Disclaimer : Les personnages évoqués en-dessous ne m'appartiennent pas, c'est dommage. Je ne fais que m'amuser avec eux.

Béta : Arianrhod (vraiment courageuse de s'être attelée à la correction de toutes les fautes parfois (souvent) énormes que ce texte comportait)

NB : il meurt un peu moins... merci pour toutes vos reviews, c'est super important d'avoir un retour, surtout sur une histoire aussi tordue que celle-ci ? Un gros bisou à tous/toutes !


Chapitre 4

Mon Hub, qu'ont-ils fait de mon Hub ?


Jack observa la jolie vieille dame qui souriait rêveusement tandis qu'il se tenait sur la dalle matérialisant l'ascenseur invisible. Au moins, aujourd'hui, il avait fait plaisir à quelqu'un. La pierre s'ébranla sous ses pieds et se mit à descendre. A descendre beaucoup trop vite à son goût. Trop rapide !

Il n'eut que le temps de sauter hors de la plateforme, avant qu'elle ne s'écrase sur le sol, soulevant une gerbe d'eau et de gravats impressionnante. Jack atterrit en un roulé-boulé parfait dans l'eau qui avait visiblement envahi le Hub durant son absence. Inondation ? Étrange, se dit-il en se relevant, l'eau lui arrivait à mi-mollet. Ce n'était pas possible ! Il n'avait pas plu à Cardiff depuis deux jours, un miracle ! Quelle pouvait être la cause de toute cette eau qui montait à l'assaut des précieux ordinateurs de Toshiko. Heureusement qu'elle avait insisté pour ceux-ci soient en hauteur. Il salua la perspicacité de la jeune femme.

Jack se précipita sur la commande coupant l'énergie de toute la base. Inutile de chercher à se faire électrocuter. Il fallait qu'il fasse plus attention, il en avait assez de toutes ses morts inutiles.

L'obscurité tomba, à peine troublée par la lueur rouge des éclairages de secours. Il regarda autour de lui, alors que son environnement habituel devenait soudain angoissant, terrifiant. Il entendit les ailes de Myfawny battre lentement au-dessus de lui, ainsi que des sons d'animaux. Étrange, mais qu'est-ce qui ne l'était pas aujourd'hui ?

Il soupira, il détestait quand il ne comprenait pas quelque chose et cela commençait à être de plus en plus bizarre, de plus en plus agaçant. D'autant qu'avec les bruits qui tendaient à ressembler à des grognements porcins, vint une odeur qui lui agressa violemment les narines, l'odeur indubitable de cochons dans le Hub !

Jamais il n'avait autorisé quiconque à monter une ferme dans le Hub ! Qui s'était permis ? Non, cela devait être autre chose. Il avançait lentement, gêné par la masse liquide. Tout ici pouvait devenir mortel à plus ou moins longue échéance, en dépit des efforts de rangement de Ianto. D'ailleurs, où pouvait-il se cacher, celui-ci, ainsi que les autres membres de l'équipe ?

Jack les appela doucement, le hub ainsi plongé dans le silence et l'obscurité avait tendance à le rendre méfiant.

- Ianto, Gwen, Owen, Toshiko ? Il y a quelqu'un ? Qui a inondé le Hub ? Si c'est une blague, ça n'amuse personne !

Seul un gémissement déchirant lui répondit, suivi de grognements plus distincts et d'un roucoulement de tourterelle. En direction de son bureau. Dans son bureau. Il s'approcha et entendit un grattement frénétique. Sa porte était fermée, inhabituel cela aussi. Il ne distinguait pas les formes mouvantes dans le bureau, mais en dénombrait quatre. Il posa la main avec prudence sur la clenche de la porte vitrée et reçut en récompense un choc brutal dans le dos.

- que ...

Il comprit en entendant le claquement sec des ailes de cuir que Myfawny l'avait attaqué. Ses griffes s'enfoncèrent dans son manteau, lui griffant seulement la peau. Jack ne s'attarda pas à comprendre ce qu'il se passait dans la tête de son gardien. Il déboucla à toute vitesse son lourd pardessus et l'abandonna à la vindicte du ptérodactyle. Il roula hors de portée, l'eau jaillissant sous ses mouvements soudain plus libres.

Il se rétablit aussitôt, cherchant quelque chose pour se défendre. Mais rien ne lui tomba sous la main, d'autant plus qu'il n'avait pas la moindre envie de le blesser. Les ailes claquèrent à nouveau alors que le ptérodactyle fondait sur lui. Jack suivant son instinct et son oreille, esquiva l'attaque et plongea dans l'eau. Il se réfugia près de son bureau. Il entendit un jappement joyeux et un poids lourd lui coupa la respiration.

Il se dégagea, repoussant le chien qui visiblement était heureux de le voir. Et sans s'interroger outre mesure sur la présence inhabituelle d'un tel animal dans ses murs, il recula et se colla le dos contre un des murs de brique du Hub. Cela évitera les assauts par-derrière.

Un cri d'attaque strident retentit à son oreille. Le ptérodactyle, qui lui évidement était nyctalope, n'avait visiblement pas lâché l'affaire et remontait à l'assaut du Capitaine.

Jack se redressa prêt à l'affronter, ses muscles tendus pour l'effort. Une masse sombre suivie par deux autres plus claires se matérialisa devant lui. Il entendit un grondement infernal, digne d'un cerbère gardant les portes des enfers, accompagné du grognement de suidés mécontents. Jack était trop occupé par l'inquiétant comportement de Myfawny pour se poser d'autres questions. Il aurait tout le temps de s'interroger une fois le danger écarté.

Il fallait attirer le ptérodactyle vers un endroit où il pourrait l'enfermer. Il tentait désespérément de mettre au point ce plan d'urgence, lorsque le chien se mit à aboyer et gronder furieusement. Myfawny répondait sur un mode strident, mais il lui semblait que l'animal perdait de sa hargne et de son mordant. Il perçut des mâchoires claquer de manière menaçante et l'envol du ptérodactyle piaillant son dépit, vers les hauteurs inviolées du Hub. Il battait retraite.

Jack souffla légèrement, mais les questions profitèrent de ce moment de répit pour assaillir son pauvre crâne déjà en ébullition. Que se passe-t-il donc ici ?

Le chien bondissait autour de lui, avide de caresses. Jack lui gratta l'oreille, reconnaissant tandis que deux porcs se frottaient amicalement à ses jambes, pataugeant dans l'eau peu profonde. La lumière s'alluma soudainement, illuminant cette scène surréaliste, de Jack dans la position de Saint François d'Assise, ami des animaux.

Une tourterelle qui s'était tenue cachée tout ce temps, se nicha sur son épaule. Elle était étonnamment amicale, bécotant ses cheveux pour attirer son attention. Jack comprit obscurément ce qu'étaient ces animaux et un souvenir tenta l'escalade du puits sans fond de sa mémoire, jusqu'au siège de sa conscience.

Le chien, un chien aux yeux bleus et à la fourrure blanche et noire, un husky crut-il se rappeler, grogna à nouveau, en direction cette fois de la galerie supérieure. Le dragon gallois peint sur la paroi semblait briller de mille feux sous les spots lumineux qui éclairaient l'occupante des lieux.

Jack entouré de chien, cochons et oiseau se faisait dévisager par une femme impressionnante, aussi grande que lui, d'une beauté grecque à couper le souffle, des cheveux noirs qui ruisselaient jusqu'à ses reins. Elle portait une combinaison à l'androgynie toute relative, l'étroitesse avec laquelle elle était moulée ne laissait aucun doute sur son appartenance au genre féminin.

- Circé, murmura-t-il, alors que tous les souvenirs remontaient le glacier de sa mémoire, accroché à la même cordée que ce nom oublié.

- Je vois que la mémoire ne te fait pas défaut, à défaut de mourir.

- Je vois que tu aimes toujours tes petits tours de magie physiogénétique. Rends leur apparence normale.

- Non !

- Non ? demanda-t-il doucereusement, posant une main caressante sur l'encolure du chien. La dernière fois que tu as fait cela, les journalistes de l'époque en ont fait des gros titres, gros succès d'édition, d'ailleurs. On peut dire que tu as sérieusement impressionné Homère. Allez rend-leur leur apparence habituelle.

- Non, je n'en ai pas envie.

- De quoi as-tu envie, que veux-tu alors, fit Jack en affectant de bailler, s'avançant vers son actuelle Némésis.

- Me venger de toi, t'achever, te tuer, te terminer, te finir, t'anéantir, t'occire…

- Abrège ! fit sèchement Jack, ça ne marche pas ! Peu importe la manière dont tu t'y prendras, tu ne peux me tuer, quel qu'en soit ton besoin, ton envie.

- Je sais, fit la jeune femme en secouant ses longs cheveux noirs qui semblèrent se mouvoir comme une mèche de fouet, j'ai tenté à 3 reprises de te tuer aujourd'hui mais rien y fait, tu ressuscitais toujours. Comment fais-tu cela ? C'est un talent que tu n'avais pas à l'époque.

- Évidemment, je n'avais pas besoin de te démontrer tous mes talents, tu étais suffisamment subjuguée par le peu que je te montrais. Tu as toujours été si facile à éblouir.

- Plus maintenant, Jack, mon chagrin, ma rage de me venger de toi m'a endurcie. Tu n'auras plus cette même facilité, d'autant que l'âge te guette et que tu as vieilli. C'est nouveau toutes ces rides ?

- Attaquer le physique, que c'est bas ! Rends leur apparence ! dit-il à nouveau tout en s'avançant vers les escaliers.

- Non, j'ai compris en te voyant survivre à cette pauvre araignée, que je ne pourrais rien faire contre toi, mais contre eux, c'est autre chose, ils sont vulnérables, tu peux souffrir de les perdre. Ne bouges plus, dit-elle alors que Jack s'avançait vers elle.

- Tu aimais que je bouge pourtant, dit-il en dardant une œillade infernale, se rappelant les chaudes journées partagées au creux d'un lit.

- Nous ne sommes plus en Grèce, ni dans l'Antiquité de cette pitoyable planète. Enfin, Jack, tu es à ma merci, exulta-t-elle, tu vas faire ce que je te dis.

- Sans doute, fit Jack en croisant les bras dans son dos, et touchant de mémoire les boutons de son bracelet temporel. Mais pourquoi es-tu ici ?

- Quelle question, s'insurgea-t-elle, mais pour me venger !

Elle frappa du pied et des étincelles jaillirent de ses semelles métalliques.

- pourquoi te venger ? fit Jack d'un ton qui excita la colère de la jeune femme, il se faisait provoquant pour gagner du temps. Le chien gronda à nouveau dans son dos.

- Parce que tu m'as humiliée, que tu t'es caché sur cette misérable Terre, pendant des années et que par ta faute, je n'ai plus jamais aimé.

- Ahahh, parce que tu as su aimer un jour ? persifla Jack qui appuya sur une séquence qui fit tomber le lourd filet de protection sur elle. Circé s'empêtra dans le filet composé de mailles de métal à la fois solide et légères.

Jack bondit sur la galerie accompagné du chien pour l'assommer proprement.

- je n'ai pas pour habitude de frapper une femme, mais toi, je te connais. Alors au dodo !

Il la débarrassa d'un bracelet en tout point identique au sien et de diverses armes cachés sur sa personne, et ce malgré le coté très ajusté de son costume, tendance Catwoman. Il mit enfin la main sur ce qu'il cherchait, un appareil, long et fin, semblable à une baguette magique.

- ouf, c'est bien le même appareil que dans le temps, murmura-t-il. Le chien profita de sa position pour le mettre à terre et lui lécher la figure avec application et ferveur.

- Couché Ianto !

Le chien obtempéra avec un petit gémissement. Jack se releva et redescendit vers les autres animaux qui tournaient leur museau vers lui, comme s'il était le messie. D'un certain point de vue, il tenait leur salut entre ses mains.

Il appuya sur l'appareil et comme des siècles auparavant, ses compagnons retrouvèrent leur aspect originel, aussi nus qu'au premier jour de leur vie.

- joli tatouage, Owen, le félicita-t-il, alors que tous s'égayaient dans la base à la recherche d'intimité et accessoirement de vêtements.

Ianto fut le seul à affronter le regard largement égrillard de Jack. Il se releva et poing sur les hanches, d'un ton qui ne souffrait aucune échappatoire à la Harknesss, il réclama des explications.

- va mettre un caleçon d'abord, sinon, je ne réponds de rien, dit Jack en riant, et prépare-nous une bonne dose de café, j'ai encore une histoire à vous raconter.

- Wouaf !

- Oh, ça va bien ! S'il te plait Ianto, va t'habiller ou bien je vais te faire comprendre combien je te préfère en humain.

- N'empêche que tu as un très bon goût, ça reste en bouche.

Jack eut un sourire indéfinissable, promesse de folie au fond d'un lit, bien qu'un tel meuble ne soit pas forcément nécessaire. Ianto n'avait pas l'air perturbé par ce qui venait de se passer, il faisait preuve d'un sang-froid diabolique. Il avait plus de nerfs qu'on ne le pensait. Jack l'avait soupçonné au premier regard dans ce petit parc isolé le jour de leur première rencontre. Il le lui avait confirmé par son harcèlement entêté et sa réaction face au ptérodactyle. Il subissait le stress et y puisait de nouvelles forces, courageux face au danger, fort dans l'adversité et digne malgré l'absence de vêtements.

- Capitaine, fit une voix timide derrière eux, je peux rentrer ? Ils vont m'attendre à l'Unit.

Onizuka se tenait à genoux dans l'eau, tentant de cacher ce qu'il pouvait dans l'eau envahissante mais miséricordieuse.

- Je l'avais oublié, celui-ci, murmura Ianto.

- Il était transformé en quoi, celui-ci fit Jack sur le même mode.

- Une souris, j'ai essayé de le croquer, je crois.

- Ianto, dit Jack en secouant la tête.

- J'avais faim et je m'ennuyais.

- S'il te plait, va t'habiller, occupe-toi de notre souriceau, je me charge de Circé.


A suivre... ( pas caillouter Rhéa... les explications arrivent ! )