C'est une fic courte. Seulement 7 chapitres et le dernier est très court. Je l'ai écrite en 2009 donc ça remonte un peu déjà :P

Bonne lecture,

Fantaisiiie


Chapitre 4 : Une si jolie punaise...

Dans ma grande bonté, j'avais décidé d'oublier l'épisode du match de Quidditch. Peut-être avais-je tout simplement mal pris les choses, alors qu'il n'y avait rien de méchant... Après tout, il était fort vraisemblable que Lavande n'ait eu que trois places pour le match et, comme j'étais celle qui aimait le moins ce sport, elle avait choisi d'emmener les deux garçons avec elle. C'était peut être maladroit, mais je n'étais pas obligée de le prendre pour une attaque personnelle et de troubler la paix de notre appartement.

Ma naïveté était sans limite et Lavande m'en apporta la preuve dès le lendemain. Nous n'étions que toutes les deux dans la cuisine et elle préparait son petit déjeuner sur un plateau.

- Quel dommage que tu n'aies pas été là, Hermione ! me susurra-t-elle soudainement, d'un air comblé. Le spectacle était magnifique. Ron a a-do-ré.

Il paraît que le mépris est la meilleure des armes, mais je suis en mesure d'assurer que c'est faux. Mon mépris le plus total n'a pas empêché Lavande de poursuivre sur sa lancée :

- Il m'a offert une pomme d'amour... C'est trop chou, non ?

A ce moment là, j'essayais toujours de me convaincre que mon mépris serait efficace. J'ai donc continuer à tartiner mon pain comme si de rien était.

- Tu ne devineras jamais qui a gagné, c'était si...

- C'est l'équipe des Tornades qui a gagné, la coupai-je. Ce n'est pas compliqué, les Canons perdent toujours.

Un large sourire s'étendit sur le visage de Lavande, la faisant un instant ressembler à l'affreuse Ombrage.

- Et bien non, justement ! Les Canons ont gagné ! C'est incroyable, non ? Ron était tellement content que j'ai cru qu'il allait m'embrasser...

J'avais fait de la charpie de mon pain. Je l'avais beurré avec tant d'acharnement qu'il y avait un gros trou en son milieu, mais je n'y prêtais pas attention. Ron... l'embrasser ? Elle essayait de me rendre folle et elle y parvenait. J'irais voir Harry dès que possible pour qu'il me fasse son rapport. Ils étaient rentrés si tard la veille que je m'étais déjà couchée.

Lavande acheva de verser du café dans un grand bol, prit son plateau et s'apprêta à sortir.

- Tu ne manges pas ici ? lui demandai-je d'un ton parfaitement neutre, pour bien lui montrer que ses paroles n'avaient pas eu le moindre effet sur moi.

Son regard alla de son plateau jusqu'à moi et elle me sourit.

- Ce n'est pas pour moi... J'apporte à Ron son petit déjeuner au lit.

Mon couteau dérapa et je m'entamai le doigt sur un bon centimètre. Retirant vivement ma main, je portai ma blessure à ma bouche pendant que Lavande sortait de la cuisine en riant d'un air moqueur. Rira bien qui rira la dernière, sale punaise.

Je dus vite me rendre à l'évidence : confondre Lavande devant Harry et Ron était chose impossible. Dès qu'ils étaient là, elle se comportait avec moi comme une bonne amie et, j'avais beau cherché, je ne trouvais plus la moindre remarque mal placée. Harry lui même refusait de me prendre vraiment au sérieux.

- J'étais au match, Hermione. Elle s'est comportée tout à fait normalement avec Ron. S'il y avait eu la moindre petite chose, je te l'aurais dite...

- Il lui a offert une pomme d'amour ! protestai-je.

Mais mon soi-disant ami se contenta de sourire.

- Ron ne connaissait même pas le nom de la friandise avant que le vendeur ne le lui dise. Elle nous avait offert les places, il fallait bien la remercier. Je lui ai offert une bièraubeurre, moi. Elle t'a raconté ça comme ça, ne vois pas le mal partout...

J'aurais bien voulu insister, mais il était clair que Harry voyait en Lavande la colocataire parfaite. J'aurais pu dire que le petit déjeuner au lit cachait quelque chose, mais c'était peine perdue : elle était revenue en faire un pour Harry aussi. Maligne, la punaise...

Quelques jours plus tard, Lavande inaugurait une autre phase de son plan qui consistait à systématiquement oublier de prendre des vêtements propres lorsqu'elle allait à la douche. Elle en sortait entortillée dans une minuscule serviette de bain très suggestive et traversait le salon en se pavanant, sans la moindre gêne. Si j'avais pris le parti de l'ignorer, ce n'était malheureusement pas le cas de Ron qui ne pouvait s'empêcher de la suivre du regard.

- Tu n'as qu'à faire comme elle, si tu veux rivaliser, s'était moqué Harry en secouant la tête, agacé par ces histoires de filles. Mais, si ça continue comme ça, Ginny ne me laissera plus habiter dans cet appartement de débauchées.

Je m'étais abstenue de répondre. Bien sûr, je pouvais faire comme cette punaise... Le problème, c'est qu'elle était bien plus jolie que moi. Si seulement Ron voulait bien arrêter de la regarder ! Comment faisait-il pour ne pas voir qu'elle lui faisait du charme ? Elle était tellement insistante, tellement provocatrice ! Ah, Ron... Tu as vraiment de la bouse de dragon dans les yeux quant il s'agit des filles !

Rapidement, la situation devint incontrôlable. A mon goût, Lavande et Ron passait trop de temps, beaucoup trop de temps ensemble. Il faut dire que la punaise avait sorti le grand jeu. En plus de ses numéros de charmes et de ses attentions répétées, elle eut la très subtile idée de toujours s'interposer entre Ron et moi : au moindre reproche que je lui faisais, elle prenait automatiquement sa défense.

Si je rappelais à Ron que les tâches ménagères ne lui étaient pas interdites, elle arguait qu'il n'avait jamais eu peur de se remonter les manches, même s'il n'avait pas jeté un seul sort ménager depuis des jours... Si je lui demandaiq de vendre son stupide balai dont il n'avait même pas le temps de se servir, elle me traitait de rabat-joie insensible au Quidditch... Et si je lui reprochais le peu d'attention qu'il m'accordait, elle glissait que j'étais une éternelle insatisfaite trop possessive.

Un jour, alors que j'estimais avoir été suffisamment patiente, j'ai profité que nous soyons toutes les deux seules à l'appartement pour essayer d'avoir une petite conversation civilisée.

- Tu sais, Lavade, commençai-je doucement, j'aimerais bien que tu arrêtes de me contredire systématiquement dès que je discute avec Ron...

Elle me regarda avec de grands yeux innocents.

- Tu veux dire, quand tu lui reproches de ne pas être l'homme parfait ? me demanda-t-elle d'un ton plein de reproches.

Ça commençait bien...

- Je veux dire que je préfèrerais que tu ne t'immisces pas dans nos disputes de couple.

J'avais fait exprès d'insister sur ce dernier mot et j'obtins le résultat escompté : Lavande avait la même expression que si elle avait mordu à pleines dents dans un citron.

- C'est juste que je trouve que tu es trop dure avec lui, se justifia-t-elle. C'est gênant que...

Je saisis la perche au vol et l'interrompis :

- Ce qui est gênant, c'est que tu te balades à moitié nue dans notre appartement...

Lavande en resta bouche bée. Elle finit par siffler :

- Ma parole, Hermione ! Tu es jalouse !

Sa réplique me rendit furieuse.

- Ils ne sont pas là, alors arrêtons ce petit jeu, tu veux ? Toi et moi, on sait parfaitement ce que tu veux. Alors regarde-moi bien, Lavande...

Voyant qu'elle faisait mine de m'ignorer, je lui saisis le poignet. Sans violence mais avec fermeté.

- Regarde-moi bien !

Elle consentit à lever les yeux et j'eus la douce satisfaction de voir qu'elle me prenait au sérieux.

- Tu ne l'auras pas, poursuivis-je d'un ton sans réplique. J'ai peut être mes défauts, mais il m'aime.

- Peut être que tu ne le mérites pas... Je suis là pour arranger les choses, Hermione. Et...

Ses délires de pauvre fille désespérée ne m'intéressaient pas.

- Si je te surprends encore une seule fois à lui faire de la gringue, tu quittes cet appartement, l'interrompis-je, menaçante. Est-ce que tu m'as bien comprise ?

- Tu ne peux pas me mettre dehors ! protesta-t-elle d'une voix faiblarde.

- Tu veux parier ? lui demandai-je en la regardant droit dans les yeux.

C'était un véritable combat, chacune refusant de détourner le regard. Après plusieurs interminables secondes, Lavande se dégagea et couru se réfugier dans sa chambre. Plus ébranlée que je ne le laissais paraître, je décidai de me replonger dans mon traité de droit magique. Quand vous perdez toute confiance en vous, il n'y a rien de mieux qu'un énorme bouquin de mille pages pour rétablir tout ça.

- Tu lui as dit que tu allais la mettre dehors si elle m'adressait encore ne serait-ce qu'une seule fois la parole ? Mais, par la barbe de Merlin, tu es tombée sur la tête Hermione ?!

J'avais rarement vu Ron si énervé. La sale petite punaise allait me le payer.

- Je n'arrive pas à croire que tu avales tout ce qu'elle te raconte aussi facilement ! ripostai-je. Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé !

- Tu ne l'as pas menacée de la mettre dehors, peut être ? me demanda-t-il d'un ton accusateur.

- Si, mais...

Il ne me laissa pas continuer :

- Je n'arrive pas à y croire. Tu m'as fait je ne sais combien de scènes parce que je n'étais pas assez gentil avec elle et, maintenant, tu t'amuses à la martyriser !

La martyriser ! La colère montait en moi en vagues indomptables.

- C'est parce qu'elle passe sa vie à te montrer ses jolies jambes que tu lui donnes raison, Ron ?

Il en resta comme deux ronds de flan.

- C'est incroyable, finit-il par souffler en passant sa main dans ses cheveux. Lavande a raison... Tu es jalouse !

Jalouse... Ce mot me fit l'effet d'une gifle. Comment Ron osait-il ? Comment pouvait-il être aussi aveugle ?

- Très bien. Pense ce que tu veux, je m'en moque totalement. J'ai un examen très important demain, ce que tu ne peux pas savoir parce qu'on passe tellement peu de temps ensemble que je n'ai même pas eu le temps de te le dire... Bref, il faut que j'aille réviser.

Il me laissa partir sans me retenir et retourna consoler la pauvre et innocente Lavande, la si jolie punaise qui pleurait dans sa chambre.

Notre dispute dura près d'une semaine. Ron et moi n'échangions plus que des monosyllabes et chacun évitait l'autre au maximum. Ça me fendait le cœur et je ne supportais plus de voir le visage faussement larmoyant de Lavande qui jubilait en secret. En public, elle faisait semblant de regretter notre inimité mais, dès que nous nous retrouvions toutes les deux, ses sourires victorieux ne me trompaient pas. Et si je n'avais presque jamais été en aussi mauvais termes avec Ron, elle n'en avait jamais été aussi proche, y compris pendant la période de notre sixième année où ils étaient sortis ensembles. Elle lui vouait un véritable culte et c'était le point faible de Ron : il avait constamment besoin qu'on l'admire. C'était très agréable pour lui de se sentir soutenu et approuvé même dans ses gestes les plus irréfléchis. Je ne pouvais pas rivaliser avec ça. Peut-être étais-je une fille trop raisonnable, finalement ? Si Ron était celui qu'il me fallait, peut-être que lui avait besoin de quelqu'un comme Lavande ?

Quelques coups frappés à ma porte me tirèrent de mes sombres pensées. Quand on parle du dragon... Ron entra timidement et me demanda si j'étais libre. J'acquiesçai d'un air indifférent. Désolé mon cher, mais certains de tes mots me restent en travers de la gorge et je ne suis pas prête de les oublier.

- Je n'aime pas être fâché avec toi, Mione, avoua-t-il. On pourrait peut être en discuter ?

Je savais que si je le regardais, j'allais craqué, mais je n'avais pas pu résister à l'envie. Les trois quarts du temps, Ron était insupportable... Mais il pouvait aussi être incroyablement charmant et il y avait des fois où, comme quand il mettait sa fierté de côté pour venir me voir, j'oubliais tous ses défauts.

- Je n'aurais pas du dire que tu étais jalouse de Lavande. Je sais que c'est faux. Je le lui ai dit.

- Elle le sait très bien, ne t'inquiète pas.

Je me suis abstenue d'ajouter que c'était elle qui dirigeait ce petit jeu et qu'elle savait mieux que lui ce qu'il en était. Il faut savoir faire des efforts pour se réconcilier. Ron en fit un dernier :

- Et je suis désolé de t'avoir délaissée. Si tu n'as même pas eu le temps de me dire que tu avais un examen, c'est que je ne me suis vraiment pas assez occupé de toi...

J'étais si bien dans les bras de Ron après une dispute que j'oubliais tout. A ce moment là, Lavande était à des années-lumières de moi. Elle ne comptait même pas.

- Que dirais-tu d'un petit dîner romantique aux Baguettes d'Or ? me demanda-t-il d'une voix douce. Demain soir, après le travail.

Surprise, je relevai la tête.

- Aux Baguettes d'Or ? Mais Ron, c'est le restaurant de gastronomie sorcière le plus cher de Londres !

- Et alors ? On l'a bien mérité, non ? Je pourrais nous réserver une table. Et après, on pourrait aller faire une balade sur le Chemin de Traverse. Il paraît qu'il est magnifique pour Noël. Qu'est-ce que tu en dis ?

J'en dis que tu es un grand fou, Ronald Weasley.

- Ce sera merveilleux, soufflai-je au creux de son cou. Si tu savais comme j'aimerais qu'on y soit déjà...