Merci à 1548, Shana, Papy-1412 (les erreurs ont été corrigées, merci de les avoir mentionnées!), caprice75, BakaNyu (rooo tu vas nous faire rougir... Merci!), Ethrenne (mieux vaut tard que jamais^^), richon, Boys-Love-Yaoi (l'attente, c'est le jeu ma pauv' Lucette!), Pin, et Kanzer pour vos messages pleins de compliments et encouragements! Ça fait aussi très plaisir de voir que nos traductions donnent envie d'aller lire la version originale, c'est super chouette!
Traducteur : Thalira.
Chapitre 3 : La première fois que je t'ai senti.
Un gardien marchait près du mur d'enceinte appartenant à la prison, assez proche, mais on pouvait néanmoins très bien le voir. Aujourd'hui, il faisait un peu plus gris que le reste de la semaine. Les nuages se rassemblaient d'un peu partout dans le ciel, et le garde put observer qu'il pleuvrait probablement plus tard. Avec, peut-être, de gros éclairs aussi. Il ricana. Approprié pour un tel jour.
Le soldat mit ses mains dans ses poches. Elles s'enroulèrent dans la chaine du porte-clefs. Celle-ci fit un bruit, et quand il ressortit ses mains et que les clefs suivirent.
Pour un témoin, il aurait semblé que le garde les avait fait tomber par erreur. S'il avait vu le visage du garde, il ou elle se serait demandé pourquoi il souriait. Pour un témoin qui savait ce qu'il allait se passer, il aurait récupéré les clefs.
Mais il n'y avait pas de témoin.
Et les clefs gisaient dans les herbes hautes.
Jusqu'à ce qu'une personne, ou plutôt des personnes, ne les prennent.
Ce serait sûrement une mauvaise journée.
Sasuke n'avait pas aussi bien dormi que la veille. Lorsqu'il était rentré tard la nuit précédente, il n'avait eu que Naruto dans ses pensées. Naruto et sa main pâle, Naruto avec ses mains douces et sa belle voix. Naruto embrassant sa main, Naruto léchant sa main. Naruto et sa joue douce.
Bref, Sasuke n'avait pas pu bien dormir cette nuit-là. Le prisonnier apparaissait dans son esprit. A quoi ressemblait-il ? Qu'aimait-il plus que les ramens ? Qu'est ce qui avait donné l'envie à Sasuke d'embrasser sa main. Il savait qu'il voulait baiser plus que la main du jeune homme. Il voulait l'embrasser, lui. La seule pensée des lèvres de Naruto contre les siennes le fit gémir. Ça n'était pas bon. Pas bon du tout. Mais alors pourquoi était-ce si bon ?
Le dernier Uchiha n'avait jamais été amoureux.
Pas même un petit béguin quand il était plus jeune.
Bien sur, de nombreuses personnes étaient amoureuses de lui. Ou tout du moins elles pensaient qu'elles l'étaient. Sasuke se demandait si elles avaient la moindre idée de sa façon d'être avec les personnes qu'il n'appréciait pas. Quelques-unes de ses fans en avaient fait l'expérience. Elles s'étaient enfuies chez elles, en larmes. Mais elles revenaient quand même le lendemain.
Sasuke laissa son corps tomber lourdement sur son lit aux draps blancs. Il était grand et doux, et tout son corps souffrait de son entrainement contre Kakashi, son professeur, et Sakura. Il était fort, oui, mais ces deux derniers contre lui dans un tournoi, ce n'était pas aussi facile que ça en avait l'air. Ils étaient forts, eux aussi. Mais, ils connaissaient leurs attaques. Sasuke savait quand Kakashi s'enfoncerait dans le sol, et il savait quand Sakura invoquerait tout son chakra dans son poing. Et ils savaient quand lui utiliserait son chidori.
Ils se connaissaient très bien. Trop bien.
Tout ça ne faisait pas partie des pensées de Sasuke quand il s'allongea sur son lit, les jambes et les bras écartés. Non, tout ce qu'il avait à l'esprit était Naruto. Il leva ses bras vers le plafond en observant ses mains. Il regarda d'un peu plus près celle que le prisonnier avait caressée. Cette seule pensée la fit trembler.
Et ça l'excita.
Jusqu'en bas.
Sasuke se maudit silencieusement. C'était bien sa veine. Le premier garçon qu'il rencontrait et qu'il pouvait considérer comme un ami, il en tombait amoureux.
Non, le dernier Uchiha ne l'avait jamais été. Mais il savait ce que ça faisait. Tout ce qu'il pouvait ressentir était des picotements dans le bout de ses doigts quand il parlait avec Naruto, et cette façon qu'avaient les petits papillons de voleter dans son ventre. Et ce sentiment de chaleur dans son cœur. Et celle de ses joues quand Naruto avait dit que son prénom était beau, quand il avait léché et embrassé sa main.
Uzumaki Naruto. Qu'est-ce-que tu m'as fait ?
Sasuke se releva de son lit et se dirigea vers son miroir. Il s'en rapprocha et observa son visage : les cheveux noirs et soyeux, qui se relevaient à l'arrière de sa tête, la peau pâle qui avait plus de couleur que celle de Naruto. Elle était lisse et propre. Ses lèvres roses étaient probablement la seule chose de couleur sur lui. Son nez et ses petites taches de rousseur, presque invisibles, dessus. Et les deux pierres noires qu'étaient ses yeux. Sasuke regarda à l'intérieur. Peu importe le nombre de fois où il avait pu les observer, il n'avait jamais vu leur couleur. Peut être étaient-ils juste noirs ?
Il prit sa brosse afin de la passer dans ses cheveux. Ses mèches soyeuses se posèrent devant ses oreilles pendant un bref instant, avant de remonter un petit peu quand le coup de brosse fut terminé. Il avait déjà fini de s'en occuper. Ils n'étaient plus aussi ébouriffés qu'auparavant. Le jeune homme posa sa brosse et se lécha les lèvres, suçotant celle du haut puis celle du bas. Elles étaient un peu plus rougies maintenant, et étaient scintillantes et invitantes. Il fit passer son haut par dessus sa tête et se regarda encore une fois dans son miroir. Ses yeux avaient l'air un peu plus grand que tout à l'heure, et ses lèvres étaient luisantes. Il était beau.
Sasuke se demanda si Naruto penserait qu'il l'était.
Peut-être qu'il n'aimait pas les jolis garçons ? Et si Naruto pensait qu'il ressemblait à une chochotte ? Tout d'un coup, tout ça frappa Sasuke.
Et s'il n'aimait pas les garçons du tout ? Embrasser et lécher les mains de ses amis était peut être quelque chose que le prisonnier faisait tous les jours. Enfin, peut être pas tous les jours, mais quand même. Cette pensée seule le rendit presque à nouveau mou. Mais seulement presque.
Sasuke grogna et jeta un de ses oreillers dans le reflet de son miroir. Il soupira et retourna dans son lit. Il s'effondra dessus et sa main s'approcha de son ventre jusqu'à descendre sur son pantalon. Il le déboutonna et la laissa glisser à l'intérieur.
Le premier effleurement le fit gémir et son dos s'arqua légèrement. Rapidement, il enleva son pantalon pour le jeter plus loin avec son boxer. Sa main trouva le chemin de sa verge, et il prit une grande inspiration quand il commença à la mouvoir, de haut en bas. Son dos se souleva encore plus cette fois ci, et de petits gémissements et des râles s'échappèrent de sa bouche alors qu'il essayait de les taire. Ses hanches remuaient contre sa main.
Celle de Naruto autour de son membre, une ombre noire au dessus de lui, l'embrassant. Il avait beau rendre le baiser, ses lèvres ne sentaient rien contre elles. Il laissa échapper un sanglot, et déplaça sa main plus vite. Naruto laissa sa main pâle se balader sur le côté de Sasuke jusqu'à sa taille et pris alors l'autre main de l'Uchiha qui s'agrippait à la couverture, afin de la descendre jusqu'à ses jambes maintenant écartées, laissant le majeur du jeune brun se poser doucement sur son ouverture. Sasuke n'avait jamais pensé à se toucher lui même à cet endroit, jamais, mais il semblait que cette pulsion ne voulait pas s'arrêter. Il grogna en laissant son doigt glisser à l'intérieur, ça lui faisait bizarre.
— Oui
La voix de Naruto l'encourageait et Sasuke laissa son doigt entrer et sortir de son entrée serrée. Plus loin. Un doigt devenant deux, écartant l'endroit, et puis trois. La main entourant son membre bougeait encore plus vite, si cela était possible, et les mouvements plus bas devinrent aussi rapide. Sasuke sentit quelque chose en lui qui faisait un bien fou.
Et il imagina l'ombre de Naruto au-dessus de lui. Seuls les mains et les bras de l'ombre avaient une véritable forme, le reste étant resté noir. Et la voix de Naruto, le faisant tomber encore plus dans le plaisir. Les doigts touchèrent ses tétons, le faisant gémir, oui, presque crier. Ils devinrent la langue de Naruto, léchant le sexe de Sasuke.
Il n'en fallut pas plus pour ce dernier. Le plaisir devint insupportable, et dans l'orgasme le plus intense qu'il n'ait jamais eu, il jouit.
Quand il ouvrit ses yeux, il ne fut pas surpris de se trouver seul au lit. Que Naruto ait été là n'était que dans son rêve. Sasuke se leva, fatigué, et se dirigea vers la salle de bain où il trouva une serviette pour se nettoyer. Après ça, il retourna dans son lit.
Oui, Sasuke n'avait pas bien dormi cette nuit-là, parce qu'il ne pouvait penser qu'à Naruto. Alors quand il se réveilla plus tard, il avait trop dormi. Il n'y avait plus aucune chance pour qu'il puisse aller voir Naruto avant son entrainement. Il regarda dans sa garde robe et en prit un pantalon noir qu'il ne portait jamais, car il ne lui servait pas pour les entrainements. C'était un pantalon pour sortir le soir, mais Sasuke ressentait le besoin de se faire beau.
Il soupira en choisissant un haut beige. Naruto ne le verrait même pas assis dans son obscurité infernale, mais quand même Sasuke voulait être à son avantage. Il se brossa les cheveux d'un air énervé et partit.
Il jeta un coup d'œil au ciel. Les nuages se rassemblaient et on avait l'impression qu'il allait bientôt pleuvoir. C'est bon pour la terre pensait il.
Naruto ferma ses yeux. Il n'y croyait pas. Après seulement deux jours, il était attaché à Sasuke, et maintenant il s'inquiétait de savoir où était le jeune homme. Ce dernier ne s'était pas montré et du coup Naruto se sentait assez seul. Plus que jamais.
Que s'était il passé ? Il tira sur ses chaines. Les chaines en elles même n'étaient pas difficiles à briser, mais la quantité de chakra qu'elles absorbaient les rendait impossible à détruire. Elles n'aspiraient pas tout, non, sinon il n'aurait même pas été capable d'aller aux toilettes. Mais la quantité était énorme. Ils lui en avaient fait des spéciales, rien que pour lui, pour qu'elles puissent tout encaisser. Naruto possédait une réserve gigantesque de chakra.
Non, il ne pouvait pas s'échapper afin de chercher Sasuke.
Peut-être que ce dernier n'était pas en danger du tout. Peut-être avait il trop dormi ?
Peut-être que Naruto lui avait fait peur hier ? Pour de bon ?
Ou, bien sûr, comme il était le plus probable, il n'en avait plus rien à faire de lui du tout. Il avait eu ce qu'il voulait, et il en était satisfait.
Naruto eut un sourire triste. Il essaya de combattre la déception grandissante dans son cœur, mais c'était dur, si dur.
Sasuke se sentait probablement mal pour lui, et la seule raison pour laquelle il était venu avec de la nourriture était pour se sentir mieux, et pour pouvoir avancer dans la vie. Naruto n'avait jamais eu aucune chance du tout contre la vie elle même.
Quand il était petit, il avait appris tôt ce qu'elle était. Principalement c'était la tristesse, s'asseoir seul dans son lit, à regarder les rues peuplées. Naruto ne pouvait pas y descendre, pas même pour y acheter de la nourriture, car parfois il souffrait bien trop en rentrant à son appartement. Leurs regards pleins de haine, les coups durs, l'ignorance quand il essayait d'acheter quelque chose. Et le sentiment de ne pas être aimé. La vie en elle même était très douloureuse, et la plus grande souffrance se situait toujours dans la poitrine. Parfois, il avait l'impression que ça allait exploser, et d'autres qu'il ne pouvait plus respirer.
A cette époque, Naruto ne savait pas encore pourquoi ils le haïssaient. Il ne savait pas pourquoi les parents de ses camarades de classe expliquaient à leurs enfants de ne pas s'approcher de lui, ni pourquoi ils le traitaient mal. Il ne savait pas pourquoi il était toujours laissé seul, et quand ils s'entrainaient, ils le laissaient à l'écart ou avec le professeur. Naruto ne savait pas pourquoi ces hommes horribles venaient dans sa maison au milieu de la nuit, pour le frapper et entailler son estomac.
La vérité lui vint quand il eut douze ans.
Et c'est alors qu'il les comprit.
Après ça, Naruto les laissa le tabasser. Il les laissa lui cracher dessus, il les laissa le taillader. Et après un an ou deux, il les laissa le violer.
Il les laissa, parce qu'après tout, il avait tué leurs parents. Leurs fils, leurs filles. Parfois toute la famille.
Naruto se détestait lui même.
Mais quand Sasuke Uchiha était venu, il ne s'était plus détesté. Sasuke le faisait se sentir humain à nouveau, comme ce qu'il avait ressenti quand il s'entrainait avec son professeur, ou quand ils avaient mangé des ramens ensemble. Iruka l'avait fait se sentir proche de quelqu'un. Mais pas même Iruka n'avait pu le faire se sentir aussi vivant depuis longtemps.
Son professeur avait interdiction de lui rendre visite. Il avait essayé de le libérer, pendant une nuit particulièrement sombre, mais il s'était fait attraper. Il était donc sous observation, et il n'avait pas le droit de faire un pas vers Naruto. Il soupira. Ça devait lui faire du bien.
Tout à coup, il entendit des pas à l'extérieur. Il bondit et écouta. Sasuke était il venu ? Il ne l'avait pas oublié ?
— Ouvrons la porte, dit une voix grave.
Naruto ouvrit grand les yeux et essaya de se confondre avec le mur. Il entendit le cliquetis des clefs et la porte massive en métal se fracassa contre le mur. La douleur dans son cœur revenait encore, mais comme de nombreuses fois, il l'ignora.
Quand Sasuke arriva aux terrains d'entrainement, Sakura et Kakashi l'attendaient déjà. Sakura agitait sa main frénétiquement.
— Tu es en retard Sasuke, dit son professeur sans lever les yeux de son livre.
— Comme si vous étiez toujours à l'heure, répliqua Sasuke.
Ils ne se dirent rien de plus après ça. Sasuke et Sakura commencèrent à s'entrainer sous l'œil attentif de Kakashi, des fois que le lecteur acharné ne se décide à les observer. Ils se battirent pendant plusieurs heures. Il n'y avait aucun intérêt à raconter comment les choses se déroulèrent puisque c'était toujours la même chose et Sasuke gagna bien sûr, mais son souffle était court et ses joues rougies. Il s'assit dans l'herbe près de sa coéquipière.
Sakura Haruno était une des seules filles qu'il acceptait près de lui. Oui, même elle avait eu un béguin pour lui, mais ça lui était passé. Elle passait quand même du temps avec le fan club puisque les filles étaient encore des amies. Ses amies maudites. Et Sasuke aimait ça. Avec Sakura dans le groupe, elle l'avertissait dès la première approche. Oui, la jeune femme était un atout de son côté.
— Sakura ?
Il allait lui demander quelque chose. Elle n'avait pas à répondre puisqu'il savait qu'elle écoutait.
— Comment sais-tu quand tu aimes quelqu'un ?
Elle observa son ami. Sasuke était amoureux, après tout ce temps ? Des filles mourraient pour être à sa place maintenant, juste pour entendre le jeune homme ouvrir son cœur. Quelques années auparavant, elle serait morte aussi. Elle sourit.
— Tu n'as pas besoin de me demander ça Sasuke, dit-elle. Tu le sauras en écoutant ton cœur. Mais ce que je peux te dire, c'est que quand je suis tombée amoureuse de Lee, je ne me suis pas amourachée de son look.
Sasuke renifla, recevant en même temps un coup sur la tête de Sakura
— Mais maintenant, quand je le vois et que je lui parle, je suis toute chaude et je ne m'en lasse pas.
Sasuke y repensa. Cette sensation de chaleur. Il se rallongea dans l'herbe. Le vent soufflait et il pouvait sentir les premières gouttes de pluie sur son front.
Il était vraiment amoureux.
Une main attrapa ses cheveux, écrasant son visage contre un genou. Il entendit le craquement quand son nez se brisa en plusieurs endroits. Ses yeux restaient fermés pendant tout ce temps.
Ce fut plus tard dans la soirée, que Sasuke put aller dans la forêt sombre de Konoha derrière la grande prison. Il tenait dans une de ses mains un sac avec plusieurs parfums de ramen, et dans l'autre un parapluie noir, utile maintenant que la pluie tombait du ciel. Les gouttes d'eau ruisselaient sur les feuilles vertes ainsi que dans l'herbe mouillée. Aucun oiseau ne chantait aujourd'hui, tous se cachant.
Il vit la petite construction s'approcher. Et une odeur lourde qui emplissait l'air.
Du sang.
Du sang, pur et chaud, qui avait été versé récemment.
Et la puanteur venait de la fenêtre.
Sasuke ne réfléchit pas plus, il courut jusqu'à ce qu'il l'ait presque atteinte.
— NARUTO ! NARUTO ! REPONDS MOI ! NARUTO !
Sasuke agrippa les barreaux, essayant de les déloger.
— NARUTO !
— Sa … Sasuke ? … Est ce … que … c'est t... toi ?
— NARUTO ! QUE S'EST-IL PASSE ?
Naruto ne répondit pas.
— NARUTO !
— Il ne s'est rien passé. Rien. Va-t'en.
Sasuke entendit les pleurs dans la voix du prisonnier. Son cœur se brisa.
— Naruto ! S'il te plait, tu peux me le dire ! Es-tu blessé ? Veux-tu que j'aille chercher de l'aide ?
— Non ! Non, pas d'aide. Juste … Pars.
— Non, je ne pars pas.
Il allait dire à Naruto qu'il resterait ici jusqu'à ce qu'il sache que le prisonnier allait bien, et même longtemps après ça, lorsqu'il vit une grande ombre marcher à travers la forêt jusqu'à la petite prison.
— Qui êtes-vous ?
L'ombre se rapprocha, et à la plus grande surprise de Sasuke, il connaissait cette personne. Il l'avait au moins déjà vu. C'était l'un des trois légendaires Sannin, Jiraiya. Sasuke ne lui avait parlé qu'une seule fois, et cela n'avait été qu'un bref bonjour. Cela s'était déroulé pendant une des plus grandes rencontres de Konoha, et toute la famille Uchiha avait été invitée. Sasuke s'inclina rapidement, mais l'homme le dépassa pour se rendre de l'autre coté de l'édifice, jusqu'à la porte. Jirayia avait une ride inquiète entre les sourcils.
— Qu'allez-vous faire avec lui ? Réussit-il à dire.
Le Sannin leva un de ses sourcils et le regarda comme s'il venait juste de le remarquer. Il ouvrit la porte et pénétra dans la bâtisse. La puanteur empira et Sasuke voulut suivre, mais il fut arrêté.
— Reste là.
Voilà ce que lui répondit le sannin avant de disparaître dans l'obscurité.
Jiraiya marchait dans le noir quand il vit Naruto appuyé contre un mur.
— Gamin ? Gamin ? Est ce que ça va ?
Il s'assit près de prisonnier, et aussitôt qu'il le fit, il sentit les bras de ce dernier autour de son corps, laissant le jeune garçon enfouir sa tête dans son torse pour pleurer. Il caressa les cheveux de Naruto doucement.
— Ça va aller gamin. Tout ira bien.
Jiraiya se demandait encore ce que pouvait bien faire l'Uchiha dehors dans cette forêt, mais il le découvrirait éventuellement tôt ou tard. Pour l'instant, il devait déjà s'occuper de son garçon.
Quand Naruto eut terminé de pleurer, il se redressa et laissa le sannin soigner ses blessures. Il ne savait pas comment Jiraiya savait quand il était battu, mais il venait à chaque fois. Naruto savait que l'homme essayait de prévenir tout ça, mais les villageois étaient nombreux, et faire une loi contre les agressions envers lui ne les arrêteraient pas. Jiraiya observa son visage. Il était inquiet, même en pensant qu'il savait que le jeune homme survivrait. La quantité de sang qui s'était étalée sur le parquet faisait peur, et n'importe quel humain normal n'aurait jamais survécu à une telle hémorragie. Mais même en sachant que tout le chakra de Naruto était aspiré, il réussissait à guérir rapidement.
Le nez du prisonnier était cassé, et le sang avait séché en dessous. Il y avait une blessure par couteau de son front jusqu'à son menton, en passant par son œil. Ça n'était pas la pire attaque que le garçon ait subit. Ses bras avaient été déchiquetés, et ses jambes étaient couvertes de sang. Jiraiya ouvrit le yukata et le laissa tomber des épaules de Naruto. Il y avait eu un grand coup au niveau de son abdomen, et une ecchymose d'une couleur violacée commençait à s'y former. Il soupira et enleva tout le vêtement, le jetant hors de la porte, vers le jeune homme aux cheveux noirs.
— Jette-le.
Naruto gémissait pendant que Jiraiya lui nettoyait ses blessures et lui posait ses bandages.
Quand il eut terminé, Naruto laissa passer sa main à travers les mèches blanches de Jiraiya.
— Merci.
Naruto regarda la porte entrouverte.
— Il est encore là ?
Jiraiya lui fit un signe de la tête. Naruto se rapprocha.
— Je l'aime Jiraiya. Je ne l'ai rencontré que deux fois, mais je l'aime, murmura-t-il à l'oreille de ce dernier, qui acquiesça. Donne-lui ma clef. Fais lui comprendre.
Le sannin acquiesça de nouveau. Il se leva et laissa un peu de nourriture sur le sol, ainsi qu'un yukata tout neuf.
— Je te ferai sortir de là Naruto.
Ce dernier sourit faiblement avant de fermer ses yeux et de s'endormir.
Sasuke regardait le vêtement déchiré et couvert de sang dans ses mains. Il y enfonça son visage, séchant ses joues. Il n'avait pas pleuré depuis des années, et maintenant, il pleurait comme un bébé. Il n'avait pas versé une larme pendant l'enterrement de ses parents puisqu'elles étaient tombées bien longtemps avant.
Il prit une profonde respiration et une nouvelle odeur emplit ses narines et son esprit. Il y avait une légère odeur de sang mais également une autre, encore plus forte, de jasmin. Ça sentait les fleurs et Sasuke se demanda si c'était le parfum de Naruto. La simple pensée fit courir encore plus de larmes sur ses joues, et ses épaules commencèrent à trembler. Une grosse main sur son épaule le fit se calmer et il leva les yeux. Jiraiya lui souriait tout en fermant la porte. Il avait un des sourires les plus tristes qu'on lui avait jamais vu, et ça le rendit encore plus vieux qu'il ne l'était vraiment. Il s'assit prés de Sasuke et lui tendit sa main. A l'intérieur, il y avait une petite clef.
— Le gamin voulait que tu aies ceci, c'est la clef de son appartement, dit-il tout en lui tapotant la tête.
Après ça, il se leva et s'éloigna.
Sasuke alla jusqu'à la fenêtre et posa sa tête contre les barreaux gelés.
— Je serai de retour demain.
C'est tout ce qu'il lui murmura et ensuite, il alla trouver la porte qui ne pouvait être ouverte qu'avec la petite clef présente dans sa main.
Je t'aime.
Et un éclair frappa le ciel.
A dans deux semaines!
(Est-ce vraiment encore utile de le préciser? ;) )
