Les maraudeurs étaient réunis dans la salle sur demande depuis plus d'une heure à peaufiner avec sérieux leur prochaine blague contre le groupe d'enquiquineurs ultime de Poudlard surnommés affectueusement « Malfoy le mangemort et sa bande de débile » ou pour faire plus cours « les débilos ». Rémus, le cerveau du groupe, revoyait méticuleusement les points clés de l'attaque. Rien ne devait être laissé au hasard pour que le succès soit garanti.

- Bien, les gars, je crois qu'on y est. Conclu le garçon avec un air satisfait.

- Tu sais Moony, intervint James, tu fais peur quand tu fais cette tête là. Nan, sans rire t'as un air de Serpentard-fou. Ouais, désolé jvoulais pas dire ca, ajouta-t-il précipitamment devant les regards profondément outrés de ses amis.

- Je disais donc, avant cette interruption aussi déplacée qu'inutile, reprit Rémus, qu'on y était. Il ne reste plus qu'à James et Patmol de mettre le tout en application demain matin. Et James, si tu veux rester mon frère de cœur, t'as intérêt à ne plus m'insulter de Serpentard, notre amitié risquerait de ne pas y survivre.

Un sourire gêné de James suivit cette tirade accompagné d'un désolé marmonné. Les quatre jeunes hommes poursuivirent leur discussion jusqu'à ce que Peter fasse remarquer aux autres que l'heure du repas était arrivée. Ce gars était véritablement un estomac sur pates. Au moins avec lui, pas de risque de rater un repas. Il avait une horloge à la place du ventre.

C'est en bavardant qu'ils se rendirent à la grande salle et s'assirent à la table des Griffondors. Ils étaient occupés à manger pour Peter et Rémus, et draguer pour les deux autres. James tentait tant bien que mal de discuter avec sa chère Lily sans se prendre une claque, ce qui relevait du combat de tous les instants avec sa « furie-rousse » comme l'appelait le reste des Maraudeurs. Quant à Sirius, il avait jeté son dévolu sur une charmante petite blonde dont les jolies lèvres n'attendaient que lui. A moitié rassasié, Peter fit une pause dans son repas et s'étira avec un sourire satisfait. Son regard se porta sur la table des poufsouffles et il remarqua la jeune fille moqueuse qu'ils avaient rencontrée dans la matinée.

- Les mecs, ya la Poufsouffle de ce matin qui mange.

- Merci pour cette intervention de la plus haute importance Wormtail, se moqua gentiment Sirius, il est véritablement incroyable de manger pendant les repas.

- Le jeune homme rougit légèrement sous la moquerie et ajouta avec plus d'assurance.

- Ce que je voulais dire, crétin, c'est qu'elle mange seule. D'ailleurs si je réfléchis, elle a toujours été seule quand on l'a vu. Pourtant c'est une Poufsouffle et ils sont réputés pour être toujours en bande. En plus, elle a la répartie facile, c'est bizarre vue sa maison. Elle ne semblait pas impressionnée par nous ce matin, c'est bizarre, répéta le jeune homme pensivement.

Devant l'absence de réaction de ses amis, il lança un sonore « quoi ? » qui les fit réagir.

- Et bien, faut que tu arrête d'écouter Moony. On a assez d'un intello ermite dans le groupe, répondit Sirius.

- Mais tu vas arrêter avec ça ! s'exclama le concerné. Tu vas pas me chier un hypogriffe parce que mes neurones se connectent plus souvent que les tiens. De toute façon, tu es simplement jaloux de mes capacités intellectuelles « monsieur je ne pense que lorsqu'une jolie fille est à moins de deux mètres de moi».

- Langage Moony, poursuivit Sirius amusé par la tirade. Mais dit moi mon ami, je trouve que tu t'énerve drôlement vite. Cette jeune Poufsouffle aurait-elle trouvé un de tes points faibles ?

- Idiot, souffla le jeune homme, comme si je pouvais être vexé d'être capable de raisonnement. Au moins cette fille en plus d'être jolie est douée d'une capacité d'observation certaine et…

- Bref, sans vouloir mettre fin à votre règlement de compte, coupa James, il me semble que Peter a fait une remarque très pertinente. J'avoue que j'y avais pas réfléchi, mais cette fille m'intrigue. En sept ans, je l'avais jamais remarquée et voila qu'en deux jours on tombe tout le temps sur elle. Je veux dire elle a franchement un comportement qui, du peu qu'on en a vu, ne correspond pas du tout aux poufsouffles habituels.

- Laissez tomber les gars, intervient Rémus, c'est pas parce qu'une jolie fille apparait qu'il faut qu'on s'y intéresse.

Un silence religieux suivit cette simple phrase. Ce fut Sirius qui y mit fin en prenant la parole avec un air de conspirateur.

- Tiens donc mon loup, tu nous explique ?

- Vous expliquer quoi ? demanda le concerné.

- Et bien, depuis sept ans que je te connais jamais tu ne t'es mis en colère pour une phrase banale comme tu la fait tout à l'heure, jamais tu ne m'a sorti une phrase comme « chier un hypogriffe », jamais tu n'a dis à deux reprises en moins de cinq minutes qu'une fille était jolie et jamais tu n'as semblé pressé d'oublier un mystère. Alors explique-nous ce qui se passe avec cette fille.

- Mais rien idiot, s'empressa de nier le jeune homme. Peut être un peu trop vite d'ailleurs pour être crédible. C'est juste que… Je ne sais pas trop. C'est bizarre quand je suis pas loin d'elle.

- A la vue des mines interrogatives de ses amis, il ajouta

- Je ne sais pas comment expliquer mieux que ça. C'est juste un ressenti. C'est pas négatif. Juste… c'est étrange.

- Bah dis donc, j'avais raison mon p'tit loup et là crois moi, on ne va pas la lâcher ta chérie.

- Mais tu vas arrêter un peu, t'as mangé quoi aujourd'hui pour être si bête ? demanda Rémus en accompagnant sa question d'une claque derrière la tête du concerné sous les rires moqueurs des autres garçons.

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A quelques tables de là, une jeune fille était concentrée sur son repas et ne se doutait pas un instant de la discussion qui avait eu lieu quelques secondes plus tôt à son propos. Eléana était présentement pleinement absorbée par des questionnements existentiels tels que « je mange quoi en désert, la mousse au chocolat ou la tarte aux pommes ? ». Question idiote. Réponse : les deux.

Une fois son désert savouré, la jeune fille se leva de table et retourna dans son dortoir. Elle avait décidé de se faire petite suite aux évènements de ces deux derniers jours et pour cela elle avait pris la décision de rester le plus souvent possible dans sa chambre. Cette pensée était déprimante au possible. Elle avait donc fait le plein de livres pour survivre à son isolement volontaire. Et non, elle ne sombrait pas dans le mélodrame.

Assise sur son lit elle regarda les titres des ouvrages qu'elle avait disposés face à elle. Quelle courge ! se dit-elle une fois de plus. Comme si la vie de « Hermane le gnome des bois » allait la captiver. Elle se demanda vaguement pourquoi elle n'avait pas choisit un livre plus intéressant que celui là avant de se rappeler que la bibliothèque, bien que regorgeant d'ouvrages, en contenait peu de véritablement palpitants. La plupart étaient des livres de cours et soyons honnête, qui pourrait avoir envie de lire un livre de potion après une journée de huit heures de cours ? Prenant son courage à deux mains, et n'ayant rien de mieux à faire, Eléana ouvrir un des livres au hasard et commença sa lecture. Vingt minutes plus tard elle était endormie assise, sans avoir terminé le premier chapitre.

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Le lendemain, Eléana se réveilla douloureusement. Son corps était lourd et courbaturé à cause de la position dans laquelle elle s'était endormie. Râlant contre tous les livres soporifiques de la planète, la jeune fille se leva tant bien que mal et alla prendre une bonne douche chaude dans l'espoir de délier ses muscles. Une fois prête, elle descendit aux cuisines afin de prendre son petit déjeuné. Cela faisait partie de son plan de « récupération d'anonymat ». Eviter de trop se faire voir sans pour autant disparaître pour ne pas éveiller les soupçons. Ainsi, elle avait programmé de prendre la moitié de ses repas dans la grande salle et les autres directement aux cuisines. Merlin, elle en était déjà fatiguée.

Son repas achevé, la jeune fille se dirigea vers son premier cours de la journée. Elle était en pleine réflexion lorsqu'elle eu une illumination. Hier, c'était vendredi et donc aujourd'hui, on était samedi. Conclusion : Eléana s'était levée à 6h30 un samedi matin. Les évènements de ces derniers jours avaient manifestement eu des conséquences très négatives sur le bon sens de la jeune fille. Enervée contre elle-même pour avoir raté une des rares occasions de faire la grâce matinée et désemparée à l'idée de n'avoir strictement rien à faire de la matinée, elle décida d'aller dans le parc afin de prendre l'air, de se calmer et de planifier son futur exile loin de l'Angleterre. Et non, elle ne dramatisait pas. Elle était en chemin lorsqu'une personne l'appela d'un très aimable « eh toi ! ». Etant seule dans les couloirs (bah oui, les filles normales dorment à cette heure le samedi), Eléana se retourna pour faire face à la personne qui l'avait si poliment apostrophé.

Son visage perdit toutes ses couleurs lorsqu'elle reconnue la personne qui lui faisait face.

- Tient donc, comme on se retrouve, siffla Lucius Malfoy d'une voix mauvaise.