Kishimoto-sama, pour l'éternité, reste l'unique propriétaire des persos torturés dans cette histoire!

Merci mille fois de votre attention et encore plus pour vos petits mots qui m'encouragent!

Bonne lecture et plus que jamais votre avis m'est précieux...

Petits mots aux anonymes:

- « C », t'inquiète, Iruka n'a pas fini de psychoter! Hi, Hi, Hi!

-« Shashiin », ne m'en veux pas mais ne t'en fais pas, Kashi arrivera bientôt avec …. "?", comme tu l'as si bien deviné!

Féminin?... Masculin!

Chapitre quatre

La nuit avait fini par bien s'installer, laissant ses voiles obscures m'envelopper tandis que le vent marin venait balayer les cheveux qui fouettaient mon visage.

Je suis assis au bout de cette jetée, adossé au monolithe de granit qui s'y dresse, depuis que j'ai fui Tsunade et sa stupide idée de festival.

Festival qui était si cher au cœur de ma mère,et de mon père aussi.

Comme mes parents peuvent me manquer! 15 ans que ce cyclone me les a enlevés, me privant de ce soutien qui m'aurait été bien utile aujourd'hui.

Par automatisme, mes yeux se portent sur leurs noms, inscrits sur la pierre qui me surplombe, éclairés par les rayons de la lune qui,ce soir, est à son apogée. Les cristaux de quartz que contient ce bloc taillé à vif brillent autant que les étoiles qui me sont permis d'apercevoir dans le ciel nocturne vers lequel je laisse se perdre mon regard.

Malgré quelques frissons qui me parcourent le corps en raison de la fraicheur qui s'est installée, contrastant avec la chaleur de la journée, je reste là, à fixer ces étoiles qui, tout comme mes parents, ne sont déjà plus au moment où leur lumière nous parvient.

Pourquoi me suis-je encore réfugié en ce lieu?

Ah oui, Tsunade et ses envies de jouer à la poupée! C'est ce que je retiens de son « petit service »: reprendre le rôle de ma mère et donc porter un kimono. Il n'y a que çà qui s'impose à mon esprit.

Et demain? Jiraya me demandera de le servir en portant le joli petit costume à froufrou de la parfaite soubrette?

À croire que je suis maudit et que mon côté féminin ne soit la seule chose qui attire les autres.

J'en connais trois qui seraient heureux d'épauler Tsunade en entendant çà!

J'entends quelqu'un s'approcher mais mon regard ne quitte pas la Lune qui resplendit ce soir et dont l'éclat argenté me fait penser à cette personne alors que je ne le veux pas, tant cela me perturbe.

Très peu de personnes savent que ce lieu est mon refuge quand je suis dans cet état de trouble et mon absence de cinq ans aura peut-être effacé ce détails chez les quelques privilégiés qui me sont proches.

_ Iruka?

Cette voix, grave et douce comme l'est celle des gens d'ici, me dit que ce n'est nul autre que Jiraya.

_ Je savais que je te trouverais ici, gamin!

Et pour cause, je ne compte plus les fois où il m'a récupéré ces jours où la peine et la tristesse de ma solitude étaient plus fortes que tout. Les jours de tempête étant ceux qui me voyaient recroquevillé au pied du monument où la dernière trace de mes parents résidait, faisant fi des déferlantes qui, à tout moment, auraient pu m'entrainer les rejoindre avant qu'il n'emprisonne mon corps frêle d'enfant dans le berceau sécuritaire de ses bras et qui furent l'unique témoin de mes larmes et de mes cris de haines envers ce démon qui m'avait tout pris.

Je ne dis rien et ne fais aucun mouvement alors que l'homme massif dont la longue chevelure blanche jure dans la pénombre s'assoit à l'indienne à mes côtés.

_ Tsunade m'a parlé de sa demande mais elle n'a pas compris ta réaction. Pourquoi avoir fui comme çà? Lorsqu'elle a su que le conseil avait enfin donné son accord pour le festival, elle jubilait et encore plus quand elle a su que tu serais bientôt de retour par ta demande d'affectation. Dit-il.

En somme, la vielle peau, au diable les convenances, avait tout prévu depuis le début. Moi qui avais peur de ne pas être à la hauteur en tant qu'enseignant sous ses ordres, c'est plutôt de sa folie que j'aurai dû me méfier puisque je me retrouve à sa merci et de ces idées loufoques qui naissent de son cerveau « sakéifié », tant elle consomme de cet alcool!

Mais je ne dis rien et me contente de ramener contre ma poitrine mes genoux que j'encercle de mes bras pour me réchauffer un peu, prenant conscience de la fraicheur qui s'infiltre sous mes vêtements qui se résument à un simple T-shirt plus un short.

Jiraya continue de parler de ce festival qui, enfin, rendrait la joie à ce village.

Pourquoi un festival arrêté depuis 15 ans aurait ce genre de conséquences?

Pour ce que j'en ai vu, tout semble aller pour le mieux: le commerce marchait bien et les touristes semblaient encore plus nombreux qu'auparavant.

Quoique, voir un travelo déambuler dans les rues, se vautrant sur un tas de Bonito en décomposition au final, çà doit être marrant et très joyeux. Pas pour moi, sachant que celui qui prendrait un bain de poissons pourris ce serait MOI! Puisque la dernière fois... je ne préfère même pas y penser, ce serait comme si j'avais l'intention d'accepter ce « petit service ».

Je reste donc muet aux côtés de Jiraya, laissant ma propre imagination me torturer.

_ Le cyclone Funjin a fait des dégâts et laissé son empreinte que même le temps n'a pas encore totalement effacés. Bien sûr, pour toi, la mort de tes parents est ce qu'il t'a laissé. D'autres personnes aussi ont vu leurs proches disparaître. Le frère de Tsunade en faisait partie. Nawaki était tout pour elle. Continua de dire Jiraya dont la voix se remplit d'émotion à la mention du frère de Tsunade à qui, selon lui, je ressemble par l'espièglerie de mes frasques de ma jeunesse.

_ Mais ce qui a vraiment disparu, c'est l'union qu'il y avait entre les villageois. Et pour oublier ce cataclysme, ils se sont tourner vers l'avenir, faisant table rase, oubliant le passé et ces festivals qui faisaient l'unité et l'unicité d'Onigawa, pendant le court instant qu'il duraient.

Tout çà est si loin dans ma mémoire que je ne vois que des flashs multicolores associés à ces festivals mais j'entends encore mon père me dire « main dans la main », tout comme la sensation fantôme de sa main calleuse autour de la mienne.

_ Main dans la main. Ne puis-je m'empêcher de murmurer.

_ Aujourd'hui et demain! Me répond Jiraya vers qui je tourne enfin mon regard pour voir sur son visage, bariolé de ces étranges larmes de sang, un sourire éclatant auquel j'ai du mal à ne pas répondre.

_ C'est ta mère qui avait inventé cette maxime, le jour où elle a ouvert son premier festival alors que tu n'étais qu'une jeune pousse dans la chaleur de son ventre. Je suis heureux que tu t'en souviennes.

_ Dès qu'elle prononçait ces mots, tout le monde se tenait la main. Lorsque le cortège passait, nous ne formions plus qu'un tout, une famille, effacées différence et rivalité. Dis-je en me souvenant de ces instants chargés d'émotion, un sourire nostalgique accroché aux lèvres et les yeux humides de larmes à la mémoire de tant de bonheur perdu.

Pour revoir tout cela, est-il nécessaire de me faire parader dans ces magnifiques kimonos que ma mère portait chaque année?

_ Tu sais Iruka, ta mère serait fière de savoir qu'enfin, cette tradition a su renaître grâce à toi. Pendant plus de 200 ans, elle a eu lieu, même les guerres ne l'ont pas arrêtée. Mais Funjin, lui, y est parvenu. Il est temps qu'un vent nouveau souffle dans cette baie. Tu ne crois pas?

Je l'attendais celle-là: la fibre familiale que l'on vient titiller de cette formule vieille comme le monde. Ce que je fais dans et de ma vie, je ne le fais pas pour la fierté de mes parents: ils sont morts, que peuvent-ils en voir? Là, c'est sur l'amour que je leur ai toujours porté que s'appuie Jiraya sachant que, même si je pense que çà ne changera pas grand chose, jamais je ne déshonorerais leur mémoire.

_ Pourquoi ne me laisse-t-on jamais le choix? Lance-je ces mots dans un soupir.

_ Qu'entends-tu par là, Iruka? Me demande Jiraya, sûrement surpris par ma question.

_... Rien.

À quoi bon expliquer ce que je pense de tout çà, moi-même m'y perds, alors...

_ Tiens, je t'es amené çà. Dit-il.

Jiraya me tend un énorme livre relié dont les rayons de Lune font briller les enluminures qui le recouvrent.

_Çà fait assez longtemps que je veux te donner ce livre dans lequel j'ai retranscrit l'histoire de ce festival et, en quelque sorte, celle de tes ancêtres.

_ Oh. Çà a dû vous changer de vos écrits habituels. Un bouquin sans aucune allusion au sexe sortant de vos mains. Dois-je me méfier?

_ Tu devrais savoir que je suis avant tout un historien, mes Icha Icha ne sont que l'aboutissement de mes longues années d'errance, à étudier les autres et...

_ ...À mater les filles à poil dans les onsens, aussi! Ne puis-je m'empêcher de rajouter.

Combien de fois s'est-il fait coursé par une troupe de femmes enragées par le voyeurisme de ce pervers, Tsunade en chef de troupe. Et le plus impressionnant c'est qu'aujourd'hui ces deux-là sont unis dans la vie.

_ Tsss! Siffla Jiraya en prenant un air meurtri. Mes œuvres sont des guides afin d'aider les gens dans leur relation avec autrui.

_ Pour ce que j'en ai lu, c'est du porno, point!

Devant l'aveu d'avoir déjà lu un de ces petits bouquins coloré, je sens mes joues chauffer.

Avec Izu et Ko, on se demandait pourquoi les gars de terminal lisaient ce truc. Qu'avons-nous fait alors? Simple, un jour, j'ai pris un tome de la librairie et, bien installés sur le toit du lycée, séchant le cours d'un prof ennuyeux dont j'ai oublié le nom, nous avons « étudié » ce morceau de littérature. Par tous les Kamis, je crois que ce jour fut celui où j'ai battu tous les records de vitesse tellement je ressemblais à une tomate en moins d'une seconde. Pour couronner le tout, il fallut que Tsunade nous choppe, nous faisant la morale sur le fait qu'à 16 ans ce genre de lecture n'avait rien à faire entre nos mains!

_ J'ignorai que tu avais lu mes précieux ouvrages. T'ont-ils été utile au moins?

_ Pas du tout!

De toute façon, après l'engueulade de Tsunade, ma curiosité s'était envolée et je me suis contenté d'approfondir mes relations avec les autres sans leur aide!

À bien y réfléchir, j'aurais peut-être dû vu le calme plat de ma vie sentimentale durant ces cinq dernières années, ou alors pour m'aider à comprendre le bazar qui règne dans mon esprit depuis ma rencontre avec Kakashi.

Je caresse du bout des doigts la couverture du livre, l'odeur du cuir qui la compose vole jusqu'à mon nez. Je me demande depuis quand Jiraya l'a et lui en fais part.

_ Il m'a fallu au moins deux ans pour finir de récolter les différentes informations dont j'avais besoin avec l'aide de Tsunade. Et maintenant, çà va faire un an que j'attends de te le donner Iruka.

_ Merci. Murmure-je.

_ Tu n'as plus qu'à lire ce bouquin! Dit Jiraya en se levant. Allez, viens je t'offre un verre et après je te raccompagne au camp afin de tranquilliser des enfants qui se demandent où est passé le gentil sensei qui devait leur raconter des histoires durant la soirée autour du feu.

_ Mince les enfants! J'ai oublié! M'écrie-je en me levant d'un bond.

_ T'inquiètes, on l'a remise à demain. Dit -il en déposant une main sur mon épaule avant de m'entrainer vers le village.

Nous avons continué de discuter pendant une heure assis dans un bar où, évidemment, Jiraya commanda du saké alors que je me contente d'un thé afin de me réchauffer un peu. Je n'ai pu m'empêcher de feuilleter ce livre magnifique et je dois avouer qu'il a dû passer du temps pour en arriver à un tel résultat.

_ Alors, Iruka! Est-ce que ce livre te plait? Me demande Jiraya en finissant son verre.

_ Comment avez-vous fait pour avoir de si belles photos? Dis-je en observant les différents clichés qui le constituent.

_Oh! C'est simple, j'ai eu l'aide de deux p'tis jeunes qui commençaient dans le journalisme: un brun taciturne à l'œil de lynx derrière son objectif et un fainéant qui passait plus de temps le nez dans mes bouquins au lieu d'écrire les documentaires!

Au mot journalisme, je ne peux réprimer un frisson, sachant que le dernier que j'avais rencontré ne quittait plus mon esprit depuis aujourd'hui alors que, à bien y réfléchir, je n'y avais pas pensé depuis mon retour. Et çà, grâce à l'aide de mes petits monstres.

_ Ces cinq dernières années à Tokyo n'ont pas l'air d'avoir été facile pour toi. Dit Jiraya qui a dû remarquer mon trouble.

_... Ce n'est pas à un vieux singe que l'on apprend à faire la grimace, tu sais! Je vois bien que quelque chose te chiffonne, gamin! Je suis sûr que l'excentricité de la capitale te manque déjà! Rajoute-il sous mon regard surpris.

_ Non sinon j'y serais resté. Lui réponds-je sans réfléchir.

_ Alors tu y as laissé un cœur brisé? Mignon comme tu es, tu as dû faire des ravages là-bas! plaisanta Jiraya, mettant le feu à mes joues.

De ce côté là, il n'y a pas de danger, c'est plutôt le mien qui a souffert et mon esprit.

_ Ben, t'en fais une tête! En tout cas, je peux te dire que tu as tapé dans l'œil de la petite blonde qui s'occupent des morveux! Dit-il en riant.

_ Hein?

_ Ne me dis pas que tu n'as pas remarqué! Ou alors tu penches du même côté que tes deux amis!

_ Mes amis? Je comprends rien à ce qu'il me dit et puis la fille qui s'occupe des enfants, c'est une gamine, pas plus de 18 ans!

_ Tu sais, les deux avec qui tu formais le « triumvirat de la farce » quand vous étiez gamins!

_ Izumo et Kotetsu?

_ Oui! Ils t'ont pas dit qu'ils étaient ensemble et ce au moins depuis trois ans!

_ Non. Murmure-je.

Peut-être que je ne mérite plus de partager ce genre de secret avec eux, qui ne m'étonne pas en plus. Depuis que je les connais, ils ont toujours été ensemble. Dans un sens, je l'avais peut-être senti sinon j'aurai accepté de les accompagner au Canada pour y faire nos études. Mais j'ai préféré m'exiler à Tokyo, ma nature profonde de solitaire aidant.

_ Et puis il n'y a pas beaucoup de couples gay dans le village, ils sont plus discret qu'avant. Çà m'étonne qu'ils ne te l'ont pas dit. Du trio, c'était toi le confident je crois? Continue Jiraya.

Oui bon! Il va pas en faire tout un plat et moi, je ne veux pas parler de quel côté je balance avec un pervers comme lui! Je referme le livre et lui annonce que je vais voir comment vont les enfants avant qu'il me demande si je suis encore vierge, tel que je le connais!

Pas manqué! À peine sortis du bar que la question fuse et une nouvelle fois je fuis ce curieux.

oooooooooooooooooo

La lumière vive du soleil matinal agresse mes yeux congestionnés dès que je les ouvre.

Passer la nuit à lire c'est pas conseillé mais dès que j'ai commencé à me plonger dans le manuscrit, je n'ai pas pu m'arrêter. Et le point essentiel que j'ai retenu c'est, qu'au départ, c'était le chef de clan qui dirigeait la cérémonie et qui décidait par la suite de son successeur. Le faible que mon grand-père avait toujours eu pour ma mère n'était un secret pour personne et puis sa beauté rehaussait celle du festival en lui-même, c'était donc normal qu'il la choisisse!

Ainsi donc, il ne m'est plus obligé de porter un vêtement trop féminin: ceux que portaient mes aïeuls étaient tout aussi beau mais, et surtout, des plus masculin!

Ce point est celui qui me conduit à accepter la proposition de Tsunade et, le sourire aux lèvres, je me dirige vers sa demeure pour lui signifier que j'accepte de faire renaître ce festival.

Mais au fait! Quand devait-il avoir lieu? Les enfants seront sûrement déjà partis car ce genre d'évènements ne se met pas en place en quelques jours. Cette pensé m'attriste. C'est que je m'y suis attaché à ces petits anges infernaux!

Tiens, ce soir je leur parlerai de l'histoire du festival, autour du feu de camp.

Comme toujours, Tsunade m'accueille de son petit sourire en coin, une tasse de saké à la main alors que midi n'a pas encore sonné!

Maladroitement, je lui fais part de ma décision, ce qui fait briller dans ses yeux une lueur de joie. C'est la première fois que je lui vois une telle expression et un frisson me parcourt l'échine lorsqu'une lueur que je qualifierai de perverse vient se joindre à la sournoise déjà présente.

Et ce frisson, je le connais! À mon avis, je viens de me jeter dans la gueule du lion sans résister.

_ Bien, il ne reste plus qu'à faire en sorte que ce festival reste dans les mémoires! Dit-elle avant de finir son saké d'une seule goulée.

_ Avant tout, il faut déterminer de la date Tsunade-san. Dis-je.

_ Oh, çà! C'est simple, c'est le jour de l'équinoxe d'automne.

_ Hein! Quoi! Mais çà veut dire qu'il reste...

_ Comme nous sommes à la mi-juillet... à peu près oui... il reste 60 jours, Iruka-kun. Concède-t-elle le plus calmement possible.

_ Mais... mais c'est impossible. Déjà au lycée, vous nous faisiez commencer après Noël le festival de juin!

Je fais les cent pas, passant en revue ce qui doit être fait: communication, publicité, création des costumes et du char. Et çà, c'est pas en un peu plus de deux mois qu'on peut le faire!

_ À toi de me prouver ce dont tu es capable en temps de crise, sensei. Je vais prévenir le Conseil afin qu'il débloque les fonds destinés à ce projet.

_ Et la pub? La communication? Comment voulez-vous que l'on en fasse la promotion en si peu de temps! M'exclame-je.

_ Et internet, mon mignon, t'en fais quoi?

_ Ahh! Ne m'appelez pas mon mignon! Hurle-je en retenant que ces mots.

_ Allez au boulot et puis tu peux demander à Jiraya de t'épauler. Avec ses recherches et ses connaissances il te sera utile... mon mignon! Dit-elle en riant.

ooooooooooooo

Assis avec les enfants autour du feu de camp, j'essaie d'oublier la vague de stress qui m'est venue lorsque j'ai passé toute mon après-midi à faire le point sur ce qu'il y a de plus urgent à faire pour ce festival.

Pendant mes déambulations dans les rues, j'ai remarqué que les gens ne parlaient que de çà, déjà! Tsunade n'a pas dû se contenter que de voir le Conseil et c'est sur le port que les pécheurs m'ont le plus parlé.

Je crois que je viens de faire la plus belle boulette de ma vie, après celle d'avoir laissé mes zigotos de Tokyo me faire enfiler une robe. J'hésite encore à les appeler pour leur demander de l'aide. Connaissant Deidara, il va me concocter un kimono de geisha!

_ Dis, Iruka-sensei! Tu vas porter un kimono comme la dame sur la photo?

Je reporte mon attention sur Michiko-chan qui vient de me poser cette question alors qu'elle regarde une photo de ma mère.

Je suis encore impressionné par le calme et l'attention que les enfants ont su montrer pendant que je leur racontais l'histoire de ce festival. Et bien sûr, Michiko et Tsuki se sont collés à moi durant le récit, et là ils observent toutes les photos du livre de Jiraya que j'ai emmené avec moi.

_ Euh! Non. Dis-je. Plutôt un costume comme celui-là.

Je leur montre un costume noir avec un obi rouge,sans trop de motif mais dont l'aspect du tissus soyeux lui confère une certaine classe des plus masculine, pour moi!

_ Bah! C'est pas beau! S'exclame Michiko. Vous seriez plus mignon dans celui de la dame, surtout avec vos cheveux comme çà.

Je sens ses petits doigts jouer avec mes longues mèches châtain avec lesquelles elle forme de tresses depuis un moment.

_ Mais Michiko-chan, Iruka-sensei est un garçon, pas une fille. Lui dit Tsuki que je remercie en lui ébouriffant les cheveux.

_ C'est pas une raison,même les garçons ont le droit de porter de jolis kimonos! Insiste la petite fille en lui tirant la langue avant de faire une mine boudeuse.

_ Oui, quand ils ont huit ans! Pouffa Tsuki.

_ Et alors! Je suis sûre qu' Iruka-sensei serait plus joli dans ce kimono!

_ On dit pas joli pour un garçon! S'énerve Tsuki.

J'ai la sensation que ce petit bonhomme a été obligé de porter ce genre de vêtement et que lui dire qu'il est joli a dû le vexer plus d'une fois. Je ne peux que être de son avis!

_ Et puis...Iruka-sensei est … comme... Bredouille Michiko-chan en se collant à moi, le nez enfoui dans mon cou, me chatouillant un peu avant que je ne trouve cette promiscuité un peu trop gênante.

_ Euh, Michiko-chan?

J'essaie de me détacher d'elle mais elle renforce sa prise alors que je sens son corps trembler et qu'une certaine humidité se fait sentir là où son nez est enfoui.

Elle pleure à cause d'une histoire de kimono? J'ai encore du boulot pour comprendre les enfants. Un instant, elle rigole et deux secondes plus tard, elle pleure.

_ Chut, chut! Lui murmure-je en caressant son dos afin de la calmer. Le regard noir de Tsuki me dit qu'il me rend responsable de l'état de sa camarade.

Qu'ai-je fait pour mériter çà? Rien! Après tout, c'est lui qui lui a crié dessus!

Un petit son se fait entendre de Michiko et, tendant l'oreille je discerne un « haha » répété.

Il est donc là le problème! À voir les photos, elle a repensé à sa mère qui, c'est sûr, doit lui manquer au bout des trois semaines qui viennent de s'écouler. Il fallait bien que cela arrive un jour et c'est sur moi que çà tombe!

Essayant de trouver les mots justes, je lui dis de se calmer et que bientôt elle sera de retour chez elle. Cependant, je lui cache le pincement au cœur que j'éprouve quand je lui dis.

_ Merci Iruka-sensei. Vous êtes comme okaa-san, gentil et doux (snif) c'est pour çà (snif) que je préfère le kimono (snif) de la dame. Souffle-t-elle dans mon cou.

Je sens mes joues s'empourprer à ses paroles, de gêne mais aussi de colère à me savoir comparer à une femme. Si les petites filles s'y mettent!

Mais ma colère s'envole quand elle quitte enfin l'abri de mon épaule pour me révéler ses yeux noir brillant des larmes versées et ne peux m'empêcher de lui faire un sourire rassurant auquel elle répond.

_ Vous allez choisir un kimono, hein?

Et c'est reparti!

ooooooooooooo

La semaine a filé à une vitesse folle. Je me suis démené comme un diable pour aller sur internet afin de faire la promo du festival au risque d'y perdre des cheveux vu comment moi et l'informatique nous sommes très copains!

Hier, j'ai pris mon courage à deux mains et ai appelé Deidara. Une chance qu'il était à des kilomètres, sans possibilité de me voir sinon il aurait ri des rougeurs qui s'étaient installées sur mon visage!

Selon lui, il n'y avait pas de soucis et que mon cher trio d'excités serait ici dans quelque jour.

Au moins, ils me permettront de faire face au vide que laissent les enfants après leur départ de ce matin.

Et puis maintenant j'ai tout le temps qu'il me faut pour travailler sur le festival!

Je suis fou!

Moi qui m'étais juré de ne plus m'embarquer dans ce genre de problème, je suis installé dans l'arrière-boutique de la librairie de Jiraya à plancher sur ce foutu festival au lieu de profiter enfin de mes vacances!

À entretenir mon bronzage, qui s'est quelque peu envolé à Tokyo, faire de longues balades au milieu des forêts environnantes et partir à le recherche de pirates cachés dans une des criques que comptent nos côtes avec Ko et Izu, comme lorsque nous étions gamins. Ou alors draguer les filles!

Ah oui, j'oubliais! Ils sont ensembles et courir les filles est le cadet de leur soucis!

Pendant nos brèves réunions et depuis que Jiraya m'en a parlé, je n'ai toujours pas eu le courage d'aborder le sujet. Pas que je sois mal à l'aise devant leur homosexualité: avec Naruto j'ai eu ma dose!

Je les ai quand même observé, à la sauvette et on dirait que eux aussi sont mal à l'aise à l'idée de me le dire. Pourquoi?

Je ne peux réfléchir plus sur le sujet puisque j'entends la clochette de la porte d'entrée de la boutique tinter.

_ Il y a quelqu'un? Appelle une voix féminine que je reconnais aussitôt.

Sans me faire remarquer, j'observe Sakura qui jette des coups d'œil pas très rassurés autour d'elle.

_ Bonjour Sakura! Dis-je en m'étant rapproché furtivement d'elle et qui lui valut de faire un bond avant qu'elle ne me hurle dessus.

_ Aah! Iruka! Ne fais plus jamais çà! Crie-t-elle.

_ Je suis heureux de te voir aussi, Sakura.

_ Idiot! Siffle-t-elle avant de me tenir contre elle dans une de ses accolades dans lesquelles on se demande toujours si c'est pour nous montrer son affection ou pour tenter de nous étouffer!

_ Tu... tu m'étouffes, Sakura!

J'arrive à me sortir de ses griffes. Costaud pour une fille!

Si elle n'était pas autant passionnée par la mode, elle aurait fait une excellente lutteuse!

_ Où sont Deidara et Naruto?

_ À peine arrivés qu'ils se sont précipités à la plage. De vrais gamins, je te jure! M'explique Sakura en se dirigeant vers mon « bureau ».

_ J'espère qu'ils ne vont pas faire les exhibitionnistes: on n'a pas de plage naturiste ici! Plaisante-je.

_ Ils sont fous mais pas à ce point et Deidy sait qu'il doit se tenir à carreau sinon... quant à Naruto, il est bizarre depuis que tu es parti.

C'est vrai que mon départ les a laissé dans le flou et je suis parti comme un voleur.

_ En tout cas, vous avez fait vite pour arriver.

_ Quand Deï nous a dit que tu avais téléphoné et que tu avais besoin de nous, il nous était impossible de tenir Naruto qui voulait foncer tout de suite ici. Oh, par les Kamis, voyager dans son épave ambulante a été horrible. Elle est bonne pour la casse sa poubelle!

_ N'insulte pas sa Kyuu-Kyuu-chan adorée, Sakura! Dis-je en me retenant de rire, les imaginant tous les trois entassés dans la petite voiture de Naruto.

_ En plus, il lui a donné ce nom et pendant tout le trajet ou presque, quand le moteur semblait sur le point d'exploser, tant son tacot date de l'Antiquité, il lui parlait. Il a eu de la chance d'être derrière le volant sinon... Oh! Et l'odeur, c'est que çà put le fauve dans son tas de tôles!

_ OK! OK! Et si on allait les rejoindre, Sakura? Lui demande-je afin de la calmer. Un peu d'air me fera du bien!

_ Je suis sûre que tu passes tes journées le nez dans ces vieux bouquins, comme toujours! Me dit-elle en s'approchant d'un vieux bureau qui croule sous une tonne de vieux livres.

_ Que veux-tu? Les bonnes habitudes ne se perdent pas! Dis-je en rigolant, en ne pouvant me retenir de me plonger dans le livre de Jiraya, resté ouvert sur le haut de la pile.

_ Pour toi, Iruka, c'est une mauvaise manie! Bon viens, lâche çà! Tu as dit que nous devions aller rejoindre les garçons!

_ J'arrive, Sakura. Murmure-je en regardant une photo de ma mère.

_ Hum! Joli kimono! Dit Sakura avant de m'entrainer vers la sortie.

_ Deï sera sûrement fou en imaginant toutes les possibilités qu'il aura en le voyant pour le mettre au goût du jour, et surtout, avec toi comme mannequin! Rajouta Sakura.

_ En tout cas, il n'a pas intérêt d'y mettre trop de frou-frou! Plaide-je en lui lançant un regard apeuré.

_ Tu es trop mignon pour toi-même, Iruka! Allez, go! Le soleil nous attend!

Je regrette déjà de les avoir appelés!

...à suivre?...

Kyuu-chan: après un paquebot, une voiture! et la prochaine fois c'est quoi? Une chaussette!

Sakura: comme çà, tu seras pas dépaysé par l'odeur!