NDA :
Rating : K+
Cette fiction a été écrite dans sa totalité par trois auteures différentes :
POV Alyssa - Charliflex
POV Louna - DoraFlickFlack
POV Léna - Tanounette
Elle se situe à la fin de la saison 6 et c'est donc la SUITE DE LA SÉRIE, attention aux possibles spoilers.
Elle respecte entièrement le script et le canon de la série, les personnages morts resteront donc morts (désolées).
Disclaimer : Teen Wolf ne nous appartient (malheureusement) pas.
oOo
Réponse aux reviews :
louloutena :
Merci pour tes gentils compliments :) ça fait réellement plaisir de recevoir du positif !
oOo
Joyeux Noël, joyeuses Pâques (en avance, au cas où on oublie) et bonne année 2018 à tous !
Après deux semaines de fêtes de fin d'année sans nouveau chapitre, on est de retour pour vous jouer un mauvais tour... non. C'est juste un nouveau chapitre de notre chère fanfiction. Au programme, courses, inscription au lycée et nouveau travail. Bonne lecture, et n'hésitez pas à donner votre avis ;)
Chapitre 4
« Le jour et la nuit »
~POV Louna~
Il est déjà presque neuf heures lorsque je me décide à ouvrir un œil. La nuit a été rude. Je n'ai presque pas fermé l'œil. De l'autre côté du couloir j'entendais aussi Aly remuer dans son lit, sans compter les battements bien trop rapides du cœur de Léna qui pulsaient dans tout l'appart. Je me demande si j'arriverai un jour à vivre une vie normale. Je ne pense pas, mais qui vivra verra.
Je prends une rapide douche qui décrispe mes muscles et je me permets de relâcher la pression au moins pour cinq petites minutes. J'ai l'impression d'être une sorte de bombe à retardement. Je suis tout le temps sur mes gardes depuis l'attaque et s'en est fatiguant, à la longue. Je ne suis pas de nature à me fier facilement aux gens et j'ai pour principe de n'avoir confiance qu'en moi-même. Puis Aly et Léna sont arrivées et ont su briser mon bouclier. Ce sont mes seules amies, ma seule famille, tout ce qu'il me reste.
Une fois tout le shampooing évacué de mes cheveux, je sors de la douche et enfile un pull épais avec l'insigne de mon ancienne équipe de hockey entre les deux omoplates. Je complète le tout par un jean délavé tout fraîchement acquis et laisse mes cheveux humides retomber dans mon dos, avant de libérer la salle de bain.
Quand j'arrive dans le salon, Aly est déjà là, avachie sur le canapé et toujours en pyjama. Je l'y rejoins et la pousse légèrement pour me faire une place.
- Bien dormi ? me questionne-t-elle dans un bâillement.
- J'ai envie d'un cookie, je dis en éludant sa question. Et il n'y en a même pas. On a pensé à s'acheter des fringues, mais pas à acheter des cookies. C'est dingue, ça ! je râle. Si t'en avais acheté hier matin, la question ne se serait même pas posée !
- Je suppose que la réponse est non, continue-t-elle, la voix encore endormie.
Je soupire puis m'installe plus confortablement, à moitié couchée sur mon amie.
- Elle est passée où, Léna ?
- Sortie. Elle fait sans doute quelques courses, me répond Aly en retenant un second bâillement.
- Ah. J'espère qu'elle va penser aux cookies.
Aly laisse échapper un rire, puis un silence reposant s'installe entre nous jusqu'au retour de Léna, une dizaine de minutes plus tard.
~POV Léna~
Quand je me réveille après ma nuit mouvementée, il est huit heures. Je me lève et vais dans la cuisine. Les filles dorment encore. Je vais voir dans les placards s'il y a de quoi cuisiner, mais ils sont vides. Génial. J'ai vu hier soir une petite épicerie. Je décide alors d'aller m'habiller, parce que je ne vais pas sortir en culotte quand même ! Je prends le seul jeans que Lou m'a pris et met mon tee-shirt dedans. Je mets les baskets blanches d'Alyssa, parce que j'ai la flemme de mettre mes bottes. Elle ne m'en voudra pas, je vais lui chercher de quoi manger.
Je prends une veste et sors de l'appartement en faisant le moins de bruit possible. J'arrive dehors et me dirige vers le centre de Beacon Hills. Ça m'étonne de voir autant de monde dehors aussi tôt, parce qu'à Eureka, il n'y avait personne avant dix heures. Je marche en observant les bâtiments et les gens. J'arrive à l'épicerie et y rentre. Une femme blonde me salue et je vais chercher tout ce qu'il me faut pour faire des pancakes. Je prends aussi des fruits, et de quoi faire à manger les deux prochains jours. Je passe en caisse et pars dans le sens opposé.
- Faites attention ! je dis quand un abruti me percute et qu'un de mes sacs tombe par terre.
- Pardon, répond-il sans lever la tête de son téléphone.
Je reconnais cette voix. Il s'arrête et se tourne vers moi.
- Besoin d'aide ? me demande-t-il en ramassant le sac à terre.
- Heu…
- Ce n'est pas une question, me dit-il, un rictus aux lèvres. Au fait moi c'est Théo.
- J'avais cru comprendre, quand ton patron t'a parlé hier, je réponds avec un léger rire.
- Normalement, c'est à toi de te présenter !
- Ah oui pardon, je dis en souriant. Moi c'est Léna.
- Tu permets que je t'accompagne chez toi, Léna ? demande-t-il d'un ton ironique, en insistant sur mon prénom.
- Si tu veux, Théo, je dis sur le même ton.
Je me sens moins seule sur le chemin du retour. La présence de Théo me rassure. Nous arrivons finalement devant le bâtiment.
- Voilà, je vis ici avec mes amies.
- Intéressant, c'est donc ici qu'il faudra que je vienne te chercher ?
- Me chercher ? Rêve pas trop non plus, je ne te connais pas !
- Pas encore…
Il me tend les sacs et s'en va avec un sourire immenses aux lèvres. Je rentre dans notre chez nous et constate que les filles sont réveillées. Elles sont encore à moitié endormies quand je vais dans la cuisine. Je les vois depuis celle-ci, elles sont vautrées sur le canapé. Je me mets à rire et commence la préparation de mes pancakes. Il est 9 h 30 quand j'ai fini de tous les cuire et que Lou et Aly pointent le bout de leur nez dans la cuisine. Les yeux de Lou s'ouvrent grand tandis qu'Alyssa est déjà en train d'en déguster un.
- Bon, je déclare qu'à partir d'aujourd'hui, c'est Léna qui cuisine !
- En même temps vous ne savez même pas faire des pâtes ! j'ironise.
- Ça c'est vrai, tu te rappelles quand Alyssa a voulu faire cuire des pâtes et qu'elle s'est planté un couteau dans le bras ? demande Lou en rigolant.
- Et que tu t'es brûlé parce que t'as mis ta main dans la poêle CHAUDE ! rétorque Alyssa.
Je reste à écouter mes amies essayer de juger qui est la pire cuisinière. Mon corps est là mais mon esprit est ailleurs. Pourquoi Théo se trouvait sur mon passage à ce moment-là ? Pourquoi lui et pas quelqu'un d'autre ? Ou non, c'est pas si mal que ç'a été lui, au moins ce n'était pas un chasseur.
- Léna ? T'es avec nous ?
- Ah, euh, oui, t'inquiète ! je réponds, sortie de mes pensées par Aly.
- T'es sûre de ça ?
- Mais oui !
- Léna, on te connait, soupire Lou.
- Qu'est ce qui s'est passé ?
- Euh… J'ai croisé Théo, vous savez le gars du resto d'hier.
- Celui qui t'a tapé dans l'œil ? demande innocemment Aly.
- Quoi ? Mais il ne m'a pas tapé dans l'œil ! je proteste.
Lou hausse un sourcil en ma direction et Aly soupire en riant.
~POV Alyssa~
L'après-midi, nous décidons d'aller nous inscrire au lycée de Beacon Hills. Parce qu'on a peut-être une vengeance à préparer, mais aller au lycée, c'est très important. Je me demande tout de même ce que les gens de notre ancien lycée, à Eureka, vont penser lorsqu'ils verront qu'on a disparu. Quand la police trouvera les corps de notre meute et qu'ils remarqueront que nous n'en faisons pas partie.
Nous montons dans la voiture de mes parents et je cherche le lycée de la ville sur le GPS de mon portable. Puis, je démarre et roule en direction du sud de la ville. Léna et Lou me font des remarques sur ma conduite pendant tout le trajet, et je me demande ce qui me retient de les éjecter de la voiture en pleine route. Probablement le fait que ce sont mes amies et qu'elles sont tout ce qui me reste.
Lorsque nous arrivons, les élèves semblent être en cours, puisqu'il n'y a personne à l'extérieur. Tant mieux, il ne manquerait plus qu'on doive sentir les regards de tous les lycéens sur nous. Quoique, si on intègre le lycée, ça arrivera à un moment où à un autre. J'entre et mes amies me suivent. Nous marchons quelques mètres dans le couloir, avant de nous faire interpeller.
- Pourquoi vous n'êtes pas en cours ? nous demande un homme aux cheveux noirs entre deux âges portant un jogging et un tee-shirt.
- Nous…, commence Léna.
- Deux heures de colle chacune !
- Monsieur, nous ne sommes pas des élèves, je dis.
- Alors qu'est-ce que vous faites ici ?
- On voudrait voir le principal pour s'inscrire, on vient de débarquer en catastrophe, explique Léna.
- Oh. Bien, venez avec moi, je vous emmène chez la principale Martin.
Il prend une direction et nous le suivons, après avoir échangé un regard entendu. Il nous laisse devant une porte et repart pour vaquer à ses occupations que nous avions probablement interrompues. J'entre, et Léna et Lou me suivent. Je toque à la porte où il y a une plaque dorée « Principale Martin ». Une voix à l'intérieur nous indique d'entrer et j'entre, suivie de mes meilleures amies.
C'est devant une femme entre deux âges que nous nous retrouvons. Elle porte des lunettes, a des yeux bleus et des cheveux châtains-roux. Elle nous sourit.
- Bonjour mesdemoiselles. Puis-je connaître la raison de votre visite dans mon bureau ? Il ne me semble pas vous avoir déjà vues.
- Nous venons d'arriver en ville, Mme Martin, je débute. Nous sommes Alyssa Remy, Louna Collins et Léna Tyler. Nous sommes arrivées en catastrophe et nous aimerions nous inscrire ici.
- Bien. Je vais vous donner des dossiers que vous devrez compléter et faire signer par vos parents. Vous me les rendrez dès que possible et…
- Excusez-moi, madame, je l'interromps. Mais… nous n'avons plus de parents.
- Oh.
Elle nous regarde avec tristesse pendant quelques secondes, avant de reprendre son ton professionnel.
- Dans ce cas, vous pouvez compléter directement le dossier maintenant et vous pourrez venir en cours demain.
- Parfait, acquiesce Léna.
Elle nous donne trois dossiers vides et nous donne des stylos, avant de nous montrer les sièges en face de son bureau pour que nous nous installions. Nous complétons donc le dossier avec attention. Nom, Remy. Prénoms, Alyssa Selena. Date de naissance, 14 février 1997. Numéro de téléphone, adresse, e-mail, matières du semestre, activités extrascolaires, et encore d'autres informations assez traditionnelles pour un dossier étudiant. Lorsque nos dossiers sont entièrement complétés, nous les donnons à Mme Martin.
- Très bien, je vous envoie vos emplois du temps dans la soirée et vous commencerez les cours demain matin. Bienvenues au lycée de Beacon Hills, les filles.
- Merci, nous répondons en chœur en nous levant.
Lorsque nous sortons du bureau, la sonnerie retentit et un flot d'élèves sort des différentes salles de classe. Les plus attentifs, les seuls à nous remarquer, nous fixent comme si nous étions des aliénées, et la plupart ne remarquent même pas notre présence. Nous marchons vers la sortie en parvenant à ne pas nous perdre, puisque Lou se souvient exactement du chemin que nous avons fait tout à l'heure.
Une fois presque arrivées à la sortie, je fais tomber mon téléphone par terre en voulant le sortir de la poche de ma veste. Les filles ne le remarquent pas et continuent, tandis que je le baisse pour le ramasser. Je le range et m'apprête à partir, mais je me fais interpeller par Liam.
- Salut, qu'est-ce que tu fais là ?
- Oh, salut, je suis venue avec Lou et Léna pour m'inscrire ici, on commence les cours demain.
- Où est-ce qu'elles sont ?
- Oh, elles sont sorties.
- Vous entrez en quelle classe ?
- Terminale, je souris.
- Alors on sera peut-être ensemble dans certaines classes, c'est cool.
- Au moins je connaîtrai quelqu'un ! Parce que pour l'instant je suis complètement paumée !
- Scott m'a dit que vous louiez un appartement à Chris Argent ?
- Oui, l'appart est assez sympathique. Et Argent, aussi d'ailleurs, j'ajoute en riant.
Liam lâche un petit rire, puis semble se rendre compte de quelque chose.
- Vous le payez comment, l'appartement ? Vos parents vous ont… laissé beaucoup ?
- Pas tellement, étant donné qu'on n'est pas majeures. Mes parents me versaient un peu d'argent de poche tous les mois, et tant que je ne serai pas majeure, je devrai me contenter de ça. En ce qui concerne… l'héritage, je crois qu'il est bloqué jusqu'à mes 21 ans.
- Du coup, vous payez comment ?
- Ce soir, on va voir le patron d'un restaurant qui serait bien parti pour nous embaucher.
- Mais c'est super ! En plus, normalement, c'est difficile de trouver du travail, vous avez eu de la chance.
- C'est sûr, je ris en jetant un œil à ma montre. Je vais devoir y aller et toi, tu ferais bien d'aller en cours.
- T'as raison, à plus.
- Ouais, à plus.
Il part vers son prochain cours, et moi je sors du bâtiment. Je rejoins les filles à la voiture.
- Ah ben te voilà !
- J'ai fait tomber mon portable et Liam est venu me saluer.
- Tu devrais arrêter d'avoir une confiance aveugle en tous les gens que tu croise, commente Lou.
- Je n'ai pas une confiance aveugle en tous les gens que je croise, je proteste.
- Si ça te fait plaisir de le croire.
J'ouvre la voiture et nous nous installons.
- Liam a l'air d'être quelqu'un de très gentil, tout comme Scott, Lydia, et tous les membres de notre nouvelle meute, Lou.
- Tu trouves que tout le monde a l'air gentil.
- Mais non ! Peter par exemple, je ne lui fais pas confiance. Il a un truc bizarre. Et puis, sans oublier les chasseurs. Lou, tu devrais vraiment arrêter de voir le mal partout.
Léna regarde notre échange avec lassitude.
- Vous deux, vous êtes le jour et la nuit, commente-t-elle.
- Et toi, tu es le midi, je dis.
- J'aime bien le midi, c'est l'heure où on mange. Mais oui, on peut dire que je suis le midi.
- On va au centre commercial ? demande Lou, coupant court à ce débat inutile. Parce que je vous rappelle que Léna n'a pas encore refait sa garde-robe.
- Oui, bonne idée.
Je démarre et quitte le parking de notre nouveau lycée.
~POV Léna~
Arrivées dans le centre commercial, nous nous rendons dans une multitude de magasins où l'on achète de quoi compléter notre garde-robe. Je prends plusieurs robes, des jeans, quelques tee-shirts, des chemises et aussi des sous-vêtements. Nous allons aussi dans une papeterie pour acheter des affaires pour les cours qui commencent demain. Il est plus de 19 heures lorsqu'on on a fini nos emplettes et qu'on retourne à la maison. On a rendez-vous à 19h45 au restaurant pour le travail.
Arrivée devant le restaurant je rentre en première, suivie de mes amies. Je me rends directement chez le patron, derrière le bar, pour lui déposer le dossier d'emploi. Il est ravi et me dit que je commence demain soir à 19 heures. Il informe les filles que son frère serait ravi de les embaucher. Après avoir signé le contrat je quitte le restaurant. Je suis au bord de la route quand on me retient par le bras. Je me retourne et vois Théo. Les filles partent sans moi en direction de l'autre restaurant.
- T'en as pas marre de toujours être dans mes pattes ? je demande, un léger sourire aux lèvres.
- Écoute, je me posais la même question, qui d'ailleurs est plutôt appropriée étant donné que je suis un loup-garou et que j'ai des pattes, me répond-il avec un sourire narquois. Mais pour te répondre, non ça m'éclate !
Je l'observe, il est adossé au muret, mon bras toujours dans sa main. Je porte mon attention sur celui-ci et il me lâche.
- Sinon maintenant que nous sommes collègues, il faudrait qu'on puisse se joindre...
- C'est la première fois qu'on me la sort, celle-là ! je le coupe en riant.
Je saisis le stylo qu'il a accroché sur son tablier et prends son poignet, sur lequel j'inscris mon numéro de téléphone. Il me regarde faire les yeux grands ouverts. Je souris quand j'écris le dernier chiffre.
- Voilà ! je finis par dire en levant les yeux vers son visage.
- C'est la première fois qu'on me la fait, celle-là !
- Il faut bien une première à tout ! On est quittes, ce soir !
Je ne quitte pas ses yeux verts du regard et pose ma main sur son torse avec toujours ce putain de sourire. C'est quand il baisse la tête pour regarder ma main que je réalise que nous sommes vraiment très proches. Je la fais tomber et baisse à mon tour la tête. Le panique commence à m'envahir.
- Pardon... je... je ne voulais pas, je parviens à dire en bafouillant. Gab… Non…
- T'inquiète pas. Tu n'as rien fait de mal.
- Il faut... faut que je parte.
Je dis ces mots en me retournant. Je ne suis même pas sûre qu'il m'ait entendue parler. Je cours vers l'appartement et parviens à ouvrir la porte malgré ma main tremblante. Je me précipite vers ma chambre et m'écroule au dos de la porte. Je sens que mon souffle s'accélère et je dois tout faire pour me calmer même si personne n'est là pour m'aider. Plus j'essaye de prendre de l'air plus je panique.
Je me lève avec difficulté et vais chercher sur mon lit la peluche de Gab'. Je la colle à ma poitrine mais il ne se passe rien, son odeur, sa pseudo-présence ne me fait rien. Je ne parviens pas à reprendre mon souffle. Penser à Gabriel me fait encore plus souffrir. Je regarde cette peluche qui symbolise sa présence et repense au jour où il me l'a offerte. En soi, ce n'est rien, mais venant de lui ça vaut tout l'or du monde, surtout depuis qu'il nous a quittées, qu'il m'a quitté.
J'essaie de récupérer mon souffle autre part. Il me faut un ancrage, quelqu'un qui apprend à gérer mes crises. J'ai besoin de quelqu'un. Je suis seule dans ma chambre et je commence à manquer d'air. Je tente une méthode qu'on m'avait appris en cours de sophrologie. Inspire, expire, inspire, expire. Je fais cet exercice un grand nombre de fois. Ça m'aide, mais je crois que la fatigue joue beaucoup sur cet apaisement.
~POV Louna~
Aly et moi observons la devanture du resto bar que nous a conseillé le parton du Fluffy's Cafe avec la plus grande attention. L'insigne du Blue Ruin Bar scintille à la lumière du soleil, attirant ainsi tous les regards.
On a entendu dire qu'il y avait besoin de main d'œuvre et quand je vois la taille de la salle et le monde qu'il y a, je comprends pourquoi. Aly prend les choses en main, comme à son habitude, et pousse la lourde porte en verre. J'entre à sa suite et nous nous avançons d'un pas déterminé vers celui que nous supposons être le patron, vu son costume tout joli, tout beau et sa ressemblance frappante avec le monsieur du Fluffy's Cafe.
- Bonjour, commence mon amie avec un sourire poli. Nous sommes les jeunes filles qui avons été envoyées par le patron du café de votre frère. Je suis Alyssa Remy et voici Louna Collins.
- Ravi de vous rencontrer, jeunes demoiselles. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, comme vous pouvez le constater j'ai besoin d'aide et je ne rechignerai en aucun cas sur deux employées de plus. Je ne suis pas du genre à faire passer d'entretien d'embauche, je trouve que c'est une cuisante perte de temps. Je vous prends donc à l'essai et je verrais ce que vous valez vraiment, nous explique-t-il rapidement en nous entraînant vers la partie libre du comptoir pour ne pas déranger les autres serveurs qui se baladent aux quatre coins du restaurant avec des piles d'assiettes monstrueusement hautes. Quand pouvez-vous commencer ?
- Le plus tôt possible, répond Aly.
- Dans ce cas je vous donne les formulaires d'usage, et vous me les complétez pour demain. Vous commencez demain soir, à 19 heures tapantes.
- C'est parfait ! s'exclame Aly.
- L'uniforme est fourni par le restaurant. Pour les femmes, il est composé d'une jupe droite noire et d'un chemisier blanc. Le choix des chaussures vous est libre, mais vos cheveux doivent être retenus en arrière pour ne pas déranger votre travail. Les horaires sont de 19 heures, jusqu'à la fermeture en semaine et le week-end, il faudra être présent pour l'heure du déjeuner mais également de 19 heures à la fermeture, il va de soi qu'aucun retard n'est toléré.
Euh… on est dans un resto-bar ou dans un quatre étoiles ?
- Bien sûr, acquiesce Aly tandis que j'esquisse un semblant de sourire, qui ressemble sans doute plus à une grimace qu'à autre chose.
- J'en ai fini, nous dit-il alors, en dénichant une liasse de papier dans l'un des tiroirs. Je vous retrouve donc demain, passez une bonne fin de journée ! nous expédie-t-il en toute subtilité.
Il ne s'embarrasse pas plus de nous puis retourne à ses petites occupations, alors qu'Aly et moi retournons sur nous pas pour rejoindre Léna.
Nous nous nous dirigeons vers l'autre restaurant pour voir où en est notre amie brunette, lorsque mon amie commente subitement :
- Tu vois, c'était pas la mer à boire.
- Mouais…, je marmonne, pas vraiment convaincue, une fois m'être rappelée de quoi elle parlait. Le patron est louche, quand même.
- Pff… Il a juste un balai planté dans le cul. Arrête de voir le mal partout.
- Vocabulaire ! je m'insurge.
- Ouais, ouais.
~POV Alyssa~
Nous arrivons devant le Fluffy's Cafe, et nous plantons dans la rue, attendant notre amie. Nous patientons une dizaine de minutes, puis Lou brise le silence.
- C'est bizarre, non ? Logiquement, elle aurait dû mettre moins de temps que nous.
- Ouais, t'as raison.
Je jette un œil à l'intérieur, mais pas de Léna en vue. Je vois simplement Théo déambuler dans la salle en servant telle table et en prenant la commande de telle autre table. Je remarque qu'il a l'air un peu dans la lune, mais ne m'en soucie pas plus que ça. Je ne vais pas commencer à m'inquiéter de gens que je ne connais pas, alors que mon amie a disparu. Je tente de reconnaître son odeur, mais il y en a beaucoup trop d'autres dans le resto, et ça perturbe mon super-odorat.
- Elle a dû rentrer, suggère Lou.
- Oui, probablement. Rentrons, et si elle est pas là, on va essayer de la trouver avec l'odeur.
On marche vers l'appartement en silence. Peut-être qu'il s'est passé quelque chose avec Théo. Il avait l'air bizarre. Peut-être que j'aurais dû aller lui demander. J'espère que Léna va bien. Si jamais ce serveur de pacotille a fait quoi que ce soit à Léna, je jure sur la tête de mes deux meilleures amies que je vais le castrer. Je m'inquiète beaucoup pour Léna, elle qui est toujours stressée. Avant, mon frère l'aidait à calmer ses crises de panique, mais là, il n'est plus là, et je m'inquiète encore plus pour elle qu'avant.
En même temps, il me reste tellement peu, que je m'accroche à ce peu, à mes deux meilleures amies. Je m'inquiétais déjà pour elles avant tout ça, mais maintenant qu'elles sont les seules choses qui ne m'ont pas été arrachées, j'ai besoin d'être sûre qu'elles vont bien.
D'être sûre que Lou ne dresse pas une barrière mentale et sociale infranchissable autour d'elle. D'être sûre que Léna n'est pas en train de pleurer dans un coin de rue sombre, seule.
Je dois prendre soin d'elles, parce que j'ai besoin d'elles.
Nous arrivons à l'appartement et montons. Lou ouvre la porte, puisque j'ai encore oublié ma clé, et lorsque je vois les bottines de Léna dans l'entrée, je soupire de soulagement. Elle est là, pas dans une ruelle sombre d'un coin mal famé de la ville. J'espère qu'elle va bien, tout de même. Lou et moi enlevons nos chaussures et veste, je pose les dossiers que notre nouveau patron nous a donnés sur la table du salon, et nous allons voir comment va Léna.
~POV Léna~
- Léna ? m'appellent les filles quand elles entrent dans ma chambre.
J'ouvre les yeux et vois Lou et Alyssa à l'embrasure de la porte. Alyssa s'approche de moi et s'assoit sur mon lit, à côté de moi, et Lou s'assoit par terre, sur le tapis qui jonche le sol.
- On a eu peur quand on ne t'a pas vue en sortant du restaurant, tu vas bien ? me demande la brune.
- Oui, ne vous inquiétez pas.
- T'es sûre ? s'inquiète Alyssa.
- Théo ne t'a rien fait de mal ? ajoute Lou.
- Non il ne s'est rien passé. J'ai posé machinalement ma main sur son torse, et quand j'ai réalisé que ce n'était pas Gabriel, j'ai paniqué et suis partie en courant.
Je me mets à pleurer et Alyssa me prend dans ses bras. Lou nous rejoint. Encore une fois je suis vraiment reconnaissante envers ma bonne étoile de m'avoir mise des êtres aussi extraordinaires sur mon chemin.
