Chapitre 4 – Troisième jour
(1ère partie)
Merci beaucoup pour toutes vos reviews, c'est très gratifiant, c'est toujours avec une grande joie que je les lis
et elles me donnent encore plus envie de continuer, pour mon plaisir et pour le votre, j'espère ! Et j'espère aussi que ce nouveau chapitre de l'histoire de nos deux amis vous plaira !
Le lendemain matin, Booth se présenta au poste de police à la première heure, vêtu de la tenue typique des agents du FBI : costume gris et lunettes noires. Même lorsqu'il partait en vacances, il avait pris l'habitude d'emporter partout avec lui un costume de fonction, au cas où.
Il se sentait épuisé, il avait des poches sous les yeux, n'ayant pas dormi de la nuit pour avoir pensé sans cesse à Bones et au meurtre de Johnson. Des dizaines de questions étaient venues se bousculer dans son crâne et il n'y avait pas trouvé de réponses.
Pour tenir le choc face à cette journée qui s'annonçait difficile, il avait avalé deux grandes tasses de café noir bien serré, mais le remède miracle n'avait pas encore fait son effet. Bizarrement, il se sentait surexcité aussi. Il voulait à tout prix prouver par A B que Bones était innocente et cela aussi le motivait à garder les yeux ouverts. S'il avait été un fumeur, il aurait sûrement apprécié une cigarette.
A l'hôtel, il avait laissé sa partenaire se reposer. Ils avaient pris le petit déjeuner ensemble et elle avait insisté pour l'accompagner, mais voyant ses yeux cernés, il avait compris qu'elle n'avait pas bien dormi, elle non plus.
- Bones, tu es crevée, alors tu vas rester ici et te reposer, lui avait-il ordonné. Je veux te voir fraîche et pimpante à mon retour et prête à te battre pour prouver ton innocence. Je suis persuadé que je vais te ramener de bonnes nouvelles.
- Si tu pouvais dire vrai…
- N'oublie pas ce que tu as dit, hier soir : tu me fais confiance. N'est-ce pas ?
- Bien sûr, Booth, bien sûr, mais…
- Il n'y a pas de mais. Fais-toi belle, et à midi, je t'emmène déjeuner « Au Petit Cabanon », de l'autre côté du lac. Il paraît qu'ils ont une spécialité de gambas au feu de bois, je ne te dis que ça.
- Comment connais-tu déjà les bonnes tables du coin ? lui avait-elle demandé avec un petit sourire et un regard fatigué, mais brillant de plaisir à la perspective d'un délicieux repas. Tu viens à peine d'arriver.
Elle appréciait la bonne cuisine, tout comme lui.
- Par le cuisinier de l'hôtel, avait-il répondu avec un grand sourire, mais chut, c'est un secret.
- Toi alors… Si tu continues à me faire manger au resto tous les jours, je vais rentrer à Washington avec quelques kilos en plus !
- Mais tu seras toujours aussi jolie à mes yeux.
Aie aie ! Les mots étaient sortis trop vite de sa bouche, sans qu'il puisse les stopper à temps. Il avait guetté sa réaction d'un air inquiet, se préparant à entendre toute une tirade sur les mâles alpha. Mais soit elle n'avait pas entendu, trop plongée dans ses pensées et trop épuisée, soit elle avait décidé de ne rien lui dire, ce qui était une première. Il avait alors poussé un discret soupir de soulagement.
Ensuite, il avait rapidement quitté l'hôtel avant qu'elle se décide à réagir, mais seulement après avoir posé une main apaisante et amicale sur son épaule, pour lui faire comprendre qu'il la soutenait et croyait en son innocence.
Et maintenant, il se retrouvait au poste de police, prêt à tout pour aider sa partenaire.
- Est-ce que vous avez avancé ? questionna-t-il alors qu'il s'approchait rapidement du shérif qui discutait avec des hommes de son équipe, près de la machine à café.
Tiens, il allait en profiter pour prendre un énième café, songea-t-il en reniflant l'odeur du café. Bon, il ne valait sûrement pas celui de l'hôtel, mais il l'aiderait à ne pas flancher.
Après un coup d'œil rapide aux alentours, il devina que Scott n'était pas encore arrivé. Contrairement à lui. Ses lèvres dessinèrent l'ombre d'un sourire satisfait.
- Agent Booth, vous tombez bien, j'ai à vous parler, lui lança Baxter en se tournant vers lui.
Il lui fit signe de le suivre dans son bureau afin d'être plus tranquille. Booth leva un sourcil interrogateur, mais il emboîta le pas au shérif sans dire un mot. Tant pis pour le café. Une alarme venait de se mettre en route dans son cerveau, le prévenant que ce qu'il voulait lui dire n'était pas de bonnes nouvelles.
Le shérif le fit entrer et referma la porte derrière lui. Il s'installa derrière son bureau et fit un signe à Booth de s'asseoir. Mais il refusa, trop angoissé par ce qui l'attendait.
- Shérif, vous avez du nouveau concernant ma partenaire ?
- Oui, nous en avons, et de taille. (Il ouvrit un dossier et croisa les mains dessus, fixant son regard sur Booth.) En fouillant l'appartement de Johnson, mes hommes ont trouvé quelque chose.
Le sang de Booth se figea dans ses veines mais il attendit la suite sans broncher.
Le shérif prit dans ses mains un petit sachet en plastique accroché à la partie cartonnée du dossier et l'ouvrit. Il sortit l'objet en question et cette fois-ci, Booth se sentit blêmir et son cœur manqua un battement dans sa poitrine. Le shérif tenait dans ses mains une bague de femme. Celle de Bones. Celle qu'il lui avait offerte pour son anniversaire.
Temperance avait mal à la tête. Une grosse migraine comme elle n'en avait pas eu depuis bien longtemps. Elle avait l'impression que son crâne servait de terrain d'entraînement à une équipe de rugbymans. Remontée dans sa chambre après son petit déjeuner avec Booth, elle avait avalé deux cachets d'aspirine et s'était recouchée après avoir fermé les volets pour obtenir une pénombre salvatrice. La nuit précédente, elle n'avait pas réussi à trouver un sommeil réparateur, n'ayant fait que se tourner et se retourner dans son lit, en se posant des dizaines de questions, sans réponses. Ou peut-être était-ce dû au repas chinois qu'elle avait mal digéré.
En repensant à sa soirée avec Booth, elle eut un petit sourire. Il avait tout fait pour la distraire de ses sombres pensées, il avait déployé des trésors d'ingéniosité pour la faire rire et il y était parvenu. Elle avait ri. Elle avait même ri aux éclats, oubliant un peu ses soucis pendant quelques heures.
Puis, à nouveau, ses pensées revinrent à la journée de la veille.
Suspecte. Elle était considérée comme suspecte par le FBI et par la police du comté. Tout ça parce que l'homme qui l'avait agressée avait été tué d'une balle en pleine tête. On la suspectait. On la suspectait d'avoir tué cet homme. Bien sûr, elle savait qu'il n'en était rien. Jamais elle n'avait tué. Et jamais elle ne le ferait. Sauf en cas de force majeure, bien sûr. Pour défendre sa vie si cela était nécessaire. Par instinct de survie.
Durant ses nombreux voyages dans des pays décimés par les guerres, nombreux étaient les corps en état de décomposition avancée d'hommes, de femmes, d'enfants qu'elle avait dû examiner, ivre de colère contre ceux qui avaient fait ça, une peine immense lui serrant la poitrine. La mort, elle connaissait, elle en avait fait sa vie, son travail. Elle vivait avec les morts. Pour les morts. Elle avait vu la peine, subi les colères des familles, d'un mari, d'une épouse, de parents. Alors, la mort, jamais elle ne la donnerait de ses mains.
Ses pensées se reportèrent à nouveau sur Booth. Sa journée de la veille avec lui. Le pique-nique, qui avait été des plus agréables. Leur promenade. Leurs querelles habituelles pour un détail insignifiant et leurs éclats de rire. Puis l'affreuse nouvelle à leur retour à l'hôtel et la peur qui lui avait serrée la poitrine. Elle se rappelait de l'insistance qu'il avait eue pour l'accompagner au poste de police. Elle se souvenait combien il n'avait pas hésité à annuler ses vacances et à prendre l'enquête en main avec l'autorisation de Cullen. Cullen qui ne l'aimait pas. Qu'avait donc bien pu lui dire son partenaire pour que Cullen accepte qu'il participe à l'enquête ?
Elle se souvenait aussi combien elle l'avait maudit lors de son arrivée inattendue, et combien elle lui en avait voulu de venir empiéter sur ses vacances. Mais maintenant, elle était heureuse et soulagée qu'il soit là, près d'elle et qu'il s'occupe d'elle. Enfin, de l'affaire…
En plus, il me trouve jolie…, songea-t-elle en repensant aux paroles qu'il avait dites, juste avant de partir précipitamment de l'hôtel.
Des larmes lui montèrent aux yeux. Certainement la migraine, pensa-t-elle, mais elle savait parfaitement que ce n'était pas la migraine. Ou alors peut-être une petite partie.
Temperance ferma les yeux et s'endormit.
Le shérif faisait tourner la bague entre ses doigts maigres.
- Agent Booth, savez-vous si cette bague appartient à votre partenaire ?
Il le fixait de ses petits yeux de fouines. Booth songea que, s'il avait eu une moustache, il aurait ressemblé à un rat des champs.
- Vous savez que vous devez me dire la vérité ? reprit le shérif en voyant q'il hésitait à répondre.
Mais qu'est-ce que la bague de Bones venait faire dans cette histoire ? pensa-t-il, les méninges tournant maintenant à plein régime. Oubliée la fatigue de la nuit. J'aurai quand même dû prendre le temps d'avaler ce café. Et surtout, qu'est-ce qu'elle faisait dans l'appartement de la victime ? Il n'y avait aucune raison qu'elle y soit. Est-ce que Bones la portait, le soir de l'agression ?
Toutes ces questions se bousculaient dans son crâne. Pitié, qu'on me donne un tonneau de café !!! Je n'arrive plus à réfléchir. Pourtant, il le faut, pour Bones.
Ne pouvant faire autrement que dire la vérité, il avait juré pour ça, il y a bien longtemps, il hocha la tête en guise d'acquiescement.
- Oui, cette bague appartient bien au Dr. Brennan, shérif, répondit-il en serrant les mâchoires.
- Et à votre avis, que faisait-elle chez la victime, agent Booth ?
- Comment voulez-vous que je le sache ?
- Evidemment. Très bien, je poserai donc la question à Mlle Brennan. Et pas plus tard que cet après-midi.
A ce moment-là, l'agent Scott entra dans le bureau après avoir frappé trois petits coups sur la porte. Il fixa Booth d'un air glacial et il lui rendit son regard.
- Booth, vous êtes là. Parfait. Nous allons donc pouvoir commencer votre interrogatoire.
Un quart d'heure plus tard, son interrogatoire était terminé. Comme il s'en doutait, ses déclarations n'avaient amené aucun élément nouveau à l'enquête. Elles ne faisaient que corroborer celles de Bones.
Après avoir consulté sa montre, il se leva et fixa les deux hommes.
- Maintenant qu'on en a terminé avec les questions inutiles, j'aimerai aller sur les lieux du crime.
Booth franchit le seuil de l'appartement avec Scott et le shérif. Quelques meubles simples, un canapé contre le mur, une télévision dans un meuble d'angle, à côté d'une baie vitrée. Quelques plantes vertes, une bibliothèque aux rayonnages surchargés de livres.
Les deux agents sur les talons, il traversa le salon. La chambre n'avait pas été touchée depuis la veille, date à laquelle le corps avait été découvert. Une large tâche de sang noirci maculait la moquette, à l'endroit où la tête de la victime avait percutée le sol. L'odeur était encore à peu près supportable mais Booth se mit automatiquement à respirer par petits à-coups. Si Bones avait été là, à faire son travail, elle se serait moquée de lui.
Il eut un petit sourire en pensant à elle, elle lui manquait. D'habitude, c'était elle qui faisait ça, pas lui. Il s'accroupit et observa le sol. Puis il leva la tête et découvrit d'autres tâches de sang dispersées ainsi que quelques morceaux de matière cervicale et d'éclats d'os crâniens. Sur le mur, sur la table de chevet, sur la tête du lit, sur les draps et les oreillers.
- Une grosse partie de la tête a éclaté lorsque le projectile est entré, expliqua le shérif en le voyant examiner les tâches. Il est mort sur le coup.
- La porte a été fracturée ?
- Non, aucune trace d'effraction. On dirait qu'il a ouvert à son assassin.
- Et selon vous, il aurait ouvert la porte à ma partenaire ? Une chose qui m'étonnerait fort. Qu'est-ce que vous avez trouvé d'autre ?
- Malheureusement, pas grand-chose. Le ménage avait été fait de la veille, l'appartement était propre. Cet endroit est plus propre que mon appartement. Bref. Aucune trace de lutte. Les voisins n'ont rien vu ni entendu. On suppose qu'il est rentré tard, s'est couché aussitôt et, le lendemain matin, de bonne heure, il a ouvert sa porte, est retourné dans sa chambre et là, bang !!! Une seule balle bien placée.
- Il était avec trois autres hommes, l'autre soir, quand il a agressé le Dr. Brennan. Vous les avez interrogés ?
- On a voulu le faire, mais pour l'instant, ils sont introuvables. Disparus dans la nature. Mes hommes les cherchent.
- Comment ça, introuvables ? Ils sont partis ? Où… comment ?
- Aucune idée.
L'esprit de Booth fonctionnait à toute vitesse.
- Quelles sont les dernières nouvelles qu'on ait eues d'eux ?
- Deux de mes hommes se sont pointés chez eux pour trouver les appartements vides.
Les mains sur les hanches, Booth toisait le shérif.
- Et depuis, on n'a aucune nouvelle d'eux ?
- Rien. J'ai placé des hommes pour surveiller les immeubles.
- Mmm… Quand vous les aurez trouvés, prévenez-moi. J'aimerai avoir une petite discussion avec eux. En attendant, j'aimerai consulter le dossier. Au fait, avez-vous reçu la lettre de Cullen me donnant autorisation d'enquêter et d'accéder au dossier et à tous les éléments de l'enquête ?
- Oui, agent Booth, je l'ai reçu par fax ce matin.
- Très bien. Bon, apparemment, il n'y a plus rien à faire ici, dit-il en retirant les gants de latex qu'il avait enfilé en entrant dans l'appartement.
Il les roula en boule et ne sachant où les mettre, il les glissa dans une des poches de sa veste, se promettant de les jeter plus tard.
- Une dernière chose : où vos hommes ont-ils trouvé la bague ?
- Sous le lit, près de l'endroit où reposait le corps.
Le shérif désignait l'endroit du doigt et Booth s'accroupit à nouveau pour examiner le dessous du lit, mais il ne vit ni ne découvrit aucun autre élément susceptible de l'aider. Il se releva et s'apprêtait à faire demi-tour pour quitter l'appartement lorsque la voix de Scott l'interpella.
- Vous trouverez à votre hôtel avant la fin de la journée les informations qu'on aura recueillies.
- Quant à moi, je vais voir s'il n'y aurait pas un témoin quelque part, qui sait ?
Temperance entendit quelque chose dans le lointain, une sorte de cognement, sans pouvoir définir de quoi il s'agissait.
Au bout de plusieurs coups, elle se rendit compte qu'on frappait à la porte de sa chambre. En fait, elle s'était endormie. Elle jeta un coup d'œil sur le réveil : 12H00. Elle avait dormi plus de quatre heures.
Elle se leva, grimaça en sentant le sang se ruer dans sa tête et raviver la douleur de sa migraine. Elle ouvrit la porte et découvrit Booth. Il avait l'air encore plus grave qu'elle et semblait inquiet. Une barre soucieuse ridait son front.
Les bonnes nouvelles seront pour une autre fois, pensa-t-elle.
- Ca va, Bones ?
- Migraine, répondit-elle simplement en retournant se coucher.
Il entra dans la chambre et referma la porte derrière lui.
- Allons debout, fainéante ! « Le Petit Cabanon » nous attend ! lança-t-il pour plaisanter, mais il se faisait beaucoup de souci pour elle. Il n'avait pas l'habitude la voir si abattue.
- Pas faim. Raconte-moi plutôt ton rendez-vous avec l'agent Scott.
- Oh, le truc habituel, tu sais, le jeu des « Questions réponses ». Je n'ai fait que leur répéter la même chose que toi, ce qui est d'ailleurs la plus stricte vérité.
Il hésitait. Devait-il lui parler de la bague ? S'il ne le faisait pas, elle l'apprendrait par la bouche du shérif et s'il le faisait, elle allait passer sa colère sur lui. Bof, il avait l'habitude. Et puis il devait aussi lui annoncer que le shérif l'attendait en fin d'après-midi pour un nouvel interrogatoire. Au sujet de la bague justement. Donc, il allait lui en parler. Après le déjeuner. Non. Maintenant. Il allait y aller en douceur.
- Bones ?
- Mmm…, marmonna-t-elle, les yeux fermés sous un linge humide.
- Est-ce que… est-ce que tu aurais perdu une bague, ces jours derniers ?
Elle retira le linge et se redressa à demi.
- Pourquoi me demandes-tu ça ?
Il serra les mâchoires. Pas facile de lui dire ça.
- Booth ? fit-elle en le fixant.
Il prit une profonde inspiration.
- Le shérif a trouvé une bague qui t'appartient dans la chambre d'Harry Johnson.
Il avait dit ça d'une seule traite.
Temperance se redressa complètement sur son lit, oubliant un instant sa migraine.
- Quoi ? s'exclama-t-elle, manquant tomber à la renverse. Qu'est-ce que tu racontes ? Quelle bague ? De quelle bague parles-tu ?
Il la fixa dans les yeux.
- Celle que je t'ai offerte pour ton anniversaire.
La bouche de Temperance resta ouverte sur un cri de stupeur, puis elle chancela et il se précipita vers elle pour la soutenir.
- Oh non, c'est pas vrai…, murmura-t-elle.
- Bones, tu vas bien ?
- Oui oui, ça va. Tu permets un instant ?
Elle se leva brusquement et courut dans la salle de bains dont elle referma violemment la porte derrière elle. Pendant quelques instants, Booth entendit des hoquets et comprit que sa partenaire était malade. Il ferma ses oreilles, se concentrant sur les tableaux accrochés au mur de la chambre, pour lui laisser un peu d'intimité.
Enfin, un bruit de chasse d'eau, de l'eau qui coule dans le lavabo et la porte de la salle de bains qui se rouvrait sur une Bones échevelée et pâle comme la mort.
Le Petit Cabanon, ce sera pour une autre fois…, pensa-t-il en la voyant dans cet état.
Ce qu'il lui fallait, pour l'instant, c'était une bonne tisane et un gros dodo.
Il se rapprocha d'elle et la prit par les épaules pour l'aider à se rasseoir sur le bord du lit.
- Bones, tu es en piteux état. Tu devrais te recoucher et dormir.
- Plus tard, Booth, plus tard… Raconte-moi cette histoire de bague. S'il te plaît et n'omets aucun détail.
- Tu es sûre ? Tu devrais peut-être…
- Booth…, grinça-t-elle.
- D'accord d'accord, mais auparavant, je veux faire quelque chose, dit-il en la fixant.
Elle était si pâle, les yeux cernés de mauve, la peau luisant de sueur. Cette migraine était carabinée. Et la nouvelle de la bague n'avait pas arrangé les choses. Il s'en voulait, il aurait dû attendre qu'elle aille mieux pour lui en parler. Mais, d'un autre côté, le shérif l'attendait pour l'interroger. Donc, le temps lui manquait pour lui en parler plus tard.
- Que veux-tu faire ? demanda-t-elle en lui lançant un regard inquiet.
- Tourne-toi.
- Quoi ?
Elle le regardait comme s'il lui avait demandé d'aller décrocher la lune.
- Ne discute pas, Bones, et tourne-toi. Dos à moi.
Epuisée par la douleur, Temperance obéit, ne cherchant plus à savoir ce que voulait son partenaire. Elle lui tourna le dos et le sentit se rapprocher d'elle. Instinctivement, son corps se raidit, se demandant ce qu'il allait faire. Mais alors les mains de Booth se posèrent sur ses épaules nues et commencèrent à la masser doucement, mais fermement. Elle ne put retenir un gémissement de douleur, tellement ses épaules étaient tendues.
- Booth…
- Chut… Laisse-toi faire, profite.
Au fil des minutes, la douleur s'atténua pour finir par disparaître presque totalement. Elle sentait ses épaules plus délassées et sa nuque moins raide, moins douloureuse, sa tête plus légère.
Les mains de Booth quittèrent ses épaules et ses doigts remontèrent lentement le long de sa nuque, massant chaque muscle douloureux, continuant leur chemin sur son cuir chevelu pour s'arrêter sur ses tempes où le sang battait douloureusement. Ils commencèrent de lents petits cercles pour s'agrandir progressivement jusqu'à englober tout le haut de son crâne.
Temperance sentait la douleur de la migraine s'éloigner doucement, comme un bienfait du ciel.
Pratiquement soulagée, elle se retourna vers Booth et lui lança un grand sourire.
- Booth, tu as des mains de magicien… Je n'ai plus mal, ma migraine s'est envolée.
- Content d'avoir pu te faire du bien et…
Il ne put réprimer un sursaut d'étonnement quand elle se jeta dans ses bras et le serra contre elle. En souriant, il glissa ses bras autour de sa taille fine et lui rendit son étreinte. Ses mains glissèrent le long de son dos, en de lents mouvements de réconfort et ils restèrent ainsi quelques instants, savourant cette amitié profonde qui les unissait. Mais y avait-il seulement que de l'amitié dans cette étreinte ?
Temperance recula hors des bras de Booth, à contrecoeur. Elle se sentait si bien contre la poitrine de son partenaire, si détendue. Requinquée, elle se sentait prête à affronter cette deuxième mauvaise nouvelle.
- Maintenant, Booth, parle-moi de la bague.
A suivre…
La
suite dans le prochain épisode, très bientôt !
Merci de m'avoir lu. Et, bien sûr, j'attends vos reviews !!
