-RWHP-
Bonsoir ! Quoi ! Comment ça j'ai un jour de retard ! ( et même deux vu que je publie à minuit pile :p)
Pour vous donner une idée de l'exploit, samedi je n'avais écrit que 3 pages, huhu.
Le prochain chapitre sera en ligne le dimanche 22 mai et le titre sera : "Toi et Moi".
Note 1 : Harry et Ron sont panamoua é_è
Note 2 : J'espère que ce chapitre vous piquera pas trop les yeux, je n'ai pas de béta.
Note 3 : Merci à Artoung, SeanConneraille pour leur soutient. C'est graçe à leur quizz de minuit pour me faire nécrire si je perd que j'ai fais aussi vite :D ! (oui, je suis nulle en quizz)
ENJOY
Chapitre 4 : La Meute
-RWHP-
Les boites, bonbons, jouets multicolores qui peuplaient les étagères conféraient à l'endroit une atmosphère assez lugubre maintenant que le magasin était vide. Ou alors, c'était juste parce qu'il était déprimé, songea pensivement Ron. Il ramassa un boursouflet qui avait roulé sous une étagère et le remit à sa place dans une boite.
-C'est bon pour ce soir. Merci, Ron. J'aime bien quand tu t'engueules avec Mione parce qu'après tu viens toujours m'aider ici !
Ron grogna tout en attrapant sa veste et il quitta la boutique sous le rire de George Weasley.
-RWHP-
Le rouquin fixait distraitement ses trop grands pieds qui se posaient successivement sur les marches alors qu'il gravissait l'escalier de son immeuble.
Doucement, silencieusement.
Il savait qu'au moindre bruit, la vieille folle du premier ouvrirait sa porte en braillant sur son arthrite qui l'empêchait déjà de dormir, ses cheveux gris entortillés autour de bigoudis rose fluo.
Ce qu'il pouvait haïr cette commère qui surveillait les moindres faits et gestes de l'immeuble !
Surtout que là, il n'avait aucune envie de parler à qui que ce soit.
Après avoir passé la soirée à donner un coup de main à la boutique de George, son unique envie était de se laisser tomber sur son lit et, si possible, d'élaborer en même temps un plan pour retrouver son meilleur ami et sa petite amie.
Oh, et il fallait qu'il trouve une excuse pour le boulot aussi !
Qu'avait-il crût ?
Cela lui avait prit presque cinq ans pour se rendre compte que l'admiration et l'amitié qu'il éprouvait pour Harry cachait sans doute quelque chose de plus profond; puis cinq années supplémentaires pour réaliser qu'embrasser son meilleur ami -ou même lui faire un câlin- ne le dérangeait pas plus que ça.
Harry n'avait visiblement pas fait ce chemin là. D'ailleurs, si ça se trouve, il ne ferait jamais ce chemin là.
Le roux le savait pertinemment et pourtant il n'avait pu résister.
Réveilles toi crétin de Ron !
Tu as un bon boulot, une petite amie géniale, une famille qui t'aime et le meilleur ami dont on puisse rêver. Des tas de gens tueraient pour avoir ta vie.
Que veux tu de plus?
Alors qu'il songeait en soupirant que sa conscience avait la même voix que sa mère, un hurlement bestial le figea. Des réflexes aussi automatiques qu'inattendus après une longue période de paix réapparurent et il se retrouva tapi contre le chambranle d'une porte, sa baguette à la main.
Des frissons d'angoisse familiers piquèrent son ventre alors qu'il se rendait compte que l'intrus était chez lui.
Ou les intrus à en juger par les nombreux bruits qu'il entendait :des bruits de casse, des grognements, quelque chose qui se renverse, un mur qui s'effrite.
Il pensa rapidement à prévenir Harry ou Hermione avant de se souvenir qu'il s'était disputé avec les deux.
Expirant lentement, il se força à avancer vers la porte.
Ils surent qu'il était là aussitôt qu'il posa le pied sur la dernière marche et pourtant ils ne firent aucun geste quand ils l'entendirent pousser prudemment la porte d'entrée avant de traverser le couloir à pas lents. Ils étaient figés dans un état de transe et d'agitation intérieure très intense. Dès qu'il franchit les portes du salon, Ron parvint à distinguer plusieurs silhouettes qu'il s'empressa de menacer de sa baguette.
Quatre.
Quatre visages humains étaient tournés vers lui exposant ainsi leurs yeux brillants et leurs canines sur-développées.
Des vampires ?
Non. Il émanait d'eux quelque chose de bestial et leurs peaux n'avaient pas la pâleur caractéristique des morts.
Un jeune homme lâcha précautionneusement le canapé qu'il était en train d'éventrer. Son jean moldu était déchiré et son tee-shirt paraissait trop petit pour ses épaules larges, il passa une main dans ses cheveux noirs tandis qu'un sourire coupable fleurissait sur ses lèvres.
-Bonsoir. Commença-t-il aimablement, sans prêter attention à l'attitude agressive qu'avait adoptée Ron.
-Bonsoir, répondit le rouquin en pointant sa baguette sur l'intrus. Puis-je savoir pourquoi vous saccagez mon salon en hurlant ? -Il s'interrompit pour regarder nerveusement les sortes de courtes griffes qu'ils arboraient à la place des ongles- Et puis, vous êtes quoi au juste ?
-Désolée pour votre salon. La femme qui venait de parler avait la quarantaine et une voix basse et langoureuse qui détendit quelques peu le sorcier. Votre odeur imprégnait les moindres recoins de cet appartement et cela nous a rendus très … «enthousiastes». Cela ne m'était pas arrivé depuis très longtemps, poursuivit-elle avec un petit rire de gorge.
-Nous sommes des loup-garous. Signala un homme dont les cheveux grisonnaient. Il se trouve que notre destin est lié au votre, Mr Weasley. Vous êtes notre alpha.
-Je pense qu'il doit y avoir erreur sur la personne, je ne suis même pas un loup-garou et ...
-Ce n'est pas un problème. Assura le garçon au jean déchiré. Ses yeux jaunes luisaient d'un éclat particulièrement vif, Ron décida alors qu'il serait celui dont il se méfierait. Les autres ne paraissaient pas agressifs pour un sou, ils arboraient même de larges sourires radieux.
-Nous devons faire vite, signala alors le quatrième individu, un homme noir d'une trentaine d'année portant des dreadlocks. Le bruit à sans doute réveillé les voisins et ce n'est qu'une question de minutes avant que la police ne rapplique.
Ron eut alors le vague espoir qu'ils s'en aillent sur le champ et sans provoquer de casse supplémentaire, malheureusement, le garçon aux yeux dorés se tourna vers lui avec un sourire affable.
-Vous nous suivez ?
Le sorcier prit d'abord le temps de regarder son salon ravagé ainsi que les canines meurtrières qui saillaient sur les lèvres des quatre intrus.
-Jamais de la vie. Conclut-il finalement. Maintenant je vous suggère de partir.
-Aucun mal ne vous sera fait. Nous voulons simplement discuter en un lieu calme et sûr.
-Sortez de chez moi ! Ron avait perdu patience. Je n'ai absolument rien à voir avec vous. Vous vous êtes trompé.
-Darren, calme toi ! La voix suave de la femme était teintée d'inquiétude et le rouquin n'eut aucun mal à identifier le dénommé Darren.
En effet, le garçon au jean lacéré le fixait avec colère, ses yeux brillaient tellement qu'ils en paraissaient fluorescents.
-On ne peut pas partir sans lui ! Il grognait plus qu'il ne parlait. On n'a plus le temps. SUIS NOUS ! Ordonna-t-il avant d'être coupé par des bruits à l'étage du dessous.
-Les voisins se réveillent ! Constata Ron avec bonne humeur.
Maintenant ils seraient forcés de partir.
L'homme aux cheveux gris fut sur le point d'ajouter quelque chose mais Darren le coupa aussitôt d'un geste de la main. Ron constata avec étonnement que malgré l'évidente différence d'âge l'autre se tut.
-Tu ne me laisse pas le choix. Déclara finalement le loup-garou avant de lui sauter dessus dans un mouvement totalement animal.
Ron eut juste le temps de se jeter sur le côté puis il projeta le loup aux dreadlocks -qui avait emboité le pas à son chef- sur la table brisée. Ce dernier sursauta quand un éclat de bois entailla sérieusement son mollet et qu'une rigole sanglante macula le tapis. La vue du sang rendit Darren fou de rage et il se jeta sur le rouquin qui ne put l'éviter.
La suite des évènements se passa si rapidement que Ron n'eut même pas le temps de les assimiler correctement. Deux iris dorés envahirent son champ de vision puis, quelque chose de lourd le projeta en arrière. Une surface dure percuta son flanc. Un grognement animal. Des cris. Et la douleur. Quelque part contre son épaule. D'abord aiguë et perçante, elle s'intensifia et sembla gagner le reste de son corps. Ses sens se troublèrent, sa vue baissa et sa tête devint si légère qu'il lui semblait flotter dans l'espace.
-RWHP-
Il se réveilla plusieurs fois après sa perte de connaissance. Comme dans un rêve, il crut voir des silhouettes autour de lui et des voix inconnus lui parvinrent sans qu'il ne sache si ces brefs moments de lucidité étaient espacés de quelques secondes ou plusieurs heures.
A travers le brouillard opaque qu'était devenu son esprit, il avait seulement deux certitudes : il était allongé sur le ventre dans un lit très confortable et son corps venait sans doute d'être piétiné par des hippogriffes enragés.
Quand ses périodes de lucidité se firent plus fréquentes et longues, Ron se rendit compte que le contact des draps moites le dérangeait énormément. Au prix d'un effort surhumain, il parvint à lever la main néanmoins, son bras s'avéra étonnement trop court pour atteindre le drap incriminé qui lui arrivait à la taille. De plus, il sentit ses ongles s'accrocher au drap-housse.
Sa première pensée fut qu'il devait absolument se couper les ongles un peu plus souvent, puis les évènements précédant son évanouissement refirent surface et il sentit sa respiration s'accélérer.
Il était tard et il revenait de «Farces pour sorciers facétieux» où il avait passé la soirée dans l'arrière boutique avec George.
Son appartement dévasté, les loups-garous dans son salon.
Puis ce gars.
Darren.
Qui lui sautait dessus.
Mordu !
Il avait été mordu par des loup-garous.
Il voulut tâter son épaule pour vérifier si la douleur était due à une morsure ou simplement un bleu causé par l'autre fils de troll lui avait sauté dessus, mais il sentit à nouveau la curieuse sensation que son bras était trop court.
Un sentiment d'angoisse l'oppressa alors et il essaya d'ouvrir les paupières pour en avoir le coeur net. Sa première vision fut celle d'un mur taillé à vif dans la pierre, ainsi que la lumière déclinante du soleil qui filtrait à travers des carreaux de verres, il baissa finalement les yeux vers l'endroit où devait logiquement se trouver sa main et sursauta violemment.
Une patte d'animal reposait sagement sur le lit à la place, elle était recouverte d'une fourrure brune tirant sur le roux et des lambeaux de draps gisaient autour des griffes meurtrières.
Ron expira doucement avant de refermer les yeux. Au bout de quelques secondes il les rouvrit et, la réalité s'imposa aussitôt.
Il avait des pattes à la place des mains.
Il baissa difficilement la tête et tomba sur un océan de fourrure soyeuse bruns/roux. Un mouvement dans son dos attira son attention.
-Oh ! Tu es réveillé ?
La voix fit naitre des étincelles de rage contre son sternum.
Il reconnaitrait entre milles cette voix masculine !
Bientôt un jeune homme d'une vingtaine d'années apparu dans son champ de vision, ses yeux jaunes fixaient Ron avec ce qu'il crût identifier comme étant de la culpabilité.
Cependant, au moment où le sorcier ouvrit la bouche pour insulter le responsable de sa transformation, un simple grognement animal en sortit multipliant sa rage.
Il essaya de se lever.
Darren eut alors un mouvement de recul et commença à s'agenouiller sur le sol, provoquant l'étonnement du rouquin.
-Je suis vraiment désolé, s'expliqua-t-il la tête baissée. J'étais tellement heureux de t'avoir trouvé et ça m'a rendu fou de voir Magus blessé. Je... cela n'aurait pas dû se passer comme ça ! Nous avons pour principe de ne pas mordre sauf si la personne et la meute sont d'accord. Je comprendrai si .. -il eut une grimace de douleur-, si tu décidais de me bannir de la meute à cause de ça.
Ron gronda sourdement pour exprimer sa colère. Au fur et à mesure qu'il bougeait son corps devenait moins douloureux et il réussit à s'assoir sur ses pattes arrières.
Des milliers d'odeur se bousculait contre museau, l'odeur de la pierre -qu'il sentait pour la première fois-, celle de sa sueur qui collait aux draps, l'odeur des gens qui étaient entré avant son réveil et aussi celle du jeune loup.
Toutefois, il oublia complètement ce dernier quand il réalisa qu'il pouvait bouger ses oreilles.
Un toussotement le rappela à la réalité et il abandonna ses explorations corporelles.
Au moment où il demanda des explications sur sa nouvelle condition au crétin sur le sol son problème de voix se manifesta aussitôt sous la forme d'un jappement pitoyable.
Étonnamment, Darren parut comprendre et il esquissa un léger sourire.
-Je vais tout t'expliquer. D'abord laisse moi me présenter, je suis Darren Greyback -Ron émit un glapissement de surprise- le fils de Fenrir Greyback...
-RWHP-
-Et après ? Questionna Hermione, pendue aux lèvres du rouquin. Ce dernier prit d'abord le temps de suçoter un nouveau caramel avant de continuer.
-Bah, il m'a parlé d'un truc au sujet d'une prophétie dans les étoiles -il attrapa un nouveau caramel-... que j'étais l'alpha qui allait leur apporter la paix, ce genre de choses...
-Qu'ont-ils fait de…
-Mais pourquoi toi ? Coupa Hermione sans tenir compte du regard agacé de Harry.
-La prophétie se précise au fur et à mesure du temps, ils ont finit par savoir l'endroit où me trouver -ou du moins le quartier- , mon apparence, ce genre de choses. Je crois qu'ils m'ont repéré quand je faisais la tournée des pubs.
-Qu'ont-ils fait des autres moldus ? Parvint à demander Harry en bâillonnant une Hermione presque hystérique avec sa main.
-Ils les ont lâchés après un sort d'oubliette, c'pour ça que personne les a trouvés pour le moment.
-Et où est-ce qu'ils...
Mais Harry plaqua plus fermement sa main sur la bouche de la sorcière. Il faut dire que lui aussi était dans le même état de nervosité qu'elle : ce que leur racontait Ron semblait si extraordinaire ! Mais les canines pointues qui apparaissaient furtivement à chaque fois que le rouquin parlait, gommèrent les moindres doutes qu'ils auraient pu avoir.
-Donc si j'ai bien comprit, résuma prudemment Harry. Une meute de loup-garous vivant cachée depuis des siècles découvre une prophétie qui annonce qu'un sorcier roux sera leur prochain alpha. L'un d'entre eux t'aperçoit dans le pub au bout de la rue, il prévient d'autres loups afin qu'ils viennent te chercher grâce à ton odeur. Tu refuse de coopérer donc le fils de Greyback -un ancien mangemort qui a défiguré ton frère soit dit en passant- te mord avant de te supplier de lui pardonner. Ils te laissent partir le temps de prévenir tes proches que non, tu n'es pas mort dans d'atroces souffrances et ils espèrent que tu revienne pour les amener vers la paix !
Ron plissa les yeux un moment sous la concentration.
-Ouais en gros c'est ça. Conclut-il finalement. C'est mortel hein ? On se croirait dans une série américaine !
-Carrément !
-En gros, ils t'imposent d'être leur chef ? Demanda très sérieusement Hermione sans tenir compte du regard amusé que les deux garçons échangeaient.
Pendant que Ron expliquait qu'en fait les loups lui avait laissé le choix de les rejoindre ou pas, Harry se perdit peu à peu dans ses pensées.
Il n'avait pas oublié que la dernière fois, ils ne s'étaient pas quittés en très bons termes voire même en très mauvais termes mais, apparemment Ron ne semblait pas trop lui en vouloir.
Quoique, c'était peut-être dû aux circonstances.
Par Merlin, il avait fallut que Ron se fasse enlever pour qu'il se rende compte à quel point son comportement était stupide !
Depuis quand ce préoccupait-il de ce que les autres pensaient ? Ses propres réactions l'étonnaient, il ne se reconnaissait plus.
Ron éprouvait quelque chose pour lui, et alors ?
Ils trouveront sans doute une solution ensemble comme toujours. Il y avait toujours eu Ron, Hermione et lui contre le reste du monde. Pourquoi changer la donne maintenant, si demain il lui arrivait quelque chose, tous ces gens dont il redoutait le regard lui tourneraient le dos tandis que ses deux meilleurs amis seraient là.
Toujours là.
-C'est tellement enrichissant ! S'exclama soudain Hermione, le coupant dans ses réflexions. Il y'a tellement de choses à savoir – ses yeux brillaient- Par Merlin, il y a tellement de questions que tu aurais pu leur poser !
-Gruuumpf , Grogna simplement Ron en jouant avec un fil de son pull de laine. Quand ils m'ont dit que je pouvais partir pour prendre ma décision, j'ai pas trop insister pour qu'ils me fassent une biographie tu comprends ?
-Et donc tu vas faire quoi ? Demanda Harry en réalisant soudain. Je veux dire, si tu refuse de les rejoindre, tu es condamné à être comme Lupin, non ?
Ron blanchit et resta hésita quelques secondes avant de répondre.
-Pas vraiment. Lupin -ainsi que la majorité des loups solitaires- n'était pas un alpha. Il leur suffit donc de se mettre dans un endroit isolé lors des transformations pour ne blesser personne. Si je refusais la meute, je deviendrai en quelques sorte comme Greyback et essayerai de mordre le plus de personnes possible pour créer une autre meute. Je serais même incapable de me contrôler en dehors des pleines lunes. J'ai pas vraiment le choix en fait, commenta-t-il avec un pauvre sourire.
Le temps que Harry analyse correctement les conséquences de ce que Ron venait de dire, Hermione s'était déjà levée, blanche de colère.
-Hors de question que je te laisse aller avec qui que ce soit sans avoir rencontré ces gens auparavant !
Elle attrapa son manteau et regarda Harry afin qu'il lui emboîte le pas, ce qui ne tarda pas. Bien qu'il n'en avait probablement pas le droit, Ron se résolut à transplaner devant le «village» des loups.
Ils arrivèrent dans une forêt alors que le soleil était presque à son zénith, dardant ses rayons chauds à travers l'épaisse frondaison. A part quelques chants d'oiseaux en hauteur, aucun bruit ne venait troubler la quiétude du lieu qui paraissait ainsi complétement inhabité.
Ron parut pourtant savoir où ils étaient car il marcha droit devant sans hésitation, il leur indiqua vaguement un point devant où Harry put apercevoir une haute falaise recouverte pour la moitié par des arbres immenses.
-Ils vivent dans des grottes cachés dans cette falaise. Expliqua finalement Ron faisant briller les yeux d'Hermione.
Il devinait que bien qu'elle soit affreusement désolée et en colère de par sa situation, elle était aussi totalement grisée par le fait qu'elle puisse éclaircir le mystère des loup-garous sauvages d'ici quelques minutes. Cela arracha des sourires tendres aux deux garçons dont les regards se croisèrent à nouveau entrainant un rougissement brutal du plus grand. Harry se contenta de baisser les yeux.
La marche se passa en silence, chacun étantplongé dans ses pensées. Harry se demandait si Ron lui en voulait pour son comportement avant «l'enlèvement», Hermione se réprimandait de ne pas avoir prit de bloc-note avec elle et Ron songeait vaguement à un énorme sandwich au poulet.
Une fois au pied de la falaise, le roux les conduisit entre deux sapins bordant la falaise et aussitôt ils aperçurent une large ouverture pourtant invisible quelques dizaines de centimètres en arrière.
-Drôlement bien caché ! Remarqua Harry avec un haussement de sourcil appréciateur.
-Sortilège d'illusion. Précisa Ron, y'en a partout. Lumos !
Ils s'engagèrent dans le boyau creusé à même la pierre -sans doute grâce à de puissants sorts- et Hermione sautillait littéralement sur place jusqu'à ce qu'ils distinguèrent deux silhouettes appuyées contre les parois.
Un homme noir d'une trentaine d'années portant des dreadlocks et une parka militaire ainsi qu'une petite blonde avec d'épaisses lunettes de vue les jaugèrent avec prudence.
-Normalement les gens de l'«extérieur» ne sont pas admis ici, Monsieur Weasley. Signala doucement la plus jeune en remontant ses lunettes sur son nez.
Ron haussa les épaules.
-Voici Harry Potter et Hermione Granger, Ordre de Merlin première classe. Harry a sa propre carte de chocogrenouilles, rajouta-t-il comme s'il s'agissait d'une haute distinction.
L'homme retint difficilement un sourire.
-Je suis Magus Phelps et voici ma petit amie Quinn. Nous vous avons entendu venir et nous sommes chargés de vous emmener voir Darren, il est le «meneur» en l'absence de l'alpha et il répondra à toutes vos questions
.
Harry sentit que Hermione se mordait la langue pour ne pas demander plus de précisions mais elle tint bon.
Ils reprirent leur cheminement à la lueur des baguettes et au bout d'une quinzaine de mètres, le tunnel montait légèrement tandis que plusieurs torches accrochées aux parois se succédaient tous les deux mètres éclairant ainsi un couloir parfaitement entretenu.
Deux à trois minutes de marche plus tard, ils débouchèrent sur une immense cavité ronde qui paraissait être une salle commune à en juger par les confortables fauteuils, canapés, tables basses et tapis disposés aléatoirement autour d'un feu qui occupait le centre de la salle. La lumière du jour était dispensée par de larges fenêtres qui occupaient un bon tiers de la pièce.
-Joli sort de Désenfumage ! Complimenta Hermione en admirant les protections qui entouraient le brasier. Et pour les fenêtres : charme d'illusion ?
-Bien vu.
La salle, douillette et calme, était occupée par une petite dizaine de personnes qui cessèrent aussitôt leurs activités -lecture, écriture, conversations- pour les regarder avec étonnement et méfiance.
Harry les salua maladroitement, accompagné par une Hermione tout aussi gênée.
Un jeune homme, qui auparavant grattait distraitement les cordes d'une guitare sèche, se leva pour les rejoindre. Il devait avoir une vingtaine d'années et arborait des vêtements moldus assez particuliers -un pantalon kaki en piteux état, de grosses bottes à semelles cloutées et un gilet en jean aux manches déchirées-, ses cheveux noirs bouclaient légèrement sur sa nuque et ils furent frappés par la couleur de ses iris dont le brun tirait sur le jaune.
-Monsieur Potter et Miss Granger, je suis Darren Greyback. Se présenta-t-il non sans fixer quelques secondes la cicatrice de Harry. Avant tout, je tiens à signaler que la meute et moi-même n'avons jamais cautionné les actes de mon père. Nous avons toujours été convaincu que notre peuple ne doit pas s'imposer par la force.
Harry hocha cérémonieusement la tête, conscient de la gêne du jeune homme de se retrouver en face de lui. Ils s'installèrent ensuite dans des canapés tout contre les baies vitrées et Darren les invita à poser toutes les questions qu'ils voulaient.
Au bout d'une bonne heure, ils étaient au courant d'à peu près tout ce qu'il fallait savoir sur la meute.
Ils apprirent que la plupart des loups travaillaient dans le village voisin où ils se mêlaient aux moldus, ils donnaient une partie de leur salaire (environ 10 à 15% précisa le jeune loup) pour les dépenses communes et le reste restait à leur usage, le fonctionnement en communauté était régit par l'alpha qui nommait les responsables de chaque tâche selon leurs compétences, quelques loups ne vivaient pas à proprement parler dans la grotte pourtant, tous se retrouvaient ici à chaque pleine lune.
-En comptant Mr Weasley nous sommes 28 dans cette meute, une des plus puissante et ancienne d'Europe soit dit en passant. Annonça le fils de Greyback avec fierté tandis qu'Hermione prenait des notes mentales.
Une fois qu'il sut que son meilleur ami n'allait pas finir au sein d'une bande de tueurs sanguinaires, Harry se désintéressa de la conversation.
De toute manière, Hermione et Darren se chargeaient fort bien d'entretenir le dialogue tout seuls. Il fixa quelques instants la vue imprenable sur la forêt qu'offrait les immenses fenêtres avant de se tourner vers Ron qui jouait pensivement avec ses nouveaux ongles plus durs et acérés qu'avant.
Remarquant son regard et surtout son ennui, le rouquin lui proposa d'aller lui montrer le reste de la grotte et notamment sa «chambre» ce qu'Harry accepta avec joie. Il avait besoin de parler avec Ron seul à seul.
Les deux autres ne remarquèrent ni leur départ, ni le fait que Magus et Quinn s'étaient éclipsés depuis un bon moment déjà.
Des couloirs débutaient de parts et d'autres de celui, plus large, qui les avait conduit ici. Ron se dirigea vers l'un deux et s'y engagea sans hésitation.
-C'est plutôt cool ici, non ? Demanda Harry en essayant de suivre les grandes enjambées du roux.
Ce dernier haussa machinalement les épaules.
-Ouais, je m'attendais davantage à un ténébreux manoir au sommet d'une colline perpétuellement entourée par de sombres nuages. Que veux-tu, les traditions se perdent …
Harry sentit ses lèvres s'incurver irrésistiblement.
Le couloir, désert, était seulement éclairé par quelques carreaux de verres aux travers desquels filtraient de paresseux rayons de soleil.
Après une succession de portes, ils arrivèrent à celle qui se trouvait au bout du couloir. Ron ouvrit la porte de bois avec une vieille clé trouvée au fond de sa poche et ils pénétrèrent dans la pièce. De taille raisonnable, elle contenait un lit, un coffre grossièrement taillé dans du bois clair et une table dans un coin. La fenêtre qui faisait face au lit, proposait une agréable vue sur toute la forêt et les alentours.
Mais, loin de s'en émerveiller, Harry attrapa son meilleur ami par l'épaule, le forçant à se tourner vers lui.
-J'ai agit comme un con. Commença-t-il, incapable de garder le silence plus longtemps. J'avais peur du regard des autres et j'avais peur que cela abîme notre amitié. Tu... tu es important pour moi, Ron -Les oreilles de son vis-à-vis se parèrent aussitôt d'un beau rouge cerise-. Si jamais tu ressens des trucs pour moi, c'est pas grave ! On trouvera une solution. Je serais toujours là pour toi comme tu as toujours été là pour moi.
-Bon, moi qui avait prévu de te faire une scène avant de bouder jusqu'à ce que tu t'excuses, je suis un peu pris au dépourvu là …
Harry hocha les épaules.
-Ta tête de poisson hors de l'eau vaut bien toutes les excuses du monde -Crétin ! S'indigna Ron-. Bon, maintenant qu'on est toujours les meilleurs amis du monde, Harry prit une courte respiration. Est-ce que tu es amoureux de moi ?
-Quoi ! Non, bien sûr que non. Je t'aime beaucoup mais pas comme une femme. J'ai juste envie de trucs comme te serrer dans mes bras, passer du temps avec toi ou... Oui, ou bien t'embrasser des fois. Il évita soigneusement le regard trop vert. Je ne suis pas gay et je n'ai pas envie de faire des choses bizarres avec toi. J'aime vraiment les femmes, mais toi c'est différent. Ça a toujours été différent avec toi.
Harry sentit de curieux frissons dans son ventre. De la joie sans doute.
-Tout va bien alors ! Je veux dire, te faire des câlins ou passer du temps avec toi ne me dérange pas du tout.
Puis, le brun tendit les bras vers son meilleur ami.
-Allez ! Viens par là, mon Ronnynouchet, se moqua-t-il gentiment en accueillant le corps trop grand contre lui.
L'étreinte était douce et chaude, Harry se perdit quelque part entre le cou pâle et l'épaule solide. Les secondes s'écoulèrent dans un agréable silence et bientôt Ron se demanda si l'auror avait délibérément oublié de parler de la partie «bisous sur les lèvres».
-Mione et Darren ont l'air d'en avoir pour un bon moment, on pourrait s'asseoir sur le lit pour discuter en attendant. Proposa Harry puis, voyant l'air interrogateur du sorcier, il explicita sa pensée. Il va se passer quoi maintenant ? Tu vas vivre ici ? Mais pour Mione et ton boulot ?
-Oh, déjà pour Mione c'est réglé étant donné qu'on est plus ensemble.
-Quoi ! Depuis quand ?
-Bah, tu te souviens quand tu m'as retrouvé ivre mort dans un pub ? C'était environ une heure après qu'elle m'ait annoncé qu'elle en avait marre que je ressemble davantage à un coloc ou un frère qu'à un petit ami. D'ailleurs, t'as bien vu qu'elle n'habitait plus avec moi, elle vit dans sa chambre universitaire depuis presque un an maintenant -Il tira sur le col trop étroit de son pull-Pour ce qui est de mon boulot, je pense que démissionner me fera le plus grand bien !
Harry du s'asseoir sur le lit de bois quelques secondes.
-Oui, je sais que ça paraît complètement fou et inattendu mais... comment t'expliquer ? Ron s'assit à côté de Harry, pensif. Depuis la fin de la guerre, on s'est retrouvé projetés dans le monde des adultes. J'avais 19 ans mais déjà un boulot, une copine, un appart et l'Ordre de Merlin première classe. Tout le monde s'attendait à ce que je sois quelqu'un de bien sous tout rapport, à ce que j'excelle dans mon job, que j'épouse ma copine et on me demandait même quand le premier enfant allait naitre. J'ai tenu 5 ans, uniquement grâce à toi et Hermione.
Le brun ne put s'empêcher de se sentir concerné par le discours, les mots de Ron faisait écho à ses propres sentiments.
-Hier soir, j'étais toujours sous ma forme de loup et je me suis mis à visiter la forêt en attendant qu'elle disparaisse – Darren m'a dit qu'il faut toujours un peu de temps pour retrouver forme humaine après la première transformation-, et là j'ai ressenti un drôle de truc. Il n'y avait personne et il faisait nuit mais je n'avais pas peur. Je me suis mis à courir juste parce que j'en avais envie, et je me sentais tellement bien, tellement … libre ! Oui, c'est ça. Je me sentais libre de faire ce que je voulais, de prendre mon temps. Libre d'aller où je voulais et de devenir qui je veux.
Ron tira à nouveau sur le col de son pull, un peu gêné d'avoir autant parlé.
-Je sais que ma place est ici. Je pense que je vais les rejoindre.
Harry hocha confusément la tête. Il marmonna qu'il respectait son choix et qu'il le soutiendrait et, après une dernière étreinte, ils se levèrent pour rejoindre les autres.
Harry était troublé.
Alors que Ron annonçait sa décision à la meute, que des gens lui tapèrent dans le dos en signe de bienvenue, que Hermione demandait si elle pouvait revenir avec de quoi prendre des notes, il restait plongé dans ses pensées.
Même quand ils quittèrent la grotte pour que Ron puisse voir sa famille, même quand Molly Weasley sanglota de soulagement dans les bras de son fils, il ne parvenait à reprendre contact avec la réalité.
Les mots de Ron avaient éveillés des choses étranges en lui. Plus il y pensait et plus l'idée se formait dans son esprit, s'imposant peu à peu et gommant tout les projets qu'il avait formé jusque là.
Avoir une femme, une famille, des enfants. S'accrocher à son boulot, à ses rares sorties avec son meilleur ami.
A quoi bon ?
A quoi bon cette vie qu'il ne reconnaissait pas ? Cet homme étranger qu'il était devenu.
Cette nuit là, tandis qu'il s'assoupissait au Terrier, Harry renonça définitivement à ses envies de vie normale.
-RWHP-
Encore désolée pour le retard et de vous avoir promis le lemon pour ce chapitre, j'avais oublié le "moment explication" de Ron :p
C'est donc le prochain où Ryry et Ronnie se font des bisous !
Merci d'avoir lu !
