Chapitre 3


Disclaimer : Le monde Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Je ne tire pas d'argent de la publication de cette fiction.


La matinée de ce lundi 24 août 2015 allait bientôt toucher à sa fin. La chaleur était toujours étouffante et difficilement supportable. Les rues se remplissaient doucement des Londoniens qui n'avaient eu d'autres choix que de sortir pour honorer un rendez vous ou pour remplir leurs estomacs affamés. Les plus malins s'arrêtaient plusieurs fois durant leur périple afin de pouvoir bénéficier de l'ombre et de la fraîcheur de certains commerces. Les plus téméraires, quant à eux, marchaient le plus vite possible dans les rues remplies de passants recouverts de sudation, priant pour arriver le plus vite possible à leur destination.

L'École de Sorcellerie de Poudlard avait pu échapper aux hausses de températures grâce à sa localisation, bien plus au Nord que n'importe quelle ville anglaise. La femme qui dirigeait cette école aurait aimé en dire autant, mais des obligations l'avaient retenues dans la capitale britannique. En effet, elle était venue annoncer une nouvelle importante à une adolescente dont le nom était Chloé Allchurch. Cette nouvelle allait changer la vie entière de ladite jeune fille, qui avait, aux yeux de Minerva McGonagall, déjà trouvé une place dans le monde moldu, le monde qui l'avait vue naître.

La veuve avait, après avoir rassasié la curiosité de sa future élève, obtenu une tasse de thé. Elle n'avait pas expliqué tout le fonctionnement de l'école qu'elle avait en charge, la tâche étant sûrement trop longue à accomplir. Minerva avait simplement expliqué que Poudlard avait un fond spécialement destiné à ceux qui ont besoin d'assistance pour se procurer des livres et des robes de sorcier. La directrice précisa cependant que ses grimoires devraient sans doutes être achetés d'occasion.

« Où achète-t-on des grimoires ? interrogea Chloé, curieuse.

— Sur le Chemin de Traverse, répondit McGonagall, un sentiment de déjà vu s'insinuant en elle, sans qu'elle ne parvienne à identifier à quel moment elle avait déjà entendu cela. C'est à Londres, pas très loin d'ici d'ailleurs. Mais je t'expliquerai comment y accéder plus tard.

— D'accord, mais est ce que je peux vous demander le prix pour intégrer votre école ? osa la plus jeune.

— L'École obtient des subventions du Ministère, qui permettent de payer les professeurs, les équipements et la nourriture. Par contre il faudra payer tes parchemins, tes plumes, ton animal de compagnie si tu en veux un, et un balai si tu préfères avoir le tien. mais ils sont plutôt coûteux, avertit la plus âgée. En ne cherchant pas à acheter les objets les moins abordables, tu pourras sans problèmes te les payer, ne t'en fais pas.

Chloé sourit brièvement mais la directrice de sa future école ajouta :

— J'en parlerai avec tes parents mais nous n'avons jamais eu de problèmes de familles ne pouvant pas scolariser ses enfants pour un manque d'argent, rassura la directrice.

L'adolescente avait perdu son sourire en écoutant les mots de son aînée.

— Je sais que ma demande va vous paraître étrange mais s'il vous plaît ne dites pas à mes parents que cette école est une école de magie. Il faut que vous leur disiez qu'il s'agit d'un établissement scolaire comme un autre en trouvant une excuse pour me faire changer de lycée, fit Chloé. Ils ne comprendront pas, je les connais bien.

— Je suis désolée mais vous êtes mineure, je n'ai pas le choix, expliqua la veuve.

— Demain matin je serai majeure Madame, s'il vous plaît considérez que c'est déjà le cas.

Minerva dévisagea la jeune fille en face d'elle. Cela semblait tellement important pour elle qu'elle hésita quelques secondes avant de tout de même ajouter en secouant la tête :

— Je n'ai vraiment pas le choix. Vous n'êtes techniquement toujours pas majeure chez les sorciers et en tant que sorcière née de parents moldus, vous serez encore mineure dans ce monde pendant un moment, déplora ladite Minerva.

La plus jeune était sur le point d'ajouter quelque chose lorsque la porte d'entrée s'ouvrit, laissant entrer ses deux parents, avant de se claquer. Aucune messe n'avait lieu le mardi mais ses parents, alors en vacances, avaient décidé de participer à la collecte de fonds qui avait lieu ce jour là. Ils passaient le plupart de leur temps libre à s'investir dans leur religion, quitte à négliger toute vie sociale. Chloé pensait souvent qu'ils n'étaient pas de très grands croyants, chose qu'elle aurait respectée, mais des fanatiques. Sa mère se précipita dans le salon pour poser le sac qu'elle tenait entre ses mains, lorsqu'elle leva les yeux et aperçut sa fille en compagnie d'une femme plutôt âgée et accoutrée de manière plus que ridicule.

— Qui êtes vous ? demanda la mère de l'adolescente, ses sourcils se fronçant de manière soupçonneuse. »


Contrairement à la ville de Londres qui était plutôt calme à cause de problèmes climatiques, le Ministère de la Magie était en pleine effervescence. Dans les ascenseurs, les sorciers se pressaient les uns contre les autres avec force dans le but de profiter d'une longue pause déjeuner. Heureusement, tous ne laissaient pas des départements déserts le temps de plus d'une heure. En effet, les départements à hautes responsabilités devaient toujours rester actifs et disponibles en cas de problèmes. Parmi ces départements à hautes responsabilités, on pouvait citer le Département de la justice Magique.

Après avoir expliqué la situation plus que délicate au Ministre de la Magie, Kingsley Shacklebolt, Harry Potter était retourné au Bureau des Aurors, bureau dont il était le directeur. Le sorcier aux cheveux noirs tentait de trouver un indice qui aurait pu lui indiquer qui avait enlevé la sang pur qu'était Pansy Parkinson. Il se souvenait de ses années Poudlard avec nostalgie et, même s'il avait détesté la jeune fille au visage dur, sans réussir à l'apprécier par la suite, il ne pouvait s'empêcher de la plaindre. Les images des corps des victimes retrouvées auparavant avaient toujours montré beaucoup de blessures, qui étaient la preuve d'une mort douloureuse et de mauvais traitements au préalable. Après plus de dix sept ans sans le moindre indice, il doutait de pouvoir trouver quoi que ce soit qui lui permette de la retrouver à temps pour lui sauver la vie. De plus, il ne savait pas exactement quand l'ancienne serpentard serait tuée, ce qui rendait son avenir encore plus incertain.

Ce qui perturbait Harry par dessus tout, était la torture que semblaient avoir subi les sorciers. Il était peu courant, pour les meurtriers sorciers, de recourir aussi systématiquement à une telle mutilation des corps, eux qui privilégiaient le plus souvent les sorts, impardonnables dans la plupart des cas. Ainsi, dans ces cas là, les corps ne comportaient que peu de traces visibles de souffrance. Comme la détection de traces laissées par le sortilège doloris étaient assez difficilement repérables, l'élu était incapable de dire si les agresseurs de Pansy Parkinson avaient ou non utilisé ce processus. Le Directeur du Bureau des Auror ignorait donc si ceux qu'il cherchait pouvaient être des moldus ou étaient forcément des sorciers.

Il soupira longuement et leva les yeux vers la porte. Il n'y avait eu, encore une fois, aucun témoin notable, et, bien que l'agression ait eu lieu dans le monde moldu, aucune caméra de surveillance n'avait filmé la scène. La victime se rendait chez une amie cracmol qui était elle même mariée à un moldu. Pansy Parkinson avait donc revu son opinion de la supériorité des sang pur.

Le meurtre des sang pur n'avait décidément aucun sens.


La ville de Londres savait probablement que ce qui allait se passer dans l'une de ses habitations allait amener beaucoup de bouleversements. Au contraire des adolescents que l'on ne souhaitait pas écouter car leur jugement était sous-estimé, Londres ne pouvait pas être écoutée car elle ne pouvait pas être entendue. Ainsi, on ne pouvait qu'à moitié blâmer le directrice de la fameuse école de Poudlard de l'erreur qu'elle allait commettre en annonçant aux parents d'une jeune fille que leur enfant unique était une sorcière. Elle l'apprendrait dans les minutes qui allaient suivre.

Le canapé qui se situait à la droite de le vieille femme était désormais occupé par les deux parents de sa future élève, future élève qui avait les yeux baissés sur ses genoux, attendant ce qu'elle savait être inévitable. Chloé Allchurch avait pensé à continuer à lancer des regards désespérés à la femme en face d'elle mais elle savait que cela serait vain, en plus de lui apporter un air encore plus ridicule. La brune avait espéré, pour des raisons de facilité, conserver une cohabitation pacifique avec ses parents. Elle fut surprise de ne pas être aussi triste qu'elle aurait du l'être et cette pensée la perturba davantage. Elle se sentait comme soulagée mais ne parvint pas à expliquer cette sensation, elle qui avait été, la veille, si abattue lorsque Mary avait soulevé sa relation catastrophique avec ses parents.

La directrice ne faisait déjà plus attention à l'adolescente en face d'elle et se concentrait maintenant sur le couple. Ce fut sans doute pour cette raison qu'elle ne vit pas l'air étrange que la jeune fille aux cheveux courts avait alors sur le visage.

« Je m'appelle Minerva McGonagall. J'ai déjà discuté avec votre fille de la raison de ma venue. Je suis directrice d'une école et j'aimerais que Chloé vienne y étudier, commença calmement la vieille femme.

— Madame, je ne sais pas sur quel dossier vous avez sélectionné notre fille, mais vous allez être déçue. Notre fille avait certes d'excellents résultats il y a encore deux ans de cela mais depuis ses notes sont en chute libre, avertit la mère en secouant doucement la tête de gauche à droite.

— En fait, l'inscription dans l'école dont je m'occupe n'est pas déterminée par les résultats scolaires mais par d'autres aptitudes. Les matières enseignées n'y sont pas du tout les mêmes, informa la nouvelle venue.

— Quel genre d'aptitudes ? lança le père avec intérêt.

— Vous aurez du mal à me croire sur parole alors je vous propose de vous montrer plutôt. »

Chloé sentit son ventre se tordre, mais elle n'aurait su dire si elle angoissait ou si elle était simplement pleine d'excitation quant à ce qui allait se passer. Elle fut tentée de fixer sa future directrice pendant tout le temps que durerait son sortilège mais elle détourna les yeux lorsque la femme sortait sa baguette de sa robe. Elle préféra fixer intensément ses parents, pour voir leurs sentiments s'afficher sur leurs visages. La surprise était l'émotion qui permettait le mieux de visualiser les réelles pensées des individus car ils n'y étaient pas préparés. L'air de la brune était dur et attendait de pouvoir juger avec sévérité la réaction de ses parents. La nouvelle venue avait sûrement fait léviter un objet afin de convaincre les habitants les plus âgés de la petite maison. Son père fronçait les sourcils et il avala beaucoup de salive d'un seul coup, faisant bouger sa pomme d'Adam rapidement. La réaction de sa mère la laissa plus perplexe. Cette dernière fixait un coin du salon, sûrement l'objet qui s'était élevé dans les airs, sans laisser un quelconque sentiment visible sur son visage.

Son père ne sembla pas se souvenir qu'une inscription scolaire était en jeu puisqu'il se contenta de lever les yeux vers la vieille femme assise non loin de lui et de dire :

— Vous pensez que Chloé est capable de faire la même chose que vous, si je vous suis bien. Est ce que … cette … chose se soigne ? demanda ledit père, semblant hésiter à nommer le phénomène auquel il avait assisté.

Son interlocutrice fronça les sourcils, vexée, et répliqua :

— Pourquoi voudriez vous soigner ce qui est un don Monsieur ? La magie est un talent inné que peu de gens possèdent.

Le père serra les lèvres, ne croyant pas un mot de ce que la femme, qu'il ne connaissait que depuis quelques minutes, venait de lui dire. Chloé n'avait cessé de fixer sa mère car sa réaction était particulièrement intrigante. Ladite mère lança un regard empli de dégoût mélangé à une lueur d'amour qu'elle n'avait jamais vu. Pendant les quelques secondes que durèrent ce contact visuel, l'adolescente réalisa qu'elle avait parfaitement deviné ce qui allait se passer. Sa mère se leva et s'adressa directement à la seule autre femme dans la pièce :

— Si nous ne pouvons rien faire pour l'aider alors je ne veux plus d'elle dans cette maison. Je suis sûre qu'elle n'a pas toujours été comme ça mais ma fille est un monstre maintenant, articula la matriarche sans accorder un regard à sa fille qui fixait maintenant le sol d'un air absent. C'est probablement le Diable qui est à l'origine de cette malédiction. J'ai beau souhaiter que Dieu sauvera vos âmes, je ne peux pas prendre le risque d'être contaminée. Prenez ses affaires, emmenez la avec vous et surtout débrouillez vous pour qu'on ne la revoit plus sous ce toit, asséna durement la mère de la brune avant de quitter la pièce sans un regard pour qui que ce soit.

La plus surprise était sans doute le professeur McGonagall. Elle regardait avec effarement le couloir par lequel son interlocutrice venait de s'éclipser. Elle glissa un regard en direction de la plus jeune personne dans la pièce. Chloé cligna des yeux et les rouvrit lorsqu'elle releva la tête pour planter son regard dans celui de la veuve, un air impassible sur le visage. Elle ne semblait pas spécialement blessée et cela décontenança fortement la sorcière expérimentée. L'adolescente laissa apparaître un léger sourire sur son visage :

— Je vous avais prévenu Madame. Je vais faire ma valise. J'ose espérer que vous n'allez pas me laisser sans toit sur la tête au moins, prononça la plus jeune.

La directrice hocha simplement la tête, se remettant doucement de sa surprise quant à la réaction des parents, et regarda Chloé se diriger vers le couloir. Si ses parents la mettaient à la porte, elle ne pouvait décemment pas la laisser à la rue. Le silence se fit et, dix longues secondes plus tard, on entendit des pas dans les escaliers qui menaient à l'étage. Minerva observa le père de l'adolescente. Il ne semblait pas se préoccuper du fait que sa fille unique allait bientôt quitter sa maison d'enfance et que ce serait probablement la dernière fois qu'il la verrait.

— Vous savez, il n'est pas trop tard pour faire changer votre femme d'avis. Si Chloé quitte cet endroit dans ces conditions, elle ne voudra jamais y revenir. Vous ne la reverrez plus jamais. Allez vous vraiment laisser des préjugés briser votre famille ? insista l'ancien professeur de métamorphose.

— Je ne tenterai pas de convaincre ma femme qu'elle a tord parce que je pense qu'elle a raison. Chloé est notre fille alors , nous prierons pour vos âmes mais nous ne pouvons pas prendre de risques avec les nôtres, conclut il d'un air froid. »

Il se leva et sortit de la pièce, sûrement pour rejoindre sa femme.


Le Ministère de la Magie britannique était presque désert en ce milieu de journée. L'absence de l'habituel bruit de fond aurait pu être agréable si le silence n'en devenait pas assourdissant, donnant mal aux oreilles de ceux qui partiraient se rassasier une fois que tous les autres seraient rentrés. Une telle absence des fonctionnaires aurait pu sembler affolante si les services ne gardaient pas un minimum de leurs personnels pour régler les affaires urgentes qui pourraient survenir au moment des repas. Certains employés préféraient ce moment de la journée car il s'y passait rarement quelque chose, comme si le mal semblait s'asseoir pour déjeuner en famille. L'un des employés du Bureau des Aurors partageait cette opinion et s'arrangeait pour toujours s'occuper de cette période de la journée.

Ainsi, John Kean s'élançait en direction du bureau du Directeur du Bureau des Auros, Harry Potter. John Kean avait quelques années de moins que son supérieur hiérarchique et il se considérait chanceux de travailler avec celui qui avait réussi à débarrasser le monde du fléau qu'était Tom Jedusor. Cependant, si John pouvait se vanter d'être un Auror très doué, il se débrouillait toujours pour travailler le moins possible. Heureusement, il n'avait jamais compromis une mission malgré sa paresse. En effet, lorsqu'il se trouvait sur le terrain, Harry Potter avait toujours le plaisir de le voir se donner à son maximum. L'auror n'avait donc jamais été inquiété d'un quelconque renvoi.

Il frappa à la porte qui se dressait devant lui et, remettant sa robe de sorcier en place, entra lorsqu'il entendit la voix de l'élu s'élever dans la pièce. L'homme aux cheveux noirs fixait la porte d'un air absent et ne cessa pas son activité même lorsque son employé s'engagea dans la pièce et referma la porte derrière lui. Ledit employé observa rapidement la pièce dans laquelle il se trouvait et qui était plutôt grande, en tout cas plus grande que l'espace qu'on lui accordait à lui pour travailler. John Kean fut déstabilisé un instant par l'absence de volonté dans les yeux de son supérieur hiérarchique, lui qui d'habitude communiquait sa bonne humeur aux gens qui l'entouraient.

« Tu vas bien ? s'enquit le plus jeune.

Harry Potter leva les yeux vers son interlocuteur et fit d'un ton sérieux :

— Je crois que ce métier m'use. Peut être que je devrais donner ma démission et ouvrir un magasin de quidditch.

L'employé avait ouvert de grands yeux surpris et ne semblait pas sûre de ce qu'il venait d'entendre :

— Pourquoi tu ferais cela ?

Le père de famille soupira et répondit :

— C'est à n'y rien comprendre. J'ai l'impression que quelqu'un s'est mis en tête d'éliminer le plus de sang pur possibles, sans se soucier de leurs appartenances politiques, de leurs avis sur les statuts de sang ou quoi que ce soit d'autre. Parmi les victimes on compte des pro sang pur comme des militants pour l'égalité des sangs. Qui peut détester les sang pur sous prétexte qu'ils sont ce qu'ils sont nés comme cela. J'ai l'impression que ces meurtres ne sont commis que par plaisir. J'ai parfois honte d'appartenir à l'espèce humaine, tu vois ?

L'homme, toujours debout devant la porte, prit place sur l'un des deux sièges qui étaient disposées en face de Harry. Le Survivant semblait être en pleine crise existentielle et John n'était pas sûr de la manière dont il devait régler cela.

— Je ne suis pas certain d'être le mieux placé pour te montrer que les humains valent la peine qu'on se batte pour eux, hésita l'auror Kean. Tu n'as qu'à te dire que tu protèges les autres contre leurs semblables et contre eux mêmes. Tu as des enfants il me semble, ce doit être plus ou moins la même chose, tenta le plus jeune.

L'homme aux yeux verts sembla réfléchir aux propos de son employé lorsque ce dernier reprit avec un grand sourire :

— En fait, je viens pour t'annoncer une très bonne nouvelle. J'ai fait les recherches que tu m'as demandé. Nous avons examiné de plus près le lieu où Parkinson a été enlevée. Comme tu le sais, elle a transplané dans une petite rue déserte pour ne pas attirer l'attention des moldus, fit il en observant Harry hocher doucement la tête. Eh bien cette rue possède un sortilège pour repousser les moldus parce qu'elle est très prisée des sorciers pour transplaner discrètement. Tellement qu'il faut s'inscrire sur un registre pour y transplaner pour éviter que 100 sorciers ne décident de transplaner au même endroit au même moment.

— Je sais déjà tout ça John. Mais à moins que le kidnappeur n'ai transplané lui aussi, ça n'aide pas vraiment.

— Je le sais, mais j'arrive à la partie que moins de monde connaît, ajouta l'auror Kean sans se départir de son sourire. Tous les jours, le ministère envoi un agent de la brigade de réparation des accident de sorcellerie. Il vérifie que personne n'a été découpé en morceau lors d'un transplanage et récupère les objets que des sorciers auraient pu faire tomber pour les ramener au Ministère. Hier soir il y est allé à 22 heures précisément. Parkinson a été notée pour un transplanage quinze minutes plus tard. C'est le seul transplanage qui a eu lieu depuis hier soir à cause de la pluie puissante de cette nuit et de la chaleur étouffante de ce matin.

— Laisse moi deviner, vous avez trouvé un objet qui a, par conséquent, été laissé là au moment de l'agression de Parkinson. Et comme tu juges utile de m'en parler, cet objet a de grandes chances de ne pas appartenir à la victime, supposa Harry, retrouvant son sourire et sa bonne humeur, oubliant sa petite déprime passagère.

John en voulut pendant un instant au célèbre Harry Potter pour ne pas l'avoir laissé savourer son instant de gloire et ajouta avec un sourire plus léger :

— Exactement. On a trouvé une gourmette qui appartient à un certain Raphaël. Une date a été inscrite sur le dos mais pour l'instant il est difficile de savoir s'il s'agit d'une date de naissance ou d'une date de baptême ou même de confirmation. Ce qui nous est utile c'est que le mois a été écrit en lettres. Grâce à ça nous savons qu'il s'agit d'un Français, conclut il fièrement.

— On dirait qu'ils recrutent. Si ce Raphaël est français alors ça veut dire qu'il l'ont embarqué pendant leur séjour en France. Pour perdre un objet personnel sur le terrain, il ne doit pas être très expérimenté, ce qui signifie qu'il a du rejoindre leur organisation peu avant de quitter la France. Merci beaucoup John, vous avez trouvé le premier indice jamais laissé durant cette affaire, s'exclama le l'élu. »

John Kean se redressa, empreint d'une fierté sans précédent.


— Je vous avais prévenu Madame. Je vais faire ma valise. J'ose espérer que vous n'allez pas me laisser sans toit sur la tête au moins, prononça la plus jeune.

La directrice hocha simplement la tête, se remettant doucement de sa surprise quant à la réaction de ses parents, et Chloé se dirigea vers le couloir. Elle se glissa dans la cuisine, attrapa le plus gros couteau qu'elle trouva. Il était noir et la lame assez impressionnante. Elle se souvint vaguement avoir vu plusieurs fois sa mère découper la viande avec. Elle gravit les escaliers le couteau à la main et s'imagina l'impression qu'elle devait donner pour quelqu'un qui n'était pas dans sa tête. Non, Chloé n'avait pas dans l'idée de poignarder qui que ce soit.

Elle ouvrit, puis ferma la porte de sa chambre juste au moment où son père montait les escaliers pour rejoindre sa mère. Elle s'élança à travers la pièce, se pencha près d'un mur et fil glisser l'énorme lame sur la moquette qui lui donnait des envies de meurtre depuis des années. Le premier mètre carré fut le plus difficile à retirer, mais par la suite elle se contenta de coups de lames stratégiques, ce qui lui fit gagner du temps. Elle s'acharna ainsi pendant quelques minutes, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus le moindre mètre carré de moquette sur lequel s'acharner. Elle se redressa et regarda sa chambre qui était devenue un champ de bataille avec fierté. Le sol était maintenant noir et fait d'une matière qu'elle ne parvint pas à identifier. Elle attrapa les immondices roses qu'elle avait laissées sur le sol et les amassa dans un coin de la pièce pour faciliter son passage avant de poser le couteau sur sa commode.

Elle sortit de la pièce pour ouvrir le placard en face de sa chambre, avant d'en sortir la plus grosse valise. Elle la porta jusque dans sa chambre où elle la lança sur son lit. Elle l'ouvrit et y glissa tous ses vêtements, une paire de bottes, l'argent qu'elle avait économisé en promenant le chien d'une voisine, et les quelques livres qu'elle avait volé à la bibliothèque. Elle enfila une veste bleue foncé qu'elle ne parvenait pas à insérer dans sa valise, ferma ladite valise en s'asseyant dessus, et la traîna avec difficulté dans le couloir.

« Saleté de moquette, pensa l'adolescente. »

Lorsqu'elle parvint enfin en haut de l'escalier, elle la poussa dans les escaliers, la laissant dévaler à son rythme les escaliers interminables. Elle se retourna et cria en direction de l'autre bout du couloir, où se situait la chambre de ses parents :

« Je m'en vais. Si je dois finir en enfer, au moins j'aurai l'occasion de vous y revoir. Bisous, conclut elle ironiquement. »

Elle descendit les escaliers plutôt rapidement, attrapa sa valise et la tira dans le salon où McGonagall l'attendait debout, n'ayant pas osé se rasseoir.

« J'ai toutes mes affaires Madame.

L'ancienne professeur de métamorphose lui tendit son bras en lui disant de tenir fermement sa valise.

— Agrippe fort mon bras et surtout ne le lâche avant que l'environnement autour de nous ne redevienne stable. »

Chloé attrapa le bras de la directrice de Poudlard, resserra son emprise sur l'objet qui contenait toute sa vie, et ferma les yeux lorsqu'elle sentit une sensation désagréable s'emparer d'elle.


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