Chapitre 4: La main dans le sac.

La tête enfoncée dans son coussin vif d'or, Harry, les yeux écarquillés de stupeur horrifiée, se demandait ce qu'il venait de se passer. Son amant venait de s'affaisser sur son dos avec un soupir repus puis avait glissé contre lui jusque sur le matelas en laissant traîner sa main sur ses fesses.

Harry ne se souvenait pas d'avoir atteint l'orgasme et il ne pouvait pas croire que Cédric soit partit sans lui. En gigotant le moins possible, il faufila une main entre son ventre et le couvre-lit sur lequel il était allongé jusqu'à son entre-cuisses pour tâter la peau autour de son petit trou chaud… humide de sperme.

Merde !

Le jeune homme jura tout bas. C'était la première fois que ça lui arrivait. Et Cédric avait encore oublié la capote. Pas qu'il porte une quelconque maladie, non, mais Harry n'avait pas encore l'intention de tomber enceint. Il aimait trop son travail pour ça. Il n'était pas disposé à quitter son nouveau bureau pour s'occuper d'enfants, surtout en pensant au propriétaire dudit bureau.

Il avait été si dur contre ses fesses, quelques heures plus tôt au restaurant. C'était comme une délicieuse brûlure qui avait envahit ses reins et l'avait taraudé toute la soirée ou comme un manque, et quand ils avaient enfin transplanné dans leur chambre, Harry s'était jeté sur son fiancé pour sentir à nouveau la délicieuse friction d'un sexe entre ses chaires tout en se disant qu'il faisait ça uniquement pour remercier Cédric de ses attentions de la soirée.

Le jeune économiste s'était montré empressé, au grand bonheur de l'auror qui s'était laissé faire avec complaisance. Il avait toutes fois très vite repris les reines comme il en avait l'habitude et s'était enfoncé en son amant après l'avoir longuement préparé, ignorant de la dissipation de Harry.

Le jeune homme aux longs cheveux de jais avait très vite perdu le fil des choses, une fois que son fiancé l'ai mit sur le ventre. Il avait été tellement dérouté de ne pas sentir le poids agréablement plein des bourses de Draco Malfoy contre sa peau. Il s'était alors imaginé la manière dont son patron l'aurait préparé, l'aurait embrassé, lui aurait sourit. Il avait imaginé ses yeux emplis de désir comme il les avait vu au restaurant, la peau pâle de ses joues rendue rouge par un excès de chaleur, ses mains larges sur ses hanches, son sexe épais qui aurait poussé contre lui avant de le… C'est là que Cédric s'était rendu, brisant son fantasme et son humeur pour le reste de la nuit.

- Ouske tu vas, 'Ry chéri ? demanda innocemment un Cédric affalé au plein milieu du lit alors que Harry se redressait sur son séant.

- À la douche, j'ai pas le temps d'en prendre une demain matin et je suis tout collant. Répondit Harry en essayant de cacher les accents de colère dans sa voix.

- Rmlf… Ça te dérange pas, d'habitude…

Harry se raidit avant de poser la main sur la poignée de la porte de la salle de bain. Il devait se retenir de lâcher une remarque méchante, Cédric n'y était pour rien s'il fantasmait sur son patron alors qu'ils étaient au lit ensemble. Sa conscience elle-même le taraudait sans relâche. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être infidèle. Il aimait allumer, provoquer, flirter, mais quand il était engagé, il respectait sa parole.

D'un geste de la main il opacifia totalement le mur vitré pour que Cédric ne puisse pas le voir et ajouta, au moment d'entrer dans la douche, un sort de silence, juste au cas où.

L'eau lui fit un bien fou, déliant ses muscles et nettoyant sa peau.

Il s'en voulait vraiment d'avoir pensé à un autre homme alors que Cédric l'aimait. Après tout les efforts qu'il faisait pour lui… Comme cette soirée… Ses petits cadeaux, parfois… Sa cour empressée, du début… Quand il le regardait comme si le monde ne tournait qu'autour de lui… L'auror faisait tellement attention à lui, à cette époque, il avait tellement voulu de lui… Il avait toujours une attention pour sa personne, il s'inquiétait de son aise…

C'était des choses que Cédric ne faisait plus, maintenant. Il était toujours aussi empressé quand il s'agissait de lui faire l'amour mais il ne l'écoutait plus quand il lui parlait de son travail, de ses journées. Harry s'en rendait bien compte.

D'ailleurs ça commençait à prodigieusement l'énerver, de ne plus recevoir cette attention dont l'auror faisait preuve lors de leurs débuts. Harry appréciait la tendresse, mais quelques fois un peu de passion mettait du piquant dans le plaisir.

Il fallait avouer aussi que Cédric tenait mal la comparaison avec Draco Malfoy. Le blond était infiniment plus subtile que le brun, attentif aux gens qui l'entouraient. Il y était obligé par son métier, mais Harry aurait pu juré que c'était quelque chose d'inné chez son patron. En plus, il semblait aimer son travail, comme Harry, alors que l'auror prenait la vie un peu trop à la légère, selon le brun, comme si tout lui était déjà acquis. Son fiancé semblait croire qu'ils avaient un avenir déjà tout tracé ensemble et ça, Harry n'acceptait pas de l'envisager. Il espérait que la vie lui apporterait encore bien des aventures, des gens nouveaux… Et puis, il devait bien s'avouer que Malfoy était vraiment séduisant.

Harry ne se sentait même presque plus gêné par ce qu'il avait fait au blond au restaurant. Il se demandait se que faisait son patron, à présent. Pensait-il aussi à lui ? Était-il lui aussi encore excité par le contacte de leur corps plutôt dans la soirée ?

Se caressait-il en pensant à ce qu'ils auraient pu faire si Cédric n'avait pas été là ?

Se donnait-il lui aussi du plaisir sous sa douche en pensant à Harry comme le jeune homme le faisait ?

Harry poussa un petit gémissement de plaisir. Une main entre ses fesses, l'autre sur son sexe à nouveau dur, il cessa de se poser des questions pour se consacrer tout entier à son corps. Il avait tellement envie de connaître un plaisir nouveau, fulgurant, une passion déchaînée et sans tabou où il pourrait jouer de son corps et de celui de son partenaire sans entrave morale…

Il n'était définitivement plus satisfait pas Cédric.

Il fallait qu'il en parle à Pansy.

C'est sur cette bonne pensée qu'il jouit enfin sur sa main, criant son plaisir et sa liberté de conscience.

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Draco poussa un énième soupir. Il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas comment, il se retrouvait dans cette situation à… une heure du matin. La soirée c'était pourtant bien passée, ses amis l'avaient tiré hors de chez lui et là, il était réellement exténué.

Alors pourquoi, par tout les Dieux, devait-il encore endurer cela ?

Pourquoi sa mère avait-elle décider de venir le voir JUSTEMENT ce soir-là ?

Il aurait tellement voulu profiter encore un peu de la sensation du corps de Harry contre le sien.

Mais non, sa blonde génitrice devait absolument le voir CE soir en particulier…

Ne pouvait-elle donc pas attendre le lendemain pour lui parler de son projet de restructuration de son petit complexe hippique ?

Il en avait marre ! Mais alors ras-le-bol ! Il avait envie de penser à autre chose que le coût des nouveau uniformes pour les employés supplémentaires. Il avait envie de retracer dans l'obscurité de sa chambre les courbes fermes et chaudes de son tout nouvel employé. De se demander ce qu'il allait lui donner comme travail le lendemain pour qu'ils restent ensemble le plus possible, une fois qu'il en aurait fini avec les réunions en présence de son père.

Si seulement cette espèce de blonde excentrique n'avait pas décidé que ce soir était le bon pour renouveler les boxes de ses chères petites bêtes, il aurait pu songer tranquillement à ce qu'il allait faire de Harry.

Parcequ'il était hors de question qu'il reste de marbre alors qu'il devait dorénavant travailler avec un petit brun si chaud à ses côtés. Il avait très envie de rendre son fiancé cocu, juste pour s'amuser, pour profiter un peu d'autre chose que de l'intelligence de Harry.

Non, il ne s'intéressait pas que à ses fesses, il admirait également son intelligence et il avait très envie de discuter avec lui, pour voir si tout ce verni cachait encore d'autres surprises. Il avait très envie par exemple, de l'emmener dans ce restaurant où ils venaient de se croiser quelques heures plus tôt et lui faire la causette toute une soirée et d'autres encore, si le jeune homme lui en laissait la possibilité.

- Draco ! Enfin, mon fils, tu ne m'écoute même pas ! s'insurgea Narcissa Malfoy, blonde excentrique et mère adorée du puissant PDG.

- Toutes mes excuses mère, pria Draco plus excédé qu'autre chose, mais il est presque deux heures du matin et j'ai eu une journée bien chargée. De plus, je doute que Lucius voie d'un bon œil que vous abandonniez le lit conjugal pour aller causer menue monnaie avec son fils.

- Tu as tout à fait raison, mon enfant, ton père m'a d'ailleurs gentiment signalé que vous deviez prendre part tout deux à une importante réunion de coopération demain, mais vois-tu, je ne savais vraiment pas quand te parler, tu es tellement occupé dans la journée.

-Et j'apprécierais vraiment de pouvoir profiter de mes nuits pour récupérer de ces harassantes heures de planchage. Alors franchement, je vous promet de réfléchir à votre problème, mère, mais je suis vraiment trop fatiguer ce soir pour rendre quelque chose de productif.

Narcissa observa son fils un instant, un sourcil relevé marquant son scepticisme.

- Je vois, oui, oublierais-tu que je suis ta mère, Draco, et que de ce fait je te connais comme si je t'avais fait ? Tu as rencontré un homme, je me trompe ?

Draco haussa à son tour un sourcil. Il se retenait de faire la moindre remarque qui aurait pu mettre sa mère sur la piste, il ne voulait pas qu'elle intervienne dans ses affaires. Elle serait tout à fait capable, si elle découvrait Harry, de lui faire passer un interrogatoire pour voir s'il était digne de la famille. Elle serait tout à fait capable de faire capoter toutes ses futurs tentatives d'approche juste parce qu'il serait de sang mêlé.

- Si c'était le cas, vous imaginez bien que je ne vous en dirais pas un mot, mère.

- Voyons, Draco, dit Narcissa dans un sourire sardonique, elle aimait tellement enquiquiner son fils, tu sais bien que j'arrive toujours à mes fins, je trouverais bien de quoi il en retourne !!

Quand il vit le regard de sa mère, le jeune homme se jura de tout faire pour qu'elle ne sache pas qu'il se passait quoi que ce soit dans son bureau. Si Harry était d'accord, bien sûr.

Il fallait qu'il parle à Pansy.

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La jeune femme siffla d'admiration quand elle rejoignit son ami aux longs cheveux noirs, le lendemain à midi.

- Par Merlin, Harry, t'as décidé de te faire violer aujourd'hui ?

Un sourire satisfait étira les lèvres pulpeuses du jeune homme. Ainsi, son haut moulant noir à col montant et sans manches assortit à son pantalon beige qui redessinait la moindre courbe de ses fesses le rendait attirant ; il allait pouvoir se mettre en chasse. C'était le seul moyen qu'il connaissait pour décompresser et après la soirée qu'il avait eu la veille, il en avait bien besoin. Il avait bien remarqué en arrivant que tout les hommes et même les femmes se retournaient sur son passage pour l'admirer, mais l'entendre de la bouche même de son amie, ça lui faisait un bien fou.

- Enfin bon, j'ai beau te trouver particulièrement mignon, tu ne seras jamais que mon petit poussin à protéger !! s'exclama-t-elle dans une grimace moqueuse.

- PANSY ! la réprimanda Harry en rougissant de gêne.

- Allons, allons, je venais juste te dire que Draco aurait probablement besoin de toi lors de la réunion de cette après-midi avec les directeurs de ses firmes allemandes concernées par ton dossier d'hier. Je crois qu'il a décidé de te livrer à ces requins, histoire de voir ce que tu vaux à l'oral ! Donc si tu pouvais rester ici à midi…

- Mais Cédric devait rentrer aussi pour manger avec moi. Murmura Harry d'un air un peu blasé. Pansy nota ce fait presque par réflex, en le gardant dans un coin de sa mémoire. Ce genre de chose lui avait déjà servit à éviter bien des ennuis à son ami.

- Tu n'as cas lui laisser un message, je pense qu'il devrait comprendre.

- Mouais, t'as raison. Tu as deux minutes avant d'aller manger ? Comme ça je peux venir avec toi.

- Pas de problème, je t'amène un hibou pendant que tu écris ton mot.

- Merci.

Quelques minutes plus tard, Harry posait un lapin à son fiancé et suivait Pansy dans les sous-sols des bureaux qui avaient été aménagés en un joli restaurant d'entreprise. Ils se servirent rapidement au self et se trouvèrent une table dans un coin tranquille, protégé par deux haut paravents.

- Alors dis-moi, comment s'est passé ton premier jour, demanda Pansy.

- Vraiment très bien ! Je ne pensais pas avoir un boulot aussi intéressant aussi tôt, répondit Harry avec un grand sourire. D'habitude, les nouveaux son plus employés comme secrétaires, non ?

- Ben… Oui, je crois… Pansy le regardait avec un air étonné sur le visage. Qu'est-ce qu'il t'a donné comme travail alors ?

- Une étude de restauration d'un groupe pharmaceutique moldu en Allemagne. Un truc que je n'avais fait qu'en théorie à l'école. C'était génial ! répondit Harry vraiment enthousiasmé. Même les sourcils froncé d'inquiétude de Pansy ne parvinrent à atteindre son morale.

- Une… restructuration ? Pansy semblait vraiment sceptique.

- Oui, c'était tellement prenant que j'ai finit trop tard et c'est Malfoy qui est venu me jeter hors de son bureau ! enchaîna Harry arborant un air espiègle au souvenir de l'air de son patron quand il l'avait tiré de son travail la veille.

- Est-ce que tu as déjà croisé Draco ce matin ? Il t'as dit ce qu'il pensait de ton travail ? demanda Pansy vraiment inquiète.

- Non, je ne l'ai pas croisé ce matin. Il m'avait préparé un autre dossier sur le bureau. Mais je l'ai croisé au restaurant, hier soir ! avoua Harry en rougissant.

Pansy haussa un sourcil étonna face à la réaction de son ami.

- Et ? Il a dit quelque chose ? demanda-t-elle d'un ton un peut moins sévère que précédemment.

- Euh, à propos du plan de restructuration ? Oui, oui, il m'a félicité. Apparemment il trouvait mon dossier parfait !

Les yeux de Harry pétillaient de plaisir et il ne cessait de jouer avec ses lèvres comme s'il se retenait de rire ou de dire quelque chose de compromettant.

- Oh ! Alors c'est parfait, n'est-ce pas ? demanda Pansy d'un air suspicieux.

- Moui, je suis d'accord, mais tu sais…

- Il y a encore quelque chose, hein ? l'interrompis la jeune femme avec un grand sourire.

- En fait… Comment dire… J'étais au resto avec Cédric, il m'a emmené à l'Impérial pour fêter mon premier jour de boulot… Et… pour le remercier, j'avais pensé à une petite gâterie dans les toilettes, quelque chose de bien passionné… raconta Harry les joues de plus en plus rouges. Il ne pouvait empêcher le sang de lui monter au visage sous le regard inquisiteur de son amie. Elle attendait toujours les moindres détails croustillants de ses relations et il faut dire que lui adorait se perdre dans ces discussions déjantées avec elle. Il ne ressentait pas encore le besoin de garder tout cela précieusement pour lui, ce n'était que Cédric, après tout.

- Je ne vois pas ce que Draco viens faire là-dedans…

- Attends, j'y arrive ! Donc j'ai quitté notre table sans me retourner, je me suis rendu vers les toilettes et le couloir était désert. Là, une main se pose sur mon épaule et moi, déjà excité, je me colle contre le mec derrière moi tout aussi excité. Et là, je me retourne et lui empoigne les parties en pensant toujours que c'est Cédric.

Harry observa Pansy un instant histoire de la faire mariner un peu. Mais la jeune femme était perspicace.

- Ne me dis pas que c'était…

- Siiiiiiiiiiiiii ! C'était bien lui, Draco Malfoy, notre patron adoré ! réussit à dire Harry avant de partir dans un gloussement infernal avec Pansy.

- Et ? Comment a-t-il réagit ?

- Je ne sais pas, je crois qu'il a autant aimé que moi. C'est là qu'il m'a dit que j'avais fait un travail vraiment bon.

- C'est bien tout ça, au moins tu es sûr qu'il te gardera ! Et Cédric ?

Le visage de Harry se ferma à la mention de son fiancé.

- Il est resté à notre table à manger tranquillement ses nouilles sautées. C'est quand on est rentré chez nous qu'il m'a enfin fait l'amour… répondit Harry en soupirant.

Pansy l'observa un instant par dessus ses mains croisées.

- Mais ? demanda-t-elle en plongeant son regard dans celui de son ami.

- Il a été incapable de me faire jouir et ne s'en est même pas rendu compte, répondit une fois encore le jeune homme en triturant sa serviette en papier. Il se rendait compte qu'il était plus déçu pas le fait d'avoir du se donner du plaisir seul que par le fait que Cédric n'ai su le satisfaire. Il resta plongé dans ses pensées quelques instants avant de relever la tête vers Pansy, une expression plus sereine sur les traits.

- Et toi, que t'a-t-il dit ? demanda-t-il.

- Qui ça ? questionna Pansy qui n'avait pas tout suivit.

- Ben notre si torride patron !

- Torride, rien que ça !

Harry et Pansy sursautèrent de concert. Ils se sentaient tellement bien cachés dans leur coin qu'ils n'imaginaient pas que quelqu'un puisse les rejoindre. Et Harry piqua un fard monstrueux quand il se rendit compte que c'était ledit torride patron qui s'approchait de la table avec un grand sourire franchement satisfait sur les lèvres.