Bonsoir,

Je l'envoie un peu tard ce soir, désolée.

Merci beaucoup pour ces nouvelles reviews (Jamie-Hairy, Guest, Mini-Yuya, brigitte26, Curtys, auroraaa1) !

Je transmettrai à l'auteur vos commentaires. Et merci pour vos gentils mots !

Eh oui, il y a plein de mystère autour de ces lettres.

Pour le prochain chapitre, je le posterai dans une semaine, le 27 juin. Et le suivant, je le posterai la semaine suivante encore, le 4 juillet. Désolée, mes oraux commencent le 25 juin et se termineront le 11 juillet. Je pensais avoir loupé mes concours mais finalement… Et de plus, les chapitres s'allongent !

Pour ce chapitre, j'ai mis directement les explications des jeux de mots en-dessous, je me souviens avoir lu des fics où il fallait descendre tout en bas pour les notes, et c'est assez embêtant.

Bonne lecture !


4. Toilettes

Cher Harry Potter,

Le monstre hante mes toilettes maintenant. La bonne nouvelle c'est que je peux de nouveau dormir la nuit. La mauvaise nouvelle c'est que je fais pipi au lit encore plus souvent qu'avant, car j'ai peur que mes toilettes ne me mangent si j'essaie de les utiliser. Tu ferais mieux de venir bientôt parce que Mère commence à remarquer l'extra-fertilisant dans le jardin et elle ne va pas me croire lorsque je lui dirai que c'est les paons.

J'ai essayé de vaincre le monstre tout seul. J'ai fait un rituel complet. J'ai enlevé les plumes d'un paon une à une. (Après je les ai vendues comme plumes – j'ai gagné 12 Mornilles et 5 Noises ! Ne t'inquiète pas, j'en ai gardé une pour écrire cette lettre.) Puis, j'ai retiré ses yeux avec un bâton et j'ai utilisé son sang pour dessiner un cercle magique. (Il en restait assez pour une bataille de peinture.) Finalement, j'ai brisé son cou avec mes mains. Mais j'aurais bien aimé lui couper la tête. J'ai entendu que son corps pouvait s'agiter dans tous les sens pendant près de 15 secondes avant de réaliser qu'il avait perdu sa tête. N'est-ce pas amusant ? Enfin, j'en aurai encore l'occasion, puisque le rituel n'a pas fonctionné.

Je pense que j'essaierai mon Croup la prochaine fois. Ou bien un des Elfes de Maison peut-être.

Sincèrement,

Draco Malfoy

Lire cette lettre juste après ce dîner désastreux avait été une mauvaise idée pour plusieurs raisons. Premièrement, ce n'était pas le genre de lettre que quelqu'un aurait voulu lire l'estomac plein. Plus important encore, cela avait ruiné ce que les mots de Malfoy auraient pu lui révéler. Lorsqu'il ferma les yeux, Harry pouvait voir l'oiseau mort, blanc comme neige pour cause d'albinisme, lui rappelant une vieille amie. Harry dû lever la lettre pour l'éclairer à l'aide de la lampe pour se convaincre que Malfoy n'avait pas utilisé le sang de l'oiseau comme encre. Il tressaillit à cette pensée, touchant inconsciemment les mots gravés sur son poignet.

Dans les deux semaines qui suivirent, Harry s'efforça de se rappeler un Draco interagissant positivement avec des animaux. Des images de Buck donnant des coups de sabots au blond envahirent son esprit. Mais ça ne s'était produit seulement parce que Malfoy n'avait pas écouté Hagrid. Et non pas parce qu'il était une sorte de psychopathe aimant tuer des oiseaux. Ce qu'il avait fait n'avait été qu'un exceptionnel acte de désespoir. Par ailleurs, les gens riches tuaient souvent des oiseaux et considéraient cela comme un sport. Mais pas avec leurs mains…

Ça devait plus probablement être une tactique de manipulation pour plaire à la nature héroïque d'Harry, pour le forcer à agir rapidement. D'une certaine manière, ça ne le faisait pas se sentir mieux.

Une chose que Malfoy avait dite lors de leur premier dîner le dérangeait. Mais qu'en est-il des nuits où j'ai réussi ? Malfoy avait admis avoir tué auparavant. Ayant vu l'expression du visage de Malfoy cette nuit-là en haut de la Tour, Harry ne croyait toujours pas Malfoy capable de tuer quelqu'un. Mais des animaux…

Avec un profond soupir, il mit la lettre de côté. L'alarme hibou qu'il avait mise en place n'avait pas fonctionné, il n'était donc pas plus près de trouver qui envoyait ces lettres qu'il ne l'avait été des mois auparavant. Malfoy avait un hibou, non ? Un en vie ? Ça devait signifier qu'il avait passé l'âge de tuer des oiseaux, non ?

Ron ferma brutalement le dossier qu'il avait en main.

- J'en ai assez. On va partir à l'aventure.

Harry se redressa.

- Une nouvelle affaire ?

Il aurait donné n'importe quoi pour une bonne vieille scène de chasse immédiate.

Ron ne dit rien alors qu'il le guida vers le Service des Détournements de l'Artisanat Moldu et le conduit vers une pièce vide. Après avoir vérifié s'ils étaient seuls, il sortit une petite cassette de sa poche et la rentra dans le magnétoscope.

- Qu'est-ce que c'est que ça, une vidéo de surveillance ? demanda Harry. On travaille sur une affaire moldue ?

Ron sourit simplement et pressa le bouton de lecture. Harry fit un bond en arrière alors qu'une forme floue noire et blanche apparut soudainement sur l'écran.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Une chose qui s'est échappée des Mystères ? C'est notre affaire, de la chasser et de la tuer ?

Ron répondit en lui donnant un coup de poing dans le visage.

- C'est ma fille !

- Oh, fit Harry fixant du regard l'échographie, alors que les membres pulpeux de la forme floue se transformèrent en un corps et des doigts devant ses yeux.

Tressaillant, il arbora un large sourire.

- Et elle est magnifique.

- Et comment qu'elle l'est ! Alors comme de toute façon tu n'arrives pas à bosser correctement, tu peux arrêter d'être misérable pendant 5 secondes et me dire quel super père je vais être, dit Ron, croisant les bras et il lui lança un regard noir, le défiant d'être d'un autre avis.

- Oui, fit Harry, plaquant un sourire sur son visage. Tu vas être un père fantastique, Harry Junior va t'adorer.

- Tu n'as pas entendu quand j'ai dit que c'était une fille ?

- Diminutif d'Harriet.

- Maintenant, commença Ron levant les yeux au ciel, tu veux bien me dire ce qui fait que tu ressembles à Kreattur, un jour où il s'est levé de mauvais pied [cheveux] ? Ou plutôt de bon pied [bons cheveux].

{L'expression anglaise utilise des cheveux et non un pied « bad hair day » : mauvais jour, se lever du mauvais pied jeu de mot ensuite avec « good hair day »}

Harry soupira. Ron ne pourrait jamais comprendre, mais peut-être que s'il le disait à voix haute, il réaliserait combien il était pathétique et arrêterait de désirer ardemment un homme qui non seulement détestait son courage mais détestait aussi son propre courage.

- Malfoy et moi nous sommes disputés, dit-il d'un air morose.

- Félicitations. Maintenant retour au sujet.

- Je suis tellement foutu, dit Harry enfouissant sa tête dans ses mains.

- Harry ! fit Ron horrifié. Il y a des enfants qui sont présents !

Et justement, le petit fœtus oscilla à travers l'écran, semblant tourner ce qu'Harry assumait être sa tête, dans leur direction. Harry sourit à cette vision. Oublié Malfoy. Aurait-il un jour une échographie à lui pour s'en extasier et frimer devant ses plus proches amis ? Évidemment, Harry n'aurait jamais un enfant dans le sens traditionnel du terme, mais il avait toujours su qu'il voulait des enfants, que ce soit par adoption ou par substitution. Peut-être que Malfoy avait raison, et qu'il avait besoin de passer à autre chose.

- Merci,Ron, dit-il se levant.

Ron fronça les sourcils, inconscient de la soudaine révélation d'Harry.

- Pour quoi ?

- Pour elle, répondit Harry montrant l'écran de sa tête. Pour m'avoir montré combien j'étais étroit d'esprit. Et dire que je l'accusais de vivre dans le passé, ajouta-t-il riant tout bas.

S'arrêtant devant l'échographie, il rajouta, subjugué par l'écran:

- Regarde ces ongles.

Ron sembla penser qu'il avait perdu l'esprit, mais au dernier commentaire, son visage se fendit d'un sourire abruti.

- Tu savais que la plupart des bébés n'avaient pas d'ongles avant onze semaines ? Notre petite fille est en avance sur son temps. Exactement comme sa mère.

- Son père n'est pas trop mal non plus, répondit Harry, voyant Ron rougir et porter son attention vers la boucle répétitive sur l'écran.

Il ne savait pas combien de temps ils étaient restés ainsi, en silence, regardant les séquences discordantes de quelque chose qui pesait le tiers d'une once. {UNE ONCE EST COMPRISE ENTRE 24 ET 33 GRAMMES.} Tout ce qu'Harry savait c'était que ça lui enlevait un énorme poids des épaules et il rentra chez lui, se sentant mieux qu'il n'ait pu se sentir en l'espace de plusieurs semaines.


Évidemment, c'était le moment que Malfoy choisit pour réapparaître dans sa vie. Harry trouva cet imbécile endormi dans sa chaise de bureau – celle qu'il avait spécialement ordonnée, une chaise de massage en peau de dragon – lorsqu'il se rendit au travail, le jour suivant. Heureusement, Ron n'était pas encore arrivé, ou Harry n'aurait probablement jamais revu sa chaise. Rapidement, il songea tirer la chaise de sous Malfoy, lorsqu'il remarqua l'expression sur le visage de Malfoy.

Il était serein. Il n'avait jamais réalisé combien ce regard mort vieillissait le visage de Malfoy. Sans lui, il semblait plus jeune de plusieurs années, presque aussi jeune que le garçon qui avait offert son ours en peluche à Harry Potter.

Sursautant, Harry réalisa que le peu de progrès accompli la veille venait tout juste d'être anéanti. Est-ce que le timing de Malfoy pouvait être pire ?

- Hé, Harry !

Parlant de mauvais timing…

Frénétiquement, Harry parcourra son bureau des yeux pour trouver une excuse pour ne pas laisser Ron entrer. Son regard se posa sur la boîte à outils de Malfoy ouverte. Attends, c'était… ?

Prenant une décision en une fraction de secondes, il s'empara de l'objet et réagit vivement, claquant la porte (doucement, pour ne pas réveiller Malfoy et rendre le reste de son plan inutile) et tirant d'un coup sec sur la poignée de porte. Il avait à peine le temps de glisser la pièce de remplacement dans le trou avant que Ron ne l'approche.

- Tu ne peux pas y entrer, dit Harry à son partenaire, dos à la porte, toujours tripotant la poignée de porte. Allons, allons…

- Pourquoi pas ?

- Parce que…

Ça y est ! Il y avait un plaisant cliquetis avant qu'Harry ne s'éloigne de la porte, révélant son chef-d'œuvre. Ron en resta bouche bée.

- Salut, la belette, dit Scorpius d'une voix traînante. Tu es sûr que tu devrais aller travailler alors que tu as la Dragoncelle ? Ah non, attends, c'est ta tête habituelle.

- En passant, tu as quelques saletés sur ta bouche, l'informa Albus. Tu devrais vraiment regarder dans un miroir de temps en temps, aussi effroyable que la vue puisse être.

A ce moment-là, le visage de Ron avait perdu la plupart de ses couleurs. Harry lui tapota sur le dos.

- Pourquoi est-ce que tu ne vas pas le reporter à la Maintenance, et j'essaierai de négocier avec les jumeaux, d'accord ?

Ron ne discuta pas. Aussitôt que le rouquin fut hors de vue, Harry se tourna vers les poignées.

- Est-ce que je dois vraiment vous embrasser ?

- Oh, non, on préférerait que tu l'embrasses lui, gloussa Albus.

Harry s'étrangla presque à cette idée.

- Ron est marié ! Avec un enfant en chemin !

- Beurk, non ! étouffa Scorpius. Pas ce laideron. Blondinet là-dedans.

C'était un peu terrifiant, d'avoir une poignée de porte te faire un clin d'œil.

- Ça ne le dérangerait certainement pas.

- Tu continues encore avec ça ? demanda Harry secouant la tête.

Stupides poignées de porte, alimentant ses illusions.

- Il ne veut rien avoir à faire avec moi.

- Vraiment ? Alors pourquoi est-ce qu'il s'est endormi dans ta chaise et non celle de la belette ?

Harry ne perdit pas plus de temps à argumenter alors qu'il ouvrit la porte. Il supposa qu'il n'avait qu'environ deux minutes avant que Ron ne revienne de la Maintenance. Lançant un rapide charme Me-Remarque-Pas sur Malfoy, il prit dans ses bras le blond endormi, essayant d'ignorer le frisson qui parcourra son échine.

{Le charme « Notice-Me-Not » étant une invention de fans, je ne savais pas vraiment comment le traduire en français.}

- Couvrez-moi, dit Harry aux poignées de portes alors qu'il quittait la salle.

- On va le faire, boss, rappela Albus.

Aussitôt qu'il transplana, Harry eut le sentiment que c'était probablement une mauvaise idée de ramener Malfoy chez lui. Son pressentiment se confirma lorsqu'il trébucha sur son porte-parapluies Pied-de-Troll, envoyant madame Black dans une diatribe qui faisait mal aux oreilles à propos de traîtres à leur sang, de soufre et de lépreux.

A sa grande surprise, malgré avoir été laissé tomber sur le sol, Malfoy ne tressaillit même pas dans son sommeil. Ça mit les choses au point. Malfoy devait avoir une sorte de trouble du sommeil, car aucune personne saine d'esprit ne pouvait dormir pendant l'un des monologues de Madame Black.

Il ramassa Malfoy et le porta jusqu'au canapé. Une fois dessus, Malfoy changea de position mais sinon, il ne donna pas le moindre signe d'éveil. Harry passa plus de temps qu'il n'aurait dû debout devant l'homme, immergé devant la scène. Draco Malfoy. Dormant sur son miteux canapé à puces. Pourquoi n'avait-il pas mis le blond dans une des chambres d'amis. Comme s'il lisait dans ses pensées, Malfoy serra dans ses bras un des coussins du canapé. Un sourire se profila sur son visage alors qu'il se penchait en avant et enleva le duvet sortant des coutures des coussins, des cheveux du blond. Il s'attarda quelque peu, même alors que Malfoy tourna son cou. Si ses yeux avaient été ouverts, Harry aurait dit qu'il se penchait pour un bisou.

Harry laissa une rapide note sur le manteau avant de se presser vers le Ministère, pour trouver Ron complètement paniqué.

- HARRY !

Les yeux du rouquin s'écarquillèrent, parcourant le corps d'Harry de haut en bas.

- Tu vas bien ?

- Oui…

Ne le croyant pas sur parole, Ron l'inspecta minutieusement avant de s'avancer et de le secouer vigoureusement.

- Tu ne peux pas me jouer un tel tour, Harry ! J'ai une famille à laquelle penser maintenant !

- Ce n'est pas comme si j'étais parti très longtemps, protesta Harry. Les poignées ne t'ont pas dit où j'étais allé ?

- Avec beaucoup de détails, grimaça Ron.

Harry grogna intérieurement. Tellement pour garder ça secret.

- Ron, je peux expliquer. Tu vois, je l'ai trouvé endormi dans ma chaise, puis je suis arrivé et –

Ron fit un son étranglé. Honnêtement, il savait que les deux ne s'appréciaient pas particulièrement, mais il ne pensait pas que ce qu'il avait fait méritait une telle réaction.

- Harry, je n'ai pas besoin des détails. Et la prochaine fois, utilise un code secret. Comme par exemple, dis que tu vas acheter des navets ou quelque chose dans ce genre, ok ? Je n'ai pas besoin de me faire dire par une poignée de porte que mon meilleur ami est en train de tirer un coup.

{Le "je suis arrivé" d'Harry en anglais donne "I came" ce qui a un double-sens, il y a le verbe venir et le verbe jouir, c'est pour ça que Ron s'étrangle presque, le pauvre}

- Désolé, je vais… Attends, quoi ? bafouilla Harry. Qu'est-ce que tu veux dire j'étais…

La compréhension le frappa. Vers le même moment, Scorpius et Albus commencèrent à glousser de la porte, souriant innocemment lorsqu'Harry les fusilla du regard.

- Je ne veux pas en parler, dit-il sèchement, claquant la porte un peu plus fort que nécessaire. Donc qu'en est-il de la Maintenance, détruisant notre porte ?


Lorsqu'Harry rentra chez lui, il trouva Malfoy couché au milieu du couloir sous le porte-parapluies, ses manches remontées. De la sueur perlait à son front. D'une certaine manière, ça le rendait encore plus noble.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Harry.

Malfoy sursauta, heurtant sa tête au porte-parapluies.

- Aïe ! Oh, euh, salut. Désolé, j'avais l'intention de ne plus être là lorsque tu serais rentré.

Harry remarqua les outils étalés sur le sol.

- Tu remets la maison en état ?

- Eh bien, commença Malfoy rougissant, c'est mon boulot. Et ce n'est pas que j'apprécie être laissé tomber sur le sol et me faire exploser les tympans, mais ce serait beaucoup mieux si le niveau des pieds du porte-parapluies était tel que tu ne puisses pas trébucher dessus.

- Je savais que personne ne pouvait continuer à dormir avec tout ça, marmonna Harry remerciant Merlin qu'il ait résisté à l'envie de donner un bisou à Malfoy sur la joue.

- Oh, oui, fit Malfoy avec un rictus, Tante Wally et moi avons dégusté une bonne tasse de thé un peu plus tôt. Elle préférerait beaucoup que tu utilises une couleur plus douce pour le rideau. L'écarlate détonne avec le décor.

- Est-ce que tu arrives à bien t'entendre avec chaque objet animé que tu rencontres? demanda Harry secouant la tête.

Haussant les épaules, Malfoy répondit:

- Je n'ai pas tendance à avoir beaucoup de chance avec les êtres vivants, alors je dois faire avec ce que j'ai. Merci pour ton hospitalité, Potter, rajouta-t-il se levant.

- Tu n'es pas obligé de partir ! laissa échapper Harry. Je veux dire, je ne verrai aucun inconvénient à remettre la maison en état. Est-ce que ça te dérangerait de jeter un coup d'œil aux têtes des Elfes de Maisons sur le mur ?

- Elles sont fixées au mur avec des vis, l'informa Malfoy levant ses sourcils. Qu'est-ce qu'il y a de difficile à ce propos ?

- Peut-être que je ne suis pas très bon pour fixer une vis.

{« Maybe I'm not very good at screwing » double-sens, peut vouloir signifier « Peut-être que je ne suis pas très bon à fixer une vis » mais aussi « Peut-être que je ne suis pas un très bon coup » pour rester poli}

Malfoy éclata de rire, puis mit sa main devant la bouche. Mortifié, Harry réalisa ce qu'il venait de dire. D'abord Ron, et maintenant Malfoy ?

- Ce n'est pas ce que je voulais dire ! bredouilla-t-il, essayant de conserver un minimum de dignité. Sache, que je suis plutôt doué au lit.

- Oh ? fit Malfoy, penchant sa tête vers la droite. Et pourquoi voudrais-tu que je sache ça ?

- Aucune raison, rétorqua Harry. Tu peux juste jeter un œil aux têtes ?

{Encore un double-sens, « heads », Harry voulait lui demander de voir les têtes d'Elfes, mais « heads » peut avoir une connotation sexuelle (pipe)}

Entendant cela, Malfoy s'écroula au sol, riant frénétiquement, se tenant le flanc et respirant bruyamment d'une façon manquant totalement de dignité.

- Oh, j'abandonne, grommela Harry se versant un verre de Whiskey Pur Feu. Tu as déjà essayé la nourriture chinoise ?

Il n'était pas surprenant que Malfoy ne s'y était jamais essayé, ce qui leur fournit une pléthore de sujets de conversation sûrs qui n'abordèrent pas ce qui avait causé leur dispute, deux semaines auparavant. Lorsque Malfoy s'excusa pour aller aux toilettes, Harry fourra sa main dans le sac de Malfoy et en retira ce qui était ostensiblement une sorte d'outil – un orbe translucide qui lévita dans les airs lorsqu'Harry le lâcha. Ça ne semblait pas être un instrument de torture, sauf que ça rappelait à Harry les cours de Divination avec Professeur Trelawney.

- Eh bien, eh bien, eh bien. Un Auror voleur.

Il sursauta en entendant la voix de Malfoy. Alors qu'il se retourna, il vit les deux poignées de porte sautillant sur le carrelage de la cuisine. Scorpius s'était certainement amélioré dans son imitation de Malfoy.

- Je croyais vous avoir dit de rester dans mon attaché case !

{BRIEFCASE=ATTACHE CASE}

- Attaché case ? fit Albus. Oh. On pensait que tu voulais dire là où tu gardes tes slips !

{Albus dit « Briefcase ?» BRIEFS=SLIPS}

- Oui, on ne savait pas que tu ne portais pas de sous-vêtements, dit Scorpius.

Harry mit sa main contre son front. Imaginer les deux poignées de portes du Ministère fouillant dans le tiroir de ses caleçons lui donnait effectivement envie de mettre leur suggestion à exécution.

- Je porte des sous-vêtements. Et je ne suis pas un voleur.

Alors qu'il parlait, il essayait de rentrer l'orbe dans un tiroir.

Si Albus et Scorpius avaient eu des sourcils, ils les auraient haussés au moment où l'orbe bondit et fila à toute allure à travers la salle.

- Vrai, dit Albus. Je suppose que tu ne peux être traité de voleur seulement si tu réussis à voler quelque chose.

Harry fit un grognement alors qu'il luttait avec l'orbe.

Scorpius tressaillit alors que l'orbe monta en flèche le pantalon d'Harry.

- J'espère vraiment qu'il ne mentait pas sur ses sous-vêtements. Parce que sinon –

- GAH !

Sur un dernier effort, Harry réussit à piéger l'orbe dans le tiroir en plaquant son corps contre ledit tiroir. A bout de souffle, il entendit la chasse d'eau des toilettes. Pointant un doigt menaçant sur les poignées de porte, il dit :

- Pas un mot là-dessus. Compris ?

- Il y a quelques conditions… dit Scorpius souriant d'un air suffisant.

Harry grogna. La résistance aux sorts des poignées de porte n'était pas aussi drôle lorsque ce n'était pas Ron qui leur lançait des sortilèges.

- On peut régler ça plus tard ?

La chasse d'eau avait déjà arrêté de couler. Ça ne dissuada en rien Scorpius.

- Je veux une vue sur le lac.

- Je ne vis pas près d'un lac, dit Harry fronçant les sourcils.

- Et alors ? Crées-en un. Tu es un sorcier, non ?

- Je veux du chocolat, dit Al, léchant ses lèvres.

- Peut-être un lac avec une cascade.

- Une cascade en chocolat !

Harry enfouit sa tête dans ses mains.

- Est-ce que les raviolis chinois te posent des problèmes, Potter ?

Il releva la tête, espérant trouver Scorpius lui tirant la langue. Mais non, Malfoy était revenu des toilettes. Son ton était taquin, mais il y avait une réelle préoccupation dans ses yeux. Al et Scorpius s'étaient retirés sous la table.

- Non, AÏE !

Refusant de s'admettre vaincu, l'orbe s'écrasa contre l'intérieur du tiroir, enfonçant la poignée du tiroir dans son dos.

- Euh, les rouleaux de printemps, mentit Harry.

- La prochaine fois, commença Malfoy en haussant les sourcils alors qu'il attrapait son manteau, on aura un repas de Sang-Pur.

- Un repas de Sang-Pur ?

Mais ce qu'il voulait hurler était, la prochaine fois ?

- Mais oui. L'œil d'un Né-Moldu, la rate d'un Elfe de Maison…

Il fallut quelques secondes à Harry avant qu'il ne puisse éclater de rire, auquel s'ajouta un soupir de soulagement, qui fut coupé par une autre attaque de l'orbe. Cette fois, Malfoy remarqua le mouvement et fronça les sourcils.

- Il y a quelque chose dans ce tiroir ?

- Non, c'est seulement… qu'il apprécie de faire ça… beaucoup.

- Je ne comprends pas, dit Malfoy secouant la tête. Pourquoi tu vis dans cette fosse décrépite quand tu peux acheter un château ? Ou peut-être même un pays entier. Un des plus petits pays les moins importants. Comme la Belgique.

- Cette fosse décrépite est ta demeure ancestrale.

Le blond laissa échapper un petit bruit. Harry avait assumé que Malfoy aurait reconnu la place de son enfance. Mais c'est vrai qu'il avait du mal à imaginer les Malfoy passant leurs vacances ici.

- C'est… ? demanda Malfoy puis reprit son souffle. Évidemment. Le portrait de Tante Walburga. Donc ça signifie…

Sa voix diminua, mais Harry savait ce que Malfoy était sur le point de dire. Donc ça signifie que c'était les quartiers généraux de l'Ordre du Phénix.

- Je peux te faire visiter, si tu veux.

Malfoy secoua la tête avant qu'Harry finisse sa phrase.

- Je dois aller travailler, dit-il faisant un brusque hochement de la tête. Merci de m'avoir accueilli, Potter.

Harry hocha la tête en réponse, voulant montrer à Malfoy la sortie mais était retenu prisonnier des attaques de l'orbe. Il espéra que Malfoy n'avait pas trop besoin de l'orbe pour son travail, parce qu'il réservait d'autres usages à cet orbe.


Le matin suivant, il fut réveillé par Walburga Black hurlant de couper les doigts de la personne qui frappait à la porte à cette heure-ci. L'ouvrant, il trouva Malfoy, ses yeux virevoltant de maison en maison. Ça traversa l'esprit d'Harry que Malfoy n'avait pas été complètement réveillé la première fois qu'il était entré et n'avait vraisemblablement pas réalisé qu'ils étaient au milieu d'un quartier Moldu.

- J'ai perdu mon orbe gadget, dit Malfoy, mettant ses mains derrière son dos, une de ses habitudes lorsqu'il était nerveux. Je crois que je l'ai peut-être laissé ici.

Harry bailla. Stupide orbe qui l'a gardé éveillé toute la nuit. Clairement insatisfait avec cet accueil, Malfoy plissa les yeux.

- Désolé. Oui, jette un coup d'œil. Tu veux un peu de café ?

- Pourquoi pas ? dit Malfoy haussant les épaules.

C'était seulement après qu'Harry lui ait versé une tasse qu'Harry se souvint que ce n'était pas le matin pour Malfoy, qui venait juste de finir son service de nuit.

- C'est cafféiné, juste pour te prévenir, dit Harry alors qu'il lui tendit la tasse.

Il échoua à réprimer un bâillement.

- Pour quelqu'un qui se soucie autant de mon sommeil, tu ne sembles pas t'en sortir tellement mieux.

Harry avait été épargné de répliquer lorsqu'un jet vert de lumière explosa dans la cuisine, se dirigeant droit sur Malfoy. Instinctivement, Harry repoussa Malfoy. La tasse s'écrasa sur le sol, envoyant de fines gouttelettes de café brûlant sur sa jambe. Malfoy était moins chanceux – il était tombé la tête la première dans la flaque de café et de céramique cassée. Sang et café coulaient de son front dans ses yeux, mais il ne les ferma pas. Au contraire, il les ouvrit encore plus alors qu'il leva les yeux. Harry n'avait pas le temps d'en interpréter le sens alors que la lumière le heurta en pleine poitrine.

Au lieu d'être absorbée par son corps, ça lui sortit l'air de ses poumons, puis rebondit à travers la salle. Au souffle court, Harry retomba sur ses genoux et regarda fixement la lumière, maintenant flottant satisfait au-dessus de l'évier.

L'orbe. Le stupide orbe lumineux.

A côté d'Harry, Malfoy était arrivé à la même conclusion. Harry tressaillit à la vue de la méchante entaille sur le front de Malfoy.

- Malfoy, je suis tellement désolé…

- Tu as cru que c'était le Sortilège de la Mort, souffla Malfoy.

Ne sachant pas s'il devait se sentir embarrassé ou non, Harry alla chercher quelques serviettes. Alors qu'il les pressait contre la blessure de Malfoy, le blond attrapa son poignet.

- Tu as risqué ta vie pour moi.

- Ça n'aurait pas été la première fois.

Alors qu'il parlait, il tressaillit encore une fois. Il ne voulait pas rappeler à Malfoy cette nuit-là.

- Ce que je veux dire c'est que, j'ai été entraîné dans ce but pour mon boulot. Je l'aurais fait pour n'importe qui.

Une partie du choc sembla s'estomper, puisque Malfoy se renfrogna.

- Je ne suis pas la Gazette du Sorcier, Potter. Tu n'as pas à me sortir ces bêtises.

- Tu as raison. Si tu avais été la Gazette du Sorcier, je ne t'aurais probablement pas poussé sur le côté.

- Est-ce que la belette femelle ne travaille pas pour la Gazette du Sorcier ?

Harry le fusilla du regard.

- Tu ne vas pas me faire me sentir désolé pour avoir sauvé ta vie.

Malfoy battit des cils – pour en disperser le café, Harry se rappela.

- Ce n'est pas la première chose que tu m'as dite ? Que tu étais tellement désolé ?

Il marquait un point, là. Plus qu'il ne le croyait, sachant qu'Harry avait volé l'orbe en premier lieu. Mais le mentionner maintenant n'était probablement pas le meilleur moment.

- Je suis désolé, dit Harry sincèrement. Non pas pour avoir essayé de sauver ta vie, mais pour la rendre chaotique.

Il laissa du temps à Malfoy pour commencer son inévitable tirade de comment Harry aurait dû mettre son propre visage dans un tas de céramique, étant donné qu'on dirait toujours qu'un chariot de montagnes russes lui étaient passé dessus. A sa surprise, Malfoy esquissa un sourire.

- Je suppose que ça te blesse toi plus que moi. Tu es celui qui doit poser les yeux sur moi. En fait, je devrai probablement te remercier.

Malfoy se leva. Probablement un mouvement calculé pour faire en sorte qu'Harry soit forcé de rester bouche bée devant lui depuis le sol.

- J'ai remarqué que tes toilettes faisaient d'étranges bruits cette nuit. Je pourrais y jeter un œil pendant que tu travailles ?

Il laissa la question en suspens. Harry se rappela de la lettre qu'il avait reçue quelques jours auparavant. Pas étonnant que Malfoy semblait hésitant.

- Tu n'as pas à le faire si tu ne veux pas. Je pense que quelque chose y a fait son nid, dit-il et déglutit, priant qu'il ne s'agissait pas d'une espèce d'oiseau. J'avais l'intention de le vérifier.

- Et je te propose de le faire pour toi.

Ça n'était pas une question. Souriant d'un air suffisant, il utilisa les propres mots d'Harry contre lui.

- Je l'aurai fait pour n'importe qui.

- Tu n'as pas à me rendre la pareille, dit Harry croisant les bras. Tu peux t'occuper des têtes des Elfes de Maison, si tu veux.

Harry se rappela que le blond avait été hésitant à les retirer. Il s'était plaint de l'incompétence d'Harry, mais peut-être n'était-ce qu'une couverture. Peut-être qu'il appréciait réellement la décoration. Sa seconde lettre allait dans ce sens.

- Merci, Potter, rétorqua Malfoy plissant le nez, mais je vais m'en tenir avec la plomberie.

Harry haussa les épaules.

- Ok, Malfoy. J'étais juste préoccupé par ton bien-être. Je sais que tu n'as pas toujours été chanceux avec les toilettes.

Malfoy sembla avoir été celui frappé en pleine poitrine par un orbe volant. Voyant cette expression défaite et ces yeux abattus, Harry ne pouvait même pas être heureux d'avoir eu la confirmation que Malfoy avait effectivement bien hanté par ses toilettes. Avait-il vraiment été aussi traumatisé par ce monstre imaginaire lorsqu'il était enfant ?

Une vague d'horreur traversa Harry alors qu'une autre interprétation possible lui vint à l'esprit.

- Oh non. Malfoy, je ne voulais pas dire… Je ne parlais pas de…

Je parlais de quand tu avais six ans. Pas quand tu étais en Sixième Année. Pas ça.

Mais sa négligence ne pouvait être oubliée, peu importe l'explication qu'il donne. Malfoy avait raison de penser qu'Harry était en train d'enquêter sur lui. Le fait que ce n'était pas pour une affaire officielle ne faisait qu'empirer la situation.

Les mains de Malfoy avaient disparu dans les manches de ses robes. Le sang de l'entaille avait commencé à couler sur son visage de nouveau, bloqué par le mur que ses sourcils ont formé alors qu'il dit avec mépris :

- Laisse-moi deviner, Potter. Tu es désolé ?

Harry se pencha en avant, ne sachant pas ce qu'il cherchait à atteindre – une épaule, peut-être une joue. Malfoy se redressa brusquement comme si le contact d'Harry était une infection.

- Je déteste ces mots. Plus que toute autre chose que tu aies pu dire.

Le Serpentard partit en trombe. Des moments plus tard, Harry entendit un craquement bruyant et les cris de surprise de quelques promeneurs de chien choqués, seul signe que Malfoy perdait son sang-froid. Plus probablement, il le faisait exprès pour qu'Harry soit en retard pour son travail.

Harry soupira. Il avait bêtement volé l'orbe pour attirer Malfoy chez lui une nouvelle fois. Maintenant, il aurait préféré s'être décidé pour un marteau ou prendre un risque – ou ne rien prendre du tout.


{L'auteur Dami Enn précise aux Belges qui passeraient par là : Malfoy dit qu'il est désolé. En tout cas il le serait si ça ne gâchait pas son départ en trombe de tout-à-l'heure.}

A dans une semaine !