Chapitre 4

Note de l'auteur : Hey ! Me revoila enfin avec le chapitre 4 de cette fanfiction ! J'espère qu'il vous plaira. Encore et toujours corrigé par Pacifique, merci à elle d'avoir attendu aussi longtemps et d'avoir pu me relire aussi vite.

Dans ce chapitre il y a pas mal de nouveau personnages qui apparaissent, vous me direz ce que vous en pensez.

Je tiens simplement à préciser que Kamu (que vous verrez en lisant) est un personnage appartenant à une très bonne amie à moi connue sous le pseudo de Znop-Cat qui m'a gentiment demandé/autorisée à l'insérer dans mon histoire. Si l'envie vous prend de lire sa fanfiction (Un GaLe également) c'est ici :

Oui je fais un peu de pub et alors ? :P Commentez c'est la fin du monde demain !

Rentrer chez elle après avoir obtenu sa mission fut une véritable épreuve pour Levy. Elle avait quitté la guilde en étant convaincue de pouvoir réussir. Elle n'était pas fatiguée et sa motivation était à son maximum. Et pourtant il ne lui avait pas fallu plus de dix minutes pour que la situation se transforme en enfer. La pauvre mage ne sut combien de fois elle s'était excusée dans la rue. Pas forcément parce qu'elle roulait sur les pieds des gens mais parce qu'ils étaient énervés de se pousser. Et aussi parce qu'elle était tellement petite à présent qu'on ne la voyait presque pas. Ballotée dans tous les sens, ces passants ne se préoccupaient même pas de ce qu'elle pouvait ressentir. Levy avait juste l'impression d'être horriblement maladroite et de déranger tout le monde. En quelques instants, elle s'était mise à détester ses jambes et sa bonne humeur s'était évaporée.

Finalement, lorsqu'elle avait réussi à s'échapper des rues pleines de monde, il lui avait fallu suivre le sentier jusqu'à Fairy Hills. Le dortoir se trouvant sur une colline, la montée fut épuisante et la bleutée manqua de tomber sur le côté ou en arrière un bon nombre de fois. Cinq bonnes minutes lui furent nécessaires pour pousser les grandes portes de la bâtisse. Et une fois à l'intérieur, elle ne put même pas monter dans sa chambre. On ne gravissait pas des escaliers avec un fauteuil roulant. Levy crut qu'elle allait pleurer. Ses mains et ses bras tremblaient tant l'effort pour arriver jusqu'au dortoir avait été important. Non, elle devait se retenir, pas maintenant.

— Levy !

La voix de Lucy dans son dos la fit sursauter et elle se tourna tant bien que mal pour la voir courir vers elle en agitant la main. Essoufflée, la constellationniste se stoppa juste devant elle, les mains sur les genoux. Aucun doute, elle avait couru pour venir. La bleutée ravala le désespoir qui avait commencé à la prendre à la gorge. Sa voix tremblait un peu lorsqu'elle prit la parole mais elle le masqua du mieux qu'elle put.

— Qu'est ce que tu fais là Lucy ?

— Je ne t'ai pas vu quitter la guilde mais quand on m'a prévenue que tu étais rentrée à Fairy Hills, je me suis justement demandé comment tu allais faire pour monter les escaliers.

Lucy était réellement sa meilleure amie depuis le départ et chacune pouvait compter sur l'autre. Levy était tellement contente de la voir que le soulagement explosa en elle et que le sourire lui revint, malgré les problèmes qui subsistaient.

— Et comment comptes-tu me faire monter les escaliers ? En me portant ? Je suis peut-être un peu trop lourde avec mon fauteuil…

— Ne t'en fais pas, j'ai mes clés !

Avec entrain, la blonde fouilla dans ses poches et en tira une clé d'or. Celle de la vierge. Levy sut immédiatement ce qu'elle voulait faire et la laissa incanter sans prononcer un mot. Virgo apparut devant leurs yeux avec une gerbe d'étoile et salua gracieusement sa maîtresse.

— Est-ce l'heure de la punition Princesse ?

— Tu n'arrêteras donc jamais avec cette histoire de punition, hein ? rétorqua Lucy, les mains sur les hanches.

Un rire amusé provenant directement de la mage des mots leur permit de se concentrer à nouveau. Brièvement, le constellationniste expliqua le problème et ce qu'elle attendait de son esprit. En gros, que Virgo porte Levy jusqu'à sa chambre pendant qu'elle se chargeait du fauteuil. Et également qu'elle l'aide à partir du moment où elle se réveillerait le lendemain. La bleutée voulut protester qu'elle pourrait se débrouiller pour s'habiller et se préparer à manger mais obtempéra finalement. Elle avait trop peur de tomber et ce serait trop bête de rater sa première journée de travail. La bleutée se laissa donc gentiment porter sans rien dire. Ce n'est qu'en entrant dans sa chambre qu'elle poussa un bref et faible soupir. Même ses livres, son échappatoire, lui étaient inaccessibles. Ils trônaient sur ses étagères, intouchables à présent, destinés à prendre la poussière. Elle ne se voyait pas déranger quelqu'un toutes les cinq minutes pour lui en descendre un autre dès qu'elle aurait terminé le précédent. Peut-être qu'elle demanderait simplement à ce qu'on lui descende ses préférés.

— Merci, dit-elle faiblement à Lucy et à son esprit une fois qu'elle eut touché le matelas de son lit.

La blonde déposa le fauteuil juste à côté si l'envie lui prenait de monter dessus. Elle répondit à son remerciement par un simple sourire et une tendre étreinte.

— On sera toujours là pour toi Levy, n'hésite pas à venir me chercher si jamais tu as besoin de quelque chose ou même si tu as envie de te confier.

La mage des mots hocha la tête et répondit du mieux qu'elle put. De nombreux problèmes apparaissaient à présent sur son chemin. Tellement qu'elle se faisait ensevelir en dessous et n'arrivait même pas à en parler de peur d'emporter les autres avec elle. De plus, elle n'avait pas envie de pleurer, de montrer son angoisse pour qu'on la réconforte et qu'on ait encore davantage pitié de sa pauvre situation. Elle ne voulait impliquer personne et pouvoir régler tout cela seule. Se relever après la chute pour garder la tête haute. Déjà que la guilde ferait des travaux spécialement pour elle…A Fairy Hills aussi des changements seraient nécessaires. Elle n'osait pas imaginer la somme qu'ils débourseraient pour tout cela. Et ce, juste pour elle. Parce qu'elle n'était plus qu'une infirme incapable de se débrouiller par elle-même dans ce monde qui n'était pas fait pour les handicapés.

Avant que Lucy ne parte, Levy lui demanda non sans gêne si elle pouvait l'aider. Entre autre, à sortir des habits de son armoire pour le lendemain et descendre quelques livres de ses étagères. Puis la blonde prit congé et elle se retrouva seule. L'envie de pleurer était passée mais elle savait que sourire lui serait difficile. Elle se savait faible physiquement et ignorait si elle serait capable de s'habiller le lendemain. Or, elle avait besoin d'un peu de vie privée aussi… La raison voudrait qu'elle s'en passe pour se faire aider par ses amis. Ce que Lucy et Virgo avaient fait aujourd'hui lui suffisait, elle n'en voulait pas plus. Durant le reste de la journée elle prépara ses affaires et s'entraina à monter et descendre de son fauteuil. Ses bras douloureux la forcèrent à s'arrêter, elle en aurait besoin pour demain et elle préférait éviter les courbatures. Durant le temps qu'il lui restait, elle prépara à manger et se coucha ensuite. Elle ignorait si elle serait réellement en forme pour le lendemain mais si elle manquait déjà de sommeil ça ne pourrait qu'être pire. Au moins elle ne fit pas de cauchemars. Simplement des rêves où ses jambes pouvaient encore bouger.

Le lendemain matin passa comme mécaniquement. Elle s'habilla toute seule avec plus ou moins de facilité, se fit une petite frayeur lorsque, voulant monter sur son fauteuil, celui-ci se mit à rouler vers l'arrière. Elle avait tout simplement oublié de mettre les freins qui bloquaient les roues, encore trop peu habituée à son nouveau moyen de locomotion. Levy mangea peu et pensa beaucoup à la matinée qui allait suivre. Est-ce que les enfants qu'elle devrait garder seraient de vrais anges ou des démons ? Est-ce qu'elle serait bien acceptée avec ses jambes en moins ? En sortant de la chambre, elle alla toquer chez Lucy qui l'aida une seconde fois à descendre les marches du dortoir. Elle l'emmena même jusqu'à son nouveau lieu de travail, lui souhaitant bonne chance avant de se diriger vers Fairy Tail. Il était huit heures et le soleil pointait à peine son nez par delà les toits en tuile rouge de la ville, couverts de rosée matinale. Allez, elle pouvait le faire !

Devant elle se trouvait un petit bâtiment aux murs de crépit blanc. À gauche on distinguait une grande cour possédant un bac à sable, une balançoire et un toboggan complétant une installation en bois assez jolie et de taille raisonnable. Aucun doute possible, elle était au bon endroit. Prenant une grande inspiration, Levy toqua à la porte d'entrée. Elle s'installa correctement dans son fauteuil pour se donner confiance en elle et attendit que la porte s'ouvre. À sa grande surprise, ce fut une petite fille qui ouvrit la porte. Mais ce ne fut pas la seule chose qui choqua la bleutée. Durant un instant, elle resta interdite, figée. La ressemblance était trop frappante pour qu'on la manque. De longs cheveux noirs… des yeux pourpres… des piercings disséminés sur le visage… Comment pouvait-on autant ressembler à Gajil ?

— Euh… bonjour, laissa échapper la petite fille d'une voix assez timide et méfiante, les yeux fixés sur l'étrange fauteuil.

Levy se secoua pour répondre et esquissa un sourire qui se voulait le plus rassurant possible. Les questions tourbillonnaient dans sa tête mais elle avait d'autres chats à fouetter. Et surtout sa présence à expliquer.

— Bonjour ! Je m'appelle Levy, je…Je suis ici parce que la gérante à eu un accident et aurait besoin d'un peu d'aide. Est-ce qu'elle est là ?

La petite ouvrit la bouche pour lui répondre lorsqu'une voix de femme vint l'interrompre.

— C'est bon Kamu, je suis là tu peux retourner jouer.

La porte s'ouvrit un peu plus, dévoilant celle qui se trouvait derrière. Elle ne devait pas avoir plus d'une vingtaine d'années mais parraissait très fatiguée, ce qui la vieillissait un peu plus. La bleutée sut que c'était l'auteur de la missive qui l'avait intéressée en voyant ses béquilles et son plâtre. La petite fille qui ressemblait tant au Dragon Slayer d'acier et qui apparemment s'appelait Kamu lui adressa un petit signe de la main.

— A plus tard mademoiselle !

Elle repartit en sens inverse dans ce qui semblait un petit corridor et emprunta une des portes qui se trouvaient à droite. Levy ne put s'empêcher de rougir. Comme si, grâce à ce que cette petite venait de dire, elle était certaine d'être prise. En entendant un bref soupir, l'attention de la mage des mots se reporta sur la dame qui se trouvait juste en face d'elle. Elle devait également avoir le sourire communicatif puisque Levy se sentait plus à l'aise rien qu'en la regardant. Son regard paraissait compréhensif lorsqu'il passa rapidement sur son fauteuil. Après tout, elles étaient toutes deux dans l'incapacité de se mouvoir totalement. Même si pour la jeune fille ce n'était pas un état qu'on guérissait facilement. De plus, elle était reconnaissante à cette dame de ne pas s'attarder et la regarder bêtement contrairement à la plupart des gens.

— Kamu est une brave petite. Elle passe ses journées et ses nuits ici parce qu'elle est orpheline. Cela dit, elle n'est pas la seule, lui expliqua-t-elle gentiment. Je m'appelle Ophélie, je suis la gérante de cette modeste garderie.

— Enchantée madame. Je suis justement venue pour l'annonce que vous avez postée.

Levy, ignorant si l'emploi du terme « mademoiselle » était mieux ici. La gérante n'était pas vieille bien au contraire aucun cheveu blanc ne contrastait avec sa tignasse rousse. Pourtant, au vu de sa taille et de son fin visage, elle semblait déjà plus âgée que Levy.

— Oh je suis contente qu'une âme charitable ait finalement répondu à ma demande, la vie est difficile lorsqu'on se retrouve blessé à cause d'un accident. Mais entrez donc, ne restez pas dehors !

Heureusement qu'il n'y avait pas d'escaliers et que Levy pouvait entrer directement. Ophélie ouvrit un peu plus la porte et elle la suivit en tentant du mieux qu'elle pouvait de la refermer derrière elle. En traversant le corridor qu'avait emprunté Kamu, la mage vit une porte ouverte et quelques enfants jouer à l'intérieur d'une pièce colorée. La petite qu'elle venait de rencontrer était justement présente. Mais contrairement aux autres elle restait dans son coin et semblait étonnement tendue. Levy la vit jeter un regard furtif en direction d'un garçon qui lui-même restait dans son coin et semblait la fixer avec beaucoup d'attention. Malheureusement elle n'eut pas le temps de s'attarder davantage devant cette scène et entra dans un petit bureau à la suite d'Ophélie. Apparemment, elle semblait prête à accepter n'importe qui pour l'aider, la mage ne passerait pas d'entretien ou quoi que ce soit d'approchant. Même si elle restait un peu angoissée et appréhendait la réaction des enfants par rapport à sa condition.

— Décidément je suis bien embêtée avec tout cela, merci encore de me prêter votre aide. Vous avez déjà été en contact avec des enfants ? demanda Ophélie qui s'était assise sur une chaise pour reposer ses bras.

— Rarement, admit Levy en gardant un sourire confiant. Mais je pense être capable de me débrouiller et de les occuper. Que devrais-je faire ?

— Eh bien, avant tout il faudrait les surveiller ils sont chahuteurs par moments. Je suis encore en état de préparer les repas mais pour le ménage j'aurais bien besoin d'un peu d'aide. Pour les horaires, nous commençons à huit heures et fermons à dix neuf heures au plus tard.

— Et pour Kamu, elle dort ici ?

— Pas exactement, étant donné que je vis à côté elle vient passer la nuit chez moi. Je ne peux pas me permettre de fermer à clé et de la laisser seule ici, on ne sait jamais, un accident est déjà arrivé, il m'a coûté mon pied.

— Et que vous est-il arrivé exactement ? Si ce n'est pas indiscret.

Ophélie parut hésiter un instant et Levy regretta soudain d'avoir posé la question de peur d'être allée un peu trop loin. Mais finalement elle lui répondit, un peu hésitante parce qu'elle-même ne semblait pas trop savoir comment ni pourquoi cela s'était produit.

— J'étais en train de faire la vaisselle et lorsque j'ai reculé j'ai glissé sur de l'eau savonneuse. Pourtant il n'y avait aucune fuite, j'ai vérifié par la suite.

Cela s'entendait au son de sa voix : cet incident lui paraissait bizarre à elle aussi. Levy n'avait pas besoin de plus de détails, ne les voulait pas d'ailleurs. Alors qu'elle ouvrait la bouche, elle se fit interrompre pour la deuxième fois, par Kamu cette fois.

— C'est Lucius qui a fait ça ! Je l'ai vu et maintenant il en a après moi ! geignit la petite qui avait passé la tête par la porte.

— Kamu ça ne se fait pas d'accuser ses camarades, Lucius n'y est absolument pour rien retourne t'amuser s'il te plait, rétorqua calmement Ophélie.

L'enfant fit la moue, baissa la tête et repartit lorsque la gérante eut tourné le regard pour s'occuper de quelques papiers. Levy se demandait qui pouvait bien être ce Lucius lorsqu'elle vit le même garçon qu'avant passer dans le couloir à la suite de Kamu. Il avait à peu près la même taille qu'elle. Les cheveux ébène plaqués sur son crâne ornaient un visage blanc, lugubre et quelque peu creusé. Il s'arrêta quelques instants pour dévisager la bleutée de son regard sombre jusqu'à ce qu'Ophélie le reprenne à son tour. Il était temps, Levy ne savait pas pourquoi mais ce garçon la mettait horriblement mal à l'aise.

— Lucius on n'écoute pas les conversations des grands, va jouer avec tes amis et cesse d'embêter Kamu.

Alors c'était lui ? La mage se morigéna intérieurement pour ne pas sauter trop vite aux conclusions. Il n'avait pas dit un seul mot et elle venait à peine d'arriver. Elle savait mieux que quiconque qu'on ne jugeait pas un livre à sa couverture même si ce Lucius était un peu étrange. Ce dernier consentit à repartir après quelques secondes où il continua de fixer les deux femmes. Presque aussitôt, le malaise qui pesait sur les épaules de Levy se dissipa. Malheureusement, elle ne put s'empêcher de faire une petite remarque.

— Ce garçon… Lucius… Il est un peu étrange non ?

— Oh oui… soupira Ophélie en tendant un papier que Levy était censée signer. Il ne parle jamais et à une histoire peu commune. Comme Kamu, Lucius est orphelin, ce sont des gardes qui me l'amènent mais il repart chaque soir.

Et voila, sa curiosité venait d'être piquée au vif. Pourquoi des gardes venaient-ils le chercher ? Était-il dangereux ? Est-ce qu'Ophélie en connaissait la raison ? Timidement, elle osa reformuler une nouvelle question.

— Qu'est ce que vous entendez par une « histoire peu commune » ?

Nouveau soupir de la part de la gérante. Elle aussi semblait mal à l'aise et hésitait une nouvelle fois. Peut-être que Levy ne voulait pas savoir finalement mais ce serait sans doute mieux pour la suite.

— Il faisait partie d'une famille très noble qui à été décimée une à une par des événements étranges. Personne n'a jamais pu en trouver la cause ni aucun coupable. En dernier lieu, leur grand manoir à pris feu dans des conditions que personne n'a pu expliquer à ce jour. C'est tout ce que les gardes ont daigné me dire. Mais je me refuse à imaginer cet enfant dans un cadre aussi angoissant et perturbant. S'il est ainsi, c'est certainement à cause de ce qu'il s'est passé au sein de sa famille.

Cette histoire faisait froid dans le dos, Levy était pétrifiée. Pour un peu, elle se serait crue dans un de ces livres d'horreur qu'elle lisait parfois. Elle espérait juste que ce qui avait détruit sa famille n'était pas à sa recherche non plus. Ce n'était qu'un enfant après tout, il ne méritait certainement pas de côtoyer la mort aussi jeune. Au fond d'elle, la bleutée espérait que l'incident étrange qui avait frappé Ophélie n'était du qu'au hasard.

Si seulement elle savait à quel point elle avait tord.