Note de l'autrice: Bonsoir, me revoilà pour un drabble :) Il a été rédigé à l'occasion d'une nuit du fof qui se déroule tous les mois dont le but est d'écrire sur un thème en une heure. Je vous conseille d'y aller et aussi participer. C'est convivial et amusant.
La tête dans le ouate
Il neigeait.
Le vent glacial le giflait. Ses joues le brulèrent. Il avait froid. Ses mains gelés ne parvenait que difficilement à se réchauffer dans les poches de sa veste. Ses habits trop fin n'étaient pas un rempart suffisant face aux bourrasques qui s'insinuaient dans ses vêtements, le glaçant jusque dans ses os.
Il claquait des dents, ne parvenant même pas à former une phrase cohérente. Audible. Mais personne n'écoutait. Il était seul dans cette tempête de neige, bataillant pour se sortir de cette forêt. Seuls des arbres enneigés à perte de vue l'entouraient. Il n'y avait qu'un paysage blanc à l'horizon. Il dev...ai...t...sor... ,balbutia intérieurement Quirell. Mais il n'y arrivait pas. Tout se ressemblait. Il ne savait même pas s'il était déjà passé par là. Il était perdu. Seul. Dans une tempête virulente.
Non.
Pas tout seul.
Il était là.
Il hésita. Ses mains se posant presque sur le turban qui recouvrait sa tête mais il se ravisa. S'il ne l'entendait pas... C'était que tout allait bien.
Et puis...il n'aimait pas être dérangé.
Malgré le tremblement incontrôlable qui parcourait ses membres, il s'enjoignit à se détacher de l'arbre, sur lequel il était adossé.
Et...à...mar...cher.
Les mots se brouillaient en lui ne devenant plus qu'incohérence.
Il toussa, ses yeux se fermant sous la brulure. Douloureuse. Ses doigts. Ils ne les sentaient plus. Il devrait sans doute paniquer. Oui. Mais il n'éprouvait plus rien. Sa respiration, haletante, entrecoupé alors qu'il essayait vainement de réfléchir, toujours appuyé à l'arbre.
Il était épuisé.
Ne parvenant même plus à ouvrir ses yeux.
Il n'avait pas dormi depuis des nuits. Des crépuscules. Occupé à ruminer. Lorsqu'il n'était pas là. Il pensait à pleins de choses. A des tas de choses inutiles.
Mais lorsqu'il était présent, en lui. Il se roulait en boule, sur lui-même, sans plus bouger, regardant ce qui l'entourait que par delà une fenêtre invisible. Où il n'avait rien à faire. Seulement lui laisser le contrôle.
Mais lorsqu'il ne lui parlait pas, c'était qu'il n'avait pas besoin de lui.
Et pourtant...
C'était comme s'il était là.
Sinon comment expliquer qu'il était en ce moment, recroqueviller, à terre. A même le sol neigeux. Et que lentement ses pupilles devenaient vitreux, si fatigué qu'il était. Comme une chose inéluctable. Il devait lutter. Mais il n'y arrivait pas. Son corps lui échappait. Incontrôlable comme depuis la première fois qu'il avait bégayé. Alors, il se laissa glisser, doucement vers le sommeil, ses membres tétanisaient par le froid.
Un grognement sourd retentit.
Il se réveilla en sursaut, s'était-il endormi? Il paniqua et ce son...
-Qu...qu...i...?
Pas. Ses mots ne sortaient pas. Comme toujours. Mais pire avec cet hiver glacial.
Il grelottait, l'angoisse lui nouant le ventre, n'ouvrant même pas ses yeux de peur...
Non.
Pas besoin.
A nouveau, un grognement sourd déchira le silence.
Non.
Il n'ouvrirait pas ses yeux.
Fati...gué.
A demi-conscient, il entendit des bruits étranges, bruissant plus loin. Mais tout ne lui parvenait que comme un écho.
Puis plus rien.
Et brusquement, il sentit quelque chose l'attraper.
Il n'avait même pas la force de tendre son corps. Lui qui était si souvent tendu, pétrifié de terreur, se relâchait là, à la mort. Mais à la place des bras de la faucheuse, il ressentit une douce chaleur sur sa tête jusque sur son cou. Il peina à ouvrir les yeux pour voir. Sa main déjà posé près de son épaule put palper l'étrange tissus. Du ouate. Chaud. Doux.
Chaleureux.
Enfin, il baissa les yeux. Ne pouvant distinguer à peine ce qui l'encerclait, tellement que sa vision était flou mais suffisamment pour qu'il puisse voir une couleur violette remplaçant son habituel tissus noir pour son turban.
Et alors, son regard se posa sur la silhouette, accroupi devant lui. Des cheveux marron. Un visage émacié. Barbu. Des pupilles étranges. Troublantes. Il baissa ses yeux. Regarda. Encore. Pour les remonter quelques secondes plus tard.
Nu.
Cet homme était nu.
S'il en avait encore la force, il aurait surement bégayé, rougissant, choqué. Mais il avait à peine pu remonter ses yeux, si lent à bouger, qui s'était de trop attardé sur le corps de cet homme qui se tenait en face de lui. Il aurait du s'inquiéter qu'une personne nue, était à côté de lui, proche, trop, à l'apparence sauvage. De de lo..loup, souffla son esprit.
Mais tout ce qu'il ressentait, c'était la douce chaleur autour de son crâne et de son cou qui lui fit coasser d'une voix émue, sans même qu'elle ne faillisse:
-Merci.
Et le visage de l'homme-loup s'étira en un sourire réconfortant qui lui donnait l'impression diffuse qu'il n'y avait pas que sa tête dans le ouate, au chaud, mais son corps tout entier qui vibrait d'une douce chaleur.
Voilà, c'est terminé :)
Sur ce,
A la prochaine!
EDIT: suite à des questions, je vais préciser un peu les choses, cela se situe avant la première année d'Harry pour Quirell et donc il se retrouve dans la forêt avec Voldemort et je l'imagines très affaiblit. Par tout ce qu'il doit faire. Et l'autre personnage, c'est Remus. Je l'imagines sauvage car on sait qu'il a un peu mal vécu et qu'il aurait été tout seul avant de revoir Harry notamment. Et après j'interprète cela comme ça. Qu'il est obligé de se cacher dans une cabane dans la forêt, pour se transformer et tout. Qu'il vit un peu en deuil aussi.
