Chapitre trois : Tromperies.

La pluie quasi-tropicale qu'ils essuyaient depuis de bonnes minutes se transformait en mousson. Et le Docteur avait parlé d'une planète aride ? Quelque chose se tramait là-dessous ! Sûrement un fou qui détraquait la météo sur Siphloris, pensa Rose. Un voyage catastrophe qui s'annonçait sous les meilleurs augures pour renouer avec l'aventure.

(…)

Finalement, il n'y avait pas de fou. C'était une comète déviée naturellement qui avait bouleversé le climat de la planète Siphloris. Une boule de feu géante qu'ils avaient dû détruire pour empêcher un véritable cataclysme, plus important que celui de la disparition des dinosaures et des Siluriens selon le Docteur.

En tout cas, Rose et lui avaient eu à courir comme au bon vieux temps. Courir contre la montre, leur plus grand ennemi, mais aussi contre cette horde de prophètes annonçant une sorte de jugement dernier.

La comète explosait maintenant en un feu d'artifices de lumières dans la haute atmosphère de Siphloris. La nuit était tombée sur ce monde à la rotation plus rapide que celle de la Terre, Rose regardait le spectacle, attendrie. Elle se remémorait leur premier baiser – échangé – entre elle et son mari.

La main du Docteur s'empara de la sienne et Rose Tyler frémit à ce contact. Un contact anciennement familier mais qui la troublait toujours. Elle se pencha vers le double parfait de son ancien amant et l'embrassa tendrement. Leur baiser s'intensifia rapidement et le ballet de leurs langues sembla un instant à Rose plus dangereux que le cataclysme auquel ils venaient d'échapper. Mais elle l'oublia rapidement et répondit ensuite plus passionnément encore au contact pressant des lèvres du Seigneur du Temps.

(…)

Intérieurement, le Docteur jubilait. Elle s'était elle-même jetée dans ses bras. Et il la pressait maintenant contre lui, aspirant dans ce baiser les trois années de deuil que l'univers lui avait infligé. Elles s'effaçaient tout autant que l'inquiétude que Rose ne le repousse en comprenant son plan : la jeune femme lui était déjà entièrement soumise…

Le Seigneur du Temps lâcha les lèvres de la copie de Rose Tyler et, silencieusement, il l'entraina avec lui dans le TARDIS. Rose s'excusa si elle avait réveillé de vieilles blessures. Impassible, le Docteur lui demanda seulement si elle voulait bien rester encore pour la nuit, alors qu'il faisait mine d'avancer péniblement vers la console de contrôle du TARDIS.

Rose Tyler hésita ou sembla hésiter. Elle se décida à attraper le bras du Docteur pour le retenir et l'attira à elle, lui chuchotant à l'oreille qu'elle voulait bien, pour une nuit :

« Après tout, ta Rose Tyler est morte avant que tu puisses l'aimer. Et puis, avec un vaisseau spatio-temporel, mon Docteur n'en saura rien. »

Le Seigneur du Temps but ses paroles et s'en délecta : elle l'avait dit ! Ils avaient un TARDIS ! Elle pouvait rester auprès de lui, aussi longtemps qu'il le voudrait, et son Docteur, son mari, n'en saurait jamais rien ! Le dixième Docteur jeta alors à nouveau ses lèvres sur le visage de Rose puis son cou et il l'entraina vers sa chambre, où le matin-même, elle s'était réveillée auprès de lui, comme s'il avait déjà été son mari.