet état d'esprit et ses paroles tombèrent tel un couperet :

― Et donc, on ne peut pas être amis.

Il partit sans un regard pour moi, tandis qu'un sentiment de rage, d'impuissance et de honte m'assaillit.


― Bonjour ! Je me présente, je suis le professeur Arnaud. Vous êtes les bienvenus dans mon cours.

Le silence alentour me fit un drôle d'effet. Tous les regards étaient rivés vers notre professeur, une femme relativement jeune, et personne ne prononçait un mot. Elle eut un sourire enchanté, et poursuivit, commençant à se déplacer dans la salle :

― Je vous enseignerai la Défense contre les Forces du Mal, une matière bien plus que primordiale à mon goût.

Elle ponctua sa phrase d'un léger rire.

― Je ne vous promets pas que vous saurez vous défendre contre n'importe quelle créature au terme de cette année, mais vous possèderez des bases solides, et importantes pour vos années suivantes. Enfin, j'espère, ajouta-t-elle avec un sourire amusé.

Tandis qu'elle commençait l'appel, je chuchotai à Astrée :

― Cette femme, elle est très belle, non ?

― C'est vrai. Elle a l'air gentille aussi, c'est une bonne chose.

― Ce doit être une professeure excellente, dis-je toujours aussi bas.

― Oh tu sais, il vaut mieux ne pas juger trop vite.

Non, je ne savais pas encore. J'étais à cette période de mon enfance où l'on se jetterait tout droit dans la gueule du loup, pour peu qu'il nous offre un sourire. Et d'ailleurs, c'est ce qui arriva, et m'apprit à me nourrir d'autre chose que de préjugés.

― Sachez, poursuivit le professeur Arnaud une fois l'appel terminé, que si vous avez un ennui, je suis là pour vous écouter, et nous pourrons le résoudre ensemble. Du reste, si vous ne vous sentez pas à la hauteur, je suis prête à aider quiconque dans ma matière, par le biais de cours de soutien.

Elle s'arrêta près de la table de Maddey, et nota, en avisant sa mine butée :

― Je suis consciente que la perspective de cours supplémentaires ne vous enchante pas, c'est normal. Mais ce serait dans votre intérêt si vous êtes en difficulté.

Je demeure certaine, malgré qu'il l'ait nié par la suite, d'avoir entendu le jeune garçon marmonner avec mauvaise humeur :

― Est-ce que j'ai l'air d'être en difficulté ?

Elle nous évoqua par la suite certaines créatures qu'on était susceptible de rencontrer ; les classées dangereuses, les inoffensives, comment reconnaître les venimeuses, et j'en passe. Elle avait ce quelque chose, lorsqu'elle parlait, qui donnait vie à son cours. Les élèves l'écoutaient, fascinés, et rarement il lui fallait rappeler à l'ordre l'un d'entre nous.

― Maintenant, ouvrez votre livre, et j'aimerais que parmi les illustrations, vous reconnaissiez les bêtes que je viens de décrire. Pendant ce temps, je vais vous appeler à mon bureau individuellement, pour nous entretenir un peu ; ceux qui ne passeront pas aujourd'hui, seront appelés lors des prochains cours, naturellement.

La vie à Poudlard me plaisait, mais ce ne fut que lors du premier week-end, que je me sentis réellement comblée. Ce n'était qu'un dimanche soir banal, dans le dortoir avec Astrée. La discussion avait commencé sur les cours de Métamorphose, pour s'élargir à l'école.

― Je n'ai vraiment pas l'habitude d'être en collectivité, mais l'expérience me plait, dit-elle.

― C'est vrai que moi non plus, je n'ai jamais eu affaire à tant de gens, et je n'aurais pas pu rêver mieux. Surtout que pour l'instant, je m'entends bien avec tout le monde.

― Parce que tu connais tout le monde, questionna-t-elle en souriant.

Je pris la remarque avec beaucoup de sérieux.

― Quelques personnes, oui. Toi, Virgile, Maddey, les jumelles Josie et Kimie, Tom Jedusor, mes frères Hadrien et Firmin, et Artémis.

A cet instant, cette dernière fit irruption dans la chambre, ses cheveux roux voletants autour de son visage ravi. Elle s'exclama :

― On prononce mon prénom ?

― Tu écoutais à la porte, Artémis !

― Est-ce de ma faute si j'ai l'ouïe fine, protesta-t-elle en riant.

Hélas, elle n'avait pas seulement l'ouïe fine, mais surtout cette fâcheuse manie d'écouter ce qui ne lui était pas adressé. Nullement gênée de s'immiscer dans la conversation, elle annonça avec enthousiasme :

― Je suis vraiment contente qu'on soit dans le même dortoir toutes les trois ! J'aurais été bien seule, sinon.

― Mais et les jumelles ?

― Je m'entends très bien avec les jumelles, le problème, c'est que justement, elles sont un peu trop jumelles. Il n'y a pas toujours de place pour moi…

Elle s'assit à côté de moi, sur mon lit, face à celui d'Astrée.

― Je ne regrette qu'une chose, c'est qu'on ne soit pas de la même année.

― Tu pourras nous aider, au moins, remarquai-je.

Elle me tapota la jambe en répondant, moqueuse :

― Ben oui, c'est sûr, c'est pas grave que je sois à l'écart du moment que je sers à quelque chose quand il faut !

― Ce n'est pas ce que je voulais dire, c'est juste que…

― Je sais, je sais, me coupa-t-elle.

Je craignais réellement de l'avoir vexée. Ses paroles précédentes m'avaient touchée, je ne m'étais pas attendue à tant d'intérêt de sa part pour ma personne. Artémis était une fille qui avait de l'influence ; elle ne manquait pas d'initiatives, ce qui jouait en sa faveur. J'avais envie de lui plaire, qu'on se lie d'amitié, et redoutais parfois de la froisser et de perdre son estime.

― En tous cas, Minerva, Artémis, vous pouvez compter sur moi s'il y a un problème, finit par déclarer Astrée, en se relevant.

― Tu vas te coucher ?

Elle acquiesça, souleva son oreiller et en retira son pyjama. La jeune fille rousse en profita pour lancer, de manière aussi peu cérémonieuse :

― Pareil, les filles. Au moindre besoin de conseil, je suis là. Même chose si il y a un souci.

― Et si vous avez besoin de parler, je vous écoute, prononçai-je maladroitement.

J'étais en fait aux anges. En une semaine, je m'étais faite deux amies avec qui j'allais passer mes sept prochaines années. Une rousse volcanique, et une noire qui avait la tête sur les épaules, du moins semblait-il. A vrai dire, je ne me doutais pas un instant du tour qu'allait prendre nos relations, au fil du temps. Je n'envisageais pas les trahisons qui allaient entacher l'amitié, ni la dévotion qui la renforcerait. Je n'imaginais pas non plus les personnes qu'elles étaient réellement, ni l'importance qu'elles allaient avoir.