Et voici un nouvel OS. Après avoir traumatisé Mycroft, cette fois-ci, c'est le tour de Lestrade (et de Sherlock et de Mycroft et...).
Merci à tous mes reviewers et bonne lecture !
Grégory Lestrade croisa Sherlock devant l'entrée du 221 B Baker Street.
« Que faites-vous là ?
_ Recherche de drogues, répondit Grégory, laconique, en désignant d'un geste de la main la demi-douzaine d'agents – tous volontaires – qui le suivaient.
_ Je suis clean !
_ C'est à nous d'en juger.
_ Que faites-vous là ? répéta Sherlock. Je n'ai pas volé de preuves. Et je suis clean !
_ Vraiment, cher frère ? Alors pourquoi as-tu recontacté Dave Sterston, un dealer bien connu et fils d'un baron de la drogue encore plus connu ? demanda Mycroft Holmes, parapluie à la main, qui venait d'apparaître à son tour devant l'entrée de l'immeuble.
_ Mycroft ! s'écria Sherlock. Evidemment. Et tu as contacté ton petit chien chien…
_ Un chien renifleur de drogues alors… »
Grégory fronça les sourcils, peu ravi d'être comparé à un chien mais trop habitué aux frères Holmes pour réagir davantage. Côtoyer les deux frères était mauvais pour l'égo, la santé physique et mentale. Grégory se demandait toujours comment John parvenait à les supporter.
« As-tu pensé à ce qu'allait dire John avant de retrouver ton dealer ? demanda Mycroft. Tu penses qu'il va être ravi… »
Sherlock grimaça. John – et ce qu'il pensait de Sherlock – était clairement un point sensible.
« Justement ! C'est aussi l'appartement de John. Vous ne pouvez pas débarquer sans raison dans l'appartement d'un honnête homme !
_ Aucun honnête homme ne pourrait vivre avec toi, le taré ! cracha Anderson en bousculant Sherlock pour entrer dans l'appartement. »
La montée dans les escaliers fut une sorte de course ridicule entre les agents et Sherlock pour arriver le premier. La porte fut ouverte brutalement et tous – agents, Mycroft, Sherlock et Grégory, se retrouvèrent dans le salon où se trouvait John Watson, assis dans son fauteuil, son ordinateur sur les genoux. Il parut contrarié un instant mais son visage retrouva rapidement un air d'ennui et d'impassibilité.
« Ce sera quoi aujourd'hui ?
_ Sherlock semble être revenu à ses… anciens démons, répondit Mycroft.
_ A la drogue, vous voulez dire.
_ Je suis désolé, John. Mais nous devons fouiller l'appartement, déclara Grégory.
_ Donc, si j'ai bien compris, non seulement vous pensez que Sherlock a replongé mais vous pensez aussi que je ne l'en aurais pas empêché ?
_ Ne vous vexez pas, John, répondit Mycroft d'un air aimable. Mais vous connaissez Sherlock, il est difficile à contrôler…
_ Ma sœur est une alcoolique, Mycroft ! Et je suis médecin. Je connais parfaitement les conséquences d'une telle addiction et tous les subterfuges que les drogués peuvent utiliser. Et tout génie que Sherlock soit, le nombre de caches dans un appartement de cette taille est limité. Vous croyez vraiment que je laisserais de la drogue dans notre appartement ?! Il n'y a qu'un moyen de traiter ce genre d'ordures…
_ Les toilettes ! s'exclama soudainement Donovan. Il l'a probablement jetée dans les toilettes. Mais on doit pouvoir trouver des traces… »
Et elle se précipita vers les toilettes avant que quiconque n'eût fait un mouvement. John, lui, n'avait même pas levé les yeux de son ordinateur.
« Patron ! »
Grégory ressentit un pincement au cœur. Si Sally l'appelait, c'était probablement parce qu'elle avait trouvé quelque chose. Grégory avait été celui qui avait découvert Sherlock lors de sa dernière overdose et il ne voulait vraiment pas revivre cela. Ni devoir refuser à Sherlock l'accès aux scènes de crimes…
« Patron ! appela à nouveau Donovan, coupant Grégory dans ses déprimantes pensées.
_ Vous avez trouvé de la drogue ? soupira Grégory.
_ Vous devriez vraiment venir voir… »
Il y avait quelque chose d'étrange dans la voix de son sergent. Grégory fronça les sourcils et la rejoignit, suivi par le reste des agents, Mycroft et Sherlock.
Grégory cligna des yeux. Plusieurs fois. Il y avait bien quelque chose dans les toilettes. Mais ce n'était pas de la drogue. Pas exactement.
C'était un homme dont la tête était enfoncée dans la cuvette. Quelqu'un l'avait pourvu d'un tuba ce qui expliquait que l'homme respirait toujours.
« Ah oui, je suis désolé, les toilettes sont bouchées, déclara calmement John Watson, appuyé nonchalamment contre le mur des WC. Et avant que quiconque ne pût faire le moindre mouvement, il tira la chasse. Ce n'était apparemment pas la première fois.
« Tu, tu… bredouilla Grégory, incapable de formuler une phrase correcte.
_ J'ai fait le ménage. Chaque chose à sa place. Les merdes, c'est aux WC, déclara John d'un air déterminé et sur un ton qui laissait planer une sourde menace.
_ C'est Dave Sterston ! s'exclama Donovan alors que deux constables sortaient l'homme de la cuvette.
_ Bordel ! Tu te rends compte que tu as fourré le fils d'un chef mafieux dans les toilettes ! s'horrifia Grégory.
_ Tu as l'adresse du père ? Je voudrais lui envoyer la facture…
_ La… la facture ? bégaya Grégory.
_ Eh bien, oui. La lunette est cassée !
_ Bon sang, mais tu as perdu la tête ?! Il va chercher à se venger ! »
Grégory était au bord de la panique et le silence des autres participants n'arrangeait rien.
« Sincèrement ? J'en doute… »
John Watson avait un petit sourire très satisfait.
« Je suis sûr que tout le monde va bien se comporter à présent. »
Grégory entendit Sherlock déglutir bruyamment. Il suivit le regard du détective vers le plateau de cluedo cloué au mur. Il échangea un regard avec Mycroft. Oh bon sang !
