Par qu'il pleut des reviews, parce que ce sont d'adorables reviews extrêmement motivantes, parce que je suis gentille et parce que OH MON DIEU PBG A KIFFÉ… Bref, le chapitre 3 est en avance de quelques jours.

Qui a vu le final de la saison 4 ? Levez la main que je vous compte ! Parce que je pense avoir perdu le sommeil jusqu'à septembre, là…

! News ! La rédaction du tome 2 est à l'arrêt. Je pense que ce n'est pas sans rapport avec le final de la saison 4 (ahem), mais c'est aussi que je suis un peu débordée. J'ai déjà vingt-cinq pages sous le coude, alors je peux me permettre une pause, mais j'ai pas non plus envie de tout laisser en plan. Le découpage et la relecture du tome 1 avancent chapitre par chapitre, mais on sera dans les temps ne vous inquiétez pas. Par contre je commence à réaliser que j'ai probablement de quoi vous tenir au moins jusqu'aux vacances d'été. Voir au delà. Pour le tome 2, on va tabler sur septembre, ce qui le fera paraître en même temps que la saison 5. Pas sûr que ça soit un bon timing, je vais y réfléchir…

Note: après relecture je me suis faite la réflexion qu'un agent secret ne témoigne pas à un procès, à plus forte raison lorsque le dis procès est blindé de journalistes. Considérez que Callen a témoigné à huis clos au procès de Fryman, lors de l'audience avec le procureur, et qu'il s'est contenté d'être présent dans le public, anonymement lors du procès. Je tenais à le dire.

Réponses aux reviews des non enregistrés :

Marine : Merci :D Pas de fic sur Nell et Eric de prévue pour le moment. Je ne suis pas fan d'écrire des romances pour écrire des romances. Je le ferai si l'inspiration vient, si j'ai une histoire à raconter derrière. Mais dans l'immédiat, j'ai d'autres chats à fouetter –un, en particulier, je ne cite personne, suivez mon regard… J'espère que le prochain chapitre te plaira !

Merci aux habitués, toujours au rendez-vous, et à qui j'ai déjà répondu en privé ) Bonne lecture !

Chapitre 3 : Les vœux jamais exaucés

…Et Callen céda. Il évita d'y penser pour ne pas paniquer. Il évita d'y penser en se laissant tomber plus qu'il ne s'assit dans le fauteuil que lui désignait l'assistant social d'Alex Fryman. Merde, ça ne lui avait vraiment pas manqué, ces foutus bureaux genre cabinet de psy mais en plus bordélique.

- Z'êtes là pour qui, déjà ?

Ça commençait très bien.

- Fryman.

- Ah ouais, la demande de prise en charge. Bon, alors j'ai jeté un coup d'œil. Comme vous êtes pas de la famille, c'est pas très évident point de vue administratif. Vous avez plusieurs possibilités. Le plus simple ça serait carrément de l'adopter, mais j'ai cru comprendre que c'était pas l'idée…

- Ça l'est pas, confirma Callen, en se redressant nerveusement. Je peux pas juste signer un papier disant que j'en prends la responsabilité s'il lui arrive un truc ou qu'il fait une connerie ?

- Vous seriez de la famille, ça serait sûrement à peine plus compliqué que ça. Mais ce n'est pas le cas. L'autre option c'est de le prendre en charge à titre de famille d'accueil, mais y a dix plombes d'organisation, d'administration, d'enquêtes et d'évaluation psychologique à faire, et…

Callen éclata d'un rire sans joie qui coupa net le sifflet de son interlocuteur. L'instant d'après, il le fixait d'un air très froid. Il parla d'un ton féroce :

- Vous foutez pas de moi. J'ai été là dedans. J'ai vu un môme de quinze piges se faire battre à mort par son père d'accueil bourré. J'ai vu des familles avec un adulte seul pour gérer une douzaine de gosses dans une baraque insalubre avec à peine assez de pièces pour qu'on se marche pas dessus. Alors vous pouvez arrêter tout de suite le baratin sur les enquêtes et les évaluations psychologiques. C'est clair ?

L'homme s'éclaircit la gorge en arrangeant ses papiers, visiblement mal à l'aise.

- Très clair, Monsieur, dit-il finalement. La seule autre option que je vois serait de faire placer le jeune Fryman sous votre responsabilité à titre de tuteur légal. Les formalités ne devraient pas être trop longues. Par contre, il faudra vous attendre à une visite des services sociaux, avant et/ou après la prise en charge de l'enfant.

Callen se renfonça dans son fauteuil en haussant les épaules, les mains dans les poches de son sweat.

- Je m'inquiète pas trop pour ça. Qu'est-ce qu'il faut je fasse ?

L'autre lui tendit un formulaire de plusieurs pages.

- Voici la demande de prise en charge. Essayez de la remplir le plus complètement possible, ça évitera les prises de retard et les appels de l'administration pour compléter les blancs. Je ferai remonter moi-même la demande à qui de droit. Il n'y en a pas énormément de cette nature, alors le dossier devrait être étudié sous deux à trois semaines. Laissez-moi vos coordonnées et je vous appellerai dès que nous aurons une réponse.

- Et ensuite ? demanda distraitement Callen, qui feuilletait le formulaire en fronçant les sourcils.

- S'ils répondent affirmativement, vous repasserez ici signer quelques papiers, et je ferai aussitôt transférer Fryman chez vous. Il est au courant ?

- C'est son idée, admit l'agent senior. Mais je lui ai pas dis que je venais vous voir. Pour pas lui donner de faux espoirs.

L'autre approuva d'un hochement de tête.

- Apportez-moi le formulaire rempli et signé, avec tous les papiers demandés dès que vous les aurez, et je transmettrai au plus vite.

- D'accord, je m'en occupe.

NCIS LA

Callen n'avait pas pu repasser chez lui en sortant des services sociaux, il était tôt et il devait aller bosser. Alors il avait planqué les papiers sous la banquette arrière de sa voiture. C'était tout con, il ne savait pas pourquoi il agissait comme ça… Comme si c'était un secret qu'il ne voulait même pas confier à Sam… Ou peut-être pour ne pas entendre ce que Sam en penserait –parce qu'il se doutait bien de ce que Sam en penserait… Et pourtant à cet instant il aurait tellement voulu lui demander son avis ! Lui dire ce qu'il était en train de faire pour qu'il le raisonne, qu'il l'en empêche ! Parce qu'il se connaissait, si personne ne l'arrêtait il allait continuer ses conneries jusqu'à se planter dans un mur –et le petit avec lui ! Décidément, il était tombé sur la tête… Plus il y pensait plus il avait l'impression que c'était une mauvaise idée. Sauf que c'était la seule idée. La seule qui valait quelque chose, en tous cas…

Plus tard, seul chez lui, il eut quelques crises de fous rire en lisant certaines des questions du formulaire. À d'autres moments, il eut juste envie d'écrire 'fuck' dans certaines cases, considérant que ça ne les regardait pas. Il se contint.

Quand on lui demanda un mot pour qualifier son lien avec l'enfant, il fut un peu embêté et ignora ce passage. Mais il fallut bien y revenir à un moment donné. À cours d'idée, il écrivit ami en se traitant mentalement de tous les noms. En dessous, il y avait quelques lignes vides : on lui demandait d'expliquer pourquoi est-ce qu'il voulait prendre Alex en charge et en quoi il se croyait apte à s'occuper de lui. Encore une fois, il dut se retenir de raconter n'importe quoi –la vérité, quoi. Il gribouilla un truc comme quoi il était passé par là étant enfant et ne voulait pas qu'Alex vive la même chose. C'était ce qu'il avait de plus proche de la vérité en magasin. Pour le reste, il broda, s'inventa des neveux et nièces à droite et à gauche, sans donner trop de détails des fois qu'ils aient envie de vérifier. Il ne doutait pas vraiment de la réponse, les services sociaux étaient tellement débordés qu'ils allaient sauter sur l'occasion de se débarrasser d'un de leurs gamins, a fortiori un fugueur récidiviste. En rapportant le dossier au bureau de l'assistant, Callen songea à toutes les fois où, roulé en boule dans son lit, il avait fermé les yeux et prié très fort que quelqu'un vienne le chercher, dise que c'était une erreur, que sa famille était à sa recherche, et le ramène chez lui. Personne n'était jamais venu. Et bizarrement, sans qu'il sache trop pourquoi, savoir qu'il allait rendre ça réel pour Alex le faisait se sentir mieux par rapport à ce vœu jamais exaucé. Rien à foutre du destin et des épreuves. Il n'était plus un petit garçon terrorisé.

Il ne vit pas Alex au cours des semaines suivantes, ce qui l'arrangeait bien. L'équipe se plaignait souvent que les terroristes n'avaient aucun timing, les pires affaires apparaissant toujours quand ils avaient autre chose de prévu, voir quand ils étaient débordés. Pour le coup Callen aurait pu envoyer des fleurs à la cellule iranienne qui avait piqué deux ogives nucléaires à un convoi, le mois précédent. D'autant que maintenant qu'il y était, il s'apercevait qu'il attendait l'appel de l'assistant social avec une impatience grandissante. Il passait sa vie à tripoter son téléphone, vérifiant toutes les cinq minutes qu'il n'avait pas de message, comme un ado qui attend un coup de fil de la fille qu'il drague. Terrifiant. Bien sûr, Sam avait capté qu'il se passait quelque chose. Il avait bien posé quelques questions mais, constatant que son partenaire était mal à l'aise et ne voulait pas parler, il s'abstint de le cuisiner. Callen lui en fut silencieusement reconnaissant, même s'il n'en attendait pas moins de lui.

Deeks venait de proposer d'aller boire une bière et de se faire un billard, ce vendredi soir-là, déclenchant un concert d'approbation parmi la petite bande qui avait besoin de se détendre, lorsque le téléphone de Callen vibra sur son bureau. Il décrocha immédiatement.

- Callen ! … Ok, quand est-ce que je peux passer ? … Très bien, je suis là dans quinze minutes, attendez-moi. … Non, pas besoin, je lui dirai moi-même, dîtes lui juste qu'il va déménager, qu'il prépare ses affaires. Quand est-ce que je peux… ? … Oui, ce soir c'est bien, inutile que ça traîne. Bon, j'arrive.

Ce ne fut qu'en agrippant son sac qu'il réalisa que tout le monde avait écouté sa conversation.

- Pas de billard, alors ? conclut Marty.

- Désolé, mec, une autre fois, j'ai un truc urgent à faire…

- On peut savoir ce que c'est ? s'enquit Kensi, alors qu'il passait devant elle en coup de vent.

- Nope ! lança-t-il depuis l'autre bout du couloir.

L'instant d'après, il était dans la rue. Il ignora le « Tu m'inquiètes, G » de Sam, qui fit vibrer son portable au cours des minutes suivantes. Il avait toujours cette foutue impression de faire une énorme bêtise, mais maintenant il était trop tard pour faire machine arrière. L'assistant lui tendit un stylo en guise de bonsoir, lorsqu'il entra dans son bureau. Il relut les papiers en diagonal avant de signer. Il voulait s'en débarrasser. Quand ce serait fait, au moins il pourrait arrêter de douter.

- Le gosse fait ses bagages ?

- Oui, je viens d'avoir sa famille d'accueil, ils lui ont dis qu'il partait. Vous allez le chercher de suite ?

- Ouaip, comme je vous l'ai dis pas besoin que ça traîne…

Pour la première fois depuis le début de cette histoire, l'assistant sembla réfléchir sincèrement au bien fondé de ce qu'il était en train de faire. Cet homme un peu froid, et visiblement pas tout à fait en paix avec lui-même, était-il à même de s'occuper d'un enfant ? Bien sûr, il n'avait pas le temps de se poser la question, il avait cinquante nouveaux dossiers par jour à gérer. C'était à se demander d'où tombaient tous ces gosses sans famille… Oh, une fois sur deux c'était juste des gamins qui se retrouvaient provisoirement livrés à eux-mêmes après la mort d'un proche, on leur retrouvait des oncles, des tantes ou des grands-parents dans les jours qui suivaient. Mais il y avait ceux qui débarquaient avec l'âme en vrac, complètement seuls au monde, et face à la détresse desquels les psys et assistants débordés ne savaient que faire. Cet olibrius là faisait visiblement parti de la seconde catégorie. Tout comme le petit Fryman.

Callen repoussa les papiers signés sur la table, interrompant le cours des pensées de l'assistant. Bon, bah c'était fait, maintenant, de toute façon. Doucement, presque hésitant, il s'empara des papiers et entreprit de les ranger dans le dossier Fryman/Callen.

- Bon… Et bien…

Il allait dire 'félicitations', mais ça n'était peut-être pas de rigueur. Callen lui tendit une main qu'il serra, lui souhaita bonsoir et s'en alla comme il était venu. L'assistant secoua la tête en réprimant un bâillement. C'était pas forcément une bonne idée, mais ça n'était plus de son ressort, et il avait trop de boulot pour courir après qui que ce soit. Advienne que pourra.

NCIS LA

Alex fut aussi surpris que content de le voir, d'autant que pour une fois Callen vint le chercher dans sa chambre plutôt que de l'attendre en bas, dans sa voiture. Le petit n'avait qu'un grand sac de sport. Ses quelques affaires ne le remplissaient même pas.

- T'as rien récupéré d'autre, quand tu es passé chez toi ?

Il haussa les épaules sans répondre. L'agent senior songea qu'à l'époque, le petit avait dû s'auto persuader que la situation était provisoire et qu'il retournerait sous peu vivre avec son père.

- Si tu veux récupérer d'autres trucs, un de ces jours, t'auras qu'à me le dire et je t'emmènerai.

- Ouais, d'accord. Je vais chez toi en attendant ma nouvelle adresse ?

- Nope, pas exactement.

Ils avaient claqué les portières. Alex, curieux, en oublia de mettre sa ceinture.

- Comment ça ? Tu m'emmènes directement dans ma nouvelle maison ?

- Je suppose qu'on peut dire ça, oui. Mets ta ceinture et je t'explique, ajouta-t-il en démarrant.

Il attendit que le petit se fût exécuté pour lui donner la photocopie du papier signé chez l'assistant social.

- C'est quoi ?

- T'as qu'à lire…

C'était une gentille plaisanterie, il y avait trois pages recto verso, et c'était écris tout petit avec plein d'asterix renvoyant à la fin du texte.

- En gros, j'espère que t'aime les surgelés parce que je suis une quiche en cuisine, et qu'on va cohabiter pendant les six ou sept prochaines années.

Alex ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois comme un poisson hors de l'eau, son regard allant des papiers portant la signature de Callen à l'agent en question. L'adulte le regarda faire trente secondes avant d'éclater de rire. Pour évacuer la nervosité.

À suivre…