Disclaimer : Les personnages appartiennent naturellement toujours à KURUMADA.
Auteur : Newgaia
Rating : T
Genre : Angst –Tragédie– Shonen-ai.
CHAPITRE 4 : LA METAMORPHOSE D'APHRODITE
Je pris le chemin du retour en Grèce en sachant que je laissais derrière moi mes derniers moments d'insouciance, et surtout, l'illusion toute relative d'une certaine indépendance. Il me faudrait dorénavant faire face aux exigences d'un devoir qui me mettrait parfois en réel porte-à-faux avec les fondements mêmes de mon enseignement. Je l'acceptais, bien que je n'ignorasse pas non plus que ma conscience en paierait le prix et les conséquences. Mon Maître en son temps s'était plié à ce paradoxe, par amour envers Athéna, et foi en l'engagement de notre Déesse pour aider le genre humain. A mon tour, je ne faillirais pas à ma tâche, même si je devais y perdre la pureté de mon âme.
Je quittais la douceur d'un havre de paix coupé du monde, sans savoir si je pourrais y revenir un jour. Seule la tragédie de la mort de mon Maître assombrissait ce séjour. J'avais fini par cicatriser, bien que la boursouflure de la tristesse de son trépas me hanterait encore des années durant. Je regrettais surtout que le secret lié à la préservation de ce lieu d'exception m'interdise de te le faire découvrir un jour. Tu aurais aimé ce jardin sauvage et exotique, ouvert sur la réalité du monde primordial qui s'effaçait peu à peu partout ailleurs. Notre séparation ne ternissait en rien le souvenir que je gardais de toi. Les milliers de kilomètres et les années d'absence qui nous éloignaient ne comptaient pas. Avec le temps, je finissais par sublimer notre amitié d'enfance, à la manière d'un élément inaltérable et éternel. Mon Maître avait réussi à m'ouvrir les yeux sur les dangers de l'attachement lorsque l'adversité ou les évènements vous forcent à combattre un être aimé, il m'avait fait toucher du doigt la cruauté que peut revêtir l'amour, mais pas la façon dont la perversion peut en altérer l'éclat. La naïveté qui m'habitait alors n'avait d'égale que mon désir de retrouver intact cette relation privilégiée que nous partagions autrefois. Tu allais rapidement te charger de la déchiqueter menue. Mais alors que j'abandonnais la touffeur de la jungle pour le soleil écrasant d'un été grec particulièrement chaud, je nourrissais encore secrètement la joie de te revoir.
Mis à part l'impatience de te retrouver, revenir au Sanctuaire me laissa indifférent. Extérieurement, l'image du Domaine Sacré semblait inchangée. Vaste décor théâtral d'un autre temps, immuable et comme figé dans la parenthèse d'une époque ancienne qui maintenait la plupart d'entre nous dans des conditions de vie difficiles. Athéna assumait entièrement l'ascétisme de notre ordre guerrier et nous vivions à la manière des croisées d'autrefois sans nous poser davantage de questions. Mais qu'en étaient-ils pour la masse des anonymes sans qui notre quotidien aurait été impossible ? Mis à part l'arrivée de l'eau courante et l'utilisation restreinte de quelques générateurs électriques, notre Grand Pope Shion n'avait guère suivi l'évolution du monde, et la petite enclave de Rodorio par laquelle transitaient la plupart des marchandises indispensables à notre survie, avait quelque chose des plus pauvres villages indiens que j'avais traversés. Je n'en avais que plus de respect pour la femme déjà âgée qui entretenait mes maigres affaires, et je ne manquais pas de la remercier ou d'échanger avec elle quelques mots lorsque je la croisais. Bien qu'informelle, une sorte d'amitié feutrée finit par s'installer entre nous. Et je dois dire que sans parler de me comprendre, ce fut bien l'une des seules personnes à me témoigner un peu d'affection le temps que je demeurais au Sanctuaire.
Je passais brutalement d'un statut de Dieu vivant, vénéré, écouté, et j'ose le croire, aimé, à celui d'une sorte de curiosité incomprise, dont dans le doute on préférait se tenir éloigné. Pour être juste, je reconnais que ma dévotion ou mon absolu dévouement envers Athéna n'ont jamais été remis en cause, et que très vite on s'est mis à parler avec considération de mes pouvoirs. Mais ma façon d'être dérangeait. Trop silencieux, trop solitaire, trop méditant, trop bouddhiste. Bref, pas assez figure locale. Déjà avant moi, mon Maître avait eu droit au cortège des chuchotements curieux. J'avais eu des années pour m'y préparer, et je n'en faisais pas vraiment cas. Par contre, l'absence totale de relations entre les chevaliers d'Or de la nouvelle génération m'interpelait davantage. Tout en se liant plus ou moins en fonction de leurs affinités, nos Maîtres me paraissaient infiniment plus cordiaux et conviviaux entre eux. Pour nous, le mot d'ordre semblait être : ignore tes pairs et tiens-toi en le plus éloigné possible. Conception assez contradictoire pour la cohésion d'un groupe armé, même si pris individuellement nous représentions plusieurs régiments à nous tout seul.
Cette aberration m'étonnait de la part Shion. Les souvenirs que je conservais de notre Grand Pope s'accordaient mal avec une organisation aussi individualiste. Tout comme je réprouvais sa décision de ne plus tenir de conseil réunissant les Ors rappelés au Sanctuaire, où son laxisme concernant la non élucidation des disparitions étranges parmi certains gardes ou serviteurs du Palais. Il conservait pourtant une popularité inaltérée lorsqu'il se rendait à Rodorio, et sa mainmise sur la gestion du Sanctuaire en attendant qu'Athéna grandisse s'accompagnait de décisions politiques apparemment forts judicieuses. Mon rôle de gardien s'arrêtait pour l'instant à préserver le Sanctuaire de tous dangers pouvant menacer notre petite Déesse censée vivre à ses côtés, à obéir à ses ordres, et à accomplir aux mieux les missions dont il me chargerait au nom d'Athéna. Mes alarmes n'avaient pas lieu d'être, et je me contraignais à méditer sur l'ambivalence du pouvoir, ses inévitables zones d'ombres et ses méandres difficilement accessibles aux mortels tenus à l'écart de certaines décisions.
Et au milieu de tout cela, ton incompréhensible manque d'empressement pour me rencontrer finissait de m'emmêler l'esprit. Objectivement tu me fuyais, mais je ne voulais encore voir que le poids de tes obligations dans ta façon de m'éviter. Je savais que tu te trouvais au Sanctuaire, gardien de ton temple et responsable du jardin qui va avec. La position centrale du mien en faisait un accès idéal pour emprunter l'un des larges chemins qui menaient à l'arène principale. Avec l'impatience retrouvée de mes six ans, je guettais ton passage. Nos entraînements spécifiques se passaient dorénavant loin des regards indiscrets, mais nos Maîtres nous avaient habitués à se confronter de manière plus physique. Les combats qui les opposaient réunissaient généralement tous ceux qu'une activité annexe urgente ne retenait pas autre part. Admirer leurs prestations aux différents arts martiaux en tentant d'apprendre un centième de leur maîtrise de l'attaque et de l'esquive, participait à la cohésion et au renforcement de l'ensemble du groupe. Mais apparemment, cette tradition venait elle aussi en grande partie de se perdre. Rapidement, je dus me rendre à l'évidence. Tu ne témoignais aucune sorte d'intérêt pour les entraînements de démonstration pris en commun. Et tu n'étais pas le seul. Je me rendis vite compte que croiser un autre Or dans le cadre de notre vie quotidienne relevait de l'exploit. S'il ne se focalisait pas sur ses missions, chacun se cloîtrait chez lui. Mis à part Milo, Aiolia, et Aldébaran dont je percevais parfois un écho de cosmos assez proche, aucun des autres ne se rejoignaient jamais. Pas de manière publique en tout cas. N'étant pas d'un naturel particulièrement bavard, et surtout me sentant toujours incontestablement maladroit pour lancer une conversation, je me voyais mal rompre cette nouvelle habitude. Une seule personne pouvait m'inciter à poser volontairement le pied hors de mon temple, mais à ma grande déception, elle ne se manifestait pas. Et pourtant, tu ne pouvais pas ignorer que j'étais revenu. Pour les autres, les situations différaient tout en excluant que je les aborde.
Mu avait rejoint Jamir tout juste après avoir reçu son armure alors qu'il était encore un enfant, et un peu étrangement depuis, il se tenait éloigné de son ancien Maître. Saga avait disparu du Sanctuaire pratiquement à la même période, et personne ne semblait capable de dire ce qu'il était devenu. Angelo, qui se faisait appeler Death Mask depuis son intronisation, passait le plus clair de son temps en missions extérieures ou à terroriser les autres lorsqu'il rentrait, et je n'en gardais que des souvenirs déplaisants. Aldébaran, à qui avait été confié une grande partie de la sécurité du Sanctuaire, ne possédait plus une minute à lui. Milo s'absentait dès qu'il disposait d'un temps de liberté pour une destination qu'il tenait secrète. Le vieux Maître Dohko avec qui je n'avais encore jamais eu de contact s'enracinait aux Cinq Pics. Shura endurcissait son cœur en faisant cavalier seul depuis la mort d'Aioros, pourtant considéré comme traître. Aiolia vivait mal le déshonneur de son frère, et réservait sa générosité à son seul ami Milo. Camus passait le plus clair de son temps en Sibérie, où la formation d'un deuxième apprenti venait de lui être confiée. Quand à toi, si de fréquents déplacements t'éloignaient du Sanctuaire, tu t'ingéniais à m'éviter le reste du temps. Au bout de trois mois de ce petit jeu, je finis par me rendre tristement à l'évidence. Où que je me rendisse, quoique je fisse, tu t'ingéniais pour te retrouver le plus loin possible. Je n'étais pas encore parvenu à t'apercevoir une seule fois. Si au moins j'avais su pourquoi tu me fuyais ainsi. Cette question me ravageait. Qu'avait-il bien pu se passer ?
L'automne marquait à présent son ascendance avec la force du déploiement de son tapis de rouille. Nos temples sont des lieux de passage relativement épargnés, et je méditais dans le mien généralement en toute tranquillité. Ma concentration n'excluait pourtant pas le besoin d'entrer en contact avec la vie extérieure de temps à autre. Le Grand Pope m'avait demandé de revenir, mais il ne me recevait pas. Je trouvais ça étrange, et mon inactivité forcée finissait par se tourner en ennui. Ni tenant plus, un matin je brisais le rituel immuable de ma journée. J'avais besoin de sentir le souffle du vent sur ma peau, de respirer l'air frais, de poser mon attention sur la vie extérieure, d'oublier que tu m'avais inexplicablement chassé de tes centres d'intérêts. Mais je désirais aussi profiter de ma promenade loin des regards indiscrets. Le Sanctuaire ressemble à une ruche au bourdonnement continuel. Entre les serviteurs, les gardes, les apprentis et les chevaliers présents, il est impossible de s'isoler durablement si l'on ne s'écarte pas des sentiers battus. Je profitais de l'aurore pour m'aventurer dehors, alors que le manque de lumière dissimulait encore ma silhouette. Il y avait peu de risque pour qu'un importun m'aborde, mais je voulais réduire cette éventualité au minimum. Me distraire d'un chagrin que je ne nommais pas, tel était le maître mot. Et ce fut guidé par une habitude ancienne, que je pris plus ou moins consciemment le chemin de notre jardin. Nourrissant l'espoir de le revoir à tes côtés, je n'y avais pas encore remis les pieds. A présent, cet enfantillage m'apparaissait dans toute la futilité de sa naïveté. Et pourtant, je n'avais qu'une hâte : fouler de nouveau ce lieu, source d'un de mes plus grands bonheurs d'enfant.
Grignoté sur son pourtour par la végétation sauvage, le jardin avait rétrécie. Mais je constatais avec un peu de surprise, que même négligé, il n'était pas abandonné. En partie dissimulé par un pied d'asters en fleurs, un buisson de roses à la forme parfaite l'attestait. J'en fus à la fois heureux et d'autant plus dépité. Un tel bouillonnement de sentiments ne faisait pas honneur à ce celui que je me devais de représenter, et je m'assis pour méditer auprès de la source. Ma maîtrise me permit de retrouver relativement rapidement un esprit plus calme, et mon cosmos agité s'assagit jusqu'à devenir indiscernable. C'est sans doute ce qui te trompa. Peu désireux de signaler ta destination, tu progressais à peu de distance en étouffant également toute marque de toi-même. Je n'identifiai ta présence qu'au tout dernier moment, lorsque tu débouchas de l'unique sentier étroit et épineux, qui serpentait du plateau. Je n'eus que le temps de me relever avant que tu ne m'aperçoives. J'avais rêvé de ce moment en m'imaginant mille scénarios possibles, mais certainement pas celui de la gêne et du désarroi qui me paralysèrent alors. De ton côté rien ne vint te trahir. C'est à peine si tes doigts se refermèrent un peu trop sur la branche de pin que tu écartais pour faciliter ton passage. Suspendant ton geste en conservant la main sur les aiguilles odorantes, une fraction de seconde tu parus hésiter, avant de te figer dans une incontestable attitude défensive. Le cœur battant et l'esprit en déroute, je résistais au besoin de m'avancer vers toi, tout en te dévorant de ce regard intérieur à l'acuité bien plus grande que celui de la vue elle-même.
J'avais quitté un enfant à la beauté incontestable. Je retrouvais un adolescent magnifique. Le nom attribué par ton Maître en te découvrant n'avait rien de surfait. La grâce androgyne de ton corps répondait à la délicatesse de tes traits. Le bleu azuréen de ta longue chevelure bouclée s'accordait à la profondeur de tes yeux clairs pour te donner l'air d'un ange. Et pourtant, un élément inquiétant venait briser ce tableau idyllique. Tu portais la superbe de tes seize ans avec une suffisance qui touchait à la fatuité. J'avais l'impression de me retrouver devant le masque dépourvu de sensibilité de la plus belle des poupées en porcelaine. Ton expression autrefois si douce et si tendre lorsqu'elle se posait sur moi demeurait fermée. Bouleversé intérieurement, je cherchais en vain ce qui pouvait me valoir une telle animosité. Et puis brusquement, tu t'es détourné. Sans un mot. Sans un sourire. Un coup reçu en pleine poitrine n'aurait pas pu me faire plus mal. Je ne me faisais plus beaucoup d'illusions, mais je ne m'attendais pas à un tel dédain de ta part. Bousculant mon enseignement et les valeurs natives bouddhistes profondément ancrées en moi, je fis alors un pas en avant avec la spontanéité que toi seul es toujours parvenu à faire naître.
« Aphrodite ! »
Mon cri devait vraiment avoir quelque chose de pitoyable. Je t'ai vu t'arrêter, puis, un battement de cœur plus tard, te retourner pour me faire à nouveau face. Tu as paru soudain troublé. C'est à ce moment précis que je me suis aperçu que j'avais ouvert les yeux. Sans le vouloir. L'émoi de me voir repoussé me faisait instinctivement t'offrir ce que j'avais promis de te réserver lorsque nous serions seuls. Relever mes paupières rompit également la dernière digue des larmes que je te cachais, et je sentis deux sillons mouillés parcourir mes joues. J'étais chevalier. La honte et la conviction de t'avoir définitivement perdu me firent baisser le nez. Avec désespoir, je refermai les yeux. Ce fut ta main sur mon visage qui me ramena à la réalité. Saisissant mon menton avec une certaine rudesse, tu m'obligeas à relever la tête.
« Un Or ne se rend jamais Shaka. Que ce soit à un ennemi, ou à celui qu'il a cru être son ami. »
Tu ne m'avais jamais parlé aussi sévèrement. La dureté de tes derniers mots me crucifiait. Et pourtant, tu te tenais devant moi.
« Tu m'avais promis de revenir. Tu es là, et je suis là moi aussi, tentais-je maladroitement.
– Les serments d'enfants n'engagent que les faibles. Je crois que nous avons prouvé tous les deux que nous appartenons à une autre catégorie. Nous avons dépassé le domaine des rêves. Ils ne se réalisent d'ailleurs jamais. Le temps vécu loin du Sanctuaire ne t'a donc rien appris ? »
Tu me parlais presque avec mépris, et pourtant je lisais une sorte d'incertitude en toi.
« Il reste l'amitié, murmurais-je en me raccrochant à l'image du doux Aphrodite qui subsistait dans ma mémoire.
— Que sais-tu de l'amitié Shaka ? Mis à part moi, à qui peux-tu te référer ? Tu n'as jamais été capable de te lier à personne d'autre.
— Mon Maître m'appréciait, me défendis-je.
— C'est sans doute pour ça que tu l'as tué. »
Ta cruauté me coupa le souffle. J'aurais dû te planter là en redressant le menton avec le peu d'orgueil qu'il me restait encore, mais je ne parvenais pas à admettre que tout était terminé entre nous. J'avais beau tenter de museler mes émotions, je me doutais que tu devais décrypter en partie ma douleur sur mon visage. Le tien demeurait froid et sévère. Pourtant, une fois encore je ressentis de l'indécision en toi. Tu semblais me haïr, et pourtant je percevais comme un appel informulé. Ravalant ma fierté, je décidais de me fier à mon sixième sens.
« Alors apprend-moi. »
Ma réponse désamorça ta colère, où tout au moins le masque qui en prenait la figure. Je vis tes traits retrouver une sorte de nostalgie douce, mais tu ne semblais pas heureux du choix que je venais de t'obliger à faire.
« Shaka, je suis désolé que tu fasses les frais de ce que je suis devenu. Mais je n'ai pas l'intention de m'amender pour te complaire. Si tu restes auprès de moi, tu finiras par te brûler les ailes.
— Non. Et je parviendrais même à te rendre les tiennes », objectai-je avec la conviction du petit espoir que tu venais de me donner.
Mon entêtement finissait par payer, et je vis enfin l'ombre d'un vrai sourire se dessiner sur tes lèvres. Fugace, mais bien réel.
« Ouvrez-les encore pour moi »
Comprenant sans difficulté l'objet de ta demande, je t'obéis en te dévoilant pour la seconde fois mes iris d'un bleu presque aussi clair que les tiens. J'étais encore plus petit que toi, et je devais relever la tête pour conserver mon regard plongé dans le tien. Je te souriais avec confiance, et retrouvant un geste ancien, tu replaças une mèche folle derrière mon oreille.
« Je ne pourrais pas toujours te protéger contre moi-même petit frère, murmuras-tu en achevant ton geste.
— Je suis assez grand pour me protéger tout seul. Mais ne me laisse pas à ma solitude.
— Alors promets-moi quelque chose.
— Tout ce que tu voudras. »
Ma spontanéité t'a de nouveau fait sourire, mais c'est d'un air grave que tu m'as mis en garde.
« A moins d'y être convoqué, ne t'approche jamais du Palais. »
J'allais t'interroger sur cette étonnante recommandation, lorsque je sentis un cosmos détesté nous rejoindre.
« Qu'est-ce qu'il vient faire ici ? me braquai-je instantanément en refermant les yeux.
— N'oublie pas qu'il connait le chemin, me rappelas-tu avec un petit rire amusé. Il sait que je viens là parfois. Et je lui ai donné l'autorisation de venir m'y chercher s'il a besoin de moi.
— Besoin de toi ?
— Le grand pope exige quelquefois que Death Mask et moi travaillons ensemble. »
Il n'y avait rien là de très extraordinaire, mais cet état de fait me contrariait.
« Et il a changé ? te demandai-je en pinçant les lèvres
— Pas vraiment.
— Alors pourquoi ai-je l'impression que de devoir le côtoyer te dérange moins que lorsque nous étions enfants ?
— Evite-le », as-tu simplement répondu en refusant de me donner une explication.
Sans doute désireux de ne pas m'imposer cette mauvaise rencontre, tu allais t'élancer sur le chemin pour le rejoindre, lorsque d'un geste vif, je te retins par le poignet.
« Aphrodite, quand te reverrai-je ?
— Bientôt. Mais ne cherche jamais à me rencontrer. Ce sera moi qui te rejoindrai. »
Et me laissant méditer sur ces nouvelles paroles étonnantes, tu disparus dans la végétation épineuse.
