Partie 4 : Destruction
— Qu'est-ce qu'il se passe ? S'exclama le psychologue de la prison qui venait d'arriver en courant dans le quartier d'isolement.
— On ne sait pas, on ne comprend pas ce qu'il lui arrive. D'habitude il reste assit toute la journée sans bouger et sans rien dire, et là il hurle des choses, comme quoi ce n'est pas sa faute, qu'ils vont le détruire.
— Vous pouvez me faire rentrer ? Demanda-t-il en se penchant pour regarder à travers le petit interstice de la porte qui servait pour la nourriture.
Il y vit Mathieu, ou du moins ce qu'il semblait rester de lui, prostré au sol, recroquevillé sur lui-même, gémissant, pleurant, et hurlant qu'on le laisse tranquille.
— Je peux vous faire rentrer, mais s'il se passe quelque chose, je ne pourrai pas venir vous aider.
— Allez-y, s'il faut j'ai un sédatif puissant sur moi.
Il rentra dans la cellule qui était plongé dans le noir presque complet.
— Mathieu, vous m'entendez ?
Il s'approcha doucement du jeune homme qui ne semblait pas avoir remarqué sa présence.
— Mathieu, vous ne devez pas les laisser prendre le dessus.
Il s'arrêta soudainement de pleurer et releva la tête.
— Trop tard doc… Murmura-t-il d'une voix bien plus grave que d'habitude. Ce petit con de Mathieu est presque mort, il n'y a plus que moi…
Il se releva, un sourire malsain gravé sur son visage.
— Mathieu, écoutez-moi. Vous ne pouvez pas le laisser gagner, sinon il aura réussi à tout vous prendre et vous ne voulez pas ça. Il vous a déjà pris la personne à laquelle vous teniez le plus, ne le laissez pas vous détruire vous aussi.
Il se mit à tituber, et s'effondra au sol, poussant un cri de détresse.
— J'arrive pas… Pleura-t-il. Je ne les supporte plus, ils sont trop nombreux…
— Battez-vous, comme il aurait voulu que vous le fassiez. Il n'aurait pas voulu que…
— Ne parlez pas de lui, vous ne savez pas ce qu'il était pour moi, vous ne savez pas…
Il le regarda dans les yeux, et pendant un instant son médecin vu une lueur de bon sens, mais qui était tellement remplie d'une volonté dans finir, que ça n'annonçait rien de bon.
Quand Antoine s'était réveillé, Mathieu était déjà partit avec un petit mot disant qu'il était partit faire une course. Mais dès qu'il rentrait, il comptait bien le convaincre d'aller à l'hôpital.
— Mathieu c'est toi ? Demanda-t-il en entendant la porte claquer peu de temps après. Je pensais que tu rentrerais plus…
Il ne put même pas finir sa phrase, son copain se jeta sur lui pour l'embrasser avec force.
— J'ai envie de toi, souffla Mathieu en se collant contre lui.
Antoine resta quelques instants choqué face à ça. Lui qui savait son amant tellement doux et prude, qui ne prenait que très rarement des initiatives pour le sexe il avait du mal à comprendre. Mais il n'allait pas s'en plaindre, et il en oublia complètement les soucis de mémoire de Mathieu…
Il ne fallut pas longtemps avant qu'il ne finisse nu dans leur lit. Ils n'avaient rien fait depuis plusieurs semaines à cause du travail qu'Antoine devait fournir pour WTC qui le fatiguait énormément, mais là, l'engouement de son amant lui redonnait toutes ses forces.
Leurs corps se frottaient sans retenue, et Antoine découvrait un Mathieu entreprenant comme jamais, mais c'était tellement excitant. Il ne lui fallut pas longtemps pour être excité comme jamais.
— Mathieu… Gémit-il alors qu'il jouait doucement avec son sexe. Viens…
Il ferma les yeux, souhaitant que son amant vienne enfin sur lui. Mais c'est à ce moment que ça tourna mal. A la seconde où il rouvrit les yeux pour comprendre ce que faisait Mathieu, il se fit assommer avec force. Quand il reprit ses esprits, il se sentait dans un état second, avait mal à la tête, et ne pouvait plus bouger ses bras. Il finit par réussir à ouvrir les yeux, et chercha désespérément Mathieu du regard, mais il était seul dans la pièce.
— Mathieu… ?
Il tenta de l'appeler mais en vain. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il se sentait incapable de réfléchir correctement. Et quand il distingua une seringue sur la table de nuit il comprit. Et quand il remarque le sachet de drogue qu'il avait trouvé dans sa veste la veille, il n'eut pas d'autre choix que d'admettre que c'était son amant qui l'avait drogué. Mais pourquoi… ?
Il essaya de se relever, mais il ne se fit qu'encore plus mal : ses poignets étaient menottés à la tête du lit. Sa respiration se fit plus rapide, ses yeux se remplirent de larmes.
La porte de la chambre claqua violemment et quelqu'un entra. On lui avait enlevé ses lunettes, et il ne voyait rien de loin et dans l'obscurité. Ce n'était pas la démarche de Mathieu.
— Tu en as mis du temps à te réveiller. Mais j'ai eu le temps de préparer ce que je voulais. Tu as parfaitement compris que Mathieu n'était plus tout seul dans sa tête, mais c'est trop tard maintenant. Le temps qu'il arrive à reprendre le dessus, tu ne pourras plus rien dire. Mais avant ça, je vais profiter de toi comme jamais.
— Ma… Mathieu… Mon amour te laisse pas faire… Bats-toi…
Sa voix tremblait, il commençait à réaliser où allait mener cette scène.
— Il n'y a plus de Mathieu. Et maintenant, que tu le veuilles ou non, tu vas devoir la fermer.
Il s'empara d'une arme par terre et la pointa sur le visage d'Antoine, pour qui s'en fut trop et fondit en larmes. La chose qui avait remplacé Mathieu lui détacha les poignets et le tira par terre pour qu'il s'agenouille.
— Hé bien ? Qu'est-ce que tu attends ?
Il sentit l'arme contre sa tempe et se força alors regarder devant lui. Il l'avait fait tant de fois, mais là, ça le dégoûtait juste, parce que ce n'était pas le Mathieu qu'il aimait. Mais la pression de l'arme contre son visage le força à prendre le sexe de l'homme face à lui dans sa bouche. Il se sentait tellement sale, il avait tellement peur. Il pouvait se faire tuer à tout moment. Alors il se laissa faire quand sa main se glissa dans ses boucles pour le forcer à aller plus vite, et il se laissa faire de la même façon quand il le fit s'allonger sur le ventre dans le lit.
— A chaque fois que ce morveux se laissait prendre je n'avais qu'une envie : te prendre toi. Et je compte bien pouvoir le faire maintenant.
Il ferma les yeux, laissant ses larmes silencieuses glisser sur ses joues. Mais pas un cri ne franchit ses lèvres. Il ne donnerait pas cette satisfaction à ce monstre qui avait osé lui arracher son amant.
