Écrit dans le cadre de la deuxième édition du défi musique, sur livejournal. Le but étant d'écrire une histoire, dont la lecture débute et se termine en même temps que la musique sur laquelle elle a été écrite. Pour davantage d'informations, n'hésitez pas à demander, autrement le lien vers le défi se trouve sur mon profil.
OS écrit sur A Swan Song, de Clint Mansel, tiré du film Black Swan.
Si vous voulez mon avis, la musique s'est terminée juste au bon moment. Davantage et je ne me tenais pas responsable de l'endroit où se dirigeait cette histoire! Bonne lecture!
Pairing : Nina
Rating : M
Disclaimer : Rien ne m'appartient, ni l'histoire ni les personnages
Avertissement
L'histoire qui suit fait présence d'un contenu sexuel, pas des plus explicites, mais tout de même, vous êtes avertis. Notez également qu'il n'y a qu'un seul personnage tout au long de l'histoire...
Résumé
Seule dans la salle de danse, Nina n'a plus aucune barrière pour atteindre ses buts… Elle sera le cygne noir.
A Swan Song
Nina glissa ses pieds dans ses chaussons de danse et s'assura qu'ils étaient bien attachés. Elle était seule dans la salle, probablement seule dans le bâtiment également au vu de l'heure tardive. Mais elle avait besoin de danser; quelque chose n'allait pas en elle et elle avait besoin de s'en libérer. Lorsqu'elle fut debout, stable et confiante, elle s'éleva sur la pointe de ses pieds, amenant du même coup ses bras dessiner un cercle au-dessus de sa tête. Elle était prête.
Petits pas gracieux après petits pas gracieux, Nina s'avançait lentement vers le grand miroir à l'avant de la salle. Elle s'y voyait déjà très bien, mais elle ne s'y regardait pas. Pas vraiment, pas encore, du moins. Son regard fixait un point devant elle, vide d'émotions. Ses pupilles dilatées étaient le principal signe qui témoignait de son état : déjà- comme ça finissait toujours par arriver lorsqu'elle s'abandonnait dans la danse- Nina se trouvait dans un autre monde, bien loin à l'intérieur d'elle.
Ses bras tombèrent de chaque côté de son corps et elle les fit balancer devant elle, de gauche à droite, tel un pendule. Ses pieds suivaient le mouvement, zig-zagant à travers la pièce tel un zombie, jusqu'à ce qu'elle atteigne le grand miroir.
S'y arrêta.
Inspira les yeux clos.
Et lorsque son souffle quitta sa bouche, elle se mit finalement à danser.
Des gestes amples, tous emplit de grâce et de douceur. La chorégraphie témoignait parfaitement de l'innocence et de la pureté de Nina. Innocence et pureté qui lui échappait un peu plus à chaque jour qu'elle passait auprès de Thomas. Innocence et pureté dont elle devait à tout prix se départir si elle voulait garder le rôle principal du ballet. Interpréter à la perfection le cygne blanc et le cygne noir.
Perfection. Le mot qui ne viendrait jamais sans l'abandon.
Sous l'impulsion du moment, Nina ouvrit les yeux. Elle croisa à travers la glace son propre regard pour la première fois ce soir-là. Elle ne s'était jamais vue ainsi. Les mèches qui retombaient de son chignon pourtant parfaitement fixé. La sueur qui perlait sur son front des efforts qu'elle ne faisait pourtant pas. La bretelle de sa robe avait glissé sur son épaule gauche, laissant entrapercevoir la croissance de l'un de ses seins. Nina ne la replaça pas, ne le recouvrit pas.
Fascinée.
Il n'y avait plus rien de parfait dans son apparence débauchée. Elle était l'image même de la danseuse repoussante. Et pourtant, elle se trouvait plus belle que jamais. Sa main quitta sa hanche opposée pour aller trouver sa place contre la glace. Parfaite symétrie.
Nina déglutit. L'idée même de la nudité lui semblait soudainement attirante. Sa main dansa un instant contre le miroir, juste le temps qu'il lui fallut pour se départir complètement de ses inhibitions. Elle sentait la chaleur monter en elle, une expérience qu'elle n'avait encore jamais vécue. Elle s'attaquait à son bas-ventre, la rendant fiévreuse et désespérée. Un gémissement quitta ses lèvres alors qu'elle poussait soudainement ses hanches contre la glace. Plus que jamais, elle voulait sentir l'explosion en elle. Nina voulait connaître le plaisir obscur dont tout le monde parlait mais dont elle n'avait jamais été satisfaite, piégée par sa propre culpabilité.
Tout revenait à un même mot, toujours le même : l'abandon, la perfection.
Ses deux mains pressaient désormais le miroir et sa tête se balançait dans avant en arrière au rythme de sa respiration laborieuse. Nina se laissait emporter par les affres du plaisir. Toujours plus haut, jamais assez loin. Elle voulait ressentir le plaisir jusqu'au bout de ses doigts. Elle voulait pouvoir en vibrer encore ce soir où elle se retrouverait sur la scène, prouvant à Thomas qu'elle pouvait très bien jouer les deux rôles.
C'est dans cet état d'esprit que Nina se lança. Elle plongea, sans réfléchir à comment elle s'arrêterait.
Chacun de ses gestes devint alors plus rapide, plus restreint et surtout, plus imprécis. Jamais elle ne quittait son reflet du regard, fascinée par ce dernier. Elle laissait sans une étincelle de honte son corps réagir à sa propre vue. Ses hanches devenaient plus actives à mesure que son corps se faisait plus demandant. Mais elle se retenait. Elle ne voulait pas déjà en terminer.
Et sous une impulsion, Nina se départit de sa robe. Elle laissa les bretelles glisser le long de ses bras, puis découvrir ses seins nus. Elle la laissa ensuite glisser le long de son corps, de ses longues jambes jusqu'à ses chevilles. Une arabesque bien placé et sa robe vola à travers la pièce, allant atterrir bien plus loin, là où elle ne l'encombrait pas. Sa cheville se pointa, sa jambe toujours levée haute derrière elle, et ses orteils vinrent toucher le derrière de sa tête, incitant son corps à se cambrer. Une vue parfaite sur ses seins. Un grand geste du bras amena sa main droite à leurs niveaux. Caresses. Légère pression. Complaisance.
Et une autre impulsion l'entraîna, alors que son poing se balançait fermement contre la glace. Éclat de verre. Partout autour d'elle. Toujours aucun signe de culpabilité. Toujours que la soif d'une plus grande jouissance. Ses jointures étaient en sang, mais elle les ignora tout comme elle ignorait la douleur.
Sexe. Orgasme. Sexe. Encore l'orgasme.
Elle essayait de s'y rendre depuis des semaines, mais la culpabilité la retenait. Ce soir, il n'y avait plus de retour en arrière possible. Elle s'y rendrait, elle y toucherait. Elle se laisserait enfin aller au plaisir qu'il la rongeait de connaître.
Sans réfléchir, Nina s'accroupit et s'étendit sur le dos, parmi les éclats de verre, sans se préoccuper de ceux qui s'enfonçaient dans sa peau, douloureux et dérangeant. Il lui restait encore les quelques débris qui se tenaient encore droit pour s'observer. Sa main glissa automatiquement vers sa culotte, s'y faufilant alors que son bassin ondulait vers le haut à la recherche de friction. Son index s'appuya au centre de ses grandes lèvres, entamant un mouvement de va et vient. Plus prononcé au niveau de son clitoris qu'ailleurs.
Elle voyait le mouvement langoureux qui partait de la souplesse de son poignet. Elle voyait également ses autres doigts, recourbés, qui déformait sa culotte. Son ventre plat qui se soulevait et s'abaissait au rythme de sa respiration qui prenait lentement de l'allure. Et son corps s'enflammait.
Sa main libre glissa sur son sein, la faisant frissonner au contacte de son mamelon et descendit le long de ses côtes, cherchant sa hanche. D'un seul geste, le nœud qui retenait son sous-vêtement était défait, exposant à sa vue son intimité.
C'était le signe. Le signe pour davantage. Les replis de ses grandes lèvres se dévoilèrent, laissant l'un de ses doigts s'enfoncer à l'intérieur d'elle. Aussi loin qu'il lui était possible. Immobile. C'était les mouvements de son bassin qui faisait tout le travail. Il n'y avait que la base de son poignet qui s'activait, traçant des cercles amples et langoureux là où il venait s'appuyer, juste là où elle les voulait, au niveau de son clitoris. Son autre main laissa ses doigts remonter en courant son corps, pour venir se refermer dans ses cheveux. Pour les tirer alors que sa tête se secouait follement de gauche à droite. Le plaisir grimpait. S'attaquait aux zones les plus obscures de son corps. Toujours plus intense, mais jamais assez pour la libérer. Elle avait mal; ses muscles contractées refusant de se relâcher même sous l'effet des crampes. Elle tremblait de la puissance de l'orgasme qui l'attendait sans pouvoir le laisser aller.
Gémissement. Gémissement. Gémissement. Encore des gémissements.
Quelque chose la retenait. La peur du plaisir qu'elle ne connaissait pas. La satisfaction qui la guettait. Son climax était là. Juste-là. Elle le voyait dans ses yeux devenus vitreux. Il s'y dessinait dans une aura de violence sombre. Gémissements et plaintes désespérées quittaient sa bouche pour venir assourdir ses propres oreilles. Cette violence, c'était celle du cygne noir.
Ses doigts ne suffisaient plus. Elle voulait autre chose. Quelque chose. Il n'y avait que les fragments de verre à ses côtés. Sa main quitta ses cheveux et vint volontairement percer la peau de son index sur le débris avant de s'en saisir, de l'entrainer plus bas. Mélange de sang et de douleur. C'est ce qui la ferait basculer. Elle le savait. Elle glissait le verre toujours plus bas contre son corps, plus bas, encore plus bas…
Et la lumière fut.
Il n'y eu plus rien d'autre qu'une amer insatisfaction. Nina cligna des yeux. Elle était toujours debout devant le grand miroir, sa paume appuyée contre la glace. Sa coiffure, ses vêtements, son apparence physique. Tout était encore aussi parfait qu'au commencement. La seule différence, c'était son sentiment d'insatisfaction et sa culpabilité. Et Thomas de qui elle n'arrivait même pas à croiser le regard…
N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez! Également, vous pouvez toujours participer au défi musique...
