Chapitre 4 : Le couple secret

- Sort secrètement de Poudlard une fois par mois

- Est renfermée sur elle-même depuis la rentrée

Plus les jours passeraient et plus ma liste d'éléments étranges concernant Céleste s'allongerait. Je me fichais que Drago Malefoy soit déjà au courant de l'absence de sa fille une fois par mois à Poudlard. Pour moi cela restait un fait étrange et si son père voulait cacher la raison de ses absences c'était surement que c'était très intéressant.

A présent, ma mission passait avant tout le reste. Le fait qu'Amelia continue de me faire la tête était le cadet de mes soucis et de toute façon elle finirait par revenir. Elle revenait toujours. J'avais sous-estimé Drago Malefoy et cela n'arriverait plus. Il était un sorcier cruel. Un mage noir. Et il était hors de question que ma sœur, mon frère ou le reste de ma famille en paye le prix.

- Tu ne prends pas notes ? Me souffla Steeve à voix basse.

Je lui adressai un regard entendu. Non je n'avais pas besoin de prendre de notes concernant l'ascension de Voldemort au pouvoir. Je connaissais déjà tout ça par cœur. Au lieu de ça, je concentrai de nouveau mon attention sur Céleste, dont la main armée d'une plume parcourait frénétiquement son parchemin. Comme si elle avait besoin de sa fatiguer à écrire de sa main… Celeste pouvait faire bouger n'importe quel objet, d'autant plus les plus légers, par la pensé et pourtant, elle n'utilisait cette faculté que rarement. Elle ne s'était d'ailleurs jamais défendue contre la méchanceté de certains élèves alors qu'elle en avait les capacités. Peut-être qu'elle était juste idiote…

Céleste du sentir mon regard peser sur ses épaules car elle se retourna vers moi. Elle ne pouvait pas lire dans mes pensés, mon père m'avait appris à fermer mon esprit dès ma troisième année et pourtant, le doute s'empara de moi. Comme elle me fixait toujours avec méfiance, je lui adressai un geste peu gracieux de la main et Céleste se détourna finalement, non sans m'avoir lancé un regard mauvais.

Lorsque nous sortîmes du cours d'histoire de la magie, je prétextai devoir récupérer des parchemins dans le dortoir afin de pouvoir me débarrasser de Steeve. Je ne remontai évidemment pas jusqu'au septième étage, mais m'engouffrai dans les premiers toilettes vides, enfilai ma cape d'invisibilité et rejoignis la grande salle vingt minutes plus tard. Je voulais être sur qu'à peu près tout le monde soit déjà installé à table pour ne pas prendre le risque de me heurter à une foule d'élève. J'étais invisible, mais pas impalpable. Par chance, Céleste était en bout de table, assise face à sa meilleure amie, ce qui était plutôt pratique pour moi. Je marchai silencieusement jusqu'à leur niveau et je restai debout à côté d'elles pour écouter leur conversation.

Elles parlèrent pendant près de dix minutes du cours d'histoire de la magie que nous venions d'avoir, jusqu'à ce que Rosalia face les gros yeux à Céleste.

- Quoi ? S'enquit cette dernière.

- Doug Owen n'arrête pas de te regarder, souffla-t-elle à voix basse.

- Grand bien m'en fasse, se contenta de répondre Céleste avant de porter sa fourchette à sa bouche.

- Il mange tout seul.

- Et ?

- Et c'est bizarre. Il est habituellement toujours entouré de ses crétins d'amis. Alors que là, il s'est assis à l'écart d'eux.

- Franchement Rosalia, je me contre fiche de savoir avec qui il mange ou non.

Son amie leva les mains en l'air en signe de capitulation et le reste du déjeuner ne fut guère plus intéressant.

Lorsque la grande salle se fut presque entièrement vidée, j'attrapai quelques desserts pour me remplir l'estomac, puis je rejoignis ma classe pour notre prochain cours. Notre professeur de potion récupéra nos devoirs et je me plu à imaginer la tête de Céleste lorsque ce dernier nous les rendrait notés. J'allais obligatoirement avoir une meilleure note qu'elle étant donné que je l'avais espionnée samedi matin et j'en trépignais d'avance.

Après nos quatre heures de cours de potion, je parvins une nouvelle fois à esquiver Steeve avec qui j'aurais du rejoindre le terrain de quidditch pour notre entrainement habituel du lundi soir. J'étais obligé de faire passer le sport après Céleste. Je n'avais pas le choix.

Cette semaine me sembla être la plus longue et la plus ennuyeuse de toute ma vie. L'emploi du temps de Céleste était clair et concis. Elle sortait de la salle commune des Gryffondor à huit heures quinze, prenait son petit déjeuner, allait en cours, déjeunait comme pratiquement tout le monde de douze heures à treize heures, passait l'heure de pause supplémentaire avec Rosalia et les membres de ma famille, allait de nouveau en cours à quatorze heures, allait à la bibliothèque en fin de journée, allait dîner, restait avec Rosalia ou retournait à la bibliothèque, puis allait se coucher. Sa vie était d'un ennui mortel. Avait-elle toujours agit comme ça ? Ou était-ce une nouveauté cette année ? Elle n'avait même pas vu une fois ses parents.

Comme pour me contredire, je la vis ranger ses affaires, se lever de sa chaise, afin de quitter la bibliothèque plus tôt que les soirs précédents. Il était vingt heures. Elle devait surement rejoindre notre salle commune. J'allais finalement peut-être pouvoir passer un peu de temps avec mes amis. Je la suivis donc en silence, mais je me rendis vite compte qu'elle ne se dirigeait pas vers la tour des Gryffondors. Elle s'arrêta au contraire au sixième étage et emprunta un long couloir sombre. J'allais peut-être enfin avoir quelque chose à mettre sous la dent. Céleste tourna à l'angle d'un couloir et passa l'encadrement d'une porte ouverte. J'eus à peine le temps d'entrer à sa suite, qu'elle referma la porte derrière nous. Il s'agissait du dernier étage d'une petite tour avec un toit très haut. Je vis Céleste lever la tête et je l'imitai. Nous n'étions pas seuls. Hermione Granger flottait tout en haut, assise en tailleur, regardant à travers une lucarne. Elle adressa un sourire à sa fille en l'apercevant.

- On ne t'a pas vue de la semaine. Tout va bien ? S'enquit-elle la mine inquiète.

J'eus un pas de recul effrayé lorsque je vis Céleste s'élever dans les airs. Ses cheveux blonds ondulaient étrangement. Elle semblait aussi légère qu'eux. Ce spectacle me sidérait. Elle volait. Sans balais, sans baguette, sans rien. Elle était juste capable de voler, de flotter jusqu'à sa mère.

- J'avais beaucoup de travail, désolée. La septième année…

- Tu fais quelque chose de particulier ce week-end ?

- Je suis invitée à un événement au magasin Weasley. Mais on n'en sait pas plus, ajouta-t-elle. Je crois que c'est une surprise.

- C'est bien qu'ils aient changé les règles de l'école et que vous puissiez sortir de Poudlard, avec l'accord de vos parents ou de votre tuteur légal. J'aurais aimé que ce soit possible à mon époque. Ca aurait été bénéfique pour pleins d'élèves.

- Des élèves comme toi ?

- Oui bien sûr. Mais je pensais plutôt à des élèves comme Harry. Il aurait pu passer plus de temps avec son parrain par exemple. Il aurait pu avoir le temps de vraiment le connaitre.

Céleste et sa mère s'observèrent en silence pendant quelques secondes.

C'était un spectacle hors du commun mine de rien. Le fantôme de la célèbre Hermione Granger face à sa fille flottant dans les airs à ses côtés. Elles discutèrent pendant un bon moment de tout et de rien, tandis que je fixai Céleste avec la même hébétude que lorsqu'elle s'était élevée dans les airs. Elle avait d'incroyables pouvoirs dont elle ne se servait jamais. C'étai sidérant.

- Tu regrettes ton choix ? Demanda subitement Céleste.

Le fantôme ne répondit pas, attendant surement que sa fille précise sa question.

- Est-ce que tu regrettes de t'être opposée à papa, de l'avoir quitté en m'emportant avec toi, d'avoir précipité la chute du Triangle du sang, d'avoir précipité votre mort ? Ce n'est pas une critique, juste une question, ajouta-t-elle.

Le regard d'Hermione Granger changea complètement. Elle semblait même prise au dépourvu. Visiblement c'était la première fois que la mère et la fille avaient ce genre de discussion. Ainsi, peut-être que je n'apprenais rien sur les secrètes occupations de Céleste, mais au moins, cela restait distrayant contrairement au reste de ma semaine.

- Je me suis souvent posée cette question, finit par murmurer le fantôme.

- Et ?

- Et je ne sais pas.

Céleste sembla déçue de la réponse de sa mère.

- Mettre fin au Triangle du sang ne fera jamais partie de mes regrets, c'était la bonne chose à faire. C'est concernant ton père que je n'ai pas de réponse. Je pense que j'aurais pu faire plus. Je pense que j'aurais davantage pu essayer de le sauver, de le convaincre de s'enfuir avec moi.

- Donc tu estimes que tu n'as pas assez insisté ?

- Tu faisais partie de l'équation à cette époque, donc je pense que je ne réfléchissais plus uniquement à lui et moi, mais surtout à toi. Je pensais à ton avenir, je pensais à ta vie.

Céleste acquiesça silencieusement.

- Ton père n'était vraiment pas celui que tu connais aujourd'hui, poursuivit Hermione Granger. Il avait beaucoup de démons à l'époque. Il pouvait se montrer extrêmement cruel tant il croyait en ce qu'il faisait. Il souffrait d'un dédoublement de personnalité. Oh bien sûr une personne mal attentionnée, et dans le seul but de me faire du mal, a essayé de me faire croire que ce n'était pas le cas, qu'il était un monstre à part entière… Cependant, il est redevenu lui-même en mourant. Il a perdu cette deuxième personnalité qui le rendait mauvais. Il en conserve bien sur des cicatrices, certains de ses comportements ne sont pas toujours… appropriés. Mais aujourd'hui, il est loin d'être celui qui portait le costume de « T ».

Je mourrais d'envie d'intervenir. « T » était toujours bel et bien là ! J'en faisais les frais par Merlin !

- Tout ça pour dire que je pense avoir fait le bon choix il y a dix-huit ans, mais je ne pourrais jamais en être totalement sure.

Céleste acquiesça de nouveau silencieusement. Elle semblait envahie par la tristesse et pour une fois j'avais l'impression que c'était sincère. Je l'avais toujours vu se poser en victime, mais jamais paraitre réellement triste.

- Ce n'est pas ce que tu voulais entendre ? Lui demanda sa mère en se mordant l'intérieur des joues.

Céleste haussa les épaules, le regard perdu dans le vide.

- Dis-moi Céleste, parle-moi, murmura sa mère.

- Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard, dit-elle en se redressant totalement.

Je l'observai d'un air ahuri. J'avais presque cru qu'elle allait verser une larme et là, elle semblait complètement passer à autre chose. Elle passait de la tristesse à l'indifférence. C'était impressionnant. Ou alors, elle était définitivement la parfaite comédienne que je connaissais, même avec sa mère.

- Je me suis inscrite au cours supplémentaire en potion, mais je ne sais pas si je veux travailler dans ce domaine plus tard.

Je n'entendis pas ce que sa mère lui répondit. J'étais plutôt occupé à retenir un cri de rage. Il fallait qu'elle empiète sur le seul cours où je n'aurais pas eu à supporter sa présence, elle le faisait forcement exprès. Ce n'était pas possible autrement !

- Tu aurais aimé que je travaille pour le département de la justice magique ?

- Je veux que tu fasses ce qu'il te plait avant tout, répondit sa mère en lui adressant un regard bienveillant.

Céleste ouvrit la bouche, mais la referma presqu'aussitôt.

- Papa arrive, dit-elle en levant les yeux en direction du toit.

A peine une seconde après, Drago Malefoy le traversa. Il avait raison, sa fille pouvait détecter sa présence, c'était réellement impressionnant. Et cela rendait d'ailleurs ma cape d'invisibilité encore plus impressionnante, puisque moi, elle n'arrivait pas à me détecter.

- Ne vous arrêtez surtout pas pour moi, lâcha-t-il en contemplant sa petite famille devenue silencieuse.

Je vis Hermione Granger lever les yeux au ciel d'un air amusé.

- On parlait de son avenir professionnel.

- C'est tout vu, elle sera directrice de Poudlard, lâcha-t-il d'un air particulièrement satisfait.

- Drago…

- C'est un super poste et comme ça on pourra continuer d'être tous les trois ensembles.

- Alors d'un, on ne devient pas directrice d'une école du jour au lendemain et ce n'est pas à notre fille de se sacrifier pour nos erreurs.

- Ne monte pas sur tes grands hippogriffes Hermione, c'était une idée comme ça, dit-il en lui faisant une grimace.

- De toute façon personne ne me ferait confiance pour être directrice de Poudlard ou même professeur, lâcha Céleste d'un ton las.

- Bien sûr que si !

Céleste adressa un regard entendu à son père et celui-ci n'ajouta rien.

- Le ministère non plus. En fait, je pense que j'irais où on voudra bien de moi, ajouta-t-elle avant de descendre lentement en direction du sol.

Ses parents l'imitèrent.

- Je n'ai pas besoin qu'on me réconforte, les arrêta-t-elle en levant une main face à elle lorsqu'elle eut reposé les pieds au sol. Si vous voulez vraiment m'aider, essayez de réfléchir à de vrais projets de carrière pour moi. Ca, ça m'aiderait vraiment, insista-t-elle en leur adressant un sourire triste.

Céleste quitta la petite tour, me laissant seul avec ses parents.

- Au moins, maintenant on sait pourquoi elle broie du noir, commenta sa mère la mine déconfite.

- Tu crois que c'est à cause de ça ?

- C'est évident. Avant que tu arrives, elle avait un regard tellement triste…

- Franchement, tout le monde serait ravi de travailler avec une sorcière aussi puissante qu'elle ! S'exclama le mage noir.

- Arrête Drago, tu sais qu'elle a raison. Tout le monde a peur d'elle.

- Tu sais quoi, si un nouveau mage noir émerge de la population, je suis sur qu'elle sera la première à être contactée pour le rejoindre.

Hermione Granger considéra son mari pendant quelques secondes, le regard las.

- Tu te trouves drôle ?

- J'essayais de dédramatiser.

Hermione Granger soupira tandis que je les abandonnais pour rattraper Céleste qui avait presque disparu à l'angle du long couloir.

Tout en la suivant remonter au septième étage, je me demandai qui pouvait bien encore avoir peur d'elle. Sincèrement, les élèves de Poudlard avaient rapidement compris qu'elle était incapable de se défendre. Même lorsque les murs tremblaient en sa présence, ils la prenaient à présent simplement pour une folle. J'étais le seul à savoir qu'il y avait une réelle menace puisque j'étais à présent au courant qu'il s'agissait de son père. Arrivée face au tableau de la grosse dame, Céleste donna le mot de passe et entra dans la salle commune. De mon côté, je restai dans le couloir pour ne pas éveiller ses soupçons. Je me tournai vers le mur où Drago Malefoy avait écrit avec du sang de licorne le week-end dernier. Je trouvai quand même incroyable qu'Amélia m'ait cru capable d'une chose pareille. On était ensemble depuis longtemps, elle me connaissait, mais non… Elle m'avait aussitôt accusé.

OOOO

Nous disposions de cinq minutes pour transplaner dans le hall du château et nous arrivâmes donc pratiquement tous en même temps devant la devanture du magasin de farces et attrapes. Nos familles respectives semblaient déjà être à l'intérieur de la boutique et nous entrâmes donc à notre tour. Rose, Hugo et Fred semblaient les plus impatients de savoir ce qu'il se tramait étant donné que leurs pères étaient concernés. Lily et Albus semblaient heureux d'être là, davantage pour cette réunion de famille que par curiosité. Quand à Céleste, elle semblait rayonner de bonheur. Ce que je trouvais d'ailleurs considérablement démesuré. Tout en entrant dans le magasin, j'observai davantage les personnes présentes. Il n'y avait pas que la famille, mais également des adultes que je ne connaissais pas. Peut-être des gens avec qui Ron et George travaillaient. J'allais m'asseoir sur les escaliers du milieu du magasin pour attendre la fameuse annonce, non sans jeter de discrets coups d'œil à Céleste. Qu'on soit à Poudlard ou non, je devais l'espionner.

- Pourquoi tu as pris ton sac de cours ? S'enquit Lily qui s'était rapprochée de moi.

- Je suis en septième année moi, répliquai-je d'un ton morne. Week-end en famille ou non, j'ai des devoirs à faire. De toute façon, qu'est-ce que ça peut te faire ?

Elle n'insista pas et s'écarta. Evidemment que j'avais pris mes affaires de cours avec moi, mais ce n'était pas franchement pour travailler. C'était pour donner le change et avoir une bonne raison d'avoir un sac. Car on fond de ce sac était caché ma cape d'invisibilité, juste au cas où.

Une heure passa sans que quoi ce soit ne soit annoncé. Nos parents et les autres adultes buvaient et mangeaient les petits fours mis à disposition, tous en discutant entre eux. Après un quart d'heure supplémentaire, je me relevai des escaliers sur lesquels je m'étais assis pour sortir de la boutique afin de prendre l'air. Je n'eus le temps de profiter que de cinq petites minutes de tranquillité avant que mon père ne me rejoigne.

- Alors, comment se passe ce début de septième année ? Me lança-t-il sur le ton de la conversation.

Je me retournai lentement vers lui, le regard blasé. Je connaissais mon père. S'il commençait une conversation avec une question banale et avec un ton aussi détaché, c'est qu'il avait autre chose derrière la tête. Je ne répondis donc pas et attendis qu'il poursuive.

- Albus et Lily m'ont dit que tu avais l'air changé ces dernières semaines. Tu ne passes plus vraiment de temps avec eux ou avec tes amis. Tu loupes des repas, des entrainements de quidditch… Ils m'ont dit aussi que tu t'étais disputé avec Amelia. Vous n'êtes plus ensemble ? C'est ça qui te mine ?

Et voilà que mon père pensait que j'étais au fond du gouffre à cause d'elle. Elle me faisait passer pour un pitoyable pleurnicheur.

- C'est la septième année qui me stresse un peu, mentis-je.

- Et concernant Amelia ? Insista-t-il.

- Elle m'a accusé à tord d'une mauvaise blague qu'on lui a faite et du coup, elle fait la tête pour l'instant. Ca lui passera.

- Ca te rend triste ?

- Non ! M'exclamai-je agacé. Je me fiche qu'elle me fasse la tête, je sais très bien qu'elle finira par revenir vers moi. C'est juste sa petite crise du trimestre, j'ai l'habitude !

- Pourquoi est-ce que tu t'énerves ?

- Je ne m'énerve pas, répliquai-je exaspéré. Je suis juste stressé par cette dernière année et tu es en train d'en faire tout un hippogriffe ! Et d'ailleurs, je ne loupe aucun repas, je ne mange juste pas en même temps que les autres, parce que j'ai du travail moi !

- D'accord, d'accord, concéda mon père en hochant lentement la tête. Sache que si un jour tu as besoin de parler ou autre, on est là avec ta mère. On sera toujours là pour toi.

Je retins un ricanement amer. Ils ne pouvaient rien pour moi. Ils ne pouvaient rien contre Drago Malefoy.

- Je voulais passer au magasin d'accessoires de quidditch, je reviens dans cinq minutes, lâchai-je en lui adressant un bref coup d'œil.

Mon père hocha la tête et me regarda partir.

Il y avait du monde ce samedi dans les rues. Depuis les nouvelles règles de Poudlard, le chemin de traverse était l'un des lieux privilégiés des week-ends en famille ou entre amis. Ca devait être très bon pour les commerces, d'autant plus concernant celui de mes oncles. Je passais devant le magasin d'accessoires de quidditch sans m'arrêter. Je n'avais rien à acheter, j'avais juste voulu fausser compagnie à mon père et ses questions inutiles.

Au bout d'un petit moment, je finis par revenir sur mes pas. M'absenter trop longtemps aurait pu encore plus éveiller les soupçons de mon père. Alors que j'apercevais enfin la boutique Weasley au loin, je vis Céleste en sortir. Je m'immobilisai aussitôt face à son étrange comportement. Elle jetait de petits coups d'œil inquiets derrière elle, comme pour vérifier que personne ne la suivait. Elle marcha d'un pas rapide dans ma direction et alors que je cherchais un endroit pour me cacher autour de moi, elle bifurqua à l'angle d'une rue et disparu de mon champs de vision. Il se passait quelque chose, cette fois c'était sur ! Je m'élançai alors à sa poursuite et bifurquai moi aussi dans la rue qu'elle avait empruntée. Elle était totalement vide… J'en profitai pour sortir la cape d'invisibilité de mon sac et me cacher dessous. J'attrapai également ma baguette, juste au cas où et m'enfonçai davantage dans la rue sombre en jetant de rapide coups d'œil aux petites boutiques qui vendaient pour la plupart des ingrédients et des herbes pour potion. J'allais bientôt arriver à un croisement sans avoir aucune idée de la direction qu'avait bien pu prendre Céleste, quand une porte claqua soudain un peu plus loin sur ma droite. Cela ressemblait à une boutique abandonnée. Elle semblait fermée mais je m'approchai tout de même de l'une des fenêtres. Il y avait du mouvement à l'intérieur ! Je ne parvenais cependant pas avoir plus que ce qui me semblait être des silhouettes tant la fenêtre était sale. J'aurais pu la nettoyer d'un petit coup de baguette magique mais j'avais bien trop peur d'attirer l'attention. Mon regard se porta de nouveau sur le croisement quelques mètres plus loin. Peut-être que ce claquement de porte n'avait rien à voir avec Céleste. Peut-être qu'elle était juste à l'angle de la rue. Mais si elle était dans la boutique…

Je relevai quelque peu ma cape d'invisibilité et frottai ma manche contre la vitre poisseuse. Ainsi, même si les sorciers à l'intérieur finissaient par le remarquer, cela paraitrait moins louche qu'une vitre parfaitement nettoyé à l'aide d'un sort. Je repositionnai correctement ma cape sur mon avant bras et collai mon visage contre la vitre. Céleste était là ! J'en aurais presque sautillé de joie.

Elle n'était pas seule, un garçon lui faisait face. Il avait des cheveux clairs et bouclés, et il dépassait Céleste d'au moins une tête. Il semblait avoir notre âge. Je mourrais d'envie de lancer un sort pour entendre leur conversation mais j'étais certain que Céleste le ressentirait aussitôt. Ce qui était en train de se passer était –j'en étais certain, trop important pour que je prenne le moindre risque. Pour l'instant il ne se passait pas grande chose, ils se contentaient de discuter. Je pouvais néanmoins noter que la conversation avait l'air de particulièrement plaire au sorcier étant donné qu'un large sourire étirait son visage de temps à autre. Je constatai également que les cheveux d'Aurore bougeaient, mais pas comme dans mon souvenir. Là c'était différent des fois précédentes. Cette fois, cela ressemblait plus à un mouvement de vague. Je vis Céleste reculer de quelques pas et se hisser sur la table derrière sans pour autant cesser de parler au sorcier. D'ailleurs, j'avais beau observer le garçon, je ne l'avais jamais vu de ma vie. Ce n'était donc pas un élève de Poudlard. Mais d'où pouvait-il bien venir ? Mais surtout, où est-ce que Céleste l'avait rencontré ? Et pourquoi se voyaient-ils en cachette dans un magasin fermé ?! Et si c'était simplement le propriétaire ? Après tout, il pouvait être plus âgé qu'il n'en avait l'air ou avoir arrêté l'école plus tôt. Soudain, le sorcier se rapprocha de Céleste. Cette dernière assise au bord de la table ouvrit quelque peu ses jambes qui pendaient dans le vide et le garçon posa ses mains sur ses cuisses. Je retins un hoquet de surprise lorsque je vis Céleste enrouler ses bras autour de son cou. Par Merlin ! A aucun moment je n'avais envisagé un rendez-vous amoureux secret. Ils finirent par s'embrasser sous mon regard ébahit tandis qu'une grimace étirait le bas de mon visage. Mais quelle horreur ! Je détournai le regard tout en réfléchissant. Etait-ce juste ça le grand secret de Céleste ? Un petit copain ? En tout cas, c'était quelque chose que je pouvais rajouter à ma liste.

- Sort secrètement de Poudlard une fois par mois

- Est renfermée sur elle-même depuis la rentrée

- A un petit copain en secret

Je me laissai lentement glisser le long de la fenêtre du magasin jusqu'à m'asseoir par terre. Peut-être qu'elle sortait de Poudlard tous les mois pour voir ce garçon. Peut-être que c'était juste ça ! Pourtant, j'imaginais mal son père être d'accord. J'imaginais mal son père accepter qu'elle bécote un sorcier inconnu dans des boutiques abandonnées. La porte du magasin s'ouvrit soudain sur Céleste qui passa une tête à l'extérieur, comme pour vérifier que la petite rue étroite était bien vide. Elle finit par sortir et alors qu'elle allait s'éloigner, une main la rattrapa.

- Je t'aime Céleste, murmura la voix du garçon dont seule la tête sortait de la boutique.

Il avait une fine cicatrice qui lui traversait la joue gauche et des yeux d'un noir profond.

- Je t'aime tellement, insista-t-il en faisant glisser sa main sur la joue de Céleste.

Elle posa sa main sur la sienne et lui sourit.

- Moi aussi, mais je dois y aller maintenant. Je ne dois pas disparaitre trop longtemps. On se voit dans trois semaines !

Céleste se retourna presque aussitôt et je la regardai s'enfoncer dans la petite rue menant au chemin de traverse. La porte de la petite boutique claqua de nouveau ce qui eu pour conséquence de me sortir de mon état d'hébétude. C'était donc bien lui qu'elle voyait tous les mois. J'en étais sur à quatre-vingts quinze pour cent. Ce qui voulait dire que soit son père était d'accord, soit qu'elle lui mentait.

Lorsque je passai de nouveau l'entrée de la boutique Weasley l'ambiance semblait particulièrement à la fête. Ron venait d'ouvrir une nouvelle bouteille en riant avec mon père, ma mère serrait Fred dans ses bras, les sorciers que je ne connaissais pas discutaient avec entrain tout en faisant des grands gestes avec leurs bras, mes grands parents s'étaient adossés à une étagère et fixait Ron et Fred avec une fierté sans nom. Même mon frère, ma sœur, mes cousins et mes cousines semblaient excités.

Au moment où je réalisai que j'avais forcément loupé la grande annonce, mon regard croisa celui de mon père. Son regard était particulièrement sévère et je savais que j'allais me prendre une brassé dès que nous serions seuls. Un bras s'enroula soudain autour de mes épaules et je sentis un souffle dans mon oreille.

- On sait tout, mais on ne dira rien, me chuchota-t-on à l'oreille.

Je me retournai vers Victoire dont le regard pétillait de malice. Andromeda, non loin, m'adressa un sourire rempli d'affection.

- Je peux savoir de quoi tu parles ? Demandai-je à ma cousine en arquant les sourcils.

- Je n'ai rien dit à Céleste parce qu'Andromeda pense qu'on risquerait de la braquer, voir de provoquer une violente réaction chez elle, mais à toi je peux te le dire.

- Mais me dire quoi ? Insistai-je.

- Qu'on sait tout de votre petit manège.

Il était impossible qu'Andromeda et Victoire sachent que j'espionnais Céleste. D'autant plus que si c'était le cas, ça ne les amuseraient certainement pas. Victoire parlait donc forcément d'autre chose.

- Je ne comprends toujours pas, alors mets des sous-titres.

- Et tu oses nier… lâcha-t-elle en m'adressant un faux regard sévère. Bon j'admets que quand j'ai commencé à sortir avec Ted, nous aussi nous nous cachions… Mais tu peux nous faire confiance, on ne dira rien.

D'un geste de la tête, Victoire dégagea ses cheveux blonds en arrière d'un air particulièrement satisfait, tandis que mon regard se décomposait.

- Attends, mais tu crois que je sors en cachette avec qui ?

Victoire sa rapprocha de nouveau de mon oreille.

- Céleste Granger, la seule et l'unique, murmura-t-elle à voix basse. Et je ne crois pas que vous sortez ensemble, je sais que vous sortez ensemble.

- Mais pas du tout ! M'exclamai-je en m'étranglant à moitié.

- Oh arrête James, vous avez tout les deux disparus pendant près d'une demi-heure et de toute façon, Andromeda sentait le truc venir depuis des années.

Mais quelle horreur ! Comment avaient-elles pu toutes les deux s'imaginer une chose aussi dégoutante ?! A cette instant j'avais vraiment envie de lui balancer à la figure que Céleste sortait bien avec quelqu'un en cachette, mais que ce n'était pas moi, rien que pour lui rabattre le clapet. Malheureusement je ne pouvais pas dénoncer Céleste sans avouer que je l'avais espionné. Je voulus tout de même de nouveau contredire Victoire, mais que je me retournai vers elle, je constatai qu'elle était déjà passée à autre chose. Elle venait de s'enrouler dans les bras de Ted tout en m'adressant un sourire encourageant.

Par Merlin, il ne manquait plus que ça !

OOOO

Coucou à tous !

Je constate depuis le début de cette nouvelle histoire, que je n'ai pas beaucoup de commentaires du tout… Ce n'est pas tant que je veuille des commentaires, mais c'est que j'ai vraiment besoin de votre avis. Certains écrivent sans se préoccuper plus que ça de l'avis de leurs lecteurs, mais pas moi. Depuis que j'écris, j'ai toujours écris avec vous. Chaque commentaire, chaque critique de votre part est prise en compte. Vous n'imaginez pas le nombre de fois où j'ai lu un commentaire et où je me suis dis « mon lecteur a raison, il ne faut pas que j'aille dans cette direction » ou encore « mon lecteur vient d'avoir une super bonne idée, du coup je vais m'en inspirer, mais pas exactement comme il l'a dit sinon il va s'y attendre ». Vous rendez mes histoires meilleures. Vous m'aidez réellement à écrire et sans commentaires de votre part, je ne suis plus aiguillée… Je ne sais pas si ce que j'écris vous plait, si c'est bien, si je dois prendre d'autres directions. Je vous assure que c'est horrible pour moi… Je suis en train de me dire que vous n'aimez pas mon histoire. Et si c'est le cas, il faut me le dire ! Peut-être que je me suis trompée en écrivant cette suite, peut-être que je n'aurais pas du, peut-être que j'aurais vraiment du en écrire une toute nouvelle… Franchement je ne sais pas :s

Donc dites-moi ! J'attends vraiment votre avis sincère. Je ne suis pas à la recherche de compliments, je veux juste savoir si ce que j'écris vaut le coup pour vous, si ce n'est pas le cas je partirais sur une autre chose :)

En tout cas merci à ceux qui m'ont laissé des commentaires sur les précédents chapitres ! Merci beaucoup !