Bonjour à tous et à toutes !

Voici la suite de notre histoire avec Grunlek.

Merci à Shueino qui a corrigé cette histoire et à vous qui avait lu cette histoire.

N'hésitez pas à poster un commentaire, cela fait toujours plaisir.

Bacciolino.


Chapitre 2 : Une enfance Hors Norme.

« Grunlek Von krayn ! Où êtes-vous encore passé ? » Criait Gertrude, la naine chargée de surveiller le petit bout de chou âgé à peine d'une vingtaine d'années. Pour un humain ordinaire, cette époque serait la période de la sagesse et des amours. Pour les nains, ce n'était encore que l'enfance.

Grunlek n'était pas un fort et vaillant nain, surtout avec son handicap. Ce bras en moins qui lui avait valu pas mal de difficultés dans sa courte vie. Marcher. Car l'équilibre n'était pas le même que celui d'un corps normal. Le combat. Le handicap d'avoir un bras en moins l'obligeait à apprendre d'autres techniques. Le social. Son père ayant peur de l'opinion de la population face à ce descendant, peur qu'elle ne le prenne pas comme un protecteur, l'avait enfermé au sein du château.

Grunlek ne voyait que peu de monde à part sa famille. Quelques serviteurs qui s'occupaient de lui. Son maître d'armes. Et puis les cuisinières du palais, où le jeune allait se réfugier entre deux cours.

C'était d'ailleurs auprès d'elles, que notre ami était encore parti se cacher. Observant les mélanges des ingrédients par les naines. Elles avaient beau lui dire que ce n'était pas sa place. Qu'il était doué pour d'autres grandes choses, il revenait chaque jour auprès des fourneaux. Si bien, que les servantes avaient renoncé et lui enseignèrent les maniements de la poêle et du chaudron.

« Vous voilà encore dans cette cuisine Maître Von Krayn. Votre leçon a déjà commencé ! » s'insurgea Gertrude, les mains sur les hanches et une moue fâchée contre le prince.

« Nanou. À quoi ça sert de m'apprendre l'art du combat, si je ne peux pas sortir de ce château ? » soupira le jeune Nain.

« Pour le moment, vous n'êtes pas encore assez fort pour sortir. Vous devez acquérir cette puissance avec l'aide des frères d'armes de notre roi. Ensuite, vous pourrez aller à la recherche des vôtres. Ce n'est qu'une question de temps et de tradition. »

Grunlek n'aimait pas ce mot : Tradition. Ces quelques années vécues étaient résumées à ce mot : Tradition. Il fallait suivre un protocole particulier. Se tenir à un rythme précis. Apprendre les mêmes enseignements. Ne pas évoluer. Juste rester le même peuple, pendant des générations. Et rester caché du monde extérieur.

Surtout lui, le prince héritier possédant qu'un seul bras. Grunlek soupira une énième fois alors que sa nanou arriva à ses côtés. La naine imposante observait le jeune qui finit par capituler. Non pas par résignation, il savait que cette dernière était bien plus forte que lui. Par conséquent, elle l'attraperait et l'emmènerait à son cours, qu'il le veuille ou non.

« Bien. J'arrive. » finissait par prononcer le prince en sautant de son tabouret.

Il se rendit à son entraînement quotidien de maîtrise des armes. Mêlé, arbalète, épée, hache. Les frères d'armes de son père lui enseignèrent de nombreuses techniques. Le jeune, bien que plus fragile, tentait de les apprendre. Cependant, il se fatiguait bien plus vite que tous les autres de son âge. Sa condition physique était différentes des autres. Il était unibrassiste. L'ordre du bouclier formait le pisse-lait. Grunlek se relevait à nouveau. Il n'abandonnerait pas. Il voulait rendre son père, le roi des nains, fiers. Comme les Cognars dont parle les légendes.

L'enfant rattrapait son tranchoir pour continuer son combat. Avant d'être renvoyé valser quelques mètres plus loin.

"Faites attention à votre posture. Vos pieds doivent tenir le combat. Vous devez résister."

Grunlek soupirait. Il ne pensait pas y arriver un jour.

La leçon se terminait comme habituellement : par des défaites en série. Les frères d'armes n'arrivaient pas à transmettre leur savoir. À cause de ce handicap.

Grunlek continua son apprentissage en se tournant vers l'artisanat et les connaissances alchimiques. Même si son père ne souhaitait pas en faire un grand artisan, le pisse-lait devait avoir certaines aptitudes afin de comprendre la valeur du travail. De comprendre son peuple et leur métier. De connaître la patience et le temps nécessaire pour confectionner certains produits, certaines créations. Grunlek appréciait grandement ses cours. Il apprenait, aimait créer de ses propres mains des objets, des outils, des armes. Il appréciait également cuisiner et apprendre l'alchimie. Il était également très attentif sur tous les enseignements théoriques en matière de mécanique et d'assemblage d'éléments. Dont un particulièrement, qui était le grand secret enfermé dans cette partie de la société naine : les gemmes de pouvoirs.

Ce savoir tabou lui a toujours été enseigné. Il savait que cette puissance était si colossale que le commun des mortels ne devaient surtout pas posséder. Au risque de mener le monde à sa destruction. Cette information, capitale et les conséquences lui étaient enseignés, tout ce qu'il devait savoir, c'était de pouvoir utiliser cette puissance avec parcimonie, le déceler pour empêcher le pire d'arriver. Et finalement détruire cette puissance.

Entre les cours, le jeune enfant rêvait. Il regardait par la fenêtre de ce château fabriqué en obsidiennes et en pierres solides. Par-delà les vitres et les longues passerelles, il voyait les jeunes comme lui. Ils s'amusaient dans les ruelles rocailleuses, soit à se battre, à construire des nouveaux engins, à épater la galerie. Les rires, les chahuts, les bagarres arrivaient aux oreilles de cet héritier. Grunlek désirait ardemment être au milieu de ces enfants. De pouvoir courir avec eux, s'amuser dans la neige, faire face aux caprices du temps, comme le racontait sa mère le soir. Aller dans les ruelles pour renifler les bonnes odeurs des bouillies faites par les naines. Observer les pères de famille en train de boire des lampées de bières, tout en racontant à leurs marmailles les exploits passés de leur peuple. Il voulait être auprès d'eux et connaître qui seront ses frères d'armes.

Cependant, sa rêverie était souvent de courte durée. Les leçons se suivaient. Il n'était entouré que de nains adultes, forts et fiers. Il n'y avait personne à sa taille, à sa mesure, avec son handicap pour le conseiller. Grunlek se sentait faible et fragile face à tous ces individus qui gravitaient autour de lui. Tous avaient grand espoir que Grunlek devienne un souverain digne de son père Grise-Barbe. Qu'il sache maintenir le calme et le respect. La protection et le maintien de l'ordre.

Cette pression, le jeune pisse-lait le sentait sur ses épaules. Ou du moins, celle existante. Chaque nuit, avant d'aller se coucher, il espérait qu'au lever du soleil, dans ces montagnes froides et grises, il rencontrerait un enfant dans les enceintes du palais. Qu'il s'en ferait un ami. Qu'il pourrait passer du temps et devenir des vrais frères d'armes.

À chaque réveil, la même rengaine. Pas de nouveau visage. Les protocoles à tenir. Le respect et la connaissance à avoir.

Grunlek sentait à l'aube de son adolescence qu'il voulait faire ses propres découvertes. Un jour, il demanda audience à son père, comme le voulaient les traditions.

Grise-Barbe le reçu seul à seul.

« Que veux-tu Grunlek. Ta leçon de défense va bientôt commencer. Soit bref mon enfant. »

La gorge était sèche. La peur de l'échec faisait battre son cœur à tout rompre. Mais la volonté était plus forte que la terreur. Le jeune descendant prit une grande inspiration avant de clamer :

« Père. Je voudrais rencontrer le peuple que je suis censé guider. Laissez-moi rencontrer ces nains et naines qui font de notre race notre fierté. Laissez-moi voir ces artisans, ces combattants, ces enfants qui courent dans nos rues. »

Le roi commençait à caresser sa barbe en écoutant son fils. Il était certes fier de le voir vouloir prendre son indépendance. Mais une ombre obscurcissait le tableau idyllique de son fils.

« Je suis heureux de t'entendre parler ainsi. Ta force de caractère s'affirme et je suis sur que cette volonté va t'emmener vers de prestigieuses victoires. Cependant, je me dois de refuser. »

Grunlek afficha un visage déçu. Il aurait espéré que son père accepte cette marque de bravoure et lui fasse l'honneur de l'accompagner dans sa quête. Les poings serrés, l'enfant leva les yeux vers son paternel avant de lui demander :

« Pourquoi père ? Qu'est-ce qui vous fait refuser ma requête ? »

Le roi caressa sa barbe. Il observait son fils. À la fois fier et volontaire.

« Je suis conscient de ton désir et de ta volonté fils. Cependant, tu n'es pas encore assez fort physiquement et mentalement pour entrer dans le monde. Tu n'arrives pas encore à désarmer mes frères. Comment veux-tu que le peuple ait confiance en toi, en ta force, si tu n'arrives pas à te défendre. Tu es mon descendant. Le futur roi de ce peuple. Tu dois montrer l'exemple et acquérir cette puissance. Mais actuellement, tu ne l'as pas. »

Grunlek était sidéré. Entendre ses mots de la bouche de son père. L'entendre dire qu'il était faible. Heureusement, pour le jeune prince, personne n'avait entendu ce discours.

Le jeune serrait difficilement les dents, afin de retenir au plus profond de lui des larmes de colère, de tristesse et de déception. Il avait envie de hurler qu'il ferait mieux. Qu'il en était capable. Il avait la rage de vivre et de découvrir ce monde extérieur.

« Bien père. Si vous voulez bien m'excuser. » souffla-t-il pour seule réponse.

Grunlek quittait sans un mot la salle du trône pour rejoindre ses appartements. Là, seul dans sa chambre, il s'affala dans ce lit immense et fait de parures aux armoiries des différents ordres nains. Sous toutes ces couleurs et ces broderies, les larmes de l'héritier coulaient. Son corps convulsait à cause de cette peine. Les mots résonnèrent dans sa tête :

« Il était faible. Il n'était pas assez fort pour gouverner ce peuple. »

Grunlek observait ce maudit côté où le bras lui manquait. Il ne comprenait pas pourquoi on le rejetait de cette manière. Il ne l'avait pas demandé de naître ainsi. Il n'y avait que peu de personnes qui comprenait ce que cela faisait de naître et d'apprendre tout avec un bras en moins.

Les poings se serrèrent dans toutes ses couvertures, pour les envoyer valser dans la pièce. Sa rage, il ne pouvait plus la contenir. Il devait exploser. Il devait verser toutes les larmes de son corps. Il aurait voulu hurler et détruire tout ce qu'il avait à ses côtés.

Cependant, ses devoirs le rappelaient à la réalité. Il était le futur souverain. Il devait laisser apparaître un visage impassible et capable de surmonter tous les obstacles. Il devait taire ses douleurs, ses peines et ses peurs.

Grunlek finit par se poser dos sur le sol. Les yeux rivés sur le plafond sculptés par les maîtres artisans qui ont travaillé sur cette bâtisse. Des roches aux allures d'armes, de technologies, de magies et d'animaux. Des éléments qu'il devait apprendre, comprendre et aider. Des connaissances dont il n'avait que la théorie et peu la pratique.

L'héritier rêvait d'utiliser la magie pour créer un nouveau bras fort et puissant, pouvant briser la pierre. D'appeler les nains ingénieurs pour lui concevoir un bras métallique pouvant se transformer et aider la population en danger. Il imaginait que ce bras serait aussi puissant qu'une mâchoire d'un prédateur. Les yeux encore rougis par les larmes et la colère, Grunlek cessa d'observer ce fameux plafond qui lui occasionnait des doux rêves, pour observer un mur.

Une étrange fêlure était présente à sa base et attisa sa curiosité.

A suivre...